Le Covid-19 était-il aussi dangereux qu’on le croyait ?

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Les experts se seraient-ils trompés en ce qui concerne le Covid-19 ? S’agirait-il de la plus grave erreur commise depuis la guerre d’Irak ?

Par Jon Miltmore.
Un article de la Foundation for economic education

Les experts se seraient-ils encore trompés ? S’agirait-il de la plus grave erreur commise depuis la guerre d’Irak ?

Le précédent irakien

En avril 2005, Charles Duelfer, le principal inspecteur en désarmement de la CIA en Irak, admettait, dans le rapport final de la CIA, après des recherches approfondies, qu’aucune arme de destruction massive n’avait pu être trouvée.

« Après plus de 18 mois d’enquête sur les armes de destruction massive (ADM) et d’interrogatoires des détenus liés aux ADM », comme l’écrivait Duelfer, le chef du Groupe d’enquête sur l’Irak, « en l’état actuel des choses, l’enquête sur les ADM est allée aussi loin que possible ».

Aujourd’hui, il est généralement admis que la présence d’armes de destruction massive a été la cause principale de la guerre en Irak. Naturellement, l’absence de telles armes a ébranlé le monde. Les médias ont blâmé les politiciens, les politiciens ont blâmé les services de renseignement américains, et les acteurs du renseignement impliqués ont surtout défendu leur travail.

Selon la conclusion officielle, consigné dans le rapport Robb-Silberman, « la communauté du renseignement n’avait pas pris en compte la faiblesse des renseignements de qualité dont elle disposait – ni à quel point ses évaluations étaient fondées sur des hypothèses et des déductions plutôt que sur des preuves concrètes ».

La débâcle des armes de destruction massive de la guerre en Irak est sans doute le plus grand échec d’experts depuis des générations. La sainte Trinité politique- administration-médias n’a pas su repérer la vérité. Si l’un d’entre eux l’avait fait, une guerre qui a coûté des milliards de dollars et qui a coûté la vie de 100 000 à 200 000 personnes aurait pobablement pu être évitée.

Le Covid-19, un coronavirus banal ?

Il sera difficile de surpasser la bévue irakienne, mais les preuves émergentes sur le Covid-19 suggèrent que les experts, et une fois de plus les politiciens, bureaucrates et journalistes, nous ont imposés une erreur de proportions tout aussi désastreuses.

Un nouveau rapport du NPR suggère que la réponse mondiale au Covid-19 s’est basée sur des données erronées.

« De plus en plus d’éléments indiquent que le coronavirus est plus courant et moins mortel qu’il n’y paraissait au départ.

Ces éléments sont fournis par des tests qui détectent les anticorps du coronavirus dans le sang d’une personne plutôt que le virus lui-même.

Ces tests ont permis de découvrir qu’un grand nombre de personnes aux États-Unis ont été contaminées mais sans tomber gravement malades. Et lorsque ces contaminations bénignes sont incluses dans les statistiques sur le Covid, le virus apparaît moins dangereux.

« Les estimations actuelles du risque de décès dû à l’infection se situent entre 0,5 et 1 % », déclare Caitlin Rivers, épidémiologiste au Johns Hopkins Center for Health Security.

Cela est bien plus faible que les taux de mortalité de 5 % ou plus basés sur des calculs qui n’incluaient que les personnes qui étaient suffisamment malades pour être identifiées par des tests qui détectent la présence du virus dans le corps d’une personne. »

Victimes de la peur plus que du virus ?

Beaucoup se souviendront du débat sur le risque de décès qui a eu lieu avant et au début des confinements. Il y a eu de nombreuses discussions sur le caractère mortel du virus et sur la réponse collective à y apporter.

Certaines voix appelaient à la prudence.

Jeremy Samuel Faust, médecin urgentiste et instructeur à la Harvard Medical School, écrivait dans Slate :

« Le public se comporte comme si cette épidémie était la prochaine grippe espagnole, ce qui est franchement compréhensible étant donné que les premiers rapports ont évalué la mortalité due au COVID-19 à environ 2 à 3 %, ce qui est assez similaire à la pandémie de 1918 qui a tué des dizaines de millions de personnes […] Permettez-moi d’être le porteur de bonnes nouvelles. Ces chiffres effrayants ont peu de chances de se maintenir. »

De même, le 5 mars, l’expert en vaccins Paul A. Offit, titulaire de la chaire Maurice R. Hilleman de vaccinologie à l’université de Pennsylvanie, déclarait à Factcheck.org qu’il pensait que le taux de mortalité de 3,4 % de l’Organisation mondiale de la santé était trop élevé, suggérant un taux inférieur à 1 %. Selon lui « nous sommes plus victimes de la peur que du virus », s’inquiétant d’une « réaction excessive » à la maladie.

Une quarantaine catastrophique sur le plan économique

Des voix comme celles de Faust et Offit ont cependant été rapidement étouffées. Le cycle d’information de 24 heures a alimenté la peur et l’indignation collectives face à l’absence de mesures supplémentaires. Ce fut la course au papier toilette et au masque. Neil Ferguson, professeur de biologie mathématique à l’Imperial College de Londres, prédisait que des millions de personnes allaient mourir dans le « meilleur des cas ».

À l’instar de la Chine, l’un des régimes les plus autoritaires du monde, la plupart des pays développés ont été mis en quarantaine pour une durée indéterminée par leurs propres gouvernements.

Les coûts sociaux et économiques de ce confinement se sont révélés catastrophiques. Rien qu’aux États-Unis, 40 millions d’emplois ont été perdus, dont beaucoup à jamais. La récession est imminente. Des centaines de milliers d’entreprises ont déjà disparu. La dette fédérale a grimpé à 26 000 milliards de dollars.

Un schéma familier

Malheureusement, le désastre du Covid et la guerre en Irak mentionnée ci-dessus correspondent à un schéma familier. Comme l’a fait remarquer l’historien Paul Johnson, la plupart des catastrophes du XXe siècle ont été provoquées par des experts qui ont utilisé le pouvoir collectif pour orienter les événements mondiaux dans la direction qu’ils jugeaient bénéfique.

Dans The Intellectuals, Johnson écrit :

« L’une des principales leçons de notre siècle tragique, qui a vu tant de millions de vies innocentes sacrifiées dans des projets visant à améliorer le sort de l’humanité, est de se méfier des intellectuels […] Non seulement ils doivent être tenus à l’écart des leviers du pouvoir, mais ils doivent aussi faire l’objet d’une suspicion particulière lorsqu’ils cherchent à offrir des conseils collectifs ».

Des bénéfices aléatoires

Personne ne nie le coût immense des confinements mais leur bénéfice éventuel reste un sujet de discorde.

Un rapport de mai de JP Morgan, ainsi que d’autres éléments, laissent entendre que les mesures de confinement n’ont eu que peu ou pas d’impact sur la propagation du Covid-19.

Marko Kolanovic, physicien et stratège pour JP Morgan, a souligné qu’une majorité de pays ont vu leur taux de contamination baisser après la levée des mesures de confinement :

« Contrairement aux tests rigoureux des nouveaux médicaments, les mesures de confinement ont été administrées en tenant peu compte du fait qu’elles pourraient non seulement provoquer un désastre économique mais aussi potentiellement plus de décès que le Covid-19 lui-même. »

De même, une analyse de Bloomberg en mai a trouvé « peu de corrélation entre la sévérité des restrictions d’une nation et le fait qu’elle parvienne ou non à réduire le nombre excessif de décès ». Et le principal responsable de la santé en Norvège déclarait récemment que le confinement n’était pas nécessaire pour triompher du virus.

Des experts à la Chicken Little

D’un autre côté, le Washington Post citait, cette semaine, des études affirmant que les mesures de confinement ont permis d’éviter des centaines de millions d’infections et de sauver des millions de vies.

Ces conclusions sont toutefois assorties de réserves. Tout d’abord, l’une des études a été présentée le 22 mars, bien avant que la grande majorité des cas ne se soit produite. L’autre étude a été menée par des chercheurs de l’Imperial College of London, cette école dont Ferguson faisait l’éloge. Il a depuis démissionné après qu’on ait découvert qu’il n’avait pas respecté les mesures de confinement qu’il avait inspiré en permettant à son amant marié de venir chez lui.

Ferguson, le même qui en 2005, déclarait que la grippe aviaire pourrait provoquer la mort de 200 millions de personnes (une centaine en réalité), s’est vu demander par le New York Times en mars quel était le scénario le plus optimiste pour les États-Unis pendant la pandémie de Covid. « Environ 1,1 million de décès », a-t-il répondu.

Au 10 juin, le chiffre de Ferguson doit être divisé par dix. Pourquoi continuons-nous à écouter les prophètes de malheur qui ne cessent de se tromper ? L’histoire de « Chicken Little » me vient à l’esprit.

En tirerons-nous des leçons ?

En 2003, des acteurs étatiques nous ont entrainé dans un conflit sanglant de plusieurs années en Irak pour protéger le monde d’armes nucléaires qui n’existaient pas, pour finalement découvrir l’ignorance des experts américains du renseignement sur les capacités nucléaires de l’Irak.

En 2020, les planificateurs centraux du monde entier ont décidé de bloquer l’économie mondiale pour protéger les gens d’un virus invisible et très contagieux qui n’entraîne aucun symptôme ou des symptômes légers pour 90 % de ses porteurs.

Certaines leçons sont, semble-t-il, difficiles à tirer.

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