Pour relocaliser, motivons les entrepreneurs !

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Pour relocaliser, motivons les entrepreneurs !

Publié le 3 juin 2020
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Par Alain Goetzmann.

C’est promis, juré, le monde d’après ne sera pas le même que le monde d’avant. Tous les bons esprits le proclament. Juliette Binoche, qui voit des complots partout, Nicolas Hulot qui préfère donner des conseils comme opposant que des ordres comme ministre, quelques 200 personnalités artistiques et scientifiques, qui signent, du haut de leur notoriété, à défaut de leur compétence, « un appel solennel à s’extraire de la logique intenable qui prévaut, en engageant la transformation radicale qui s’impose à tous les niveaux ».

Bigre ! Plus prosaïquement, en matière fiscale, la créativité foisonne. Quelques députés, des économistes néo-marxistes, 150 personnalités de gauche, Vincent Lindon lui-même, rivalisent d’imagination pour nous pondre de nouveaux prélèvements : impôt exceptionnel sur le capital, retour de l’ISF, plus forte progressivité de l’impôt sur le revenu, relèvement des droits de succession, contribution anti-crise et, en vedette américaine, un impôt « Jean Valjean » sur le patrimoine des Français.

Relocaliser oui, mais en favorisant le marché libre

Parmi les symptômes de la Covid-19, doit figurer la perte de mémoire. Comment peut-on imaginer résoudre les conséquences économiques d’une crise sanitaire par des impôts nouveaux, dans un pays déjà champion du monde, toutes catégories, des prélèvements obligatoires ?

En même temps, il faut relocaliser. C’est évident ! Subitement, nous prenons conscience que le capital, comme le travail, sont subrepticement partis vers des cieux plus cléments et que nous sommes dépendants des puissances étrangères pour notre santé, notre alimentation et nombre d’autres besoins essentiels. Pourquoi ? Trois grandes raisons, qui agrègent toutes les autres : une fiscalité et des prélèvements sociaux dissuasifs, une réglementation et une normalisation excessive et inadaptée, une législation du travail surannée et juridiquement incertaine.

Les appels médiatiques en faveur d’un monde d’après différent ne sont que des incantations, des appels au retour des politiques qui nous ont conduit à l’impasse actuelle. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire face, comme d’autres, aux défis posés par la catastrophe sanitaire ? Parce que nous n’en avons pas les moyens financiers, conséquence d’une gestion laxiste depuis 45 ans et parce que nous ne travaillons pas assez. Or, les recettes du passé ont failli et ne nous permettront pas de rebondir dans l’avenir.

Il faut surmonter ce qui, en France, est un vrai handicap : l’égalitarisme élevé au rang d’idéologie nationale. Pour relocaliser, si c’est là notre ferme volonté, il est nécessaire de remettre l’entrepreneuriat en tête de nos priorités. Il fait d’ailleurs partie de notre culture.

L’entrepreneur, acteur économique à part entière

Le terme même figure dans l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, sous la plume de Cantillon et c’est Jean-Baptiste Say qui, le premier, fera de l’entrepreneur un acteur économique à part entière. Mais il subsiste en France une véritable aversion à la réussite. Il n’est que de se souvenir des cris d’orfraie poussé par la presse quasi-unanime à la déclaration d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, sur son vœu que « de jeunes Français aient envie d’être milliardaires ».

Alors, imitons les nations européennes qui ont encore une industrie digne de ce nom. Faisons aimer aux Français l’entreprise, le libre-marché, la concurrence, la responsabilité. Promouvons l’industrie, le commerce, l’artisanat, les services, l’agriculture afin de les convaincre que ceux qui prennent des risques et créent de l’emploi méritent, autant que nos grands acteurs et nos grands footballeurs, le succès financier associé à leur réussite.

Extirpons de la tête de nos fonctionnaires et de nos juges qu’ils ne sont pas, dans leur grande majorité, des monstres d’avidité, des affameurs du peuple, des brigands ou des fraudeurs. Exigeons des enseignants qu’ils acceptent de présenter l’économie, en classe, autrement que sous la forme d’une caricature crypto-marxiste.

Nous payons aujourd’hui 70 ans d’ostracisme à l’égard des entrepreneurs. Si les Trente glorieuses ont masqué cette réalité, les 40 piteuses qui ont suivi l’ont révélée. Voulons-nous une société plus respectueuse de la nature, un meilleur système de santé, de meilleures infrastructures, moins de chômage ? Il n’y a qu’une solution : encourager l’initiative privée, partout, décentraliser vraiment et élaguer le maquis des normes qui nous étouffe.

Voulons-nous relocaliser ? Bien ! Mais cela a un prix : réduire les charges pesant sur les salaires et les impôts de production et assouplir fortement la législation du travail.

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  • claude henry de chasne
    3 juin 2020 at 6 h 01 min

    Il n’y aura pas de relocalisation tant qu’on aura pas reformé le droit syndical, qui a pourri la société de fond en comble.
    Tant que les syndicats socialo marxistes seront associés a la gestion du pays , aucune chance de voir une évolution quelconque de la situation économique.
    le patron de la CGT a plus de pouvoir que le ministre des transports,
    Laurent berger a plus de pouvoir que le ministre de l’éducation et/ou le premier ministre..
    Par le truchement du paritarisme , les syndicats gèrent un budget supérieur a celui de l’état..
    Il n’y aura pas de relocalisation , qui investirait un sou la dedans ? les gens qui investissent en France le font dans des sociétés qui peu ou prou travaillent avec de l’argent public..avec des risques nuls.. faut etre réaliste le mal est très profond!
    On vote pour des politiques qui n’ont plus le pouvoir dont ils se parent!
    la defunte reforme des retraites et la gestion du covid a montré l’absolue nullité de
    l’exécutif devant la main mise de l’administration syndicalisée..
    La seule dictature en france est celle des citadelles syndicales des services publics, et elle elle est totale!

    • Réindustrialiser la France est un leurre, c’est impossible ! Si vous croyez que les chinois et autres vont lâcher les implantations qui génèrent des centaines de milliards pour l’économie chinoise et ou indonésienne pour les « restituer » au monde occidental, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Il va falloir en passer par une re-créaction de l’industrie et ça va être long, très long, sauf brevets majeurs ou robotisation à outrance . . . Ceci étant on peut sérieusement se demander si le territoire français et accessoirement l’état fonctionnarisé au delà de toute raison sont adaptés à ce genre de considération/action.

  • Il n’y a aucune raison de relocaliser quoique ce soit , une fois parti c’est définitif, il faut donc innover et pour innover, il faut des capitaux, et pour avoir des capitaux. Faut des fonds de pension ou un état moins gourmand.. Les histoires de syndicats de réglementations etc sont pour les enfants. Quand Alstom part c’est parce qu’il est racheté, quand Renault construit au Maroc c’est par ce qu’il n’ a pas de haut de gamme et pas de main d’œuvre suffisante en France au prix souhaité etc. Il ne viendrait l’idée à personne de construire une Renault en Suisse !

    • claude henry de chasne
      3 juin 2020 at 10 h 57 min

      tout entrepreneur sait que la réussite de sa société passera par une saine gestion fiscale!
      Mais au départ le voila a la recherche d’aides…>>>la France c’est l’idéal!
      une fois cette phase consolidée on voit plus « europeen » et on traque les subventions .. puis on met le siège au Luxembourg pour sa fiscalité, , les services de gestion a Dublin,
      l’usine ou les bureaux d’etude en Pologne, le support technique a Tallin et hop voila donc une belle réussite européenne.. et on laisse une coquille vide en France.. de
      sachant que celui qui ne fait pas çà sera l’esclave de l’administration française

    • Hé oui, Clavel, Durand,Huguenin, Gerber et bien d’autres français qui se sont installés à Bâle pour protéger leurs brevets de fabrication…

      En France, la loi de 1844 ne protégeait que le produit fini, telle une couleur. Si quelqu’un produisait la même couleur avec un autre procédé (ex. le mauve; tout autre mauve était considéré en France comme simple copie et non brevetable)

      La présence voisine de Mulhouse, le ‘Manchester français’, comme client de ces colorants a grandement participé à l’essor de la chimie bâloise.

      Le textile a disparu chez nous, les Bâlois se sont diversifiés, le reste appartient à l’Histoire…

      Hoppla !

    • Les startups récupèrent pas mal d’argent public au passage quand elles sont petites par la BPI ou la défiscalisation. Dès qu’on veut passer à l’étape au dessus, il y a un gros manque et là il faut aller voir anglais ou américains.

  • moins de prélèvements , de taxes , d’impôts , tout ce qui pèsent sur les entrepreneurs et qui leur donne envie de s’installer…ailleurs …et arrêtons de fourguer du pognon à tout va , sans contrepartie , à des gens qui ne veulent au final pas travailler , comme on n’a put le constater quand le monde agricole français a demandé à ceux qui étaient au chômage durant la crise leur aide pour remplacer les saisonniers étrangers ; un vrai fiasco , une débandade ; la France est devenu un pays de feignants ;

  • Pour avoir travaillé dans l’industrie dans plusieurs pays d’Europe, je pense que même si avec de très très gros efforts nous pouvions réduire le code du travail, diminuer le poids des normes et des charges, si nous arrivions a rendre syndicats et l’administration plus lucides et responsables, rien ne reviendrait pour deux raisons. Ce qui est parti se trouve mieux ailleurs et n’a pas envie de revenir, 30 années de socialismes avéré ou rampant appuyé par ses bras armés éducation nationale et médiats ont crée un esprit délétère où rentrer dans l’industrie c’est être victime au bourreau. Le fameux savoir faire qui était en fait que l’expression de l’envie de bien faire n’y est plus, alors pourquoi investir dans un pays ou les habitants veulent tout ignorer des mécanismes de l’entreprise et leurs politiciens de l’économie, nous sommes descendus du train aux trente glorieuses et depuis nous les regardons passer

    • claude henry de chasne
      3 juin 2020 at 10 h 59 min

      +1000

    • Je suis a priori d’accord avec vous
      Néanmoins, pour avoir vécu 7 décennies, je suis toujours heureux de rencontrer aux endroits les plus inattendus des jeunes et moins jeunes qui mettent un point d’honneur à faire du bon boulot, dans tous les domaines…

      Je pense au gars qui me fait les contrôles techniques qui se prend la peine de chauffer le frein à main et d’ajuster la pression des pneus avant test, à un certain livreur Amazon qui a la présence d’esprit de laisser en mon absence le colis chez ma fille habitant le prochain village, à certaines aide-soignantes particulièrement dévouées dans un ehpad, à une réceptionniste chez Norauto qui fait tout pour me trouver des pièces rares ou des solutions pour mes vieilles bagnoles, comme envoyer des pièces uniques en Hollande pour être rénovées, (merci Audrey)…
      Alors c’est vrai: la première impression est que c’est un pays de bras cassés, mais avec du recul, ce sont seulement les bras cassés qui ont pris le pouvoir; il y a des forces vives qui sont prêtes à reprendre le flambeau, même si malheureusement elles n’ont pas trop de temps à y consacrer, elles sont occupées à bosser…

      • Merci de cet excellent rappel. On a trop tendance à oublier qu’il y a encore des gens très bien en France.
        Quelqu’un avait écrit un jour que l’on pouvait classer la poulation d’un pays en trois catégories :
        1) ceux qui font avancer les choses
        2) les suiveurs
        3) les nuisibles
        et que en France, si la première catégorie était légèrement plus élevée qu’ailleurs, aucun autre pays n’approchait même de très loin, le poids en France de la troisième catégorie…

  • Il y’ a un rêve que je fais souvent: je reviens bosser en France.
    Pour comprendre ce rêve il ne suffit pas de trifouiller dans mon subconscient mais juste de revenir 15 ans en arrière quand je suis partit de France avec seulement 1an et demi d’expérience pour aller bosser en Irlande. J’ai pu alors obtenir mon numéro de SS en présentant mon passeport et une attestation de résidence de l’auberge de jeunesse. J’ai trouvé un boulot 2 fois mieux payé sans avoir un bon niveau d’anglais et un logement dont le bail était rédigé sur une demie feuille A4 à la main.
    Ensuite est venu mon premier bulletin de salaire qui faisait 4 lignes, mes cotisations à ma pension et assurance maladie étaient payés par moi même, je savais combien je payais, combien je toucherais, combien je serais remboursé, c’était limpide. IR payé à la source, 3 tranches d’IR, c’est tout. Pas de niche fiscale, de quotient etc. J’ai importer ma caisse en remplissant deux papelards et un CT et c’était tout.
    Ensuite je suis passé par le Royaume-Uni et maintenant la Suisse en tant que frontalier.

    Et la c’était le retour en enfer: affiliation forcée par la France à la SS (CMU), avec l’explosion des cotisations à verser au CNTFS (phalange de l’URSSAF spécial frontalier). 30000 frontaliers ont du aller au tribunal pour s’en sortir, 300 selon les autorités, alors que c’est au moins 9000 pour les frontaliers Alsaciens, avec des 10aines de milliers d’euros réclamés par le CNTFS pour certains. J’ai pu fuir le meilleur système du monde, ouf!
    En parallèle la CSG-CRDS induement ponctionnée, avec toujours des subterfuges de l’état pour contourner les différents jugements auxquels il a été condamné (cf arrêt de Ruyter).
    L’état viens encore de perdre un jugement au sujet des poly-pensionnées franco-Suisse, car même si tu avais 1eur de pension versé par la France et le reste par la Suisse, la France estimait que la CSG-CRDS était du sur l’ensemble des pension versées.
    Je me réveille en me disant que ouf ce boulot en France, ce n’était qu’un mauvais rêve avec ensuite toujours l’idée que j’ai fais une connerie en étant frontalier que j’aurais du insister pour m’installer de l’autre côte. Vu que j’ai pu m’extirper de la SS pour m’assurer en Suisse et que je paie mon IR à Genève, je ne suis pas trop mal.
    La relocalisation est pour moi une chimère, qui se fera à grand coup de défisc et de subventions, l’histoire d’atteindre les 150% de dette tranquillement. De tout mes potes qui bossent ou ont un business ailleurs qu’en France, personne n’a envie de revenir.

    • S’il n’y avait pas l’Europe, ce serait pire.
      Perso avec la post crise, j’envisage la délocalisation de ma société.

  • Bien sûr, relocalisons. Mais que d’obstacles en perspectives.
    Le principe veut que les relocalisations seront créatrices d’emplois. Ça c’est la première vision et tout le monde ne peut être que favorable à cette idée.
    Mais, l’état ne peut espérer un résultat qui irait dans ce sens sans totalement remettre en cause son fonctionnement et son organisation. Or je ne vois pas qui aura le courage de libérer les forces vivent de notre nation en valorisant l’entreprenariat et enfonçant les portes d’idéologies qui ont pris racines et dont les fruits sont des poisons.
    Par ailleurs cela supposera de mettre les coûts de production en phase avec les besoins « maladifs » de consommation. Pour ce faire il conviendrait effectivement de revoir comme le pense l’auteur de refonder tout ce qui aujourd’hui obère le fonctionnement et la compétitivité de nos entreprises grandes ou petites ( fiscalité, système social, droit du travail, rôle des syndicats, enseignement, promotion du travail et de ceux qui accepteront des prises de risques, ect…)
    Et puis il faudrait aussi faire de tel manière que ceux qui travaille en retrouve le goût et la satisfaction de leurs efforts.
    Enfin relocaliser suppose faire revenir des entreprises sur notre sol. Qui aura le courage de combattre la doctrine écologiste pour justifier du bien fondé de la démarche.
    Certes il ne faut pas désespérer, ni être défaitiste, le pire n’est jamais certain, mais que d’obstacles …
    Allez, hauts les cœurs!!

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