Minneapolis : Trump accuse les Antifas et menace d’envoyer l’armée

Dissocier l’extrême-gauche de l’ensemble du mouvement de protestation suffira-t-il à calmer la rue et les démocrates qui se tiennent en embuscade ?

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Donald Trump by Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0)

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Minneapolis : Trump accuse les Antifas et menace d’envoyer l’armée

Publié le 2 juin 2020
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Par Frédéric Mas.

Donald Trump a finalement décidé de jouer la carte de la loi et l’ordre face aux protestations et aux émeutes, prenant le risque, en amalgamant les premiers aux seconds, d’alimenter le sentiment d’injustice partout sur le sol américain.

Le président des États-Unis a déclaré qu’il n’hésiterait pas à envoyer l’armée et la garde nationale pour rétablir l’ordre face à des protestations infiltrées par le mouvement « antifa » qu’il a désigné quelques jours plus tôt comme mouvement terroriste.

Désigner l’ultragauche antifa pour justifier la répression policière et militaire du mouvement est à la fois discutable sur le principe et risqué politiquement.

Antifa la menace fantôme ?

Les « Antifa » ne sont pas un mouvement unifié ou une organisation cohérente, mais un simple agrégat de militants d’ultragauche souvent violents qui se sont surtout illustrés par des bagarres sur les campus. On est loin de Timothy McVeigh ou d’Unabomber, même si leurs actions s’apparentent à de la « délinquance politique » comparable aux bandes de skinheads néonazis des années 1980-90. S’ils participent activement aux protestations et même aux violences contre la police ou les médias, rien n’indique qu’ils en soient l’élément moteur.

Tout au plus, certains de ses représentants se sont agrégés au mouvement et soufflent sur les braises de la discorde civile pour avancer leur agenda politique anticapitaliste et anti-Trump. Cette utilisation de l’épouvantail « antifa » pour désigner l’ennemi commun n’est pas sans rappeler l’ennemi « anarcho-communiste » fabriqué par le président Sarkozy en France, qui allait déboucher sur la pantalonnade de l’affaire Coupat.

Certains juristes s’inquiètent aussi de voir dans le propos présidentiel une possible atteinte à la liberté d’expression. Criminaliser une partie du discours de l’ultragauche irait à l’encontre des principes portés par le premier amendement de la constitution des États-Unis. Il est vrai que par extension, les mouvements protestataires pourraient être la cible de la répression policière pour « subversion ».

En désignant des éléments subversifs infiltrés au mouvement de protestation, Donald Trump ignore ou minore les critiques adressées directement à la police par les militants pacifistes pour se concentrer sur les émeutes et le chaos dans les rues.

Nous évoquions dans un précédent article sur Contrepoints la militarisation de la police locale, qui a changé le rapport du policier aux populations qu’il est censé protéger et servir. La police est entraînée et équipée comme une armée, et ne se sent pas tenue de rendre des comptes à la communauté qu’elle quadrille, jouant le jeu de la tyrannie sécuritaire.

Le monopole de la production de sécurité

Ajoutons à cela une remarque de bon sens faite par Tom Woods et Bruce Benson : la police monopolise la production de sécurité, ou du moins sa place s’apparente à un quasi-monopole, ce qui la rend perméable aux problèmes liés à la monopolisation.

Le service de sécurité qu’elle propose au consommateur citoyen perd en qualité et le prix de ses prestations augmente. Cela s’est traduit très concrètement par l’incapacité de la police locale à prévenir les émeutes et les atteintes à la propriété à Minneapolis et, les jours suivants, partout dans le pays. Le gouvernement fédéral a dû intervenir, et c’est maintenant l’armée qui menace de prendre le relais.

La solution ici serait donc de multiplier les offres de sécurité privées, la mise en concurrence permettant aux différents acteurs du secteur de choisir la meilleure offre au meilleur prix.

Le clanisme politique avant tout

Politiquement, Donald Trump préfère donner des gages à son camp plutôt que de s’engager sur le terrain de la justice. Le président est toujours en campagne et estime qu’une stratégie « autoritaire » lui permettra de rassembler la droite conservatrice autour de lui. La politique identitaire continue d’être au centre du jeu électoral américain.

Après les images de chaos devant la Maison-Blanche, il est possible que l’électorat républicain s’indigne et se mobilise pour faire cesser le désordre public. Seulement, dissocier l’extrême gauche de l’ensemble du mouvement de protestation suffira-t-il à calmer la rue et les démocrates qui se tiennent en embuscade ?

La colère pourrait s’agréger à d’autres insatisfactions populaires, comme la gestion présidentielle de la crise sanitaire ou la crise économique sans précédent, pour favoriser son adversaire. L’électorat indépendant pourrait ainsi lui faire défaut s’il ne se fait pas attentif à la protection des libertés publiques.

 

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  • les antifas et autres violents sont des terroristes , il n’y a qu’a les traiter comme tels

    • On a les mêmes à la maison, ceux que la police laissait arracher les pavés sans intervenir, juste avant d’éborgner les GJ et que les journalistes de BFMacron viennent accuser l’extrème-droite .

  • Je ne comprends pas cette article, qui part de l’hypothèse que ce genre de crise est facile à résoudre.
    Le fait le plus choquant, est que les démocrates sont fous de joie et n’ont aucun problème à instrumentalisé ces émeutes.

    • Comme tout bon socialistes, les démocrates sont près à tout pour aboutir à leur fins (y comprit la guerre civile)

    • Évidemment qu’ils sont fous de joie. Les élections arrivent à grand pas et « ils » pensent qu’ils marquent des points.

  • Les émeutes, ce n’est pas la justice.
    Ce n’est pas à Trump de « faire la Justice ». Ou est la responsabilité de l’Etat du Minnesota, entièrement tenu par les démocrates à propos. (Klobuchar, la plus « libérale » paraissait-il sur ce site).
    Mas ignore les émeutes continues en France, ou l’opposition de ces groupes politisés et violents contre par exemple l’aéroport en Bretagne, ou dans les manifestations. Internationalisés, des moyens de déplacement et le soutien d’ONG. Et on nous parle de Coupat et de son fer à cheval ?

    Le chapitre sur le marché concurrentiel de la police est désolant. On peut se rappeler de la Neutralité du net dont les fervents soutiens que sont les GAFA ont détourné ou guère respecté. Une entreprise privé aussi peut-être politisé.

    PS: Les Démocrates aux dernières nouvelles accuseraient Trump de lâcheté et faiblesse. De 2 choses, l’une. Soit ils se rendent compte que cela va trop loin – ils perdent le vote des indépendants. Soit ils manipulent Trump pour l’accuser ensuite d’abus de force, car ils perdent le vote des indépendants.

    Que Trump se garde des avis des conseillers et journalistes libéraux.

    • La neutralité du net n’a jamais été neutre politiquement, bien au contraire. C’était un échange de bons procédés et de renvois d’ascenseur typiques du capitalisme de connivence. Aujourd’hui, on observe sans surprise que la neutralité du net sert à saboter en toute décontraction la liberté d’expression. C’était le but recherché.

  • C’est quoi le rapport entre la protestation contre les violences policières et les pillages et dégradations?

    • Ils se vengent de ce qui aurait pu leur arriver dans une dimension parallèle s’ils avaient vécu une autre vie.

    • Ce n’est qu’une hypothèse, mais avec 40M chomeurs en plus aux US à cause de la crise sanitaire, peut etre qu’il y a plus de pillage car les gens ont peur pour leur vie économique ?

  • Bien que je déteste les antifa et que je me réjouisse de leur malheur il n’en demeurre pas moins qu’accepter qu’ils aient un traitement légal différent (dans un sens comme dans l’autre) et profondément inacceptable.
    Par ailleurs , je ne peux m’empêcher de penser que c’est une erreur stratégique de la part de Trump. Je pense qu’il aurait eu plus de succès politique en polarisant la situation autrement. Voila en somme ce que j’aurai utilisé comme axe de communication à sa place. Je mets ma perruque blonde, je prends un micro et je vous la fais en anglais en immitant sa voix

    « Dear law abiding citizens. The George Floyd even is an extremely grave subject that we have to resolve with due process. I am convinced that the judges in charge of this case will apply a fair justice to this case and issue to those responsible of this tragedy the punishment they deserve.
    I understand that many people are shocked by these events and it is not illegitimate to express their resentment towards the institutions. But that doesn’t justify any violence. I therefore assure all citizens that would be victims of these violence, both physically or on their property that I will support them in the action they carry out to protect themselves and their property. I assure the law abiding citizens that if the national guard or the local police fails to protect them, if they are forced by the situation to take actions in order to preserve their physical integrity or their property, I will pay a particular attention to make sure that their constitutionnal right to defend themselves will be respected, both during the events and in court, should there be a trial. Make good use of your second amendment. »

    A mon avis le message serait clair…

    • ben non çà ce n’est pas du trump! çà c’est du Obama , et l’électorat de trump lui veut du coup de pied au cul!
      les agitateurs de la gauche américaine exultent .. mais il ne gagneront pas les Elections!

      • « Make good use of your second amendment » c’est du Obama? Promettre de protéger ceux qui utilisent leur flingues pour se défendre c’est du Obama? On parle du même là? Parler de due process au lieu de faire du larmoyant c’est du Obama? Je répète ma question: On parle du Barak Obama qui était président des USA?

    • C’est un cas pénal, qu’est ce que vous voulez que Trump dise sans qu’on l’accuse d’obstruction ?

      Trouvez moi une seule autorité dans la ville de « the event » qui soit Républicain.
      La moitié du pays (US) pensent qu’ils n’ont pas de président, les villes qui brûlent sont bleues. Et vous croyez que la bonne stratégie est de parler aux démocrates ?

      Votre « support them if » serait immédiatement traduit par ces bons citoyens, de Twitter aux juges du 9ème circuit comme une complicité de crime : Trump did it !

      • Obstruction? Je vois pas en quoi un discours pourrait le faire accuser d’obstruction. En revanche il peut gracier des condamnés exprimer son soutien, demander à la chambre de voter une amnistie etc… Par ailleurs il y a des républicains dans le Minesota aussi . Pas dans les villes mais ils ne sont pas loin. Et puis ceux qui se font saccager leur magasins pourraient bien le devenir républicain.
        Mais bon moi j’ai ecrit ça pour déconner. Je suis pas la plume de Trump, meme si je continue a penser qu’il ne s’y prend pas correctement pour diviser ses ennemis et polariser le débat en faisant des autres les méchants.

  • Rappelons quand même puisque aucun media français n’en parle que le chef de la police de la ville de Minneapolis d’où est parti le mouvement est un noir américain Mederia Arradondo.

  • Pas un mot sur le comportement des maires ni des gouverneurs qui ont le devoir d’assurer la sécurité des citoyens !
    Finalement le Donald prend les choses en main pour rétablir l’ordre. Soit un comportement parfaitement respectueux du mode de fonctionnement d’un état fédéral. De toutes les façons quoi qu’il eu fait, ses détracteurs lui auraient reprocher ses actions. Quant aux aspects stratégiques politiques, le Donald s’amusent avec les démocrates comme avec ses petits enfants, car après avoir nettoyé les écuries d’Augias de l’état profond, il a su s’entouré de brillants conseillers, sauf en économie.

  • Peut être que je me trompe, mais il semble que curieusement les émeutes prolifèrent plutôt dans les états tenus par les démocrates dont les gouverneurs donnent l’impression de laisser faire ?
    Si tel est le cas, y trouvent ils un intérêt ? Si oui lequel? Les antifa viendraient ils en soutien d’une tactique?
    Autant de questions que je me pose à l’approche des élections .

  • Le classement des Antifas en groupe terroriste relève de la question plus générale du classement d’organisations comme groupes terroristes. Si parce qu’un gouvernement classe comme mouvement terroriste l’ETA, ou le Hamas, ou Daesh vous estimez que cela revient à limiter la liberté d’expression, c’est un point de vue, certes ; ce n’est pas le mien. Les idées d’accord, la violence systématique et véritablement terroriste – qui cherche à terroriser, à provoquer le chaos – NON, certainement pas. Et les Antifas se rapprochent quand même dangereusement de la 2ème catégorie.
    ——-
    Sur la privatisation de la police, je suis étonné de lire ce que je lis dans cet article. Il me semble quand même que la fonction de la police est une fonction régalienne en ce que la police est, dans une démocratie, le « bras armé » de la Justice, mission régalienne par excellence. Les policiers sont soumis aux lois en vigueur, ils sont chargés de les faire appliquer et d’arrêter les gens qui contreviennent à ces lois, et de les remettre à la Justice. Dès lors, une privatisation de la police me paraît quelque peu hasardeuse. Si je me trompe, qu’on me donne des exemples concrets.
    ——-
    Quant à l’arrière-plan selon lequel la police de façon générale « joue le jeu de la tyrannie sécuritaire », je ne le partage pas. Généraliser des cas particuliers comme celui de la mort de G. Floyd d’une part, sans d’autre part rappeler que la délinquance augmente – en tout cas en France – de façon très préoccupante, me gêne beaucoup. Ce discours, pourtant connu – et très répandu à l’extrême-gauche – , c’est du petit lait pour les délinquants de tout poil.

  • Plusieurs sondages indiquent que la majorité des Américains approuvent la mobilisation de la Garde Nationale ou de l’armée, c’est donc pour plaire au démocrates modérés que Trump envoie la troupe… Par ailleurs un article de Reason nous rappelle que les émeutes de 1968 ont bien aidé l’élection de Nixon. Cela se fera.
    Quand au tweet assimilant les antifas à une organisation terroriste cela restera un tweet, il y a de nombreux problèmes juridiques associés à ce genre de qualification qui feront qu’elle ne passera pas la rampe.

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