Pour sa réelection, Donald Trump va cibler la Chine

Donald Trump by Michael Vadon (CC BY 2.0) — Michael Vadon, CC-BY

Le président a été le seul de l’ère moderne à tenir tête à la Chine et il n’hésitera pas à le souligner dans sa lutte contre Joe Biden.

Par Daniel Girard.

Malgré les succès du confinement initial et du respect des normes de distanciation sociale, le décompte des décès du Covid-19 se poursuit vigoureusement aux États-Unis.


Jusqu’à maintenant, le président Trump s’est distingué par sa gestion chaotique de la pandémie : début tardif d’un dépistage qui reste insuffisant et pénurie des équipements de protection pour le personnel soignant.

Mais malgré ces heurts, la situation s’améliore dans plusieurs États, qui amorcent un déconfinement progressif.


Ce déconfinement peut paraître hâtif compte tenu des risques sanitaires du retour au travail mais l’aide fédérale tarde pour plusieurs Américains et des milliers d’entre eux n’y ont pas droit. Pour certains, le retour au travail devient une question de survie.


Plus de 26 millions d’Américains se sont inscrits au chômage et plusieurs entreprises ont dû suspendre leurs activités alors que leur avenir est sous un nuage d’incertitude.

C’est cette Amérique ankylosée qui sera le théâtre du scrutin présidentiel opposant Donald Trump à Joe Biden au cours des six prochains mois.

Propulsé par la croissance économique, la vigueur du marché de l’emploi et après avoir survécu aux initiatives du Parti démocrate pour l’écarter du pouvoir, Donald Trump semblait filer allègrement vers son deuxième mandat… jusqu’au coronavirus.

Maintenant que l’économie américaine est terrassée et que l’Amérique compose difficilement avec la pandémie du Covid-19, l’avenir peut sembler sombre pour Donald Trump.

Mais croire qu’il est abattu c’est mal le connaître.

En 2016, lors de la course à l’investiture républicaine, il a défait les onze candidats qui s’opposaient à lui l’un après l’autre, incluant Jeb Bush, que l’establishment républicain voyait déjà affronter Hillary Clinton en novembre.

Lors de la présidentielle, le chef d’antenne de CNN, Wolf Blitzer, était tellement convaincu du couronnement d’Hillary Clinton qu’on a pu le voir en train de siroter du Martini devant les partisans de l’ex-secrétaire d’État le jour du vote.

Donald Trump aime la bagarre

Le magnat de l’immobilier a été élevé par un homme, Fred Trump, qui avait une vision darwinienne des relations sociales. Le plus fort l’emporte.

Lors des prochains mois, le président Trump va rappeler aux travailleurs des États industriels du Midwest que l’ex-vice-président Joe Biden a fait partie d’une administration qui a renoncé à tenir tête à la Chine.

L’establishment démocrate est resté les bras croisés tandis que la Chine fermait son marché aux entreprises américaines, dévaluait sa monnaie, profitait de la délocalisation au détriment des industries du rust belt et s’adonnait au larcin de la propriété intellectuelle américaine.

L’administration Obama croyait que l’intégration de la Chine à l’économie mondiale allait la mener à respecter les règles du jeu et à se démocratiser.

Cela ne s’est pas produit. La Chine a continué de fermer son marché aux Américains, les États-Unis ont perdu des millions d’emplois, ont vu des entreprises péricliter et la Chine n’a pas avancé d’un pas dans la démocratie comme en témoignent sa rigidité envers Hong Kong et son traitement des lanceurs d’alertes lors de l’éclosion de la pandémie du coronavirus à Wuhan.

Donald Trump n’a pas attendu d’être élu en 2016 pour dénoncer les pratiques commerciales déloyales de la Chine. Il a commencé à dénoncer Pékin sur Twitter dès 2011.

Le président américain pourra souligner, à juste titre, qu’il s’est battu pour les travailleurs des États industriels du Midwest en obligeant la Chine à renégocier des ententes commerciales et en lui imposant des droits de douane lors des impasses.

Il rappellera aux électeurs que l’économie américaine était au beau fixe avant d’être désarçonnée par le coronavirus. Un virus qui aurait été stoppé, ajoutera-t-il, si l’OMS inféodée à la Chine avait fait son travail dès les premiers signes de contamination interhumaine.

Il sera difficile pour Joe Biden de concurrencer Donald Trump sur ce terrain.

Contrairement à Donald Trump, Joe Biden n’est pas un bon bagarreur.

Une affirmation étrange de Joe Biden

Il a récemment affirmé que Donald Trump allait repousser à plus tard la date du scrutin présidentiel prévu le 3 novembre.

Donald Trump n’a pas l’autorité pour ordonner ce changement.

La constitution américaine stipule que le président américain est élu tous les quatre ans, le mardi qui suit le premier lundi de novembre. Il intègre ensuite ses fonctions le 20 janvier à midi. Il n’existe aucune disposition prévoyant un cas d’exception.

Trouver ces informations ne demandait pas un grand esprit analytique. Il suffisait simplement de feuilleter la constitution américaine.

Joe Biden aura une tâche ardue en combattant Donald Trump.

Ce sera Sleepy Joe contre Mike Tyson.

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