Les ruineuses chimères de Bruno Le Maire

Après avoir voulu « réinventer le capitalisme », Bruno Le Maire prétend conduire la France à la « souveraineté économique ».
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Bruno Le Maire by Fondapol (CC BY-NC-ND 2.0)

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Les ruineuses chimères de Bruno Le Maire

Publié le 26 mai 2020
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Par Simone Wapler.

La « souveraineté » est un gros mot fourre-tout qui évoque beaucoup de choses : autorité d’un pouvoir dans un territoire donné, pouvoir suprême au-dessus duquel il n’existe rien, indépendance nationale, patriotisme…

En général, la souveraineté s’applique à la politique. Le concept de souveraineté économique est donc nouveau.

La souveraineté économique, un nouveau concept

Si l’on essaye de suivre la pensée de Bruno Le Maire, étalée dans cette page du Figaro, la France devrait donc avoir une « autorité économique suprême » ou un « pouvoir économique suprême ».

Cela demande une très grande détermination. C’est en cohérence avec ce que nous avons fait dans les trois premières années du quinquennat : valoriser le travail, renforcer la compétitivité, soutenir l’innovation.

Tout ceci, bien entendu dans une économie très planifiée par ces esprits supérieurs que sont Le Maire et consorts.

Cette nouvelle lubie de « souveraineté économique » est une autre présentation des vieilles chimères constructivistes : le pouvoir politique peut décréter ce que l’économie doit être.

Ainsi pour l’industrie automobile :

Nous demandons aux constructeurs de prendre des engagements dans trois directions :  le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées. Toutes les aides que nous apportons aux entreprises doivent être orientées dans ces deux directions : la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité.

Qu’importe si le véhicule électrique est bien plus cher et inadapté à la vie rurale.

Les échecs répétés des plans (le « plan calcul Bull » ou le « Google français » Qwant  pour ne citer que deux exemples parmi une myriade) ne découragent pas les personnages comme Bruno Le Maire qui vivent dans un monde vertical et se voient perchés à son sommet.

Bien entendu, il s’agit selon Bruno Le Maire d’un constructivisme laissant place à la concertation :

Nous voulons consulter largement les collectivités locales, les formations politiques, les parlementaires, les partenaires sociaux, les économistes.

Bref, on demande l’avis de tout le monde sauf de ceux qui sont réellement intéressés aux résultats : les clients qui vont dépenser leur propre argent pour se procurer les biens et services délivrés par cette « économie souveraine » et les contribuables qui vont mettre la main à la poche pour soutenir les constructeurs automobiles, ou Air France, ou Fnac-Darty…

Pourquoi une telle haine de la démocratie économique ?

Déjà, début 2019, Bruno Le Maire annonçait vouloir « réinventer le capitalisme » tout seul avec ses petits bras musclés :

Le capitalisme doit se réinventer ou il ne survivra pas à la montée des inégalités à travers la planète.

Depuis, quelque âme charitable lui a probablement indiqué que le capitalisme n’avait pas été « inventé » et n’avait donc pas besoin de se « réinventer ». Le capitalisme a émergé sans l’aide des constructivistes, des politiciens, des économistes et autres mouches du coche.

Le capitalisme s’impose parce qu’il s’avère que c’est la meilleure organisation concertée pour créer de la richesse. Et c’est une organisation par le bas où chaque client a son mot à dire. Dans la mesure où le souverain n’intervient pas et où la concurrence n’est pas distordue par des monopoles publics ou privés, les clients décident de ce qui leur convient et à quel prix. Les entrepreneurs ajustent en permanence leur offre de produits et services et leurs prix pour trouver le plus de clients possibles. Une entreprise sans suffisamment de clients finit par disparaître, une entreprise qui fait trop d’erreurs fait faillite.

Le capitalisme est la démocratie appliquée aux échanges marchands. Chaque prix est le résultat du vote du plus grand nombre de clients possibles.

Il serait sain qu’un jour nos politiciens comprennent que la démocratie économique est la voie de la prospérité. La démocratie économique est la libre formation des prix par la rencontre d’un acheteur et d’un vendeur tous deux consentants.

La seule chose qui incombe au pouvoir souverain est d’accoucher d’un système législatif qui laisse fleurir une concurrence loyale : sans passe-droit, aide, subventions, taxations pour des motifs clientélistes ou des visions irréalistes. Laisser-faire l’économie de marché, favoriser l’exercice d’une concurrence saine et loyale sont du ressort de la démocratie politique.

Tout le reste n’est que capitalisme de copinage ou totalitarisme économique, des systèmes ineptes qui conduisent à une économie soviétique ou vénézuélienne.

Soulageons les contribuables, laissons les mauvais faire faillite !

Oui, le capitalisme sans entraves exacerbe les justes inégalités : les bons prospèrent, les mauvais font faillite. C’est ainsi que les salariés qui ont participé tôt aux aventures entrepreneuriales de Doctolib sont mieux lotis que ceux qui ont choisi Qwant.

Si les mauvaises entreprises font faillite, leurs employés pourront choisir de se diriger vers les plus performantes. Les filets sociaux facilitent leurs transitions.

Pourquoi la compagnie Air France (avec ses pilotes les mieux payés au monde) n’aurait-elle pas le droit de faire faillite ? En quoi serions-nous pénalisés par l’arrêt de son activité ? Pourquoi nous demander de cautionner un prêt de 7 milliards d’euros ?

En octobre 2001, Swissair a fait faillite. Genève, Zurich, Bâle et autres grandes villes suisses ne sont pas des destinations rayées des cartes des compagnies aériennes et n’importe qui peut prendre un avion pour aller en Suisse ou en partir.

Voici ce qu’en disait le journal Le Temps en 2011 après dix ans de recul.

Le mot clé est « arrogance ». La faillite apprend l’humilité, une qualité rare chez nos hommes de pouvoir. Il est vrai que la seule sanction de leurs mauvaises décisions est de louper un mandat et d’attendre le tour suivant.

Monsieur Le Maire, cessez de poursuivre vos chimères avec l’argent des autres (celui des contribuables). Cherchez plutôt l’inspiration chez les pays prospères et bien gérés, ceux qui laissent s’exercer la démocratie de marché sans avoir besoin de 450 milliards d’euros pour financer des relances d’activités zombies.

Voir les commentaires (34)

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  • claude henry de chasne
    26 mai 2020 at 6 h 23 min

    « Le capitalisme est la démocratie appliquée aux échanges marchands. Chaque prix est le résultat du vote du plus grand nombre de clients possibles. »
    mais il y a des tricheurs!

    je suis d’accord lorsqu’il n’y a pas de monopole.. de fait les grandes sociétés capitalistes font comme les états , elles détruisent la concurrence a la naissance par des rachats des sociétés montantes . il existe bien des sociétés « états » qui négocient avec des états , pour éviter la concurrence..
    et c’est la concurrence qui fait la performance, le capitalisme n’a de cesse de la réduire aussi

    • Bien vu mais même si le capitalisme ne garantit pas la victoire des meilleurs compte tenu des erreurs de jugement de la clientèle, le dirigisme garantit à peu près leur défaite.

  • Le Maire est un crétin de classe mondiale.

  • Bruno Le Maire n’ est un fasciste national socialiste qui ne s’ ignore peut-être plus complètement.

  • Bonne analyse, mais qui repose sur une faiblesse importante : vous prêtez à Bruno un cerveau lui permettant de penser.
    Malheureusement, cette hypothèse n’a pas été vérifiée par les scientifiques.

  • Soit, en effet la messe est dite pour ledit Lemaire. Mais est-il le seul responsable ? Force est de constater, et de regretter, qu’il lui arrive d’avoir du succès auprès des gens. Il présente bien, il parle bien, il vendrait une niche à des personnes sans chiens. Et donc d’une certaine manière, les français ont le ministre des finances qu’ils méritent, et par conséquence, la situation économique qu’ils méritent.

    • Tout à fait. ils n’ont toujours pas réussi à comprendre comment et qui crée les richesses, pas plus d’ailleurs que l’état n’a pas un rond, et que c’est eux qui payent la gabegie et la corruption du système étatique français !

    • Le petit prince
      26 mai 2020 at 16 h 48 min

      Merci de votre appréciation, elle est parfaitement vrai, même s’il n’en demeure pas moins que le beau bruno baratineur de son état laissera de lui l’image du plus mauvais ministre de l’économie de la 5 ème République .Il est bien connu que pour être économiste ,il faut faire des études littéraires…..

    • « les français ont le ministre des finances qu’ils méritent … »

      L’économie part en vrille et les français clament en chœur : « y a-t’il un écologiste dans l’avion ».

      • Il est ministre des finances………….il est comme son chef, il aime les phrases percutante qui ne veulent rien dire

  • La tragédie de l’espèce humaine en général et de BLM en particulier, c’est que plus on a des capacités intellectuelles réduites et plus on a tendance à se prendre pour Dieu Le Père.

    Je propose donc à BLM de changer son acronyme en DLP, mais je crains que son patron n’ait un droit de préemption.

  • Le discours de BLM aurait pu être (et a même peut-être été) écrit par un Jacques Généreux (économiste de Mélenchon) ou équivalent. On y retrouve tous les poncifs de l’extrême gauche, comme de l’extrême droite, prouvant une fois de plus la mince feuille de papier qui sépare les deux extrêmes.
    Tout cela a un nom: étatisme, synonyme de collectivisme.

  • BLM, en bon socialiste, pense que l’économie doit être pilotée, encadrée, « régulée » par le gouvernement. Il ne comprend pas la force des libertés économiques et ne s’est jamais demandé pourquoi les pays qui les respectent sont plus prospères que ceux qui les entravent. Mais s’intéresse-t-il à la prospérité des Français?

  • humilité et intelligence sont antinomiques…

    • Je crois que vous avez tout dit ! Bravo

    • Non, BLM n’est ni humble, ni intelligent. Peut-être très savant pour obtenir ses diplômes littéraires. J’ai eu la chance de croiser des bénéficiaires de grands prix Scientifiques, des Prix Nobel, une Médaille Fields. Tous n’étaient pas humbles, certes mais beaucoup relataient que plus ils en apprenaient, plus ils en ignoraient.

    • au temps pour moi : « sont synonymes »…

    • jacques lemiere
      27 mai 2020 at 7 h 10 min

      c’est une phrase qui plait mais je la crois simplement fausse…

  • BLM2 médaillé d’or du JORC, le JO du ridicule constructiviste.

    • On doit avoir l’intégralité du podium des IgNobel en Economie (BLM, Hollande – « c’est gratuit, c’est l’état qui paie »; Piketty).

  • Encore une très bonne analyse de madame Wapler.
    Ça me désole que l’on continue à mettre dans l’argent dans des boites qui feront faillite à terme de toute façon… Laissons couler Air France avec ses grévistes a 12k€ par mois, garantissons les prêts aux seules boites ayant un problème de trésorerie à court terme et tant pis pour celles qui n’ont pas pu s’adapter.

  • Entre économie souveraine et économie souterraine, il n’y a qu’une lettre qui change.

    • C’est peut être ça qu’il faut comprendre par économie souveraine: celle qui est autorisée ou au mieux favorisée par l’État. De facto, le reste deviendra souterrain…

  • Au concours du plus con il a fait deuxième !

    (Trop con pour être premier…)

  • Lemaire est un descendant de Mary Stuart (décapitée), de la cousine germaine de Louis XVI (décapité), son frère a épousé une princesse allemande et lui-même est encombré d’enfants très catholiques, bcbg.
    C’est pour cela que ce mec est devenu un professionnel de l’abaissement du pantalon, et fait sans arrêt du « virtue signalling » d’hyper gauche, pour éviter d’être « purgé » par le système.
    Il rappelle un peu ces vieux bolcheviques qui reniaient complètement leur passé dans les procès staliniens (qu’ils y fussent accusé ou juges, dailleurs…)
    Bref, la merde avec laquelle on bâtit les tyrannies.

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