L’État investisseur va encore dilapider votre argent

57 milliards d’euros vont être gaspillés par un nouveau plan d’ « investissements d’avenir » qui échouera probablement, comme tous les autres…

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L’État investisseur va encore dilapider votre argent

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 janvier 2018
- A +

Par Simone Wapler.

Le Président vient de nommer un « secrétaire général pour l’investissement » en la personne de Guillaume Boudy.

L’Usine Nouvelle :

Guillaume Boudy vient d’être nommé Secrétaire général pour l’investissement par le président de la République. Le Secrétariat général à l’investissement est la nouvelle dénomination du Commissariat général à l’investissement, depuis le décret du 18 décembre 2017.

La mission de Guillaume Boudy – s’il l’accepte – consiste à « investir » 57 milliards d’euros sur les thèmes « de la transition énergétique, de la formation, de la transformation numérique de l’État et de l’innovation ».

Que sait cet énarque quinquagénaire – auparavant secrétaire général du ministère de la Culture sous la présidence de Sarkozy – que ne sachent pas des milliers d’investisseurs privés qui placent leur propre argent et espèrent un véritable retour sur investissement ? Mystère et boule de gomme…

Voici mon premier conseil de 2018. Il est gratuit, profitez-en : fuyez tout ce dans quoi Emmanuel Boudy va « investir ».

Areva, EDF, Orange… nos fleurons du capitalisme d’État déçoivent plutôt leurs actionnaires. Tous les « grands plans » fruits des cervelles de nos parasitocrates ont toujours échoué. Tous…

  • Plan calcul (1966, De Gaulle, Bull)
  • Plan acier (1981, Mitterrand, Arteclor)
  • Plan informatique pour tous (1985, Mitterrand, Thomson)

Ce sont ces échecs qui devraient figurer aux cours de l’ENA, échecs auxquels il faudrait rajouter le Concorde, le Minitel et tous ceux que j’oublie.

On pourrait imaginer que Guillaume Boudy, lui, fasse la déclaration suivante :

Monsieur le Président,

Je suis très honoré de votre confiance. Toutefois, pour mener au mieux ma mission, je m’engage à ne rien faire et à exhorter mes services à faire de même.

Ce sont les gens qui gagnent de l’argent et placent leur propre argent qui sont les plus aptes à investir et les plus attentifs à leur retour sur investissement.

Voyez-vous, si j’investissais cet argent que je n’ai pas gagné et que la République emprunte ou extirpe de ses contribuables, je serais moins qualifié que ces investisseurs car je ne serais pas puni de mes erreurs.

N’étant pas pénalisé par mes pertes, je suis irresponsable et incapable d’apprendre de mes éventuelles erreurs.

En ne faisant rien, je ne vous coûte pas plus cher qu’aujourd’hui et je vous évite pertes, gaspillages et mécontentements.

Si l’État « investissait » fructueusement, depuis le temps, nous devrions constater un retour sur investissement.

Hélas, il n’en est rien. En tant qu’employé à la Cour des comptes, je puis vous certifier que la dette nationale grossit, que les intérêts s’alourdissent et que depuis plus d’un demi-siècle le « retour sur investissement » de l’argent des contribuables se fait attendre.

Avant de me dévouer à ma nouvelle mission qui consistera à ne rien faire, je voudrais cependant, Monsieur le Président, vous faire une proposition constructive.

Nous sommes démocrates et devons l’être jusqu’au bout. Puisque nous respectons le choix et le jugement des citoyens pour élire un représentant, nous devons l’accepter aussi pour choisir un investissement.

Les nouveaux sites de financement participatif permettent à chacun de choisir les entreprises auxquelles il souhaite prêter ou dans lesquelles il souhaite investir. Il serait juste que les fruits de ces placements bénéficient de la même taxation favorable que celle du livret A afin de récompenser cet investissement populaire dans ce que chacun estime être un « investissement d’avenir ».

Dans l’attente que cette proposition recueille un avis favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments très dévoués.


Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • Les politocards s’en moquent de ces dépenses de pognon gratuirt des autres tant que les électeurs votent bien en échange.

    • Ils gaspillent l’argent pour se faire réélire, l’électoralisme n’est rien d’autre en fait que de la corruption des électeurs, comme dans la Rome antique.

  • A la clé un « plan investissement » fait pour plomber l’investissement, dans la droite ligne des échecs précités dans l’article.

  • Déjà remarquer que les 57 milliards ne sont pas 57 mais 24.
    24 milliards de mesures nouvelles, le reste, c’est de la réorientation.
    Ne nous laissons pas leurrer par le plan com du gouvernement.

  • Merci pour cet excellent article.

    « Ce sont ces échecs qui devraient figurer aux cours de l’ENA, échecs auxquels il faudrait rajouter le Concorde, le Minitel et tous ceux que j’oublie. »

    Pour tous ceux que vous oubliez, je propose que tous les lecteurs de Contrepoints complètent la liste.

    Je commence : Airbus, avec l’A300, l’A310, l’A340, la première mouture de l’A350 et l’A380 ; sans compter tous les avions qu’Airbus a vendu à perte ! (Lisez « Le Rêve américain en danger » d’Edward Nicolai Luttwak).

  • Les commentaires sont fermés.

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