Hong Kong face à la Chine : la leçon de liberté donnée au monde

La pression constante de Pékin pour « normaliser » Hong Kong, c’est-à-dire la déposséder de ses libertés et en finir avec son modèle de réussite insolente, est une leçon pour l’Occident sur la véritable nature du communisme chinois.

Par Frédéric Mas.

Dimanche 9 juin, des centaines de milliers de manifestants — un million selon les organisateurs — descendaient dans la rue à Hong Kong pour protester contre un projet de loi permettant les extraditions vers la Chine. Il s’agit d’une des plus importantes protestations depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Dans le viseur de la colère populaire, un gouvernement pro-Pékin dont les intentions sont très claires : en finir avec les libertés de Hong Kong et mettre la ville sous l’autorité directe de la dictature communiste. Sous prétexte d’accorder la législation nationale à celle internationale en termes d’extradition des criminels étrangers, ce sont les dissidents et les résistants au régime totalitaire chinois qui risquent fort d’être expulsés. Malgré la colère populaire, le gouvernement de Hong Kong a préféré s’aplatir devant le Parti Communiste chinois.

En 1997, lors de la rétrocession, Pékin s’était engagé à préserver l’autonomie et la spécificité politique et économique de l’ex-colonie britannique pendant au moins 50 ans, selon le principe énoncé par Deng XiaoPing : « un pays, deux systèmes »1. L’exercice semblait dès le départ compliqué, puisqu’on confiait à un régime communiste la garde du pays le plus libre économiquement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon l’indice de liberté économique conçu par l’Institut Fraser. C’est cette liberté économique qui fait de Hong Kong l’une des villes les plus prospères d’Asie, et l’une des plus dynamiques socialement parlant. Ce dynamisme se traduit par une demande accrue de démocratisation des institutions, que Pékin cherche à étouffer progressivement.

Hong Kong proteste contre la trahison chinoise

En 2014, la révolte des parapluies éclate contre la première trahison de Pékin. Alors que l’accord de 1997 promettait des élections libres, la Chine change les termes du contrat et abolit le suffrage universel au profit d’un comité fantoche nommé par les bureaucrates de Pékin.

En 2016, Pékin intervient officieusement dans les élections au Legislative Council pour empêcher certains candidats indépendantistes de se présenter.

La pression constante de Pékin pour « normaliser » Hong Kong, c’est-à-dire la déposséder de ses libertés et en finir avec son modèle de réussite insolente, est une leçon pour l’Occident sur la véritable nature du communisme chinois. Au cœur du fonctionnement politique chinois, il y a le Congrès du Parti communiste dont le bras armé est le comité permanent du bureau politique.

Il n’y a pas de modèle « capitaliste autoritaire » chinois, mais une organisation léniniste qui se sert des leçons économiques du capitalisme pour étendre sa domination jusqu’à vouloir en finir avec les avant-postes de la liberté en Asie, mais aussi partout dans le monde. La leçon de courage des manifestants de Hong Kong est aussi un avertissement pour l’Europe. Les discours apaisants de la Chine masquent mal son ambition impérialiste.

  1. Valérie Niquet, La puissance chinoise, Tallandier, p. 155.
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