La Chine est la plus grande prison du monde pour les journalistes

pierrO-barbelés-(CC BY-SA 2.0)

Non contente d’être la plus grande prison du monde pour les journalistes, la Chine risque de vouloir étendre ses prisons et ses camps, rebaptisés pour l’occasion « Modèle chinois », à l’ensemble du monde.

Par Frédéric Mas.

Le régime de Pékin est l’une des principales menaces pour la liberté de la presse, selon le Bilan 2019 de Reporters sans frontières sur les violences commises contre les journalistes. 40 % des journalistes détenus en Chine sont des non-professionnels qui font face à une censure politique croissante visant à la fois les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Persécution des journalistes Ouighours

L’étude rappelle que

La plupart des nouvelles détentions ont par ailleurs ciblé des journalistes Ouighours, la minorité ethnique musulmane turcophone qui peuple majoritairement la région du Xinjiang, dans le nord-est de la Chine.

Cette minorité, que le pouvoir politique enferme dans des camps et cherche à éradiquer culturellement, se voit ainsi aussi dénié le droit à la parole.

Parmi les journalistes détenus dans les camps d’internement de la province du Xinjiang, on compte Ilham Tohti, qui s’est vu récemment décerner le prix Vaclav Havel du Conseil de l’Europe et le prix Sakharov du parlement européen.

Mais la liste est longue des journalistes ou des blogueurs qui se sont retrouvés derrière les barreaux pour avoir critiqué le pouvoir, ou tout simplement exercé leur liberté d’informer.

La Chine menace globale pour la liberté

Si la Chine est un sujet d’inquiétude pour la liberté de la presse, c’est aussi que plus généralement, elle est devenue une menace sérieuse pour l’ensemble des libertés individuelles dans le monde.

Le dernier rapport du Cato Institute sur la liberté humaine en parle comme d’un totalitarisme aux visées impérialistes. La Chine persécute ses minorités religieuses sur son propre sol, en particulier les Ouighours, mais cherche aussi à étendre son influence en dehors de ses frontières, et pas seulement à Hong Kong.

Xi Jinping et son équipe dirigeante se préparent à la guerre en mer de Chine méridionale, qui est à la fois un enjeu frontalier majeur entre la Chine et Taiwan, et une zone d’échange économique stratégique dans la région. Taiwan est dans le viseur de Pékin, et tout comme Hong Kong, ce sont les libertés de ses habitants qui risquent de disparaître en cas d’invasion.

La propagande chinoise inonde les démocraties occidentales par la corruption et la manipulation. Son but est de répandre l’image d’un « modèle de développement » chinois alternatif à celui occidental. Or l’autocratie chinoise gouvernée par sa bureaucratie communiste est tout sauf une alternative à la démocratie libérale en matière de protection des droits et des libertés.

Les médias en langue chinoise sont aussi sous pression partout dans le monde. Le pouvoir politique s’arrange pour les embrigader par la menace ou l’argent, réduisant ainsi au silence toute pensée ou parole dissidente. Au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie, mais aussi en Europe, on retrouve les mêmes méthodes, tout comme des tentatives d’intimidation dirigées vers les opposants au PCC.

Avec les nouvelles technologies, la Chine s’apprête également à être sa première dictature fondée sur la surveillance généralisée.

Dans le classement proposé par le rapport, Hong Kong se trouvent dans le top 10 des pays les plus libres du monde. La Chine est 135e sur 162, et perd deux places.

Human Freedom Index (source : rapport 2018)

Non contente d’être la plus grande prison du monde pour les journalistes, la Chine risque de vouloir étendre ses prisons et ses camps, rebaptisés pour l’occasion « Modèle chinois », à l’ensemble du monde.

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