Coronavirus, Chine, monnaie : le basculement du monde

Avec la crise sanitaire liée au coronavirus, nous ne faisons pas seulement face à une économie à l’arrêt mais à un véritable basculement du monde. Monnaie, travail, liberté : les bouleversements en cours.

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Coronavirus, Chine, monnaie : le basculement du monde

Publié le 22 avril 2020
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Par Laurent Gayard et Waldemar Brun-Theremin1.

Le 14 janvier 2020, l’OMS approuve la conclusion de l’enquête préliminaire des autorités chinoises selon laquelle il n’y a pas de preuve évidente de transmission interhumaine du virus. Le 23 janvier, la reconnaissance de la transmission interhumaine du Covid-19 est officialisée.

Le 30 janvier 2020, le Directeur Général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, déclare que « le gouvernement chinois doit être félicité pour les mesures sans précédent qu’il a prises en vue d’endiguer la flambée. »

Le jour-même, l’OMS se décide cependant à reconnaître une situation d’urgence de santé publique internationale, décision beaucoup trop tardive pour nombre d’observateurs, dont Yves Charpak, lui-même ancien expert de l’OMS, qui juge également l’attitude de la Chine « plutôt exemplaire ».

La Chine face à la crise sanitaire

Le 7 février, l’OMS fait pour la première fois mention d’une pénurie mondiale d’équipements de protection individuelle. L’organisation mondiale n’émet toujours pas la moindre critique vis-à-vis de la gestion chinoise de l’épidémie. Dans les États européens, déjà durement touchés par l’épidémie, on prend encore volontiers la Chine pour exemple.

Le ministre de la Santé Olivier Véran loue la réaction rapide de la Chine face à l’épidémie de Covid-19 et se demande même si les mesures de confinement ne sont pas plus faciles à mettre en place dans un pays où les réseaux sociaux sont plus muselés qu’en France.

La capacité des autorités chinoises à faire disparaître les lanceurs d’alerte et à contenir toute forme néfaste de viralité médiatique témoigne en effet d’une efficacité redoutable. L’OMS attend le 11 mars pour déclarer officiellement une situation de pandémie mondiale. Tandis que l’Europe se claquemure, les démocraties libérales font acte de contrition, la faiblesse et l’incohérence de leurs gouvernements sont montrées du doigt et moquées face à l’efficacité chinoise.

Il y a quelques jours encore, on pouvait lire, sur le site d’un think tank français de « géopolitique réaliste », que la Chine donnait « une leçon d’humanité qui démonétise complètement nos postures ridicules sur les dictateurs et les démocrates2 ».

Au cours de la dernière semaine, la tendance s’est radicalement renversée. Non pas que des critiques n’aient pas été émises avant cela, à commencer par celles du président américain Donald Trump, qui s’obstine à parler de « virus chinois » et a dégainé des tweets de plus en plus assassins à l’encontre de Pékin, mais quand, à la fin du mois de mars, des photographies d’interminables files d’attente de proches venus chercher les cendres de leurs défunts à Wuhan filtrent dans la presse, l’écran opaque de la propagande commence à se fissurer. Les bruits courent, les rumeurs, les estimations, provenant de lanceurs d’alerte chinois contredisent largement le bilan officiel.

Ce ne sont pas 2579 victimes que comptabiliserait la ville de Wuhan (10 millions d’habitants) mais près de 60 000. Et sur l’ensemble de la Chine, on parle de près de 100 000 morts et de plus d’un million d’infectés. Plus de 45 000 urnes avaient déjà été distribuées à Wuhan le 27 mars.

Tous ces gens ne sont pas morts du Covid-19 mais cela représente tout de même une surmortalité impressionnante. Début avril, les services secrets américains estiment, dans un rapport remis à la Maison Blanche que Pékin a dissimulé l’ampleur véritable de l’épidémie. « Que les choses soient claires – c’est le PCC qui est responsable, pas le peuple chinois… Les mensonges et la propagande ont mis des millions de vies dans le monde en danger », déclare le 2 avril le cardinal Charles Maung Bo, président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie.

Le 15 avril, un article d’Associated Press dévoile publiquement que les autorités ont dissimulé l’existence même de l’épidémie aux habitants de Wuhan du 14 au 20 janvier. Un repas géant réunissant 40 000 familles a même été organisé le 19 janvier avec des assiettes gravées à l’effigie de Xi Xinping. Voilà pour la leçon d’humanité.

Avec le confinement généralisé, le monde est entré dans une nouvelle ère qui ressemble à s’y méprendre à un roman de Philip K Dick. Les rues sont désertes. L’économie est à l’arrêt. Seuls les marchés financiers et les administrations publiques tournent à plein régime.

L’explication de cette psychose globale n’est pas seulement due au zeitgest et à la culture politique et médiatique du principe de précaution. Le Covid-19, à l’heure de l’hypermédiatisation, fait bien courir le risque d’un engorgement complet des services hospitaliers et l’on connaît finalement bien peu de choses de ce virus que Donald Trump accuse le gouvernement chinois d’avoir laissé échapper d’un laboratoire. Avec 40 000 morts, l’Amérique est désormais le pays le plus endeuillé dans le monde.

La récession qui vient

Au 15 avril, 1,9 million de cas confirmés et 126 722 décès étaient constatés dans 185 pays. Mais la mise en pause de l’économie mondiale et l’augmentation drastique du chômage risquent de faire bien plus de dégâts, y compris humains, que l’épidémie en elle-même.

Désormais 3,4 milliards d’individus sont confinés sur la planète et l’Europe et les États-Unis sont devenus après la Chine des épicentres durables de la pandémie. Piégés à la fois par la mise à l’arrêt d’une partie de leur appareil économique et par la logique de flux tendus, les politiques d’austérité et la délocalisation des activités qui les privent de ressources matérielles et hospitalières devenues aussi fragiles que précieuses, Européens et Américains sont contraints de procéder à une réorganisation du travail à une échelle jamais observée depuis la Seconde Guerre mondiale.

En trois semaines, plus de 16 millions d’emplois ont été détruits aux USA. On table sur une contraction de 8 % du PIB français, de 9 à 15 % du PIB allemand en raison de l’effondrement des exportations. Certains prônent la mise en place de revenus universels garantis ou l’usage intensif de la monnaie hélicoptère, d’autres martèlent qu’il faudra travailler davantage à l’issue de la crise sanitaire.

Les gouvernements et les banques centrales se sont lancés dans une débauche monétaire et budgétaire sans précédent dont il est impossible de prendre la mesure. Les liquidités ont fui les marchés de toutes parts et les pompiers de la finance ont alors sorti le grand jeu. Les nouveaux programmes d’achats d’actifs par les banques centrales et les dépenses budgétaires s’élèvent d’ores et déjà à plusieurs milliers de milliards de dollars des deux côtés de l’Atlantique.

En communiquant, lors de l’allocution donnée le 13 avril dernier, la date du 11 mai pour un possible début de déconfinement, sans s’aventurer à en préciser les modalités, Emmanuel Macron a confessé, avec une humilité qui ne lui est pas forcément coutumière, les erreurs commises dans la gestion de la crise, tout en promettant de débloquer de nouvelles aides pour les entreprises ou les ménages en difficulté.

La franchise a ses limites toutefois et le président français n’a pas justifié la réouverture des écoles le 11 mai par la nécessité de faire garder les enfants des actifs retournant au travail mais s’est empêtré au contraire dans une doucereuse justification impliquant la lutte contre la « fracture numérique » accentuée par le confinement.

Incertitude économique et sociale

La communication est décidément devenue un cancer qui a métastasé le discours politique. L’incapacité à nommer précisément son action politique témoigne non seulement d’une certaine condescendance mais est également porteuse de conséquences tout à fait dangereuses, d’autant plus que le ressentiment bouillonne en France sous le couvercle du confinement et que le déconfinement ouvrira une terrible période d’incertitude économique et sociale.

Car tout cet argent créé à partir du néant devra être remboursé, ou voir sa valeur détruite. En effet, il faut garder à l’esprit qu’un épisode d’endettement excessif se termine nécessairement par un apurement des dettes qui peut prendre plusieurs formes :

  1. Des politiques d’austérité auxquelles le sud de l’Europe a déjà payé un lourd tribut ;
  2. Des défauts en masse, les dettes ne sont pas remboursées, réduites ou annulées ;
  3. Une inflation galopante, la République de Weimar hantant toujours l’inconscient allemand.

À moins qu’une forte croissance économique ne soit générée par la lutte contre la pandémie transformée en véritable effort de guerre. Ayant recouvré le plein exercice de sa liberté d’expression, l’ancien gouverneur de la Banque centrale européenne Mario Draghi annonce dans une chronique datée du 25 mars dans le Financial Times que certaines dettes privées seront annulées. Qui va décider ? Qui sera lésé ? Peut-on sauver les banques et les spéculateurs comme en 2008 ? Et qui, dans le monde, tirera le mieux profit de la crise actuelle ? Les regards se tournent à nouveau vers la Chine.

Si la fascination semble désormais avoir laissé place au doute, puis à l’hostilité et qu’il est très certain que Pékin a menti sur sa gestion de la crise et le nombre de décès en Chine, il est peu probable qu’un pays qui a sacrifié 30 millions de ses concitoyens lors du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle se laisse arrêter par une épidémie, qu’elle fasse quelques milliers ou quelques dizaines de milliers de morts.

Le basculement géopolitique vers la Chine

L’économie chinoise redémarre tandis que les États-Unis et l’Europe restent à l’arrêt. Le basculement géopolitique que peut entraîner la pandémie pourrait être en réalité déjà acté si l’on ne voyait désormais se dresser face à Pékin l’hostilité croissante des gouvernements américain et européens, touchés de plein fouet par la pandémie, de plus en plus soupçonneux vis-à-vis du gouvernement chinois et passablement irrités par les leçons de Pékin.

Mais en dépit du recul de plus de 6 % du PIB chinois au premier trimestre 2020, l’épidémie de coronavirus n’a-t-elle pas déjà rebattu les cartes au niveau mondial ? La Chine profite en effet de cette nouvelle crise pour proclamer la pertinence de son modèle, en s’appuyant sur des chiffres que l’on peut supposer avoir été largement manipulés et sur une propagande qui irrite grandement une partie de la communauté internationale.

À l’instar de la crise de 2008, celle-ci démontre l’incapacité du système économique et financier actuel à faire face avec efficacité, du moins dans un premier temps, à leurs contradictions internes. Comme en 2008, les profits économiques sont privatisés et les pertes mutualisées. Le système capitaliste s’en remet à nouveau à l’intervention de la puissance publique et partout aux États-Unis et en Europe, la puissance publique dépense sans compter, emprunte, finance et garantit avec de l’argent qu’elle n’a pas.

Il va donc bien falloir à un moment garantir ces emprunts et ces promesses financières dispendieuses. Qui pourrait être mieux placé aujourd’hui pour réinjecter massivement de l’argent frais dans le système financier aux abois que la Chine, puissance exportatrice ayant bénéficié pendant des années de la délocalisation massive des activités de production et conservant une épargne importante qui lui permet toujours d’afficher plus 3000 milliards de dollars de réserves de change ?

 

Pour autant, l’affrontement entre la Chine et ses principaux rivaux ne peut que s’intensifier.

Le Japon va consacrer 20 milliards de dollars au financement de la relocalisation des usines sur son territoire. Le Royaume-Uni prend prétexte du secret entretenu par les Chinois quant à la gravité de l’épidémie pour renoncer à faire appel à Huawei pour l’installation de la 5G. Les USA évoquent Pearl Harbor pour parler de leur lutte contre le Covid, de là à évoquer l’attaque surprise japonaise dans leur lutte avec la Chine, il n’y a qu’un pas. Le fait que, comme en Europe, la technostructure américaine aura besoin d’un coup de fouet pour assurer la relance de l’économie pourrait laisser place à un ambitieux scénario de politique-fiction mais paraît-il si ambitieux après les bouleversements que nous connaissons ?

Tous les paris sont ouverts

En s’appuyant sur la vitalité du secteur privé dans ce domaine, les Américains pourraient se lancer dans une réédition de la guerre des étoiles qui les opposa à l’Union soviétique, en amenant la Chine à combattre sur le terrain de l’innovation et de la guerre technologique où, en dépit des énormes progrès réalisés, elle conserve encore un certain retard.

Ce serait un pari fou mais, après une crise telle que la pandémie mondiale de Covid-19, tous les paris sont ouverts. Pandémie ou pas, la compétition dans le domaine spatial ne semble pas diminuer, comme en témoigne la rivalité entre SpaceX et Roskomos ou les incertitudes autour de la reprise de OneWeb. D’autant que, comme le montre très justement le politiste Michael Beckley, la superpuissance chinoise présente d’évidentes faiblesses.

La Chine a beau avoir intégré l’OMC en dépit d’un très fort interventionnisme d’État qui voisine avec un capitalisme tenu en laisse, on peut se demander comment le « modèle chinois » sera amené à surmonter l’après-crise du Covid-19, avec un endettement supposé de 300 %,3, un vieillissement accéléré de sa population et un environnement géopolitique extrêmement hostile, qui risque fort d’être aggravé par la gestion chinoise de la crise épidémique et la propagande qui l’a accompagnée.

La Chine est néanmoins à la manœuvre, en particulier en Europe, pour contrer l’influence américaine, usant à son avantage de la dépendance industrielle de plus en plus marquée du vieux continent.

Pour éviter de tomber dans une sujétion complète vis-à-vis de l’économie chinoise, les Européens n’ont, quant à eux, d’autre choix que de bouleverser complètement leur logiciel. Est-ce possible ? La palme de la mesure la plus exceptionnelle revient au Royaume-Uni où la Banque d’Angleterre va imprimer directement des billets pour les donner au gouvernement sans passer ni par le marché ni par les banques.

Une fois encore, Londres nous donne, à tort ou à raison, une leçon de souveraineté. Dans un bras de fer nord-sud, l’Europe accouche aux forceps de mesures pour éviter son explosion.

Les Allemands et leurs satellites autrichiens et hollandais n’ont pas encore cédé. L’aide qu’ils accordent est une nouvelle fois soumise à condition. L’austérité et l’ordo-libéralisme n’ont pas dit leur dernier mot. Si les Allemands arrivent à la conclusion qu’ils peuvent se passer des débouchés du sud de l’Europe, l’Union européenne aura du mal à se remettre de cette nouvelle crise.

L’avenir n’est pas rose avec à l’horizon l’affrontement qui se prépare et l’Union européenne qui semble toujours aussi mal armée pour y faire face. Le contrôle technologique des populations transforme les GAFA et leurs équivalents chinois en grands gagnants de ce nouveau monde. La surveillance qui se généralise en Chine est déjà montrée en exemple.

Les données individuelles collectées à grande échelle et traitées par l’intelligence artificielle sont désignées comme la clé du succès pour maîtriser le covid, comme en témoignent les initiatives d’autres pays asiatiques mais aussi de nations européennes comme la Pologne, qui a mis en place des mesures très coercitives de surveillance électronique des procédures de quarantaine, ou la France, qui table encore sur l’adhésion volontaire des citoyens à l’application de traçage électronique StopCovid.

Sans compter Google et Apple qui ont décidé de s’allier dans le domaine du traçage électronique, une union qui effraie à juste titre. L’Europe, en plus d’être une colonie du monde numérique, est-elle aussi vouée à prendre des airs de colonie pénitentiaire et sanitaire ?

  1. Laurent Gayard est docteur en histoire et sciences politiques de l’EHESS et enseigne l’histoire en lycée et les sciences politiques et la politique comparée à l’Institut Catholique de Paris. En 2016, il a publié Taklamakan, le désert d’où on ne revient pas, avec le photographe Dominique Laugé. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Darknet, GAFA, Bitcoin. L’anonymat est un choix, publié aux éditions Slatkine en juin 2018. Waldemar Brun-Theremin est le directeur général et directeur des gestions de Turgot Asset Management, société de gestion de portefeuilles à la fondation de laquelle il a participé en 2008. Diplômé de l’EDHEC, il assure depuis 2000 la fonction de gérant de fonds d’investissement sur la zone Asie-Pacifique.
  2. Caroline Galactéros. « La crise du Covid-19, victoire des “démocratures” ? » Marianne. 06/04/2020.
  3. Michael Beckley. The Emerging Military Balance in East Asia. How China’s Neighbors Can Check Chinese Naval Expansion. MITPress. Novembre 2017. p. 35.
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  • Cette crise sanitaire, dont les conséquences sont sans commune mesure avec les chiffres de la mortalité (*) doit en effet s’analyser dans le cadre plus large de la géopolitique mondiale et du système financier international.
    Je recommande cet entretien

    (*) il est notable que la définition d’une pandémie ne fait pas intervenir le nombre de morts, mais l’extension géographique (quand bien même 152 pays ont moins de 50 morts) et le caractère nouveau de la maladie

  • Tout ce que la France compte d’interventionnistes essaye de nous expliquer que le totalitarisme chinois est plus efficace que le libéralisme européen. La Chine triche, ment et emprisonne, comme le font tous les régimes totalitaires. Curieux que certains en fassent un modèle à suivre. Comme si le liberté n’était pas efficace.

    • « Le libéralisme européen » ?
      S’il existait, il pourrait servir d’exemple, lui, et tous ces problèmes de modèle dictatorial chinois tomberaient d’eux-mêmes. Vous confondez réflexe anti-dictatorial et construction sensée pro-liberté…

  • Très intéressant !
    La Chine était déjà très gênée par le mouvement contestataire à Hong Kong, mais la survenue du virus semble lui avoir donné l’occasion de reprendre la main en exportant la pression.
    Partie de jeu de go dont le début aurait été lancé avec l’émergence du virus ? Mais pourquoi Wuhan ?
    Justement parce que plus c’est gros plus ça passe ?

    • la Chine a toujours « truqué » ses chiffres, toujours cohérents avec ses prévisions, toujours les premiers sortis et rarement révisés…

  • Les pandémies, ont connait : quelques millions de morts et ça repart. Les crises économiques ont connait : beaucoup sont ruinés et d’autres s’en mettent plein les fouilles.

    Mais une crise économico-sanitaire-sociale, qui peut faire des prédictions de durée, de sortie et de conséquences ?

    Avant qu’on m’explique les causes et les conséquences, j’aimerais qu’on m’explique comment on en sort sans vaccin, sans date pour la mise au point d’un vaccin et sans même de certitude sur la faisabilité d’un vaccin.

    SInon, c’est toute la structure de la société, du travail, de l’habitat, des transports, des règles sociales, des déplacements qui est à revoir. Et il faut aussi réinventer la géopolitique et non faire des projections de l’existant …

    • Vos doutes sont compréhensibles et vos questions appropriées si la peur du virus est aussi fondée que les faits ne le prouvent.
      Un peu d’information décontaminée ne fait pas de mal:
      https://swprs.org/covid-19-lettre-ouverte-du-professeur-sucharit-bhakdi-a-la-chanceliere-allemande-dre-angela-merkel/

      https://swprs.org/coronavirus-un-medecin-suisse-parle/

      • J’ai toujours envisagé cette crise de façon globale, c’est à dire non pas dans son niveau de gravité (réellement non connu) mais dans son impact dans notre monde qui ne tolère plus la moindre perte humaine et amplifie les problèmes.

        La perception humaine du malheur ou du risque est notoirement biaisée et a même été étudiée par les scientifiques. Cela étant, un changement de perception et donc d’action politique passe par une aggravation de la crise. Autrement dit il nous faut tomber gravement malade pour guérir !

        Je me méfie des médecins : autant leurs méthodologies, traitements, approches, choix basés sur l’expérience et les statistiques sont efficaces pour les cas individuels et la pandémie, autant ils peuvent être un aveuglement pour un problème global qui dépasse le domaine médical en incluant les comportements de groupe, l’économie et la politique. Ce n’est pas leur domaine et donc ils ne sont pas compétents en la matière et leur approche médicale (que j’estime pertinente) risque de biaiser leur préconisations.

        On en revient au fait (au vu des données actuelles) que la pandémie peut aussi bien disparaître du jour au lendemain que nous plonger dans un marasme durable.

      • Autre question : « la peur du virus »

        La peur du virus est à mon avis loin d’être uniforme. Certains n’osent plus sortir ou toucher quoi que ce soit, d’autres s’en fichent royalement. Les dirigeants ont plus peur des conséquences pour eux mêmes que des effets économiques ou sanitaires. Il est donc difficile de dire si on a trop ou pas assez peur du virus bien que trop ou pas assez sont tous deux aussi néfastes.

        • Donc la communication me semble fort mal adaptée : il ne faut pas montrer que l’on soutient l’économie (alors qu’elle est à l’arrêt), il ne faut pas montrer qu’on soutient les hôpitaux ou les personnes âgées (il faut simplement le faire), il ne faut pas montrer qu’on dépense des sous, mais il faut montrer qu’on soigne les gens s’ils sont malades et qu’on fait le nécessaire pour limiter le risque qu’ils soient malades. Le « quoi qu’il en coûte » aurait d’abord du concerner les masques, respirateurs, médicaments, dépistage, mise en quarantaine des malades … avant de concerner le soutien aux entreprises. Il faut montrer aux gens qu’ils peuvent continuer à vivre et travailler au lieu de leur montrer qu’ils peuvent rester chez eux à ne rien faire …

  • Je ne partage pas le point de vue des auterus concernant l’impact de la crise « globale » à laquelle nous sommes confrontés. Jusqu’à présent la Chine avancait comme un rouleau compresseur menaçant d’étouffer l’ensemble de la planète. Rien ne semblait en mesure de l’arrêter. A quelque chose mal est bon. Parfois… Il semble pouvoir se dessiner que la Chine ait beaucoup à perdre dans l’impact de la crise notamment en terme de crédibilité. Plus que le reste du monde même si celui-ci devrait sans doute souffrir davantage que le géant asiatique des effets à court et moyen terme de la crise. Et si on a vu en 2008 que le monde financier était fondé sur la confiance, on pourrait bien se rendre compte que la géostratégie, (j’entends par là l’ensemble des équilibres économiques, politiques etc..) aussi. Bref la Chine pourrait bien voir s’imposer un coup d’arrêt définitif à sa progression hégémonique.

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Taïwan
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