Réformer l’OMS, c’est urgent !

Opening of WHO 66th Assembly by UN Geneva (CC BY-NC-ND 2.0) — UN Geneva, CC-BY

La suspension de la contribution financière américaine est controversée mais le monde a besoin d’une OMS qui surveille les pandémies et non d’un perroquet pro-chinois.

Par Daniel Girard.

Il aura peut-être fallu le coup de pied financier de Donald Trump, mais les membres du G7 s’entendent pour prôner la réforme de l’OMS tout en l’épaulant pour combattre la pandémie du Covid-19.


Plus les détails des débuts de l’éclosion de la pandémie sont connus, plus la séquence des événements révèle l’ampleur du désastre dans la gestion d’informations cruciales de la part des autorités chinoises.

Grâce au travail de l’Associated Press on en a appris un peu plus sur ce qui s’est passé dans les coulisses du pouvoir.


Alors que le Covid-19 est apparu à Wuhan le 26 décembre 2019, il aura fallu qu’un premier cas d’infection soit signalé à l’extérieur de la Chine, en Thaïlande, le 13 janvier 2020, pour interpeller les autorités chinoises.

Ainsi, le 14 janvier, plusieurs responsables de la santé publique furent invités par le pouvoir central à participer à une téléconférence pour discuter de la situation.

Durant cet appel le président Xi Jinping, le Premier ministre et le vice-Premier ministre de la Chine ont signalé aux responsables que la situation épidémique était sérieuse et risquait de devenir une crise sanitaire.

Malgré ce diagnostic, les autorités chinoises ont attendu six jours avant de sonner l’alarme. Mais on comptait déjà 3000 infections dans la région de Wuhan. Il était devenu trop tard pour stopper l’hémorragie intérieure et extérieure.

L’État chinois protège sa réputation d’abord

Dès le début de la pandémie, l’État chinois s’est préoccupé davantage de sa réputation que de la santé de ses citoyens. Des médecins qui ont vu de près des gens contaminés ont été accusés de répandre de fausses informations sanitaires et de troubler l’ordre public.


Le pouvoir du Parti communiste chinois repose en partie sur son habileté à contrôler et supprimer l’information. C’est ainsi que des communications sont retirées des réseaux sociaux, que des critiques du système disparaissent sans laisser de traces… et que des cas du Covid-19 ne sont pas comptabilisés.

Selon l’Institut américain de l’entreprise, 2,9 millions de Chinois auraient été atteints du Covid-19 comparativement au 82 000 cas dévoilés au public.

Savoir-faire technologique, orgueil et répression

La Chine se distingue par ses prouesses technologiques, qui en font un leader économique mondial et s’enorgueillit de sa réputation internationale.

Mais la réponse chinoise au coronavirus a terni sa réputation tant à la maison qu’à l’étranger et menace de ruiner son économie. Maintenant que la Chine a été incapable d’éliminer une pandémie qui a pris naissance sur son territoire, il lui sera désormais encore plus difficile de vendre ses produits dans les pays qu’elle a plongés en récession.

En ce sens, il sera aussi dans l’intérêt de la Chine de compter sur une Organisation Mondiale de la Santé crédible et efficace pour prévenir une prochaine pandémie.

Suspension de la contribution économique américaine, pas suppression

La suspension du financement américain de l’OMS crée des remous. Particulièrement chez les démocrates bien sûr et leurs alliés traditionnels, CNN et le New York Times. Et il y a Bill Gates, que le sénateur républicain Ted Cruz n’a pas manqué de montrer du doigt.


Mais il s’agit bien d’une suspension et non d’une suppression. La réalité, c’est que le rôle de l’OMS dans cette pandémie a été celui d’un perroquet pro-chinois. Quel serait l’intérêt des États-Unis et de l’Europe, qui est aussi un contributeur important, de financer un organisme pareil ?

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