Non, Bruno Le Maire, la dette publique n’est pas un « choix responsable »

Bruno Le Maire a affirmé : « Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable ». Mais le déficit public ne peut constituer une politique de relance économique.

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Non, Bruno Le Maire, la dette publique n’est pas un « choix responsable »

Publié le 14 avril 2020
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Par Pascal Salin.

Les gouvernants profitent de toutes les circonstances pour justifier leurs activités ou pour en développer de nouvelles. Ils s’efforcent ainsi, non sans succès, de convaincre les citoyens que l’État a des responsabilités importantes et que leurs politiques sont très souvent le seul moyen de résoudre les problèmes auxquels les individus sont sensibles dans leur pays.

L’actuelle crise économique n’échappe évidemment pas à cette situation. C’est ainsi que le gouvernement actuel a annoncé un plan d’urgence de 100 milliards d’euros pour aider à surmonter la crise économique actuelle. Et par ailleurs il a décidé une diminution des prélèvements fiscaux, de telle sorte qu’il en résulte une augmentation du déficit budgétaire. Ce dernier va représenter 7,6 % du PIB – ce qui est une augmentation considérable – et la dette publique va atteindre 112 % du PIB.

Comportement de l’État et comportement individuel

Mais Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances, a affirmé « Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable ». Compte tenu de l’importance de la crise économique actuelle et du déficit budgétaire il est justifié de se demander dans quelle mesure on peut considérer cette politique économique comme une preuve du caractère responsable des décisions gouvernementales.

Il est utile de comparer le comportement de l’État à celui des citoyens, qu’ils soient salariés, entrepreneurs ou travailleurs indépendants.

Supposons que tous les membre d’une société soient satisfaits par le niveau de production qu’ils réalisent et par les biens qu’ils peuvent ainsi obtenir grâce à l’échange des biens et services qu’ils ont produits.

Supposons maintenant qu’un individu, ou un groupe d’individus, désire augmenter sa demande d’un bien. Pour cela il doit diminuer sa demande d’un autre bien (ce qui implique un changement correspondant dans les structures productives) ou il doit produire plus pour avoir davantage de ressources disponibles (et cela aussi implique un changement des structures productives).

Certes une autre solution existe, à savoir qu’il peut faire un emprunt, c’est-à-dire qu’il décide de consommer davantage dans le présent en promettant de diminuer sa consommation (par rapport à sa production) dans le futur. Bien entendu il ne pourra emprunter que s’il existe au moins une personne ayant une envie symétrique, c’est-à-dire de consommer moins maintenant pour consommer plus ultérieurement et donc pour être prêteur.

Cet échange d’épargne se fait sous forme monétaire à notre époque, mais il implique nécessairement un échange de ressources réelles (l’emprunteur peut consommer plus de ressources parce que d’autres personnes décident d’en consommer moins, mais cela implique également un changement dans les structures productives). Et ce qui est vrai pour un individu reste évidemment vrai si le comportement en question est celui d’un grand groupe de personnes.

Comment peut-on, par comparaison, analyser le comportement d’un État qui modifie le montant de ses dépenses (ou qui modifie le montant de ses ressources) ? L’État n’est pas producteur de biens et services. Son activité consiste essentiellement à faire des transferts de ressources entre citoyens. Ces transferts de ressources ne se voient pas directement car ils sont, comme dans l’échange, pratiqués par l’intermédiaire de la monnaie.

Mais lorsque l’État prélève un impôt sur un individu, celui-ci doit diminuer les ressources qu’il consomme ou investit et le bénéficiaire des dépenses publiques, symétriquement, peut augmenter sa consommation ou ses investissements.

Par ailleurs l’État utilise une partie des ressources qu’il prélève pour produire ce qu’on appelle des biens publics, c’est-à-dire des biens qui rendent service aux citoyens, ou à une partie d’entre eux, mais qui ne font pas l’objet d’un échange. Il y a, là aussi, un changement de structures productives par rapport à une situation où cette activité étatique n’existerait pas : il y a une diminution de la production des biens qui étaient consommés ou investis par les contribuables et en contrepartie une augmentation des biens et services publics.

Dans les circonstances actuelles, il y a une diminution des productions de ressources parce qu’un certain nombre de producteurs – salariés, travailleurs indépendants ou entrepreneurs – sont obligés de cesser leurs activités. Et dans la mesure où c’est l’offre qui détermine la demande, il en résulte évidemment une diminution de la demande de biens de consommation ou de biens d’investissement.

Il existe sans doute aussi une modification potentielle des structures productives dans la mesure où la structure des biens et services demandés n’a pas de raison de se modifier exactement de la même manière que la structure des activités productives.

La formule perdante : diminution des ressources fiscales, emprunt et relance

L’État peut-il alors atténuer certains aspects négatifs de cette situation de crise ? Il est généralement admis, conformément aux préjugés de la théorie keynésienne, que l’État peut pratiquer une politique de relance en augmentant la demande globale et donc la production. Ceci se traduit normalement par une augmentation du déficit budgétaire.

Et on peut penser que c’est bien ce point de vue qui a été exprimé par Bruno Le Maire pour lequel la dette publique est « un choix responsable ».

Comme on le sait, cette politique de relance actuelle a des aspects particuliers par rapport à ce qui est décidé généralement car elle se traduit non pas seulement par une augmentation des dépenses publiques, mais par une diminution des prélèvements fiscaux. Cette diminution est certes justifiée de toute façon puisque le montant des ressources prélevées par l’État est proportionnel au montant des ressources produites à chaque période et que nous nous trouvons actuellement en période de baisse de la production.

Mais quelles peuvent être les conséquences de cette politique qui se traduit par une augmentation du déficit public ? Cette situation se caractérise par le fait que l’État achète davantage de ressources (biens et services, par exemple services des fonctionnaires) qu’il n’en reçoit. Quelle en est alors la conséquence ?

Ceci implique évidemment que l’État doit augmenter ses emprunts. Mais ceci implique aussi évidemment que des prêteurs sont incités à réduire le montant des ressources qu’ils auraient pu consacrer à la consommation ou à l’investissement. Autrement dit, il y a une compensation entre l’augmentation des ressources obtenue par les citoyens grâce à la diminution des prélèvements fiscaux et leur diminution du fait des emprunts étatiques.

Il est donc évident que l’augmentation du déficit public ne doit pas être considérée comme une politique de relance économique. Ce que l’on devrait donc souhaiter c’est non pas que l’État emprunte davantage, mais qu’il diminue ses dépenses publiques pour un montant égal à la diminution de ses ressources fiscales ; ce que feraient normalement des individus et il est toujours utile de comparer le comportement étatique au comportement rationnel des êtres humains.

Certes on dira probablement que l’État français obtient peut-être ses ressources empruntées non pas seulement aux citoyens de sa nation, mais, par exemple, de l’ensemble des citoyens européens. Mais les autres pays européens connaissent des problèmes équivalents à ceux de la France, ce qui signifie que leurs citoyens n’ont probablement pas les ressources nécessaires pour prêter à l’État français.

On peut même imaginer une situation où l’épargne européenne ou même mondiale serait tellement faible que des États emprunteraient aux citoyens français. Certes, si des individus prêtent des ressources, alors qu’ils n’y sont pas obligés, c’est probablement parce qu’ils y trouvent un gain, estimant que la valeur future de ce qu’ils recevront au titre des rendements et du remboursement de leurs prêts est supérieure à la valeur de ce qu’ils pourraient sinon consommer.

Mais il est en tout cas évident que la politique de déficit public, provoquée par une baisse des recettes fiscales, ne peut pas être interprétée comme une politique de relance économique.

Il en est de même si l’augmentation du déficit public ne provient pas d’une baisse des prélèvements fiscaux, mais d’une augmentation des dépenses publiques, ce qui est également le cas dans la France d’aujourd’hui. En effet, le financement de ce déficit supplémentaire par l’emprunt implique une diminution des ressources disponibles des prêteurs, mais il n’y a pas de raison pour que cela augmente la production, alors que, précisément, la crise économique provient d’une diminution des possibilités de production.

De manière générale on devrait admettre que la production de biens et services dans un pays est déterminée par les choix des individus (entre loisir et travail, satisfactions actuelles et futures, etc.) et les décisions étatiques ne peuvent avoir pour conséquences que des modifications – plus ou moins désirables – dans les structures productives et les structures d’utilisation des ressources. Il est vain de penser que la politique de relance puisse exister.

La meilleure option : réduction de la fiscalité et abandon de la politique économique

Il existerait par contre une décision politique qui aurait des effets positifs sur la production nationale, celle qui consisterait à diminuer la fiscalité et plus particulièrement à diminuer ou à supprimer les impôts qui ont les conséquences les plus néfastes, par exemple la progressivité des impôts.

En effet, les impôts diminuent les incitations productives (incitation à travailler, à entreprendre, à épargner, à investir, etc.). En supprimant ou en diminuant les impôts aux effets les plus négatifs on ne peut pas dire qu’on fait une politique de relance, mais une politique de suppression d’une activité publique de freinage économique.

Cette diminution de la fiscalité a toujours un effet positif sur l’activité économique, de telle sorte qu’il peut arriver que les recettes fiscales soient stables ou même en augmentation, comme cela a été démontré par la courbe de Laffer. Mais il est cependant préférable de réduire simultanément les dépenses publiques et donc d’éviter une augmentation du déficit public.

Autrement dit on devrait admettre une idée qui parait peut-être excessive, mais qui n’en est pas moins réelle, à savoir que la politique économique ne peut pas exister. L’activité économique dépend des décisions individuelles. Certes, elle peut être affectée par les décisions publiques, en particulier du fait de la destruction des incitations productives par la fiscalité (ce qu’on pourrait appeler une politique économique négative), mais il est vain de penser que, symétriquement, les décisions étatiques peuvent être à l’origine d’un développement des activités productives.

L’activité étatique est une activité de transferts de ressources et elle a, en tant que telle, des conséquences structurelles (dont certaines peuvent être considérées comme positives dans le cas de la production de véritables « biens publics »), mais pas des conséquences de stimulation des désirs productifs des individus et donc du montant de la production dans un pays.

L’État au secours des entreprises

Dans les circonstances actuelles il existe un problème spécifique qui mérite d’être évoqué. La diminution de la production du fait du problème sanitaire peut mettre certaines entreprises en déficit et peut même risquer de les conduire à la faillite. En l’absence d’une intervention étatique, ces entreprises peuvent éventuellement emprunter des ressources afin d’étaler dans le temps leurs difficultés, en considérant qu’il leur sera possible de rembourser leurs emprunts lorsque leurs activités auront pu reprendre.

Mais le gouvernement français a décidé de venir en aide à certaines de ces entreprises. Cela leur évite d’avoir à emprunter, mais cela signifie que l’État français doit emprunter davantage pour financer ces dépenses. De ce point de vue l’État ne pratique pas une politique de sauvetage des entreprises, mais il s’impose seulement comme intermédiaire entre les bénéficiaires des emprunts et les prêteurs. Fondamentalement ceci implique qu’il n’y a pas de gain du fait de l’intervention étatique.

Mais par ailleurs cela implique que l’État se substitue aux entreprises pour décider celles qui méritent d’obtenir des ressources d’emprunt, ce qui n’est évidemment pas souhaitable. De ce point de vue on peut dire à nouveau que l’activité étatique n’est pas une activité créatrice de richesses, mais une activité de transfert et d’intermédiation qui ne peut pas avoir d’effets positifs et qu’il n’est pas normal de justifier.

Certes, même si l’on doit admettre que la politique étatique ne peut pas avoir d’effet global positif sur la production, on peut considérer cependant que la politique consistant pour l’État à se porter garant des emprunts des entreprises – comme cela a été décidé – est plus justifiée que d’autres politiques. Par ailleurs, la politique de chômage partiel aide utilement les salariés à franchir la période de récession actuelle.

Mais il sera important de faciliter le retour à une situation productive normale, d’autant plus que des entreprises auront à rembourser leurs emprunts et qu’il faudra rembourser la dette due à l’augmentation du chômage. Pour cela la diminution des impôts (ou, tout au moins, de certains d’entre eux) et la diminution des règlementations joueraient un rôle essentiel.

Le déficit public n’est ni efficace ni responsable

Comme nous l’avons vu, il est donc illusoire de croire qu’un déficit public peut constituer une politique de relance économique. Et c’est pourquoi on doit se déclarer en désaccord avec l’affirmation de Bruno Le Maire selon laquelle « Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable ».
Certes on peut considérer qu’il est préférable de financer les dépenses publiques supplémentaires par la dette plutôt que par une augmentation des impôts – qui aurait accru la récession – mais le remboursement de la dette dans le futur risque de conduire à une augmentation des impôts.

Le choix d’un déficit public n’est pas un choix efficace, mais il n’est pas non plus un choix responsable. De manière générale au demeurant on doit considérer avec réserve l’idée que le gouvernement est responsable lorsqu’il prend une décision. En effet, être responsable c’est supporter les conséquences, bonnes ou mauvaises, de ses décisions.

Ainsi, si un individu décide d’emprunter pour faire un investissement, il est responsable ; si son investissement lui rapporte des rendements supérieurs aux intérêts qu’il doit payer, il devient propriétaire des ressources ainsi obtenues. Mais s’il obtient un rendement net négatif – c’est-à-dire qu’il fait des pertes – c’est lui qui doit les supporter. Il n’en va pas de même pour les dirigeants publics. Ainsi, si le déficit public ne permet pas d’améliorer la croissance économique en France ce n’est pas Bruno Le Maire qui en supportera les conséquences, ni ses collègues.

Certes on peut penser qu’ils risquent éventuellement une baisse du nombre de leurs électeurs lors d’une élection future, mais cela est peu probable. En effet, la pensée dominante est convaincue qu’une prétendue politique de relance publique – sous forme d’un déficit public – constitue la meilleure des décisions et l’on considèrera donc qu’une faible croissance existe en dépit du caractère positif de la politique qui avait été faite.

On peut d’ailleurs souligner par ailleurs que les hommes politiques sont toujours incités à pratiquer des déficits publics. Ceci signifie en effet qu’ils peuvent essayer de satisfaire les citoyens au moyen de leurs dépenses publiques, mais qu’une partie des ressources nécessaires pour cela n’est pas obtenue au moyen de prélèvement fiscaux actuels, ce qui diminuerait les satisfactions de certains citoyens-électeurs.

Le remboursement des sommes empruntées devra être supporté non pas par eux, mais par des gouvernements futurs et même plus précisément par les contribuables car les dettes publiques contractées aujourd’hui seront les impôts de demain.

On peut donc considérer que ce sont les contribuables qui sont rendus responsables des dettes publiques, ce que Bruno le Maire oublie de dire, en prétendant qu’il rend l’État responsable. C’est dire que, de ce point de vue, la décision de faire un déficit public – ou d’augmenter un déficit – ne relève pas de la responsabilité, mais plutôt de l’irresponsabilité de l’État.

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  • De la part de personnes qui pensent qu’un suicide économique de toute une nation (voire d’une bonne partie du monde) est justifié par une crise sanitaire, ne nous étonnons pas qu’accroître la dette soit un choix responsable…
    L’avantage de vivre de l’Etat, c’est que, même en cas de chaos complet, de guerres, ou autres joyeusetés, il y a toujours un Etat, un peuple (ce qu’il en reste) et des impôts, donc on est toujours assuré d’un revenu quel qu’il soit à la fin du mois. Cela permet sans doute de prendre les choses avec plus de sérénité…
    Le reste de la population, c’est autre chose…

    • Le revenu de celui qui vit de l’Etat vient de quelqu’un que l’Etat a préalablement spolié. Si ce quelqu’un meurt, le revenu disparaît, Etat ou pas.

    • @RB83-Il n’y a pas d’état, il n’a jamais existé d’état, mais il existe biens des hommes de l’état.
      Ainsi si vous vouliez mettre fin à l’état, en présupposant qu’il existe, comment feriez-vous ?

  • et il y a un hic..
    si tous les pays choisissent la dette pour lutter contre l’épidémie.. il faut alors que d’aucuns fassent un choix irresponsable quelque part..

  • « Avant, l’élection du président de la République ne dépendait que d’un facteur: l’avis des électeurs. Maintenant, elle dépend de deux facteurs: l’avis des électeurs et l’avis des prêteurs. » (J-P. Raffarin)
    Il est là aussi, le problème.

  • Fort intéressant article, qui demande cependant un certain temps de concentration pour un béotien en économie.
    Votre seule erreur est de vous adresser à Bruno LM.
    Comment voulez vous qu’un individu borné, qui, bien que devenu ministre de l’économie par la grâce du très haut, puisse comprendre votre article alors qu’il ne sait même pas que 100 fois 100 cela fait 10 000 ?

    • “bien que devenu ministre par la grâce du très haut »

      Je vous emprunte cette formule. Elle peut servir pour tous les ministres actuels ?

  • Le début de l’article est très bien en insistant sur les flux « physiques ». Il est bien évident que si quelqu’un consomme plus c’est qu’il y a quelque part quelqu’un qui consomme moins. Le phénomène du crédit et de la dette ne peut marcher qu’ainsi et ce serait le cas si les préteurs ne prêtaient que ce qui est leur propriété. Mais ce n’est hélas pas le cas car la plus grande partie des souscriptions aux dettes publiques se retrouvent dans le bilan des banques centrales. Pour l’instant l’inflation induite a surtout concerné les actions et l’immobilier. Et heureusement pour les gouvernants pas mal de petits épargnants sont tellement effrayés par le futur qu’ils maintiennent une fort épargne de précaution (les caisses d’épargne, assurance vie…). Mais si ces petits épargnants arrivent au stade où ils devront piocher dans leur magot pour satisfaire des besoins élémentaires incompressibles, le système peut basculer très brutalement dans une forte inflation.

    • Je ne crois pas du tout à un démarrage de l’inflation car, comme il faut faire tourner les dettes (roll over the debt), cela nécessite de maintenir les taux à zéro, sinon, les pays feraient faillite.

      • C’est exactement l’inverse, l’inflation serait une bénédiction pour les Etats car alors les taux d’intérêt réels plongeraient sans même avoir à toucher aux taux nominaux.

      • La dette qui ne vise qu’à boucher des trous au lieu d’aider à créer de la valeur est in fine insolvable, donc c’est une masse de fausse monnaie qui se mélange à la vraie en diminuant sa valeur: de l’inflation-redistribution en quelque sorte. Le taux zéro voire négatif n’y change rien: on ne trouvera pas indéfiniment des prêteurs qui acceptent de voir leur mise fondre comme neige au soleil. La ruée vers l’or physique (pas l’or papier) est inévitable parce qu’au moins lui on ne sait pas l’imprimer ni le falsifier; méfiance tout de même car comme l’a montré Roosevelt, l’État sait très bien voler aussi cet or.

    • il va y avoir au contraire une hyper inflation due principalement aux dévaluation des monnaies, car beaucoup d’états n’ont pas les moyens de leur politique..donc la monnaie papier ne vaudra plus grand chose

    • @JCB-Je vous invite à découvrir le bilan de la BCE sur son site : https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2020/html/ecb.pr200220~6e608d569d.fr.html
      « La taille du bilan de la BCE s’est accrue, à 457 milliards d’euros (contre 447 milliards en 2018) » et plus loin:
      « Fin 2019, le bilan annuel consolidé de l’Eurosystème, qui comprend les actifs et passifs des BCN des pays de la zone euro et de la BCE vis-à-vis des tiers, s’élevait à 4 673 milliards d’euros », puis plus loin:
      « Les avoirs de l’Eurosystème en titres détenus à des fins de politique monétaire ont reculé de 19 milliards d’euros, à 2 632 milliards ».
      Bonne lecture

      • Attention, il ne s’agit pas de milliards mais de billions. Un billon est aujourd’hui un million de millions ou encore mille milliards. Je préfère le Giga scientifique qui est plus clair. De toutes façons 10 billions de plus c’est 5 ans de PIB français !

        • C’est un vieux problème de traduction, les anglophones appelant billion ce que les francophones appellent milliard.
          Les préfixes K, M, G, T, P reconnus partout sont préférables (Kilo,Méga,Giga,Tera,Peta …)

        • mille milliards (billions) c’est un trillion en anglais

  • Merci Professeur pour cet article didactique. Si l’Etat veut se comporter de manière responsable, il ne doit pas s’endetter davantage mais au contraire réduire sa dépense et se financer par un impôt proportionnel et non un impôt progressif qui pénalise les plus productifs.

  • Le seul problème, dans votre démonstration, c’est que la France n’émet pas de « dette normale » sur les marchés financiers, là où il faut trouver un prêteur, mais qu’elle compte sur la BCE pour acheter cette dette, ce qui revient à faire tourner la planche à billets d’autant.
    Autrement dit, la finance normale vient d’être nationalisée ou plutôt, s’agissant de l’euro, collectivisée.
    Le risque, c’est que les politiques, s’étant habitués à ce mécanisme, ne veuillent le perenniser de façon à ne plus être obligé de faire la moindre réforme systémique et de continuer à collectiviser de nouveaux pans de la vie de ce pays.
    En route vers la Francurss!
    Ce sera sans moi et mes valises sont prêtes.

    • @Gérald555-Ce que vous écrivez est erroné il vous faut consulter le site de l’Agence France Trésor https://www.aft.gouv.fr/index.php/fr/principaux-chiffres-dette#groupe
      la dette est effectivement bien détenue par des prêteurs qui sont des personnes physiques en final et très majoritairement européens. Ce qui n’est pas pareil.

      • Les préteurs physiques sont ceux auxquels les gouvernements tordent le bras par leur réglementations. Les assureurs en particulier n’ont pas le choix, ils doivent détenir de la dette publique. Je doute que W.Buffett achète beaucoup d’OAT.

        • oui tout le système financier est complètement pervertie pour permettre aux états de continuer à dépenser comme des gorets

  • Qui parle du crash du 9 mars 2020, hein ??

  • Je ne suis pas entièrement d’accord avec cet article. Si l’on considère que la stabilité économique est un objectif désirable (chose que l’on peut par ailleurs discuter), alors l’endettement et donc le choix de consommer aujourd’hui au détriment de demain permet d’aller contre le cycle et d’éviter une contraction trop forte de l’activité économique.
    La contrepartie est qu’il faudra bien rembourser demain quand les cieux seront plus cléments et donc arrêter de mettre l’économie sous perfusion. Mais là je rejoins l’article qui explique bien que les élus n’ont aucun intérêt à cela.
    La fête à la dette finira bien un jour, soit par le sevrage progressif, soit par l’overdose de dette.

    • Consommer quoi ? Plus de fonctionnaires confinés ? Jusqu’à preuve du contraire, un fonctionnaire, ça ne se digère pas facilement.

      Pour consommer, il faut d’abord produire les richesses. Face à un choc d’offre, la belle théorie contra-cyclique tombe. Donc non seulement elle ne sert à rien mais elle est particulièrement néfaste comme vous le soulignez puisque demain, quand il faudra produire et rembourser en même temps, elle freinera la production.

      • En l’occurrence il y a le volet chômage partiel, qui effectivement est une pure relance de la consommation en plein choc d’offre, donc parfaitement débile macro-économiquement, bien qu’utile politiquement.
        Mais il y a aussi le volet trésorerie des entreprises, pour que ça reparte plus vite lors du retour à la normale, afin d’éviter que le choc d’offre ponctuel ne devienne un choc plus durable. Où l’on brûle de l’essence pour que le moteur continue à ronronner et redémarre plus vite quand le feu passera au vert.

        Tout mouvement économique génère des frictions (négociation, formation, temps d’adaptation, (sur)charge administrative…). Or la France, avec son marché du travail, est un terrain propice à ces frictions. Donc toute boîte qui ne sera pas contrainte à fermer pour ensuite être remplacée par une nouvelle boîte après la crise est une petite victoire pour ce gouvernement.

        Ça fait longtemps que la France a opté pour un immobilisme mou et peu performant plutôt qu’une résilience à l’anglo-saxonne. Et de ce point de vue, encore une fois discutable, la relance budgétaire est utile. Elle nous permet d’éviter la « casse sociale » et son coût politique, et elle nous permet aussi de fanfaronner aujourd’hui et demain face à la catastrophe américaine, même si après-demain les USA repartiront bien plus vite et bien plus fort que nous.

        • @Bris de glace-Je vais être contrariant mais vous ne tenez pas compte des entreprises qui vont tout simplement déposer le bilan sans la faute de gestion et se reconstruire toute neuve sous un autre nom avec les mêmes savoir faire, les mêmes hommes etc.
          C’est déjà la loi du genre en période normale je ne vois pas pourquoi en période exceptionnelle cela ne serait pas le bon plan.

          • Mais il faut être contrariant, on est là pour ça !
            Effectivement, ce type de cas peut et va sans doute arriver, mais pour ça il faut des financements, donc des banques qui veulent bien signer des prêts à taux quasi nuls, voire négatifs si l’inflation repart, et ce dans un contexte risqué (il est notamment possible que l’épidémie rebondisse). Du risque et peu de rémunération, il faut avoir sacrément confiance.

            • @Bris de glace-Merci de votre échange-Vous pouvez aussi fonctionner sans emprunt, cela s’appelle l’épargne qui forme les capitaux propres des entreprises voir d’autres formes pour les nouvelles entreprises comme les startups par exemple, j’en ai financé dans le passé récent pour plus de 8 mio d’euros avec les aléas qui vont avec, il existe aussi d’autres instruments financiers
              Bien à vous

          • La crise aurait des effets bénéfique si elle faisait disparaitre les canards boiteux. Ce n’est cependant pas le plus probable dans un pays qui justement taxe ce qui est sain et aide ce qui ne l’est pas !

    • On se moque de la stabilité économique, l’économie est et doit rester dynamique, la stabilité c’est la mort. que l’état s’assure de la stabilité fiscale et réglementaire pour le reste ça n’est pas de son ressort.

  • C’est juste pour sauver les banques et les grandes entreprises, ce qui viens d’être fait pour Boeing aux USA. Les 300 milliards de garantie d’état en France, aussi. Et la suite sera donc exactement la même que ce qui a été imposé à la Grèce en son temps : privatisations des secteurs rentables, diminution des prestations sociales, des pensions, des salaires, des dotations de l’enseignement, des services de soins de santé, ponction sur les comptes bancaires comme à Chypre etc… Le Coronavirus à bon dos, c’est une bonne couverture, un truc qui tus guère plus qu’une grippe saisonnière. Mutualisation des pertes.

  • Encore une fois, l’Etat ne fera aucun effort, et profitera de la crise pour accroître son emprise sur l’économie !

  • Le bouton des augmentations des taxes et impôts est dans les mains de ce Bruno LeMaire et croyez moi il va s’en servir.!!

  • BLM maîtrise parfaitement la novlangue: la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, le libéralisme c’est l’horreur économique, l’endettement public c’est responsable…

  • « on peut considérer cependant que la politique consistant pour l’État à se porter garant des emprunts des entreprises – comme cela a été décidé – est plus justifiée que d’autres politiques. »
    … l’Etat se porte garant…
    N’est-ce pas ainsi qu’on génère une crise économique ?
    Chyprézuéla nous voilà !

  • Au courageux lecteur qui souhaiterait répondre à ce commentaire et à ses questions, j’en appelle à son envie de voir la pensée libérale se diffuser et à prendre le temps de réfléchir à ses réponses.

    Comme mon intérêt pour les doctrines libérales est relativement récent, je suis comme qui dirait néophyte en la matière.

    À la lecture des premières lignes de cet article, une question – probablement naïve – me vient à l’esprit.

    Du haut de ma courte expérience de la pensée libérale, je crois savoir que pour cette dernière, l’impôt est de facto considéré comme un manque à gagner sur les investissements futurs. Or l’auteur semble déplorer, en début d’article, la décision du gouvernement de diminuer les prélèvements fiscaux pour aider les entreprises à faire face à la crise car elle débouche sur une augmentation du déficit budgétaire et de la dette publique. D’où ma question : la monnaie étant adossée à de la dette et sachant qu’il faut un minimum de monnaie en circulation pour que l’économie fonctionne, une dette conséquente n’est-elle pas simplement le reflet d’une économie opulente ? Et rembourser toutes les dettes ne reviendrait-il pas à mettre toute l’économie à l’arrêt ?

    Comme Pascal Salin se donne la peine de développer sa pensée, je vais tenter de la comprendre au mieux pour voir si il répond à cette première interrogation ou si, au contraire, il m’amène à d’autres questions.

    Pour démarrer son raisonnement, Pascal Salin fait appel à la comparaison du comportement de l’État à celui des citoyens. Déjà ici, comparer le comportement de quatre type d’acteurs – État, entrepreneurs, indépendants et salariés – en soi structurellement fort différents me paraît problématique. Par exemple, moi qui suis salarié, je peux témoigner que quel que soit mon niveau de production, cela n’aura aucune influence sur mon niveau de ressources car celui-ci n’est pas déterminé par mon niveau de production mais par mon niveau de qualification, donc mes diplômes, par mon expérience et par mon pouvoir de négociation avec mon employeur – qui lui-même dépend de différents facteurs dont la plupart sont extrinsèques à ma personne. Non pas que je m’en plaigne, je ne fais ici qu’énoncer un fait. D’où une autre question que je me pose, à savoir est-il réellement pertinent de comparer des acteurs économiques structurellement aussi différents ?

    Ensuite, une première hypothèse est émise, soit que tous les membres d’une société sont satisfaits de leur niveau de production – donc de leur offre si j’ai bien compris. Mais cette hypothèse n’est-elle pas hasardeuse quand nous savons, par exemple, que le secteur automobile est actuellement en situation de surproduction ?

    Une deuxième hypothèse stipule que pour qu’un individu – ou un groupe d’individus – puisse augmenter sa demande d’un bien, il doit diminuer celle d’un autre bien ou produire plus. Suivant ce que j’ai déjà indiqué précédemment, cette seconde hypothèse me paraît valable pour les entreprises, entrepreneurs et, dans la limite de leur capacité de production, pour les indépendants mais aussi pour les États qui ont des activités de production – comme les États-Unis d’Amérique qui produisent par exemple de la recherche, notamment avec la DARPA, qui constitue une source à laquelle s’est abondamment abreuvée Google entre autres. Mais, si cette hypothèse – pour la partie production – est valable pour certains salariés, c’est très loin d’être le cas pour tous. Pour en revenir à l’individu qui souhaite augmenter sa demande, il existe bien une troisième solution qui est l’emprunt. Dans le cadre de cette solution nous dit Pascal Salin, il faut évidemment qu’un prêteur soit en mesure de jouer un rôle symétrique et qu’il y ait donc un échange de ressources réelles. Et là je dis oui pourquoi pas mais alors, quid de l’emprunt bancaire, créateur de monnaie ? Et en poussant un tout petit peu ce raisonnement, si en tant qu’entreprise j’emprunte à une banque pour créer des biens, la monnaie ainsi créée sera le reflet de ces biens donc ne générera, à priori pas d’inflation ; mais lorsque j’aurai remboursé cet emprunt, il est possible que ces biens soient toujours en circulation tandis que leur équivalent en monnaie qui sert de contrepartie d’échange a disparu ? Nous nous retrouverions avec plus de biens et moins de monnaie et donc dans une situation déflationniste ?

    Plus bas, il est dit que c’est l’offre qui détermine la demande. Ce n’est pas la première fois que j’entends parler de l’économie de l’offre – ou de celle de la demande – et c’est un genre de raisonnement qui m’a toujours paru simpliste. De la manière dont je comprends les mécanismes de l’offre et de la demande, il n’est pas possible de ne considérer que l’un ou l’autre puisque c’est un ensemble dynamique qui s’intéresse aux échanges, pas aux stocks – de biens ou de monnaies. Si le marché est saturé en smartphones par exemple, donc que tous ceux qui en veulent en ont au moins un, à quoi bon continuer à en produire si c’est pour ne pas pouvoir les vendre ?

    Ces interrogations et ces réflexions m’amènent à d’autres questions plus générales.

    Dans une économie vraiment libérale, dans laquelle l’État n’interviendrait pas, comment serait prise en charge la gestion d’une pandémie comme celle-ci ? Aurions-nous les stocks de matériel médical nécessaire ? Serions-nous capables d’avoir des structures qui nous permettre de nous coordonner tous ensemble pour y faire face de manière efficace ? Et en cas de nécessité de confinement comme celui-ci, cela signifierait-il que tout agent économique qui n’a pas les reins suffisamment solide est voué à disparaître économiquement ?

    Ça fait beaucoup de questions, mais elles tournent globalement autour de la monnaie et du crédit et de la façon dont ils s’articule avec la pensée économique libérale, qui en outre est loin d’être monolithique si j’ai bien compris.

    • « une dette conséquente n’est-elle pas simplement le reflet d’une économie opulente » : l’épargne est le reflet de l’opulence mais également son origine. Quant à la dette, la dette privée ne pose pas de problème insurmontable puisque le privé produit toutes les richesses. C’est seulement la dette publique qui est éminemment nuisible, puisque l’Etat ne produit rien (en dehors du régalien).

      « les États qui ont des activités de production » : les Etats ne produisent rien qui n’ait été préalablement détruit par ailleurs avec les impôts, et ils détruisent le plus souvent beaucoup plus que ce qu’ils ne produiront jamais. Tout régime collectiviste mène inéluctablement à la faillite, à la ruine. Il survit temporairement en détruisant les capitaux disponibles mais une fois le stock des capitaux épuisé, c’est la fin.

      « la DARPA, qui constitue une source » : la vraie source, ce sont les impôts qui ont financé la DARPA, pas la DARPA elle-même. Sans les impôts, qui sait, il aurait pu exister une « DIRPI » ou une DORPO privées qui auraient fait beaucoup mieux pour moins cher. Ce qu’on démontre sans effort, c’est que la solution DARPA (publique) est forcément une solution sous-optimale. C’est d’ailleurs la raison qui explique qu’il faut recourir à la force publique pour l’imposer, sinon personne de raisonnable n’en voudrait.

      « il est possible que ces biens soient toujours en circulation » : ils sont consommés (plus ou moins rapidement), donc détruits. Pas de déflation.

      « l’offre qui détermine la demande » : vous ne pouvez pas vouloir un smartphone tant que le smartphone n’est pas inventé. Impossible. Vous pouvez éventuellement rêver d’un smartphone, mais les rêveurs ne constituent pas une demande solvable. 😉

      « dans laquelle l’État n’interviendrait pas » : le débat du tout ou rien est un faux débat, parfois intéressant en théorie mais pas en réalité. Une économie libérale n’est pas une économie sans Etat mais une économie avec un Etat minimal, strictement « confiné » dans ses fonctions régaliennes. En pratique avec le cocoronavirus, on observe l’échec spectaculaire de l’Etat obèse qui se pique de produire des soins, et comme il est parfaitement incompétent dans ce domaine, il nous confine. Son rôle aurait dû être limité à la coordination des acteurs privés.

      • La défense est une fonction régalienne qui par définition est sous contrainte d’être compétitive si on veut survivre. Qu’il s’agisse de la DGA en France ou de la DARPA aux USA, elles dépensent l’argent du contribuable de manière vertueuse en suscitant des recherches qui amplifieront les capacités des industries privées concernées (essentiellement d’armement).

        • Peut être aux US mais certainement pas en France, les industries d’armement française sont réputé pour leur incroyable inefficacité. Même au US la collusion entre les entreprises genre boing et le département de l’armée et les sénateurs est bien connu et utilisé par les politiques pour drainer les milliards dans leurs états respectif même si la production est tout à fait inutile.

      • Merci pour votre réponse, je vais tenter d’y répondre au mieux à mon tour.

        Dans votre réponse quant à la dette, vous faites l’impasse sur le fait que la monnaie est adossée à de la dette, soit. Mais quant à la dette privée qui ne pose pas de problème, moi j’en vois au moins deux. D’abord la crise de 2008 qui était une crise de la dette privée au départ. Ensuite la dette des étudiants aux US, qui est aujourd’hui estimée à 1500 milliards de dollars et qui constitue un souci majeur dans la mesure où le risque de défaut est loin d’être nul.

        N’étant ni collectiviste, ni un grand défenseur ni un grand connaisseur des États en tant qu’institutions, du moins dans leur fonctionnement actuel, je n’essayerai pas de discuter le fait qu’ils ne produisent rien. Mais il y a quand-même une question que je me pose, quant aux soins de santé justement. Ceux-ci peuvent-ils être considérés comme créateurs de valeur ? Par ailleurs, si j’étais passablement de mauvaise foi et un tout petit peu obséquieux et vu que vous parlez de capitaux, je pourrais vous taxer de marxisme.

        Pour la DARPA, je suis, en première analyse, d’accord avec vous. Quant aux biens en circulation financés au moyen de crédit – donc de création de monnaie, il existe de nombreux biens qui ont une deuxième voire une troisième vie – ordinateurs, smartphones, véhicules en tous genres, etc. Au bout de la chaîne, déflation ou pas ? En l’état actuel des mes connaissances, je ne pourrais répondre.

        Vous avez parfaitement raison, je ne peux vouloir obtenir quelque chose qui n’a pas été inventé. Mais si j’ai pris l’exemple du smartphone, c’est justement parce que ce type d’appareil l’est depuis suffisamment longtemps pour qu’il y ait une certaine saturation au niveau du marché, donc ma question initiale est toujours de mise – et ma remarque quant au problème de considérer soit une économie de la demande soit une économie de l’offre toujours pertinente à mon sens.

        Le régime représentatif est une mise en scène et les politiciens en sont les acteurs. Appeler ça « démocratie » est une escroquerie parfaitement intentionnelle – nul complotisme dans cette affirmation. Les politiciens sont compétents comme acteurs, pour jouer leur rôle, c’est tout. Donc pour ma part, je ne suis pas du tout intéressé par la discussion « plus ou moins d’état » dans le cadre actuel, puisque pour moi c’est le cadre tout entier qui doit changer – responsabilité individuelle, subsidiarité, …

    • Bonnes questions.
      Concernant la déflation: on vous prête pour créer des biens, c’est de la création monétaire. Quand vous remboursez, la masse monétaire correspondante disparaît, mais quand vos biens sont consommés ils disparaissent aussi. La masse monétaire reste en rapport avec le stock, grosso modo.
      Quand on prête pour boucher des trous, c’est une autre histoire de faux-monnayeurs qui finit mal en général, a fortiori quand c’est celui qui a creusé si prête.

      • Merci.

        Oui en première analyse je suis d’accord avec vous, la masse monétaire reste en rapport avec le stock. Mais c’est sans compter le fait qu’il y a normalement des intérêts – mais comme pour le moment ils sont nuls voire négatifs, je ne vais pas chipoter.

        Idem pour le fait de boucher les trous.

        Là où ça se complique pour moi, c’est quand, par exemple, j’achète un bien immobilier avec un crédit bancaire : certes il n’y a pas d’augmentation de stock – sauf si je fais construire mais ce n’est pas le cas dans mon exemple – mais, comme je rembourse aussi les intérêts, n’y a-t-il pas là destruction de monnaie au final ?

    • @Christophe Hasse
      Si vous voulez comprendre quelque chose à l’économie, il faut vous affranchir de l’illusion monétaire. La monnaie a son importance, elle est même indispensable à une division du travail un tant soit peu poussée, donc à la prospérité, mais elle occulte l’économie réelle, qui porte sur l’échange de biens et de services. Tout raisonnement pseudo économique qui ne s’appliquerait pas à une famille vivant en autarcie est faux.

      • Merci pour votre réponse.

        D’après ce que j’ai compris des sciences économiques et de l’observation du monde qui m’entoure, les enjeux monétaires sont tout sauf anodins. Pour étayer mon propos, je citerai trois événements dont on peu dire qu’ils ont eu un certain impact historique au cours du XXe siècle, le premier étant l’épisode d’hyperinflation en 1923 en Allemagne sous la république de Weymar, la préparation, la négociation et la signature des accords de Bretton Woods pour le deuxième et, pour le troisième, la fin de la convertibilité du dollar en or décidée par Nixon en 1971, qui met par là-même fin aux accords de Bretton Woods et ce, de façon unilatérale. Depuis, la valeur du dollar est soutenue tant par la puissance de l’armée américaine que par le fait que le marché international du pétrole soit libellé dans la monnaie US. En outre, faire l’impasse sur les mécanismes monétaires et de crédit est une des raisons pour lesquelles les économistes néoclassiques, à l’image de Ben Bernanke, n’auraient tout simplement pas pu voir venir la crise de 2008 – alors que certains la pressentaient avant même l’éclatement de la bulle internet – ce qui est bien expliqué dans l’ouvrage « L’imposture économique » de Steve Keen.

        Par contre, je ne suis pas sûr de bien comprendre la fin de votre commentaire. Vous voulez dire que tout raisonnement économique devrait pouvoir s’appliquer à une famille vivant en autarcie ?

    • @Christophe Hasse
      Bonjour,
      « Dans une économie vraiment libérale, dans laquelle l’État n’interviendrait pas, comment serait prise en charge la gestion d’une pandémie comme celle-ci ? »
      Trouvez-vous que notre Etat qui intervient partout a « pris en charge la gestion de la pandémie » ?

      « Aurions-nous les stocks de matériel médical nécessaire ? »
      L’Etat s’est accaparé des stocks de matériel et les a redistribués. Ce qu’il continue de faire d’ailleurs. Il y avait un stock avant que l’Etat n’y mette ses pattes dessus. Sans l’Etat, le stock aurait été suivi et refourni au fur et à mesure des demandes.

      « Serions-nous capables d’avoir des structures qui nous permettre de nous coordonner tous ensemble pour y faire face de manière efficace ?  »
      Vous semblez encore vouloir que tout repose sur les structures de l’Etat qui viennent de montrer leur inefficacité et leur rapport prix/service rendu.
      Les laboratoires vétérinaires étaient prêts, équipés. fournis. Ils ont attendu l’aval de l’Etat (et de ses structures) plus de 3 semaines.
      J’ai vécu l’explosion d’AZF. Si l’Etat avait agi comme il le fait maintenant, les blessés et les morts auraient gî longtemps sur le sol ; Toulouse serait restée confinée des semaines et les habitants auraient du attendre longtemps aussi avant de recevoir l’autorisation de nettoyer leurs intérieurs et/ou jardins.
      L’Etat nous a dit de nous calfeutrer. C’était bien beau : les fenêtres chez moi avaient explosé. Ou alors ce n’était pas pour nous.
      Pour AZF, les équipes de secours, de soins et de police ont suivi un plan établi à l’avance. Il n’était pas parfait, ni même prévu pour ce cas précis, mais il y avait au moins un plan sur lequel se baser. Où est le plan dans la gestion de l’actuelle pandémie ?

      Quant à la dette et le fait que ne pensiez pas que l’Etat est à comparer à des citoyens, qu’ils soient des particuliers ou des entrepreneurs.
      Imaginez que vous ayez eu 1.000.000€ de revenu sur les 10 dernières années. Or, à la fin de cette période vous avez accumulé 1.000.000 €de dettes. Vous aviez réussi a obtenir de votre banque un prêt il y a dix ans… et que vous n’avez toujours pas remboursé. Pensez-vous qu’un banquier vous accorderait un nouveau prêt pour rembourser celui que vous n’avez pas honoré ? Pourquoi la BCE l’accorde à l’Etat français à votre avis ?

      • Bonjour et merci pour votre réponse.

        Nous sommes d’accord pour dire que la gestion de la crise actuelle par les États, qu’ils soient français ou belge – je suis belge, est particulièrement problématique. C’est pour ça que je pose la question quant à la façon dont cela pourrait se passer dans une économie vraiment libérale. Mais comme je n’ai eu jusqu’à présent aucune réponse à cette question, peut-être que personne n’y a encore jamais vraiment réfléchi.

        La gestion des stocks par les États français et belge est calamiteuse, rien à redire à ça. Mais comme dans le privé les entreprises fonctionnent autant que possible à flux tendus, la question de savoir si un marché d’acteurs privés serait réellement plus efficace me paraît tout à fait légitime.

        Vous présumez de mes envies et vous faites erreur, je ne suis pas copain du tout avec les États – et surtout pas dans leur forme actuelle. Je pose la question – et à moi-même également – de savoir si nous, êtres humains avec notre niveau d’évolution actuelle, serions capables de faire mieux autrement, en tout cas au niveau structurel – donc au niveau de la coordination des acteurs privés.

        Et vous avez probablement répondu à cette question avec les laboratoires vétérinaires, du moins partiellement.

        Une accident de l’ampleur de l’explosion d’AZF est quelque chose que je n’ai jamais vécu et que j’imagine être très dur à vivre.

        Pour répondre à votre objection quant à la comparaison de l’État au citoyen, nous sommes selon moi et en première approximation face à un bel exemple de ce que les libéraux appellent le capitalisme de connivence. En première approximation parce que je n’ai pas l’impression que le pacte de stabilité européen et les fameuses règles de 3% de déficit et 60% du PIB de dette entre dans cette logique, à savoir qu’un acteur – surtout s’il a un pouvoir de création monétaire – aura toujours intérêt – c’est le mot – à prêter à un état puisque celui-ci, via les impôts, sera toujours solvable. Par contre et pour votre bonne information, la BCE ne prête pas à l’État français mais aux banques privées qui, à leur tour, prêtent à l’État français.

        Ici je voudrais ajouter que je ne suis pas libéral parce que j’ai trop de points de désaccord avec les nombreuses descriptions que j’ai pu trouver ici et là de ce qu’est être libéral. Mais je ne suis pas non plus marxiste, collectiviste, socialiste, anarchiste ou même de gauche. Je me défends de m’associer à quelque courant de pensée existant parce qu’ils sont issus des mêmes systèmes philosophiques et idéologiques que bien des problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui. Je veux être libre de pouvoir mettre mes croyances à l’épreuve en les confrontant au réel et, quand c’est nécessaire, quand elles ne conviennent plus, d’en changer. C’est pour moi un prérequis à une liberté véritable. Mais, bien entendu, cela n’engage que moi.

  • Christophe Hasse
    L’article de Pascal Salin et interessant tout comme votre commentaire.
    Le problème de l’endettement est lié à la problématique de la création et de l’utilisation de la masse monétaire.
    Dans tous les pays, et de tout temps, la maitrise de la monnaie a toujours été l’une des principales prérogatives des pouvoirs Étatiques.
    Avant l’adhésion de la France aux critères dits de « Maastricht » et de l’doption de l’Euro, notre pays a toujours vécu avec des périodes d’inflations et de dévaluations.
    Savez vous qu’au cours du XXème siècle, la France a connu 17 dévaluations, dont chacune d’entre elles, ont fait repartir l’économie…
    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9valuations_du_franc_fran%C3%A7ais
    Il se trouve que la règlementation de l’Europe a été basée sur les critères de développement de l’Allemagne Fédérale et, de toute évidence, cette règlementation ne convient pas à une France qui fonctionne en fonction de critères administratifs en vigueur dans des pays marxistes…
    La France ne produit pratiquement plus rien: la principale activité de nos élites consiste à produire de la règlementation et à générer des impots!
    La solution à apporter au plan économique consiste à contourner les critères de Maastricht et à libérer la création de monnaie et, ainsi, de se donner les moyens de transformer une France « administrative » en une France « industrielle » créatrice de richesses et d’emplois bien rémunérés.
    Nous avons en Europe l’exemple de la réussite de l’économie Helvétique qui a su conserver sa monnaie et, qui a créé une véritable puissance industrielle et commerciale qui bénéficie à tous ses ressortissants avec un pouvoir d’achat en moyenne 2,2 fois supérieur au pouvoir d’achat moyen des français.
    Tout ceci, avec une situation de quasi plein emploi!…

    • « de tout temps » : compliqué à prouver…

      • Mais, le contraire me semble impossible à prouver….

          • La théorie de la Banque Centrale Libre n’a jamais été mise en pratique.
            Tous les pays, qui ont des velléités dominatrices au plan économique, se sont toujours servis du levier de l’accroissement de la masse monétaire pour financer la plus grande partie des investissements qu’ils soient publics ou privés.
            Les USA, première puissance économique mondiale – pour le moment – ont été les premiers créateurs de monnaie tout en jouant au professeur de vertu et en essayant de pomper le maximum de disponibilités au plan mondial…. pour mieux assoir leur hégémonie.
            N’oubliez pas que la monnaie, si elle est bien maitrisée, constitue l’invention la plus diabolique du genre humain!…

    • Les dévaluations n’ont jamais rien fait repartir c’est un peut comme donner de la cock à un malade du cancer, ça le fait repartir quelques heures et puis il faut recommencer. Dévaluer c’est la recette facile, le « truc » politique par excellence pour « tenir » jusqu’au prochaine élections mais qui ne règle rien bien au contraire.

  • Brillante démonstration, particulièrement la première partie. On ne peut donc que regretter que l’auteur n’en tire pas la conclusion qui s’impose, comme si, à portée immédiate de son raisonnement, et aboutissement logique de celui-ci, cette conclusion lui brûlait les doigts.
    La similitude entre impôt et emprunt d’État frappe les yeux. Les deux permettent aux hommes de l’État de prélever une partie de ce qui est produit par la société civile. Les deux sont contraints, c’est à dire qu’on ne peut s’y soustraire sans risque de sanctions. Pour l’impôt, c’est une évidence admise par tout le monde, pour l’emprunt, c’est tout aussi vrai même si c’est moins évident. Depuis 1974, la dette des administrations publiques françaises ne cesse d’augmenter, ce qui veut dire que, globalement, les prêteurs ne recouvrent jamais ce qu’ils ont prêté. Soit ce sont des philanthropes, ce dont on peut douter, soit ils sont dupes, ce qui est toujours possible, soit ils sont complices. D’une manière générale, l’Histoire nous enseigne que les hommes de l’État remboursent très rarement leurs « dettes », pas plus que celles de leurs prédécesseurs. Quoi qu’il en soit, la monnaie ainsi obtenue par « l’emprunt », sert aux hommes de l’État et à leurs clientèles, à acheter des biens et services réels, autant de biens et services qui ne pourront plus être achetés par ceux qui ont participé à leur production. Les producteurs-fournisseurs de ces biens et services sont contraints de les céder, qu’ils le veuille ou non, car la monnaie des Hommes de l’État a « cours légal », c’est à dire qu’on ne peut pas la refuser en paiement de biens ou services réels. La « dette » est donc bien un impôt.
    Quand les hommes de l’État prétendent baisser les impôts sans baisser les dépenses, ils ne font que remplacer une forme d’impôts (prélevée en monnaie) par une autre (prélevée avec de la monnaie). Dans les deux cas, il s’agit d’obtenir un prélèvement en nature sur la production, objectif ultime de toute taxation.
    L’imposition par la dette présente un avantage considérable sur l’imposition en monnaie : masquée derrière l’écran monétaire, elle ne se voit pas.
    L’augmentation de la dette signifie que les hommes de l’État entendent « aider » les producteurs qu’ils ont eux-même mis en difficulté… en les taxant d’une autre manière et probablement plus.

    • Au niveau de l’endettement actuel de la France, il me semble évident que nos dirigeants n’ont ni l’intention ni le pouvoir de rembourser…
      Dans ce contexte catastrophique qui n’a rien de nouveau, emprunter si cela est possible – et il semble que ce soit le cas – ne change pas grand chose puisque l’ensemble de l’endettement sera de toutes les façons impossible à rembourser!…

      • Croire qu’on ne remboursera pas est illusoire. Toute dette est forcément remboursée, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. Plus la dette est élevée, plus la punition sera lourde le moment venu.

        Contrairement à ce que vous semblez penser, s’endetter plus aujourd’hui change tout pour demain. On en vient à souhaiter que l’Etat obèse fasse défaut le plus rapidement possible pour l’empêcher d’alourdir encore plus le fardeau que nos enfants devront supporter demain.

        • L’argumentation que vous développez est le raisonnement logique un d’entrepreneur qui se doit d’équilibrer ses recettes avec ses dépenses tout en réalisant, si possible, un bénéfice pour en vivre et continuer à invertir pour développer son activité.
          S’agissant de L’État, il en est à mon avis autrement car, ce même État dispose en théorie de la capacité d’augmenter la masse monétaire; il s’agit d’un privilège régalien qui appartenait anciennement à la Banque de France et qui se trouve actuellement dans le champ de compétence de la BCE.

    • J’allais me fendre d’un commentaire pour dire à peu près la même chose : « dette publique » est le mot savant pour désigner la monnaie créée ex nihilo, c’est à dire le vol.

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