La réduction de la dette publique reste une priorité

Notre croissance est insuffisante pour faire reculer le poids de l’endettement. Les déficits permanents et l’accumulation de la dette sont une épée de Damoclès.

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La réduction de la dette publique reste une priorité

Publié le 25 avril 2019
- A +

Par Cécile Philippe.
Un article de l’Institut économique Molinari

La baisse de la fiscalité est une priorité pour les Français. Elle est légitime dans un pays où elle atteint des records. Elle ne devrait néanmoins pas détourner l’attention des déficits permanents et de l’accumulation de la dette qui restent, en France, une épée de Damoclès. Nous aurions intérêt à les considérer comme tels plutôt que d’attendre qu’ils nous obligent à faire des choix extrêmement coûteux pour la collectivité.

Comme l’écrit le philosophe Isaiah Berlin, connu notamment pour son développement de la distinction entre liberté positive et liberté négative, « le mieux que l’on puisse faire, comme règle générale, c’est de maintenir un équilibre précaire qui empêchera l’occurrence de situations désespérées, de choix intolérable. C’est l’exigence première d’une société décente. »

Stratégie gagnante

L’accumulation de dettes génère des risques, notamment celui que les choses deviennent incontrôlables. Pour autant, l’économiste Olivier Blanchard questionnait récemment l’enjeu collectif que représente la baisse des dettes publiques. Selon lui, « la dette publique est mauvaise, mais pas catastrophique. Il est possible d’y avoir recours, mais il faut le faire à bon escient ». Dans un contexte de taux faibles, avec des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance, l’endettement peut être une stratégie gagnante.

Le propos du président de l’American Economic Association, d’origine française, a naturellement été largement commenté dans l’Hexagone. Dans un pays comme la France, il signifierait, par exemple, qu’il ne serait peut-être pas nécessaire de trouver de nouvelles recettes ou de baisser les dépenses pour résorber les déficits. Plus simple et plus efficace serait de laisser filer la dette. Une aubaine alors que les promesses faites aux Gilets jaunes ont creusé le déficit attendu pour 2019 et qu’il pourrait l’être encore davantage.

Stratégie coûteuse

Toute la question est évidemment de savoir si la dette en France est excessive ou pas. Selon les critères proposés par Olivier Blanchard lui-même, la France est depuis plusieurs années dans la situation où l’accumulation de dettes est problématique. En effet, pour l’ancien économiste du Fonds monétaire international (FMI), lorsque le taux d’intérêt est supérieur à la croissance, l’endettement devient une stratégie coûteuse, d’où l’importance d’y remédier en dégageant des excédents.

Or, la charge de la dette en France a été de 2,4 % du PIB par an en moyenne sur les dix dernières années alors que la croissance, sur la même période, était de 1,8 % en volume et de 0,8 % en valeur. La croissance a donc été insuffisante pour faire reculer le poids de l’endettement. L’endettement public, loin d’avoir permis un enrichissement collectif, s’est avéré coûteux. Et d’un point de vue consolidé, il atteint des montants significatifs. Il représente 4,7 années de PIB lorsqu’on prend en compte les 98 % de dette explicite et les 370 % de dette implicite contractés au titre des retraites par répartition non provisionnées. C’est quasiment autant que le patrimoine net des ménages, estimé par l’Insee à 4,8 années de PIB au titre de 2016. Une fois les dettes prises en compte, la richesse nette des Français est bien faible, avec 13 % du PIB, soit moins de 4400 euros par personne.

L’endettement en France ne semble donc pas être créateur de valeur. On aurait bien tort de prendre la question à la légère et de laisser filer les déficits, au risque de se retrouver dans une situation désespérée, à l’image des déboires de nos voisins du Sud à l’occasion de la dernière crise financière.

Sur le web

 

Voir les commentaires (16)

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  • la réduction de la dette publique passe nécessairement par la révision de la masse salariale de la fonction publique.. c’est incontournable
    oui mais voila çà c’est suicidaire électoralement, et pourtant
    il n’y a pas d’autres solutions .. la majorité des pays d’Europe ont engagé des reformes drastiques sur ce sujet, pas la France.
    Pourtant il y a des possibilités dans les « avantages » liés aux statuts
    1) le calcul du montant des retraites
    2)le SFT (supplément familial de Traitement) qui donne aux fonctionnaires et contractuels la capacité a toucher 2 fois les allocations familiale (SFT+laCAF)
    3) le temps de travail (notamment chez les enseignants décidant le départ des heures supplémentaires apres 17h/ semaine
    Etc.. Etc..
    4) Les RTT alors que les administrations ne travaillent pas 35h
    5) la progression des salaires a l’ancienneté
    Voila une des vraies piste de la réduction des dépenses publiques.
    L’autre piste ce sont les CAF , et la multiplication des aides sociales

    • Réduire la masse salariale.. et aussi les dépenses sociales en particulier les retraites.
      Et on connait votre position ;).

      • Réduire les retraites, pourquoi pas si cela fait partie d’un plan crédible pour redresser ce pays qui en l’état actuel est foutu ?
        Mais « en même temps » aligner les retraites du public sur le privé (même cotisations retraite, même âge de départ, même calcul du montant de la retraite etc.)

        • Les effets pervers sur le redressement du pays de réduire les retraites sont tels qu’il faut trouver une autre manière de procéder. Je propose de confier à la capitalisation la charge de l’indexation des retraites, dont la part répartition pourrait avantageusement être (ou rester) bloquée si un tel complément venait à son secours. Techniquement, il ne manque pas de moyens pour ce faire, mais il faut que l’état cesse de confisquer les gains de la capitalisation par l’impôt avant même qu’ils ne deviennent disponibles pour abonder la retraite par répartition.

          • @MichelO

            Si la reduction des retraites se traduit par moins d impot pour les actifs, ca devrait etre benefique pour l economie (cf courbe de Laffer).
            Evidement ca depend du secteur. Si vous vendez des croisieres ou des thalasso, vous allez avoir moins de clients.

            La moindre taxation des actifs devrait les inciter a travailler plus vu qu ils seraient moins taxe. Cerise sur le gateau, ca inciterai les gens a ne pas se precipiter pour devenir retraité car la perte de revenu serait sensible. donc ca resoudrai indirectement le pb du recul de l age de la retraite

            • augmenter le salaire des acttifs , çà augmente leurs impots

              • On ne parle pas d’augmenter le revenu imposable, on parle d’augmenter l’affectation, en franchise d’impôts, de ce revenu à leur propre retraite, déchargeant à terme les actifs d’une partie de leur contribution à la « demande » de retraite des autres.

        • tout a fait, il est illusoire de penser qu on va reduire les depenses sans reduire le plus gros poste de depense (le versement des pensions c est plus de 25 % des depenses).
          Par contre c est politiquement suicidaire (meme sur un site liberal comme ici, appeller a baisser les retraites vous fait huer)

          Apres il est certain que si on demande un effort a certains (les retraités) il faut que l effort soit partagé et que tous se serrent la ceinture. Ca va de mesure symboliques (genre suppression du Senat) a par ex la suppression d un jour ferie pour les actifs.
          Il ets quand meme siderant que ceux qui nous ont mit dans cette situation (dette massive pour payer un niveau de vie surevalué) refusent de payer

          PS: bien que non baby boomer, je partage en partie la faute puisque si je n ai pu voter Mitterrand en 81, j avais le droit de vote a partir de 88 et suis donc responsable de l election de Mitterrand, Chirac … (meme si je n ai jamais vote pour eux)

      • reduire les retraites des fonctionnaires qui ne sont pas couvertes par leurs cotisations , çà oui

        • Les retraites doivent être ajustées aux cotisations effectivement payer par chaque salarié / leur espérance de vie c’est aussi simple que ça

        • Et donc cela reviendrait à ne plus rien verser arrivé à peu près à un tiers de la retraite actuelle des baby-boomer les deux tiers restant ne correspondent à aucune cotisation de leur part et son donc du vol pur et simple

  • Une dette, ça doit s’évaluer en confrontant d’une part le coût cumulé des intérêts, du risque, et des remboursements, et d’autre part les rendements attendus de l’emploi des fonds empruntés. Ca n’est pas parce que certains gains sont immatériels qu’il ne faut pas les chiffrer, et qu’on pourrait se cantonner à la seule considération des intérêts.

  • Le gouvernement s’endette, non pas pour investir, ce qui pourrait avoir du sens, mais pour payer ses fonctionnaires, ce qui est de la mauvaise gestion. Comme cela ne lui coûte pas cher grâce à la complicité de la Banque Centrale, il n’est nullement incité à réduire le déficit et donc l’endettement.
    On ne peut que souhaiter une hausse des taux pour qu’enfin le gouvernement arrête de vivre à crédit. Et accessoirement les épargnants cesseraient de perdre de l’argent.

  • Oui, mais l’état social du pays ne dépend pas que de la dette. Il y a peut-être même plus urgent: le droit est gravement ignoré ou contourné par ce gouvernement (bien que cela ait commencé avant), l’Education est dans un état déplorable, l’immigration continue à creuser les déficits etc…

  • nous avons les meilleures Finances Le Maire
    et Comptes publique Darmanin ..!!!

  • La grance a une gestion désastreuse de 57% de déficit. à partir du 1er novembre de l’année
    en cours il manque environ 100 milliard d’euros pour finir l’année en cour ce qui est l’équivalent de la somme des niches fiscale ,
    alors il faut les supprimer !..Quand L’ÉTAT présente son budget , il est faux !!! Introduisons dans la constitution que lors de la presentation des finances de l’ETAT que le budget est interdit de déficit !! si les familles en France vivent au dessus de leurs moyens
    ils sont à la rue !! J’oubliai avec les deux rigolos finances et comptes public il ne faut pas s’attendre à des miracles !! ils ne sont ni penale et financier responsable et en plus se gavent sur la bête !! C’est nous qui payons la note !! comme d’hab ..

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