Nos libertés fondamentales confinées

Alors que nous avons entendu, jusqu’à l’excès, que nous étions en guerre, nos libertés fondamentales sont les premières victimes collatérales.

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Nos libertés fondamentales confinées

Publié le 9 avril 2020
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Par Etienne Chaumeton.

 

Le propre d’un bon médecin est de traiter le malade, pas la maladie. Alors que nous avons entendu, jusqu’à l’excès, que nous étions en guerre, nos libertés fondamentales sont les premières victimes collatérales. Dans de nombreux pays, dont la France, il semble que les moyens engagés pour lutter contre le covid-19 engendrent des effets plus délétères que les maux qu’ils sont censés empêcher.

Qui aurait pu penser, il y a encore six mois, qu’il nous faudrait aujourd’hui une attestation datée et signée pour sortir de chez soi, faire ses courses ou promener son chien ?

Urgence sanitaire

En l’absence d’un vaccin, qui n’existe pas encore, le gouvernement a choisi de déclarer l’état d’urgence sanitaire pour protéger la population.

D’autres solutions auraient été possibles, comme des tests systématiques et un confinement sélectif, ou bien l’équipement en masques.

Cela aurait permis que l’essentiel des activités économiques se poursuivent, alors que tout le monde s’accorde à dire que les conséquences économiques de ce confinement généralisé vont être sans précédent depuis 1945.

Confinement et restrictions

Le confinement porte de nombreuses atteintes aux libertés individuelles, notamment à la liberté de circulation, qui en conditionne beaucoup d’autres.

Le tribunal administratif de Montreuil a suspendu l’arrêté pris par la mairie de Saint-Ouen instaurant un couvre-feu entre 19 heures et 6 heures du matin. Cette mesure n’a cependant pas été arrêtée sur le fond, mais sur la forme, car c’est au préfet, et non au maire, d’imposer une telle décision.

Depuis lors, de nombreuses restrictions sont imposées. À Nice, le couvre-feu dans certains quartiers va être avancé à 20 heures, au lieu de 22 heures. La pratique du sport, même pour une personne seule, sera limitée à deux créneaux horaires et totalement interdite le reste du temps.

Des contrevenants au confinement ont du passer en comparution immédiate, d’autres sont en détention et encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et 3700 euros d’amende.

À Paris, Anne Hidalgo et le préfet de Police Didier Lallement ont annoncé mardi 7 avril  l’interdiction « des sorties pour des activités sportives individuelles […] entre 10 heures et 19 heures sur l’ensemble du territoire de Paris « .

Les élus locaux, dont on connait la fécondité intellectuelle dès qu’il s’agit d’argent public, ne sont pas en manque d’idées. À Béziers, le maire Robert Ménard a décidé de retirer tous les bancs publics de la ville, quand bien même ceux-ci peuvent être indispensables pour des personnes âgées. Ces frais de désinstallation et bientôt de réinstallation, se font évidemment au frais des contribuables.

À Trégastel, pour mettre fin à des sorties de jeunes en scooters, le maire a imposé un couvre-feu « technique » en coupant l’éclairage public.

Dans d’autres quartiers, dits « sensibles », le couvre-feu est encouragé pour entraver certains trafics. Il est pourtant permis de s’interroger sur l’efficacité d’un couvre-feu de quelques semaines sur ces pratiques, face à des décennies de laxisme, de tolérance coupable et de politiques de la ville coûteuses et inefficaces.

Le pire est à venir…

En matière d’atteinte aux libertés individuelles, le pire est sans doute à venir.

De nombreux États, y compris de pays démocratiques, comme la Corée du Sud, Taïwan ou Israël, ou encore le cas particulier de Hong Kong, ont eu recours à une géolocalisation, parfois contrainte et forcée, de la population, via des smartphones ou des bracelets électroniques.

Les autorités ont ainsi la possibilité de suivre leurs ressortissants à la trace et de connaitre leurs moindre faits et gestes. Même si la finalité peut sembler conjoncturellement légitime à certains, l’État revient rarement de lui-même sur les entraves aux libertés individuelles.

C’est ainsi que des mesures prises dans le cadre du Patriot Act aux États-Unis sont aujourd’hui encore utilisées, bien au-delà des cas de terrorisme.

Le ministre de la Santé Olivier Véran et le secrétaire d’État au Numérique Cédric O ont évoqué le projet de tracking numérique « StopCovid », qui permettrait un traçage numérique via smartphone pour mieux contrôler l’épidémie de coronavirus.

Le gouvernement français privilégierait un recours au Bluetooth des smartphones plutôt qu’à une géolocalisation précise. Cette solution aurait peu de chance d’être efficace, car elle nécessiterait que les Français téléchargent massivement et volontairement une application, en acceptant d’activer le Bluetooth.

Une chose est certaine, cette pandémie de coronavirus a permis à l’État, du gouvernement aux élus locaux, d’étendre leurs prérogatives et leur emprise sur la population. L’effondrement économique à venir, dû à une baisse de la production et à une explosion de la dette publique, ouvre des interrogations sur la capacité et la volonté de l’État à se réformer après la crise.

Quelle liberté sera-t-il prêt, ou contraint, de redonner aux entrepreneurs pour que l’économie puisse redémarrer ? Après 45 ans de déficits publics, de hausses intolérables de la fiscalité et d’entraves législatives toujours plus lourdes, la crise à venir va accélérer une situation qui n’était plus tenable. L’alternative est simple : la liberté ou le chaos !

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  • Qui aurait pu penser, il y a encore six mois, qu’il nous faudrait aujourd’hui une attestation datée et signée pour sortir de chez soi, faire ses courses ou promener son chien ?
    Qui aurait pu penser que sortir de chez soi sans autorisation vaudrait d’être traité comme un délinquant tandis que les prisons sont vidées?

  •  » permettrait un traçage numérique via smartphone pour mieux contrôler l’épidémie de coronavirus. »
    vous sortez sans votre telephone et hop .. merci qui?

    • Ou plus drôle, on peut utiliser d’autres outils pour faire croire à son téléphone qu’on est à un autre endroit que celui où on se trouve réellement. Ca peut être marrant pour écrire des messages sur une carte de france pour les gens qui veulent nous tracer 🙂

  • Même remarque que pour l’article sur le tracking :

    Comme souvent dans ce type de débat on confond des notions différentes comme « liberté » et « surveillance », ou encore « collecte des données » et « utilisation des données collectées ».

    Collecter les données issues de la liberté de circuler, ce n’est pas entraver la liberté de circuler, dans le cas présent ça peut même être le contraire en apportant une solution se substituant au confinement généralisé.

    Quand au mode de collecte, il ne fait que s’ajouter à la longue liste des collectes déjà effectuées et acceptées, et il importe peu. C’est l’utilisation des données collectées, y compris dans le temps, qu’il faut surveiller.

    • Le problème c’est qu’une donnée géolocalisée anonyme est un pur enfumage. Il suffit de 3 à 4 points pour identifier quasi formellement une personne donnée…

  • ce confinement qui aurait put être évité à des effets catastrophiques notamment sur les étudiants qui sont cloîtres dans 9 m2 ; ils se retrouvent dans des situations d’isolement qui les impactent moralement et psychiquement ; de quel droit tout ces gros cons d’élus , ce gouvernement de charlots incompétents et imprévoyants , qui vivent dans des espaces autrement plus grands que la plupart des citoyens , se permettent ils de nous encager comme des bêtes ? j’enrage !!!

  • Paradoxal : Nous devons fournir une attestation pour circuler, faute de quoi, on risque une amende, voire la prison en cas de récidive…
    « En même temps », ils ont libéré des prisonniers pour limiter les risques d’épidémie derrière les barreaux.
    Il faudrait les confiner, ils doivent avoir des effets secondaires du virus.

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