Le virus de l’hyperinflation peut-il se propager ?

Crise sanitaire, crise économique : « l’État paiera » a dit Emmanuel Macron. L’État, c’est nous, les contribuables et la facture nous sera présentée d’une façon que nous ne pourrons pas refuser.

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Emmanuel Macron by French Embassy in the US(CC BY-NC 2.0)

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Le virus de l’hyperinflation peut-il se propager ?

Publié le 3 avril 2020
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Par Simone Wapler.

Les hélicoptères monétaires décollent et les surenchères de plan de relance commencent.

Côté français, Emmanuel Macron a parlé de 300 milliards d’euros mis à disposition des entreprises et du recours massif au chômage partiel. Évidemment, l’Unedic n’est pas dimensionnée pour indemniser le chômage même partiel d’un tel nombre de salariés du secteur privé. Nous en sommes à 3,6 millions alors qu’il est probable que le confinement se prolonge.

Bruno Le Maire, jamais en retard d’une surenchère interventionniste, a parlé de distribuer une prime défiscalisée de 1000 euros par salarié qui « ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail ». Si vous êtes chômeur vous êtes indemnisé. Si vous travaillez, vous recevez une prime. L’argent tombe du ciel.

Les dividendes sont également sur la sellette : il serait malsain d’en verser déclare la CFDT immédiatement soutenue par Bruno Le Maire (encore) qui prescrit « la plus grande modération ».

Le syndicat représentatif du capitalisme de connivence, le Medef, évoque des nationalisations : « Il faudra effectivement que l’État soit là si besoin pour venir au secours des entreprises qui seraient dans une situation financière très difficile. »

Nous étions déjà dans une économie administrée, contrôlée à plus de 56 % par des fonctionnaires mais vous allez voir le curseur se déplacer rapidement vers la zone rouge du communisme avec 100 % d’administration par l’État ; c’est l’URSS, l’ex RDA ou le Venezuela avec les succès et l’opulence qu’on connaît qui nous attendent.

300 milliards d’euros représentent en gros 15 % de dette publique en plus. Le ratio dette sur PIB de la France va donc prochainement exploser du côté des 120 %. Plus concrètement, 300 milliards représentent aussi 80 % des recettes fiscales de 2018. Nous sommes déjà champion du monde de la fiscalité mais là nous allons devenir champion de l’univers. Rappelons que l’État n’a pas d’argent, il ne peut donc payer. L’État a des recettes fiscales, notre argent, et des dettes.

Du côté de l’Europe, les autorités ne sont pas en reste. La Banque centrale européenne prévoit d’injecter 750 milliards d’euros dans le cadre d’un vaste programme de rachat d’actifs, auxquels s’ajoutent les 120 milliards déjà prévus pour l’année, et 20 milliards mensuels. On parle de Coronabonds, des obligations émises à l’occasion de la crise sanitaire. Le « pacte de stabilité » – que seule l’Allemagne respectait encore – est déchiré. Les déficits ne comptent plus, tout est désormais permis.

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est aussi le dévergondage monétaire total. 1000 dollars ou 1500 dollars par Américain, promet Donald Trump. Impression monétaire massive. Un plan de relance de 2000 milliards de dollars.

Puisque tout le monde le fait, il ne se passera rien, vraiment ?

Dans les vieux manuels d’économie, on apprenait que l’avilissement (au temps des monnaies métalliques) ou la création monétaire (au temps des monnaies fiduciaires) n’apportait que des malheurs.  Croire que « plus de monnaie dans le système » ou plus de crédit va créer plus de richesse et ainsi permettre de rembourser les vieilles dettes est d’une naïveté confondante.

En faisant surgir du néant des milliers de milliards, les autorités (Fed, BCE et autres banques centrales gestionnaires de devises) tablent sur le fait qu’il n’y aura pas d’inflation incontrôlable et que l’illusion monétaire durera. En gros, « puisque tout le monde le fait aucune monnaie ne coulera relativement à une autre ». Il est effectivement possible que l’illusion monétaire dure encore un peu entretenue par l’inculture financière des masses.

Si l’illusion monétaire se dissipe, le virus de l’hyperinflation pourrait toutefois se répandre rapidement. Il est d’ailleurs symptomatique que, dans cette première phase de krach boursier, les dettes de la France et de l’Italie – les deux maillons faibles de l’Europe – aient été vendues et que leurs rendements aient remonté.

Évolution du rendement de l’obligation à 10 ans de l’État français

Lorsque les rendements montent, les obligations baissent

Source : tradingeconomics.com

Ce bond pourrait être un signe de début de fuite devant la monnaie puisque de nos jours les investisseurs considèrent que la monnaie de sauvegarde, l’abri ultime, est l’obligation souveraine d’un pays réputé ne jamais pouvoir faire défaut sur sa dette.

Que ce soit par l’impôt-inflation ou par l’impôt-tout-court, ne soyons pas naïfs : la facture du coronavirus nous sera bien présentée et elle sera très lourde.

Comme je l’explique dans mon livre La rage de l’impôt, l’inflation est une taxe et la dette publique est un stock d’impôt qui n’a pas été encore levé. Dans tous les cas, le contribuable paie ou paiera.

Le secteur privé, mis à l’arrêt pour soigner la crise sanitaire, saigné depuis des années par une administration boulimique et par conséquent privé de trésorerie, ne pourra pas se relever rapidement pour assumer une nouvelle montagne de dettes et de promesses intenables.

L’économie est au ralenti, les recettes fiscales calent et les dépenses publiques accélèrent.

Le défaut ou l’hyperinflation. La peste ou le choléra monétaires, c’est ce qui nous attend.

Le défaut permettrait de dégraisser l’État, d’arbitrer entre le budget du ministère de la Culture et celui de la Santé, de s’interroger sur l’opportunité de taxer ou subventionner une myriade d’activités, d’ouvrir vraiment le débat sur le bien-fondé de la dépense publique. Vous l’avez compris, le défaut serait une solution politiquement courageuse. Il est donc improbable.

 

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  • Le problème est, entre le ministère de la culture et celui de la santé, d’avoir choisi le premier…
    Comme tout régime communiste qui se respecte, l’aliénation des masses n’est pas à négliger.

    • Cela signifie que, lorsqu’il faudra faire des économies, on sait déjà où se trouvent les gisements les plus juteux. Dans les budgets publics, il y a largement de quoi faire 200 milliards d’économies maintenant, tout de suite, tellement le domaine du superfétatoire est vaste.

  •  » l’argent tombe du ciel  » …il aurait mieux valu que ce soit des protections contre le coronavirus , masques , gants jetables etc… qui tombent du ciel ; ça nous reviendrait beaucoup moins cher ….

  • pour faire défaut, il ne faut plus avoir besoin d’emprunter… cela fait donc près de 70 milliards étatique de dépenses à supprimer…(si je compte bien…).

    • N’oublions pas les financements à CT (plus de 250 milliards par an) pour boucler les fins de mois, avant que les impôts soient effectivement perçus. En cas de défaut, il faudra également assumer ces montants, en supposant que le défaut concerne la totalité de la dette LT (200 milliards par an sur 12 ans).

      En outre, comme une bonne partie de la dette publique est détenue par le système des banques centrales pour le compte de la BCE, en cas de défaut, l’équilibre des comptes du monopole monétaire se paiera par l’effondrement de la monnaie unique, avec une division au moins par deux de l’euro face au dollar.

      Ce serait étonnant que les pays bien gérés de la zone acceptent le sacrifice monétaire sans broncher. Fin de la partie.

  • Il y a une autre facon de solder le probleme que de taxer : faire defaut. c est ce qu on fait lres grecs ou les argentins.
    dans ce cas, il y a moins de victimes (et en plus toutes ne votent pas car etrangeres)

    « Le défaut permettrait de dégraisser l’État, d’arbitrer entre le budget du ministère de la Culture et celui de la Santé, de s’interroger sur l’opportunité de taxer ou subventionner une myriade d’activités, d’ouvrir vraiment le débat sur le bien-fondé de la dépense publique »
    L auteur se trompe de cible. on peut evidement arreter de subventionner tel activité ou mettre a la diete les « cultureux » mais c est peanuts (de memoire, le budget de la culture c est 1 %). Le premier poste c est le paiement des pensions de retraite. le second la securite sociale (et la encore c est pas en ne remboursant pas une boite d antibiotique a 5 € qu on va s en sortir). Mais c est sur que faire -20 % sur les pensions de retraite et dire qu on va supprimer les cures, ne faire d operation lourdes sur les gens de plus de 80 ans … c est du suicide electoral

    • les comité Théodule en France représentent plus de 50 milliards d’euro/ans. L’état peut se désengager de toutes ses participations ça fera un petit pactole même avec la bourse à -50%. Ensuite il y a toutes subventions récurrentes à droite à gauche, mit bout à bout ça fera encore quelques dizaines de milliards (10 milliards pour les territoires d’outremer, 10 milliards pour la SNCF déjà)

  • Cela va être gai tout cela….

    • Si seulement on allait en chier pour épurer le système mais même pas, on va en chier et on aura encore plus de tout ce qui à conduit à cette catastrophe.

  • « L’état c’est nous » : Ah bon ? Je voudrais comprendre pourquoi meme des personnes aussi bien informée que l’auteure de cet article continue à utiliser cette expression. Puis je savoir en quoi « l’état c’est nous  » s’il vous plait ? Avons nous , entant que citoyen , la moindre influence sur sa gestion, son train de vie, son déficit, le montant de nos impots ? Pouvons nous le sanctionner ?
    On va nous dire que nous élisons son chef. La belle affaire ! Lui meme fait partie de cette organisation , meme si il en avait le souhait a t’il le moyen de simplement controler ce qui est devenu un système de prédation organisée du pays. Et ne parlons pas d’un changement de gouvernement, tous les partis politiques ne vivent que des subventions de ce meme état. Quand aux médias le misérable spectacle qu’ils nous donnent en ce moment en acompagnant sciemment les mensonges de l’administration , elles aussi sont sous « l’oxygène financière » dispensée par l’état.
    Non l’état ce n’est pas nous et il n’y a aucune chance que cela le soit un jour.

  • c’st simple l’argent ne rentre plus , plus de tipp , plus de TVA.. rien ne rentre..
    donc l’etat va réquisitionner et remettre l’élection présidentielle a 2035

    • Je crois que beaucoup ne se rendent pas compte que c’est une dictature qui est en train de s’établir en France. J’aimerais me tromper….

      • On était déjà dans un dictature qui ne disait pas son nom. Lorsque 99% de votre existence est réglementé votre libre arbitre à tout simplement disparu.

    • Exactement compte tenue des mesures à prendre après la crise il ne faut plus d’élections pendant au moins 20 ans.

  • « L’inflation est une taxe » En tout cas le résultat est le même quand on a de l’épargne rémunérée ou non !
    L’absence d’inflation avec des produits et services de plus en plus performants a été une aubaine en terme de pouvoir d’achats pour les épargnants.
    Le retour de l’inflation nous ferait revenir dans la doxa des économistes élevés dans le monde d’avant.

    • Ce qui est amusant, c’est qu’on nous explique qu’une petite inflation c’est bien. Toujours pas compris l’intérêt, c’est un peu comme si on me disait que c’est bien que mon couteau se rouille un peu.

  • La majorité d’électeures votent pour des incapables avec leurs promesses sans fondements économiques. Le lavage de cerveux depuis des années par l’éducation, média et de nombreux politiques ont transformé l’opinion de la majorité de français. Qui oserer se reclamer de libéralisme? Hélas personne, donc Titanic France va vers son destin La Faillite.

    • L’économie a plus à voir avec la logique qu’avec l’idéologie et certains de ses principes les plus fondamentaux n’ont pas été inventés par les économistes mais découverts par les plus brillants. Mais à l’heure des débats spectacles, où il s’agit plus d’impressionner que de convaincre – et en ce domaine, les gens du spectacle sont bien des professionnels –, où il s’agit plus de faire monter l’audience que d’éveiller les consciences, le discours économique ne trouve guère sa place. Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut craindre, mais ses ennemis.

      • Rendre acceptable la maîtrise des dépenses publiques implique une complète redéfinition du politique. Alors que sa fonction actuelle l’incite au court-termisme, ce serait l’occasion d’inscrire le pouvoir exécutif dans la durée. Ce n’est pas une mission impossible. Si certains pensent que la démocratie n’est pas viable car obnubilée par le court terme, l’exemple de pays aux finances publiques saines doit nous inciter à l’optimisme : le vice n’est pas dans sa démocratie mais dans sa mise en oeuvre actuelle.

        • Non, il faut une nouvelle constitution avec des règles d’airain pour encadrer les pouvoir : déficits interdit, flat taxe fixé dans marbre, limitation de l’action de l’état au domaine régalien. Interdiction à l’état de contrôler la monnaie et les taux d’intérêt, interdiction à l’état de subventionner qui que ce soit cette constitution doit être non modifiable bien sur.

          • Mais cette « nouvelle » constitution existe déjà à peu de chose près: il suffit de garder la DDHC1789 et d’enlever tout le reste, surtout le Conseil Constitutionnel qui ne sert qu’à « interpréter » l’évidence d’un texte limpide pour mieux le nier, notamment quand cela arrange Bercy.

  • Et ce n’est pas fini, un collectif d’une cinquantaine de parlementaires viennent de lancer une consultation sur « le jour d’après » avec que des propositions collectivistes pour transformer notre économie et notre société : taxe carbone, revenu universel, augmentation des salaires des enseignants et des soignants …

  • Macron, Hollande et Le Maire, même combat: Ca ne vous coutera rien, l’Etat paiera.
    Il faut être français et inculte pour croire à de telles sornettes.
    Philippe Noiret disait que pour être communiste, il fallait être idiot ou malhonnête.
    Pour être un bon français aussi, hélas!

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