Donald Trump prépare la relance économique malgré le COVID-19

Le président américain estime que l’inaction économique fait davantage de dommages que le coronavirus.

Par Daniel Girard.

Donald Trump trépigne d’impatience. Dès dimanche soir, il s’était exprimé sur Twitter, en évoquant le confinement, qu’il ne faut pas que le remède soit pire que le problème.

Mardi, il a lancé un tweet annonçant que les gens veulent retourner au travail en respectant la distanciation sociale et que les aînés ne seront pas négligés.


Lors d’une entrevue à la chaîne Fox News, le magnat de l’immobilier a précisé qu’il lui sera difficile de mettre un terme aux restrictions à la fin de la période initiale de 15 jours, qui se termine le 1er avril. Mais il aimerait beaucoup y parvenir avant la fête de Pâques, le 12 avril.

Le président concède qu’un retour hâtif sur le marché du travail comporte sa part de risque mais il estime que la prolongation du confinement est encore plus risquée : les gens vont perdre des emplois qui ne reviendront peut-être jamais, ils vont peut-être perdre leur entreprise à jamais… Trop attendre c’est prendre le risque de retourner à la case départ.

« Nous ne voulons pas perdre l’avantage économique que nous avons »

Les craintes de Donald Trump sont fondées. L’arrêt des machines causé par le COVID-19 a fait du vaisseau amiral américain un navire en cale sèche. Et cette torpeur devient à chaque jour plus forte. Déjà 60 % de la population américaine est en confinement.


Le président Trump se retrouve ainsi avec un défi d’équilibriste. Il veut mettre fin au confinement tout en s’assurant que la contamination cesse de progresser. La tâche est ardue.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que les États-Unis vont bientôt dépasser l’Europe comme épicentre mondial du COVID-19. Les États-Unis ont enregistré 1032 morts le 25 mars et la situation continue de s’aggraver dans l’État de New York, qui compte maintenant 280 décès causés par le coronavirus.


La situation de New York est particulièrement affligeante. Le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, continue de réclamer de Donald Trump qu’il utilise la Loi sur la production de la défense pour obliger les entreprises à produire du matériel qui fait cruellement défaut.

Les infirmières et les médecins n’ont toujours pas l’équipement médical nécessaire – blouses, masques, gants et respirateurs artificiels – pour faire leur travail et soigner les patients. La pénurie de respirateurs est soulignée énergiquement par le gouverneur Cuomo, qui devrait en avoir 30 000 pour être pleinement fonctionnel.


Le président Trump est maintenant davantage préoccupé par l’avenir économique de son pays que par la progression du coronavirus, qu’il continue de comparer à la grippe.

En parlant du confinement, il dit qu’on peut détruire un pays en le fermant de cette façon et créer une grave récession ou une dépression qui ferait davantage de morts que la pandémie par les suicides qu’elle entraînerait.

Accord, élan boursier et appui du public

Donald Trump a quelques raisons de se réjouir. L’accord de relance économique bi-partisan de 2000 milliards qui vient d’être conclu est une bouée de sauvetage bienvenue pour les entreprises et les travailleurs forcés à l’inaction et sans ressources et elle donne de l’élan à des marchés boursiers qui étaient au bord de l’effondrement.

Mais là où le président Trump a toutes les raisons de se réjouir, c’est qu’un sondage Gallup révèle que 60 % des Américains estiment qu’il gère bien la crise du coronavirus et que son taux de popularité atteint maintenant 49 %.

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