Il va falloir nationaliser notre santé, n’est-ce pas !

Le privé est incapable de faire ce qu'on lui demande en matière de santé ! Et vu l'historique du public, nationalisons tout ça bien vite, ça va pulser !
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Il va falloir nationaliser notre santé, n’est-ce pas !

Publié le 30 mars 2020
- A +

par h16

Dans un billet du 16 mars dernier, je notais qu’il aurait été vraiment dommage de gâcher une bonne crise épidémique comme celle qui secoue le monde actuellement, en notant toutes les extraordinaires ouvertures collectivistes que le gouvernement ne manquerait pas d’exploiter avec elle.

C’est donc de façon prévisible qu’on a pu constater une subite évaporation de libertés individuelles dans le pays, évaporation largement arrosée d’un alcool de prunes particulièrement sec puisque plus de 200 000 procès verbaux ont été distribués en dix jours de temps : alors que d’autres pays ont largement compris l’ultime importance de s’assurer que la population, soignants en premier, sera correctement protégée des miasmes grippaux, la France s’est attelée, elle, à produire des décrets par douzaines, des cerfas et autres attestations auto-signées et, bien évidemment, des taxes, ponctions et autres amendes assorties.

Dans ce qui constitue une alternative étonnante à n’importe quelle solution opérationnelle pragmatique, nous n’aurons certes pas la population la plus protégée mais au moins sera-t-elle la plus prunée du continent, histoire de la punir d’avoir voté pour des andouilles de ce calibre.

Mieux encore : en mobilisant les forces de l’ordre non pas pour pacifier certains quartiers émotifs maintenant complètement hors de contrôle (et y compris sanitairement) mais pour vérifier que le Français lambda a bien son petit papier auto-signé, on garantit que les forces de l’ordre, absolument pas protégées, compteront de nombreuses victimes et serviront ainsi de vecteur efficace pour cette maladie particulièrement infectieuse. Ce serait dommage que tout le monde n’en profite pas, n’est-ce pas.

Cette première phase étant maintenant en place, la seconde phase peut être lancée : elle consistera à faire un bilan de tout ce qui ne marche pas top, et à en proposer une solution passant par l’État, ce dernier étant bien évidemment la solution adaptée à tous les problèmes, le gibolin de tous les mécanismes, la panacée de toutes les maladies sociales et politiques.

C’est dans ce cadre qu’on peut lire la tribune d’une frétillante phalange d’élus et de politiciens de gauche récemment parue dans Libération, l’épave journalistique que ce confinement ne suffira malheureusement pas à mettre en faillite.

Dans cet épuisant exercice éditorial, notre troupe de clowns gauchistes propose enfin de la bonne grosse mesure musclée : nationaliser enfin un gros bout du système de santé français pour en finir une bonne fois pour toutes avec quelques uns de ses problèmes les plus prégnants.

Pour eux, aucun doute : la multiplication des pénuries (de médicaments, de services, d’établissements, de professionnels), le prix élevé des médicaments, l’absence presque complète de production de ces médicaments et de ces matériels médicaux sur le sol national, tout ça provient à la fois d’une mondialisation effrénée, d’un capitalisme débridé et d’un turbo-libéralisme insupportable.

Dans ce cadre, la solution est à la fois évidente, simple et efficace : il suffit de créer un laboratoire public de production pharmaceutique, grâce à la nationalisation d’un laboratoire déjà existant ! Hop, problème résolu, forcément !

Et c’est vrai que les arguments en béton précontraint proposés dans la tribune laissent songeur : grâce à ce nouvel appendice public de production de pilules, fini les pénuries, fini les prix trop élevés, fini les délocalisation.

Pourquoi s’en priver ? Le secteur de la santé est, en France, si massivement libéralisé, si massivement dépourvu de toute intervention étatique qu’on ne peut qu’observer les dégâts causés par cette totale liberté sans bornes, ni contraintes, ni règlements, ni foi ni loi.

Jugez plutôt : n’importe qui ou quasiment peut ouvrir un établissement de soins privé qui sera géré comme bon lui semblera ! Aucune règle, aucun code, aucune loi, vous dis-je ! De la même façon, il n’y a aucune limite sur le nombre de diplômés du secteur de la santé en France qui sont produits tous les ans par les milliers de formations, toutes plus privées les unes que les autres dans le pays, ce qui fait qu’on croise des personnels soignants à chaque coin de rue.

A contrario des cliniques immenses baignant dans les capitaux privés lâchés sans le moindre contrôle sur tout le territoire français, les rares hôpitaux sont tous à la fois rikikis en taille, en capacité et en personnel, à tel point que les deux médecins et les trois brancardiers qui y travaillent (en moyenne) doivent aussi faire la literie, le ménage, le repassage et la cuisine eux-mêmes, c’est connu.

Il n’est qu’à voir les dotations publiques dans le secteur de la santé pour comprendre que tout ou presque, en France, a été voué aux gémonies du Grand Capital et du Tout Privé :

Pas étonnant, devant cette courbe dangereusement décroissante qui frôle tous les jours un peu plus l’axe des abscisses que les personnels, exténués, réclament des moyens qu’on leur refuse. Pas étonnant que la tribune de cette belle brochette de clowns de gauche entende remettre une bonne grosse louche d’État dans ce secteur totalement déserté, hein !

Du reste, l’idée de nationaliser des pans entiers du secteur de la santé en est une lumineuse : pourquoi douter que l’État va effectivement parvenir à un résultat absolument magique compte tenu de son historique déjà particulièrement rutilant ?

N’est-ce pas grâce à l’État que, justement, nos soignants bénéficient actuellement de la meilleure protection contre les épidémies ? N’est-ce pas grâce à la superbe nationalisation et à la parfaite centralisation étatique des stocks de gel hydroalcoolique, de masques, de matériel médical de réanimation qu’on est en mesure d’affronter la pandémie sans même hausser des épaules, qu’on est déjà sûr et certain que tout glissera comme les critiques sur le gouvernement Philippe ?

Et puis surtout, comment ne pas voir que le secteur privé est aussi gourd que pataud, empoté et à côté de ses pompes lorsqu’il s’agit de relever le moindre défi ? Comment croire une seule seconde que le Grand Capital saurait trouver les ressources pour produire des millions de masque de protection, ou le gel indispensable pour une propreté immaculée ?

Non, décidément, il faut se ranger aux arguments absolument convaincants de ces élus et de cette effervescente poignée de gauchistes : la nationalisation de pans entiers de la santé en France est absolument indispensable car forcément, cela va bien se passer et les résultats seront magnifiques.

Et les lendemains chanteront.


—-
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  • ce pays est foutu , rappelez vous Giscard en 81 qui s’était barré en souhaitant »bonne chance a la France » » », tout en laissant un budget a l’équilibre, a Mitterrand.
    Il va falloir l’abattre pour qu’il arrête de rigoler

    • Budget à l’équillibre mais en ayant augmenté les prélèvements obligatoires comme jamais avant lui…
      Je défends pas Mitterrand hein mais regardons un peu de plus près entre 74 et 81 les prélèvements obligatoires passent de 33.5 à 39.5 sous Giscard: 6 points (c’est beaucoup).
      De 81 à 95 on passe 39.5 à 41.5: 2 points… C’est moins en plus de temps.
      Alors ok, ça ne compte les prélèvements reporté: la dette. Auquel cas je suis pas certains que la balance serait favorable à Tonton. Mais il faut garder en tête que Giscard était un taxman moderne, un fossoyeur d’économie.

      • J’étais trop jeune mais j’ai toujours entendu mon père, qui était artisan, dire la même chose que vous au sujet de Giscard. Hausse des prélèvements obligatoires, mais aussi des tracasseries administratives : « Il a bien ouvert la voie » continue-t-il de dire à 84 ans.

    • le dernier budget à l’équilibre c’est 1974 il me semble ?
      Par ailleurs, VGE a bien augmenté les prélèvements obligatoires et le nombre de fonctionnaires : le mouvement était lancé (par le premier président énarque).

  • Disours de Macron le 12 mars :  » Il est des biens et services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond, est une folie ».

    Aussi bien qu’une tribune de Libération. Par un président dit hyper-libéral.

    • La folie c’est d’imaginer que l’état pourrais faire mieux mais en France en 2020 ce genre de connerie passe comme dans du beurre

      • La prochaine pandémie, vers 2030, dans une France entièrement collectivisée : 10 millions de fonctionnaires, 1 million de morts, 1000 masques, 10 respirateurs (en état de fonctionner), 1 litre de gel hydroalcoolique, date limite 2022.

        • des fonctionnaires comme les infirmières, les médécins et les aides soignantes

        • 10 respirateurs stockés à Bercy, par précaution.

          • C’est comme le gel hydroalcoolique ,dès qu’on a une info d’une société qui peut nous en fournir ,2 mn après on a un mail nous disant que finalement toute leur production est réquisitionnée par les ministères ,je dis bien ministeres,pas hôpitaux ou ARS.
            Je me demande même si il n’y a pas 1 ou 2 boîtes d’hydroxychloroquine qui traînent à l’Elysée.

    • Cette phrase du président m’avait fait froid dans le dos en l’entendant… je voyais déjà le boulevard de nationalisation qui s’ouvrait devant lui.
      Angoissant.

  • Et c »est pas fini vivement les kolkhoz

  • et quand le coronavirus sera  » éradiqué  » , not bon gouvernement mettra sans doute en place la CGRSC ( Contribution Généralisé des Remboursements des Soins Coronavirus ) , ou un truc de ce style , parce que la France sans nouvelles taxes , ce n’est plus la France ;

  • Quand le sage désigne la lune, « libé » regarde le doigt …

    • Exact!
      Mais comment 98% de la population regarde-t-elle aussi seulement le doigt. et ne voit-elle pas que ce sont des escrocs intellectuels, proches de la mangeoire politique.
      Affirmer que le secteur de santé, finançé par la contrainte, pesamment régulé, avec tous les effets pervers induits, est « soumis à la loi du marché » est en vérité beaucoup plus suffocant que le COVID-19!

    • Là où il a le doigt, ‘Libé’ ne peut le voir…

  • Ce gouvernement socialiste viendra à bout du coronavirus le jour où nous serons tous morts.

    N’espérez rien, vous n’aurez rien…

    • Que les hommes meurent plus n’a jamais gêné personne.
      Si cela avait été les femmes, cela aurait été obligatoirement une conséquence de cette société patriarcale blanche et sexiste contre laquelle il aurait été indispensable d’instaurer quelques décrets obligeant un accès égalitaire (voire compensateur de la mortalité) aux lits de réanimation! Non, mais!!

      • @cyde
        Bonsoir,
        Le côté sexiste du covid19 a déjà été évoqué : les femmes sont celles qui paient le tribu le plus cher de cette épidémie, vu qu’elles composent la majorité du personnel soignant.
        « Let us not forget that Covid19 is a gendered crisis […] nurses, teachers, child care workers and early childhood educators, aged care workears and cleaners are mostly women. They are on the frontline of this public health crisis and carry a disproportionate risk of being exposed to the virus. Let’s also not forget that all homes are not safe places. Quarantine or self isolation at home will put women and children at risk. Women’s advocates and domestic violence experts are warning us that domestic abuse increases during times of crisis and I’m terribly worried that these warnings have not been headed by this government that has long resisted atto put funding for the need of ressources and refuges. » – Mehreen Faruqi, Sénatrice australienne, discours du 25/03/2020..
        Exactement dans la même veine que Hilary Clinton qui disait que les femmes étaient les premières victimes des guerres.

    • blague à part..si vous ne savez pas si les femmes et les hommes ont les m^me taux de diabéte, de maladies cardiovascuslaires etc..morbidités associées au covid 19 pour les gens qui en décèdent, ce serait miraculeux que les femmes et les hommes aient la meme mortalité..mais pas à cause du sexe..

  • On rigole de l’hôpital mais tous les services de l’état ne sont même pas digne d’un pays du tiers monde, armée, police justice, même combat pour avoir le juste nécessaire pour mener leur tâche à bien, enfin à moins que très mal.

  • L’art et la manière de détourner le débat pour asquer leur refus du traitement qui peut guérir (ou l’autorisent dans les cas où il est inefficace)

    L’argumentation des uns et des autres est significative: technocratie vs humanisme

  • Les journaleux français sont vraiment aux ordres mais comme ils reprennent sans vraiment les comprendre les annonces de l’AFP…
    L’article cite des complications cardiaques en cas d’automédication! Donc des prises de médicament sans aucun contrôle de dose ni surveillance. Ce n’est pas pour rien qu’il doit y avoir prescription médicale et surveillance médicale! Ce n’est pas du Doliprane…

    De plus, le covid a un tropisme cardiaque et pulmonaire. Certains patients décèdent du covid parce que leur cœur lâche. Comme l’Etat ne permet l’administration du médoc qu’aux cas graves (là où il bien prouvé qu’il est bcp moins efficace d’ailleurs), il va être difficile de distinguer entre les complications cardiaques dûes au covid et celles dues au Plaquenil°! Évidement, l’Etat et ses affidés sauront bien faire la distinction dans le sens ad hoc. 🙂

    • Les gens soignés pour un Lupus ou d’autre maladies auto-immunes réagissant à ce produit utilisent du Plaquénil sur de très longues périodes avec plus de bénéfices que d’inconvénients.

      « Le poison est dans la dose » (Paracelsus)

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