Municipales à Paris : Agnès Buzyn va-t-elle calmer la folle compétition ?

Deux mesures phares du candidat Griveaux vont peut-être être abandonnées ces prochains jours par Agnès Buzyn, nouvelle candidate LREM aux élections municipales pour la mairie de Paris.

Par Frédéric Mas et Justine Colinet.

Agnès Buzyn, qui remplace Benjamin Griveaux dans la campagne municipale pour Paris depuis dimanche 16 février, serait prête à abandonner deux mesures phares de l’ancien candidat de la République en Marche selon France Info. Benjamin Griveaux avait en effet promis d’aider les classes moyennes à acheter à Paris grâce à un apport de 100 000 euros et de faire de l’actuelle gare de l’Est un « Central Park » à Paris.

Pour Pascal Beuvelet, président et fondateur d’In&Fi Crédits, le choix de revenir sur la promesse d’une prime à 100 000 euros est « évidemment » une bonne nouvelle : « Cette prime de 100 000 euros n’avait absolument aucun sens sinon augmenter les prix à Paris et cibler une partie infime de la clientèle à Paris. »

Agnès Buzyn plus rationnelle que Griveaux ?

Agnès Buzyn aidera-t-elle à introduire un peu de rationalité dans cette campagne ? Son bilan en tant que ministre de la Santé est mitigé. Tout en continuant l’étatisation du système de Santé, Agnès Buzyn a aussi mis un coup d’arrêt au remboursement de l’homéopathie, ce qui va dans le sens d’une plus grande responsabilité dans l’utilisation de l’argent des contribuables.

Comme le notaient Nafy-Nathalie et H16 dans Contrepoints, le projet du candidat Griveaux ne brillait pas par sa clarté, et reposait une nouvelle fois sur l’argent public, promis avec légèreté et sans souci de la dette publique déjà accumulée : « par cette mesure, LREM prétend faire baisser les prix de l’immobilier, alors qu’elle n’aura aucun intérêt financier à les faire baisser justement. Eh oui : il n’y aura évidemment aucune plus-value si les prix baissent… ».

Le projet d’éloigner la gare de l’Est du centre de Paris pour Aurélien Véron, interrogé dans nos colonnes, ne répond pas aux impératifs de développement économique de la capitale. Comme une grande partie de l’écologie utopique défendue par une partie de la gauche de la gauche, il est pensé sans prendre en compte le fonctionnement réel de l’économie de marché : « Pour conserver le niveau d’excellence de nos grandes écoles, de nos universités et de notre recherche, de notre artisanat réputé dans le monde entier, de notre gastronomie, de notre secteur financier, de nos entreprises NTIC et des fleurons internationaux qui sont installés à Paris, nous devons avoir une ambition urbaine et non champêtre. »

Libérer le marché de l’immobilier

Les deux mesures, très médiatiques, répondaient à l’intensification d’une campagne municipale dans laquelle la surenchère politique domine. La compétition que se livrent les différents candidats s’est vite transformée à la foire aux promesses intenables. Le maire sortant Anne Hidalgo distance ses adversaires, ce qui a poussé les autres candidats, en particulier Benjamin Griveaux et Cédric Villani, à proposer des mesures qui ont suscité les commentaires sceptiques des internautes.

S’il fallait proposer des mesures concrètes pour l’immobilier à Paris, la réforme devrait être à l’opposé des promesses d’augmentation de dépenses publiques, de plafonnement des loyers et de gestes clientélistes.

Pascal Beuvelet rappelle qu’en matière immobilière, Paris sera toujours une ville chère en raison de sa place centrale dans l’activité économique et centrale du pays. Cependant, il évoque plusieurs pistes pour réformer le secteur : « La première des choses serait de libérer le foncier, c’est une situation qui commence à s’améliorer mais il y a encore des améliorations à apporter. Il y a également tous les locaux qui sont non-occupés, qui sont les bureaux qui peuvent être eux aussi retransmis au logement. Il y a aussi le fait de rendre la liberté des loyers. »  Y aura-t-il un candidat pour l’écouter ?

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