Municipales à Paris : Agnès Buzyn va-t-elle calmer la folle compétition ?

Deux mesures phares du candidat Griveaux vont peut-être être abandonnées ces prochains jours par Agnès Buzyn, nouvelle candidate LREM aux élections municipales pour la mairie de Paris.

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Municipales à Paris : Agnès Buzyn va-t-elle calmer la folle compétition ?

Publié le 18 février 2020
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Par Frédéric Mas et Justine Colinet.

Agnès Buzyn, qui remplace Benjamin Griveaux dans la campagne municipale pour Paris depuis dimanche 16 février, serait prête à abandonner deux mesures phares de l’ancien candidat de la République en Marche selon France Info. Benjamin Griveaux avait en effet promis d’aider les classes moyennes à acheter à Paris grâce à un apport de 100 000 euros et de faire de l’actuelle gare de l’Est un « Central Park » à Paris.

Pour Pascal Beuvelet, président et fondateur d’In&Fi Crédits, le choix de revenir sur la promesse d’une prime à 100 000 euros est « évidemment » une bonne nouvelle : « Cette prime de 100 000 euros n’avait absolument aucun sens sinon augmenter les prix à Paris et cibler une partie infime de la clientèle à Paris. »

Agnès Buzyn plus rationnelle que Griveaux ?

Agnès Buzyn aidera-t-elle à introduire un peu de rationalité dans cette campagne ? Son bilan en tant que ministre de la Santé est mitigé. Tout en continuant l’étatisation du système de Santé, Agnès Buzyn a aussi mis un coup d’arrêt au remboursement de l’homéopathie, ce qui va dans le sens d’une plus grande responsabilité dans l’utilisation de l’argent des contribuables.

Comme le notaient Nafy-Nathalie et H16 dans Contrepoints, le projet du candidat Griveaux ne brillait pas par sa clarté, et reposait une nouvelle fois sur l’argent public, promis avec légèreté et sans souci de la dette publique déjà accumulée : « par cette mesure, LREM prétend faire baisser les prix de l’immobilier, alors qu’elle n’aura aucun intérêt financier à les faire baisser justement. Eh oui : il n’y aura évidemment aucune plus-value si les prix baissent… ».

Le projet d’éloigner la gare de l’Est du centre de Paris pour Aurélien Véron, interrogé dans nos colonnes, ne répond pas aux impératifs de développement économique de la capitale. Comme une grande partie de l’écologie utopique défendue par une partie de la gauche de la gauche, il est pensé sans prendre en compte le fonctionnement réel de l’économie de marché : « Pour conserver le niveau d’excellence de nos grandes écoles, de nos universités et de notre recherche, de notre artisanat réputé dans le monde entier, de notre gastronomie, de notre secteur financier, de nos entreprises NTIC et des fleurons internationaux qui sont installés à Paris, nous devons avoir une ambition urbaine et non champêtre. »

Libérer le marché de l’immobilier

Les deux mesures, très médiatiques, répondaient à l’intensification d’une campagne municipale dans laquelle la surenchère politique domine. La compétition que se livrent les différents candidats s’est vite transformée à la foire aux promesses intenables. Le maire sortant Anne Hidalgo distance ses adversaires, ce qui a poussé les autres candidats, en particulier Benjamin Griveaux et Cédric Villani, à proposer des mesures qui ont suscité les commentaires sceptiques des internautes.

S’il fallait proposer des mesures concrètes pour l’immobilier à Paris, la réforme devrait être à l’opposé des promesses d’augmentation de dépenses publiques, de plafonnement des loyers et de gestes clientélistes.

Pascal Beuvelet rappelle qu’en matière immobilière, Paris sera toujours une ville chère en raison de sa place centrale dans l’activité économique et centrale du pays. Cependant, il évoque plusieurs pistes pour réformer le secteur : « La première des choses serait de libérer le foncier, c’est une situation qui commence à s’améliorer mais il y a encore des améliorations à apporter. Il y a également tous les locaux qui sont non-occupés, qui sont les bureaux qui peuvent être eux aussi retransmis au logement. Il y a aussi le fait de rendre la liberté des loyers. »  Y aura-t-il un candidat pour l’écouter ?

Voir les commentaires (19)

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Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • L’Anne (Hidal) grotesque a de l’avance et de bonne chance d’être réélue.
    Mais sait-on jamais, Buzyn pourrait la bousculer. Ferait-elle mieux ❓
    Difficile de faire pire que l’actuelle locataire de la mairie.

  • Le bilan mitigé??? de Buzin . Un an pour identifier les causes de la grogne, ôtez moi d’un doute, l’amour rend vraiment aveugle ou la médiocrité est contagieuse? Son bilan oscille entre 0 et moins l’infini

  • Abandon de ces 100.000 euro, c’est une bonne nouvelle ! Ouf.

  • ma foi , concernant l’argent public , LREM n’est pas en reste quand il s’agit de le dilapider ; la mielleuse buzyn a besoin de villani pour accumuler des voix ; je ne sais pas , si dans ce panier de crabes tout parti confondu il y en a un qui vaut mieux que l’autre ;

  • Paris, « sa place centrale dans l’activité économique ».

    Vu la tendance au grand n’importe quoi parisien, ça ne va plus durer très longtemps. L’activité économique n’est pas compatible avec le foutoir méthodiquement organisé par les mairies. Paris s’était imaginée une capitale mondiale. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, sale, sombre, désordonnée, clochardisée. Et dans le reste de la région, ce n’est pas mieux. Ce qui frappe le visiteur occasionnel, c’est la tristesse et l’épuisement, les regards vides d’une ville sans âme ni fierté, violence à fleur de peau. L’ambiance à Paris aujourd’hui n’est pas sans rappeler les villes du Bloc de l’Est, les bouchons en plus. Il n’y a pas loin de la ville musée à la ville cimetière.

    Il n’y a plus que l’endettement et la taxation outrageusement spoliée dans les provinces pour maintenir à flot la région capitale saccagée. Mais dettes comme taxes sont au-delà du maximum. Entre décadence et embolie, rien à faire, ce n’est plus suffisant. La prochaine crise pourrait bien être celle de trop, contraignant le pouvoir à fuir à son tour, coup fatal pour une capitale reléguée, en voie de tiers-mondisation.

  • Pas un mot sur Rachida Dati, pourtant elle est aussi candidate. Vous faites le jeu de qui?
    « Agnès Buzyn a aussi mis un coup d’arrêt au remboursement de l’homéopathie, ce qui va dans le sens d’une plus grande responsabilité dans l’utilisation de l’argent des contribuables. »
    Voilà un joli parti pris, parce que « en même temps » qu’ elle dérembourse l’ homéopathie pour une économie dérisoire, elle rembourse la PMA. Je suis désolé, elle mais en faisant cela, elle a déshabillé Paul l’ homme libre pour habillé Jacqueline, une progressiste potentielle.

  • Agnès Buzyn a aussi mis un coup d’arrêt au remboursement de l’homéopathie, ce qui va dans le sens d’une plus grande responsabilité dans l’utilisation de l’argent des contribuables…
    Ce n’est certainement pas le but, ne serait-ce par les sommes en jeu. Par contre les liens de Mme Buzyn avec l’industrie pharmaceutique…

    • « Par contre les liens de Mme Buzyn avec l’industrie pharmaceutique… »
      Permettez, mais c’est un argument ridicule.
      L’homéopathie ne repose sur rien de tangible et ce n’est pas interdit que je sache. Si les patients veulent en utiliser, ce sera à leur charge.
      Pas la peine de sous entendre un quelconque complot.

      • « La concurrence suppose les mêmes règles ».
        Réfléchissez une demi-seconde…

      • L’homéopathie est scientifiquement ridicule, elle a le même effet qu’un placebo et je ne ferais pas confiance une seconde au club de Soral le marxiste reconverti de multiples fois en tout et n’importe quoi à l’exception du libéralisme.
        .
        Sans illusion sur la 6ème industrie mondiale en chiffre d’affaire, il ne faut pas non plus la diaboliser à outrance. Son « égoïsme » comme celui du boucher d’Adam Smith lui fait abhorrer les scandales et c’est une industrie qui reste très précautionneuse. Une dizaine, ou même un centaine de scandale médicamenteux, c’est infime compte tenu du nombre de médicaments, de la dangerosité des produits et de la difficulté d’étudier tous les effets des molécules sur la santé humaine.
        .
        En bref, on y retrouve tous les travers des grosses activités humaines, plutôt moins d’ailleurs vu les contraintes, mais de là à y voir un complot cynique, vraiment, non.
        .
        Le Professeur Philippe Even de la conférence n’est lui non plus pas exempte de reproches, par exemple dans l’affaire de la ciclosporine qui a fait scandale à l’époque, c’est la médecine, c’est dangereux et on peut facilement flirter avec des limites moralement contestable.

  • Aucune chance, d’ailleurs elle n’est pas là pour gagner
    elle est là pour faire le bouche trou… et perdre sans
    éclabousser LREM

    R dati par contre risque de remporter la mise

  • Il apparaitra à chacun de constater que Buzyn a dû démissionner pour être candidate « forcée » à la mairie de Paris. Alors que tous les autres ministres actuellement candidats à diverse mairies sont toujours en poste… Cela ressemble fort à une exfiltration. Ce qui de mon point de vue est quand même une conséquence d’un paquet de ratés ou manquements de la dite Buzyn. Depuis le bad plan Levothyrox, en passant par son implication pour la nomination de son mari Yves Levy, la crise sans fin de l’hôpital , la bataille merdique autour de la réforme des retraites, ses non décisions concernant les déserts médicaux, etc… Une vraie charrette. Alors avec une candidate qui se retrouve astreinte à une candidature qu’elle ne voulait pas et en sachant qu’elle n’est jamais passée par la case « suffrage universel », je plains les électeurs de devoir ne serait-ce qu’essayer d’imaginer qu’elle y croit. Pitoyable…

    • « je plains les électeurs de devoir ne serait-ce qu’essayer d’imaginer qu’elle y croit »
      Justement, c’est la meilleure chance pour LREM, seul les gens travaillant dans la santé la connaissent un peu, les parisiens voterons le parti sans regarder la personne.

  • Pour info le remplaçant de Mme Buzyn est un adversaire inconditionnel de l’hospitalisation privée pour continuer de remplir le tonneau des Danaïdes de l’hospitalisation publique dont il est issu.

  • Il faudrait ( je suis un grand utopiste) que Mme Buzyn, mais aussi tous les hommes politiques de tous bords, cessent de vouloir faire toujours plus, es essaient plutôt de faire « de mieux en mieux »

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