Agnès Buzyn veut-elle soviétiser la santé ?

Agnès Buzyn s’inscrit dans la droite ligne de la stratégie dirigiste prônée par Marisol Touraine avant elle. Au détriment de la qualité des soins, bien entendu.

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Agnès Buzyn veut-elle soviétiser la santé ?

Publié le 25 janvier 2018
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Par Éric Verhaeghe.

En son temps, Marisol Touraine avait endossé la doctrine funeste de ses services ministériels avec une loyauté confondante. Pour faire baisser le prix des lunettes (dont l’essentiel du coût repose sur les organismes complémentaires, rappelons-le), elle avait plafonné leur remboursement… Le raisonnement de l’époque soutenait que le prix de l’optique s’expliquait essentiellement par la « solvabilisation » des assurés du fait de remboursements trop élevés par les complémentaires.

Donc, pour faire baisser les prix, on faisait baisser les remboursements en leur fixant un plafond en euros et en durée.

L’échec du plafonnement des tarifs

Résultat de cette politique malthusienne (voir le tableau ci-dessus) : les tarifs ont baissé d’environ 1 point en trois ans ! et les lunettes continuent à coûter en moyenne 425 euros, pour un remboursement maximal d’environ 300 euros. Voilà ce qu’on appelle un flop !

Sans surprise, en effet, les restes à charge en matière d’optique ne baissent pas. Et le renoncement aux soins pour des raisons financières non plus. C’est bizarre, puisqu’on a plafonné les remboursements… On ne pouvait vraiment pas s’y attendre…

Une fois de plus, la réalité a infligé une sévère leçon aux idéologues de la fonction publique, convaincus qu’une société peut entièrement reposer sur des obligations réglementaires et des interdits. On ne pouvait pas mieux illustrer l’absurdité des réflexes administratifs.

Buzyn persévère dans l’erreur

Comme Agnès Buzyn est du genre têtue, elle a décidé d’imposer la vérité des services ministériels envers et contre tout. Alors qu’il est évident que la politique consistant à réglementer et à imposer ne fonctionne pas, elle semble bien décidée à la continuer jusqu’au bout.

D’où cette idée extravagante d’imposer des prestations médicales avec zéro reste à charge, financées par les organismes complémentaires qui sont en même temps appelés à ne pas augmenter leurs tarifs. Mais, évidemment, on ne remet pas en cause le plafonnement des remboursements.

Autrement dit, les organismes complémentaires sont sommés de rembourser la totalité des frais médicaux dont le remboursement est officiellement plafonné… Et dans le même temps, les tarifs des organismes complémentaires doivent stagner. Mais pourquoi Agnès Buzyn ne propose-t-elle pas de fixer les prix des yaourts par décret, tant qu’elle y est ? En interdisant, cela s’entend, aux commerçants de gagner de l’argent en les vendant.

Vers une économie soviétique de la santé

On comprend bien la logique qui est à l’oeuvre derrière ces projets farfelus : il faudrait que les organismes complémentaires (dys)fonctionnent selon les mêmes principes qui envoient la Sécurité sociale dans le mur. Une bonne nomenclature de tarifs obligatoires, un marché entièrement réglementé, et des déficits à la clé, financés par le contribuable. On s’étonnera quand même de ce manque évident d’imagination à l’ère macronienne du renouvellement.

À moins bien sûr qu’il s’agisse non pas de soigner, mais de redistribuer pour capter des voix aux prochaines élections. Ce fameux calcul qui explique pourquoi la sécurité sociale marque si peu d’intérêt pour rembourser rapidement des médicaments innovants qui peuvent sauver quelques vies.

L’objectif est de diminuer le renoncement aux soins pour des raisons financières et d’améliorer l’accès à des dispositifs qui répondent à un enjeu de santé important : ainsi, seules 30% des 6 millions de personnes malentendantes sont aujourd’hui appareillées ; l’objectif est d’améliorer le taux d’équipement, avec un objectif à moyen terme entre 40 et 45 % de personnes appareillées.

Le projet répond donc à une double ambition sociale et de santé. Il ne devra pas peser sur l’évolution des tarifs des assurances complémentaires, au-delà de l’évolution tendancielle observée des tarifs.

Sur le web

 

Voir les commentaires (15)

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  • Ce n’est pas une surprise. Nous avons déjà
    – une politique soviétique de la culture
    – une économie soviétique de l’agriculture
    – une politique soviétique de l’énergie
    – une économie soviétique de l’industrie
    – une idéologie soviétique de l’éducation
    – une diplomatie aligné sur l’alliance militaire
    c’est normale que la ministre de la santé veuille se mettre à la page.

  • En même temps le jour ou les complémentaires arrêteront de financer les stades de foot et les courses au large de grands catamarans, elles auront plus de sous pour rendre aux assurés une partie de leur cotisation, sous forme de prestation.

  • Bien dit GN ! C’est cela la politique du macron : je ne suis ni de droite ni de gauche… mais j’établis le communisme, (pour la ruine et l’anéantissement de la France)… tout en me préoccupant « en même temps » du bien-être de chacun.

  • Merci pour cet article qui prouve une seule chose:
    Ce ne sont pas les politiques, même ministres, qui décident mais les hauts fonctionnaires des ministères qui sont les seuls à faire la pluie et le beau temps dans le pays. Le ministre entérine ou obéit

    • Tout à fait exact pour les ministères!
      Et pour l’Etat en général, c’est Bercy.
      Les élus sont des prête-noms. Et l’opposition gauche/droite un leurre.

  • À l’époque de l’Union Soviétique, les moujiks étaient très bien soignés mais il est vrai qu’à partir des années 80, c’était moins bien… Les facs de médecine cubaines forment d’excellents médecins… Le système politique n’a pas grand chose à voir avec la qualité des soins ou du soignant.
    Aujourd’hui, chez nous le petit médecin de quartier et payé au lance-pierre (je ne comprends pas pourquoi les services d’un CAP de coiffure est plus onéreux que ceux d’une personne qui a fait 7 ans études supérieures voir plus) par contre certains spécialistes exagèrent dans leur tarification.
    Certains spécialistes se plaignent d’avoir des investissements important à faire pour exercer ce qui justifie leurs honoraires très élevés… Ce matériel ne devrait-il pas être un investissement communal ou départemental ce qui éviterai des concentrations dans les métropoles et de la même façon les officines de pharmacie sont placées dans des locaux communaux ou du département.

    Mais c’est vrai que les élus locaux ne vont plus être maître de leurs finances. Il est vrai que tous ne sont pas très sérieux la création des communautés de communes chapeautées par des communautés d’agglomération n’a provoquée que la création de nouveaux postes administratifs sans donner aucune optimisation ! Même chose Région/Département et Assemblée+Sénat/Commission+Députés européens.

    Peut-être faut-il élire uniquement des femmes pour gérer les finances en mère de famille (mais surtout pas des énarques)… Si nous, particuliers nous gérions notre budget comme le font nos chers (très chers) politiciens nous serions en prisons depuis longtemps.

    Pour en revenir au soit-disant soviétisme… Ça a marché pendant presque 70 ans en Fédération de Russie et républiques satellites parce que le pays est naturellement très riche, nous nous n’avons que des idées ! (et toujours pas de pétrole… ni de gaz)

    • Dans les départements ruraux, l’investissement peut être dans des maisons médicales mais aussi sur des camions médicaux avec les spécialistes qui officient « en nomade » un jour par quinzaine ou par mois

    • « À l’époque de l’Union Soviétique, les moujiks étaient très bien soignés mais il est vrai qu’à partir des années 80, c’était moins bien… »

      En Union soviétique, la nomenklatura était bien soignée, pas les « moujiks » (vous vouliez dire les « prolétaires »?). A partir des années 80, ce sont les oligarques, anciens nomenklaturistes, qui sont bien soignés.

      « Les facs de médecine cubaines forment d’excellents médecins… »

      Qui deviennent chauffeurs de taxi pour touristes afin de gagner leur vie.

  • Je ne saies pas ci se poste passera, mais se qui ait sur et certain, c’est que cette Nana est bien Rouge, vu que son Origine et sa provenance fait partie du peuple Khazar, comme la famille Rothschild, Fabuis, Attali, Macron, etc.. ils sont là pour détruire de ce qui reste de Démocratie, car ils prendre leurs ordres, depuis Israël, puisse-que la France est piloter par eux et pour eux..!
    Idem pour les États-Unis, car Trump ait bien manipuler par la Diaspora.. vu que la reconnaissance de Jérusalem, par l’installation de son Ambassade devrait déménager bientôt, sous les recommandation d’Israël…

    • Et voilà « mein kampf », après « que faire? »!

    • votre post est bien passé et nous a permis de constater que vous avez un problème avec les juifs. c’est votre problème, c’est vous que ça regarde.
      comme l’étalage sans pudeur de votre problème est totalement hors sujet, vous montrez que votre problème vous obsède et vous submerge, vous n’êtes pas capables d’y faire face tout seul, vous devriez consulter pour vous faire aider. choisissez bien le nom et l’origine de votre thérapeute, les juifs sont partout, y compris parmi les médecins.

  • « On s’étonnera quand même de ce manque évident d’imagination à l’ère macronienne du renouvellement. »
    Pas si, comme le rappelle fort justement l’article en son début, les politiques ne font jamais rien d’autre qu’endosser les doctrines dictées par les services ministériels.
    Le discours de Macron, basé entre sur un spoil system, où l’on allait voir ce qu’on allait voir… est finalement resté… un discours ! Dans les faits, c’est toujours la technostructure qui dirige le pays, ce qui est d’autant plus facile quand les politiques sont eux-mêmes issus de la-dite technostructure. C’est le cas de Macron. C’est le cas de Buzyn.
    Bref, encore un quinquennat pour rien.

  • >Mais pourquoi Agnès Buzyn ne propose-t-elle pas de fixer les prix des yaourts par décret, tant qu’elle y est ?

    C’est peu connu mais c’était le cas jusqu’en 1974 quand VGE a aboli cette directive. Auparavant, c’était l’état qui fixait les prix de la plupart des produits de grande consommation, comme la baguette par exemple.

    On ne répétera jamais assez que la France, c’est bien l’URSS qui a réussi, mais jusqu’à quand ?

  • @jean m64 ahaha votre commentaire est drôle quand même, que ce soit les départements ou les régions qui investissent dans le médical ou les médecins ou meme les assureurs, ça ne change rien, le payeur reste le patient au final ! La diffèrence c’est que la gestion par les départements ou régions à toute les chances d’être catastrophique, la gestion par les assureurs ne s’attarde pas sur la qualité des soins (voir les centres low cost mutualistes) donc il ne reste que les médecins en libre concurrence entre eux (ce qui n’est pas le cas actuellement je vous l’accorde). Quand même, oser dire que les gens étaient bien soignés en URSS faut le faire, il n’avaient déjà pas de quoi bouffer alors se soigner… même les nazis ont été horrifiés par la misère qui y régnait lors de l’invasion du territoire russe en 41 , c’est pour dire…

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