Retraites : le discours d’Édouard Philippe sur la réforme ne change rien

OPINION : rien n’a changé, rien n’a bougé, même si on veut faire croire que les Français ont été entendus.

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Retraites : le discours d’Édouard Philippe sur la réforme ne change rien

Publié le 11 décembre 2019
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Par Gérard Maudrux.

Le premier Ministre, en préambule souligne avoir « écouté », « entendu » les partenaires sociaux et les Français. 18 mois de » concertations », de débats, d’ « arbitrages » de dernières minutes devant la pression de la rue, mais je ne retrouve pas de déplacements de virgules par rapports aux premiers « projets » en ma possession avant les premières concertations. Rien n’a changé, rien n’a bougé, même si on veut faire croire que les Français ont été entendus.

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Première annonce dans le discours du Premier Ministre : « la réforme sera fidèle aux valeurs fondatrices de notre système édictées par le Conseil National de la Résistance en 1945 ». Quand on voit le résultat après 70 ans, la référence est surprenante et inquiétante. La Loi de 1974 ne disait rien d’autre non plus dans son article premier.

Pas de capitalisation, seulement la répartition

Annonce suivante très forte : non à la capitalisation, ce sera du 100% répartition. Plus tard il signale que le monde entier fait comme nous, mais il oublie que sur ce point capital dans l’équilibre à long terme, le reste du monde va dans un sens opposé.

Deux minutes plus tard il dit : « nous voulons protéger le pouvoir d’achat des retraités ». Il a la mémoire très courte après l’augmentation de la CSG que les retraités sont seuls à subir, et c’est les prendre pour des imbéciles en parlant de la protection de leur pouvoir d’achat.

Il aborde ensuite l’universalité : « la retraite ne dépendra plus de la démographie de chaque profession ». Pour justifier la fin des caisses professionnelles, c’est tenter de faire croire que la répartition ne dépend pas de la démographie générale, dont dépendra le régime universel en répartition.

« La valeur du point sera garantie par la loi ». Quelle hypocrisie ! Valeur du point ne veut pas dire montant de la retraite, qui peut baisser. En effet, le moyen utilisé depuis des années pour baisser les retraites est d’allonger la durée de cotisation. A âge égal, les retraites baisseront sans que l’on touche à la valeur du point, car on jouera sur les décotes et surcotes, selon que vous ayez droit ou non au taux plein.

Édouard Philippe contre l’équité et la justice

Toujours dans l’universalité, empiétant dans l’équité et la justice : « le niveau des pensions des enseignants sera sanctuarisé ». Vous avez dit fin des régimes spéciaux ? Universalité ? Égalité ?

Dans le chapitre « Équité et justice », grande annonce : aucune retraite inférieure à 1 000 euros. Une fois de plus les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, car il ne dit pas comment cela sera financé, pas plus qu’il ne dit, l’histoire se répète, que ses successeurs ne pourront jamais assumer ces promesses, équilibre des comptes oblige. Lui-même d’ailleurs ne dit pas que cette annonce est financée, car il n’y a aucune projection qui accompagne ces affirmations. La cotisation et le rendement prévus sont à peine à l‘équilibre aujourd’hui, sans financer cette mesure.

Enfin au troisième chapitre, il parle de responsabilité des partenaires, tout comme un peu plus tôt : « la valeur du point sera fixée par les partenaires sociaux, sous contrôle de l’État ». Ce contrôle de l’État, je l’ai connu pendant 20 ans : « votre décision, je ne l’accepte pas, ne sors donc pas le décret ». C’est toujours lui qui décide, et personne d’autre.

Reste un point qui n’est pas caché : vous devrez travailler plus longtemps. C’est ce qu’ont fait tous ses prédécesseurs, sans pour autant sacrifier les régimes professionnels qui n’ont jamais pioché dans l’argent public.

 

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  • On ne répétera jamais assez que la retraite à 60 ans, puis les 35 heures, sont des absurdités monstrueuses, que seule une cervelle de gauche peut concevoir et mettre en pratique. Le problème est que, les Français ayant la mémoire courte, ils ne se souviennent plus de ce qui avait cours avant 1981…

    • Il faut arrêter de penser que partir a 60 ou 52 ans est un tort et que 65 ans ou 70 c’est la solution.
      Ce qui devrait compter c’est combien vous avez cotisé et ce que vous pouvez obtenir à un age donné. Quand il s’agit de sortir en rente de son capital, les assureurs savent faire les calculs. Pourquoi les partenaires sociaux et l’état ne savent/veulent pas le faire?

      Si quelqu’un a envi de partir en retraite à 52 ans pour obtenir 50 euros par mois ce n’est pas un problème. Pourquoi l’en empêcher et forcer les gens à travailler jusqu’à la mort ?

      • Absolument. Je pars quand je veux, avec ce que je veux. Pourquoi n’est-ce pas possible ? En tous cas, je peux vous l’affirmer après 20 ans de présidence de caisse, c’est possible, et sans coût pour la société, et sans difficultés ou acrobaties quelconques.

      • « Si quelqu’un a envi de partir en retraite à 52 ans pour obtenir 50 euros par mois ce n’est pas un problème. Pourquoi l’en empêcher et forcer les gens à travailler jusqu’à la mort ? »
        Tout simplement pour qu’il continue à cotiser… pour les autres, « solidarité oblige »

    • La retraite à 60 ans comme les 35 heures sont des concepts qui ne veulent strictement rien dire. La première parce qu’il faut cotiser 43 ans et que la plupart des nouvelles générations ont fait des études et connus des périodes de chômage, et les 35h parce qu’elle n’empêche personne de travailler davantage.

  • J’en retiens principalement que les boomers ne seront pas concernés, alors qu’ils sont financés par les actifs d’aujourd’hui.

    • Aucune réforme ne peut plus concerner les boomers, nés entre 1945 et 1960, puisque soit ils ont déjà liquidé leur retraite, soit ils sont en cours de liquidation. Le seul moyen de les atteindre passe désormais par la fiscalité sur les pensions (CSG par exemple) ou l’apparition de règles interdisant les déficits, ou à la rigueur une faillite à la grecque avec baisse autoritaire des pensions de 30% ou plus.

      Evoquer les boomers à propos de cette réforme est hors-sujet. La réforme des retraites par répartition indiffère les boomers, peu importe son contenu.

      • Pour rappel, le régime général (hors FSV) est à peu près à l’équilibre. La communication gouvernementale le mélange habilement avec les régimes spéciaux pour faire admettre une réforme qui n’est nécessaire que pour ces derniers.
        Les boomers ont accepté les réformes qui se sont succédées et qui ont redressé les comptes. Et les complémentaires ont des réserves.
        L’objectf du gouvernement est de péréniser le niveau des retraites des régimes spéciaux et de fonctionnaires, tout en changeant facialement les règles, en faisant payer les autres.
        Accessoirement, diviser pour régner

        • Quelle que soit la réforme, elle ne concerne que les futurs retraités. Les boomers, eux, sont déjà retraités (ou presque). Ils sont hors-jeu. L’existence ou non des régimes spéciaux les indiffère.

          Pour qu’ils soient concernés, il faudrait une politique de baisse des pensions. Mais il s’agit alors d’autre chose.

    • la jalousie est d’autant plus un vilain défaut lorsqu’elle n’est même pas fondée! Je n’envie pas vos proches!

    • Je connais pas mal de boomers qui étaient des petits cadres moyens, niveau BTS et qui se targuent de toucher une retraite mensuelle de 4500 euros. Ces mecs passent leur temps à réserver des voyages aux Antilles, au sud de l’Espagne, à faire faire des travaux dans leur résidence secondaire en Languedoc ou à s’inscrire en thalasso à Royan.
      Bref, menant grande vie avec insouciance, ils se foutent des actifs et de leurs problèmes.

    • @SCIPIONREX Commencez par « travailler  » autant que nous et que nos ainés, alors ont vous autorisera à la ramener !

  • l’enfumage dans toute sa splendeur…..et ça ose se nommer  » la république en marche « …..en marche vers le foutoir , ça c’est sur….

  • Evidemment qu’il n’a pas bougé d’un iota ! On retrouve la notion d’âge pivot. Ainsi qu’en filigrane, des mesures paramétriques, contraires au programme du président Macron. Autant de lignes rouges pour le seul syndicat plutôt favorable à cette réforme systémique.
    Seule évolution plus politicienne que fondamentale : on sort de la réforme une tranche d’âge supplémentaire, espérant faire dégonfler le volume des manifestants…
    Sur le fond, tout ceci n’a évidemment plus rien d’une retraite par points, présentée à l’origine comme une retraite à la carte. On garde les mêmes critères que dans l’ancien monde : un âge minimum de départ, un système de bonus-malus autour d’un âge d’équilibre, et le vieux gimmick cher à la droite la plus bête du monde : « travailler plus longtemps ».
    Telle quel, la retraite par points se livre dans sa nudité la plus crue : un magnifique outil étatique pour diminuer, au fil de l’eau, et en toute hypocrisie, les pensions des retraités !

  • j’en retiens que les regimes a papa c’est terminé

  • tout ceci est du cinéma… la CGT l’a dans le fion , basta

  • 1000€ dans 40 ans, ça ferait combien aujourd’hui?

  • Si la France avait encore une industrie et beaucoup de salariés bien payés dans le privés personne ne remettrai en cause les régimes spéciaux ( fonctionnaires inclus , 6 derniers mois de salaires).
    mais voilà le laisser faire mondialisé à ruiné l’activité de production en France , le résultat est là appauvrissement de toute la classe moyenne et endettement de l’Etat .
    Pour terminer un minuscule groupe de privilègiers bloque l’activité économique .merci les politiciens professionnels

  • Il est tout de même significatif que le premier ministre présente son plan devant l’inutile (voire nuisible) CESE au lieu de le faire devant l’assemblée nationale.

  • Edouard Philippe c’est Juppé et Juppé c’esr Churac et Chirac c’était le Roi Fainéant. Tout est résumé

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