Grève SNCF : 12 raisons de ne pas prendre les Français en otage et de réformer

Le TGV By: Thomas8047 - CC BY 2.0

Deux documents nous expliquent pourquoi réformer la SNCF passe par la privatisation et la mise en concurrence.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Le jeudi 5 décembre, la France sera une nouvelle fois bloquée à cause des grèves dans les transports publics. Une fois de plus, les syndicats des entreprises publiques vont prendre en otage tout un pays afin de défendre, selon eux, les « droits acquis » qui sont en réalité d’énormes privilèges payés par les contribuables. À quelques jours de la grève, voici, selon deux nouveaux documents (le récent rapport de la Cour des comptes et un site de la SNCF), d’autres informations sur la situation de cette entreprise et sur les avantages dont bénéficient les agents qui y travaillent.

Rappelons aussi que la SNCF reçoit environ 13,5 milliards d’euros de subventions publiques par an.

1. Temps de travail à la SNCF : 1589 heures/an en 2018 alors que les agents travaillaient 1736 heures/an en 1990. Ils travaillent donc en moyenne moins de 35 heures par semaine (35 heures par semaine équivaut à 1607 heures par an)

2. Le taux d’absentéisme atteint 42,7 jours/an chez les commerciaux en gare selon la Cour des comptes et 27,2 jours pour les contrôleurs. Rappelons que dans le privé, il est de 17 jours par an. La Cour estime que l’augmentation du taux d’absentéisme à la SNCF entre 2012 et 2017 représente l’équivalent de plus de 700 emplois.

3. Le système de rémunération est basé en particulier sur l’ancienneté. La rémunération et les primes augmentent avec les années. Les règles d’avancement étant automatiques, la Cour a pu constater que sur deux années, 2016 et 2017, pas moins de 84 % des agents permanents ont bénéficié d’une augmentation individuelle.

4. Les 10 rémunérations les plus élevées se situent entre 299 675 et 392 013 euros/net par an, soit 32 667 euros net/mois.

5. Parmi les nombreuses (environ 70 !) indemnités, primes et gratifications fixes ou variables dont les agents bénéficient, on peut relever une prime de fin d’année (PFA) équivalant au total mensuel du traitement, de l’indemnité de résidence et de la prime de travail, ou encore une gratification de vacances d’un montant uniforme de 400 euros augmentée d’un supplément familial. Les primes liées à la performance ne représentent que 3 % du total des rémunérations des agents.

6. Il existe une « prime d’intéressement aux performances de l’entreprise » accordée depuis 2015 et dont le montant moyen est de 489 euros. Difficile de comprendre comment on peut justifier une telle prime dans cette entreprise largement endettée et qui fonctionne grâce à l’argent public (13 milliards d’euros de subventions par an).

7. Il existe aussi de nombreuses primes aux dénominations farfelues comme « la prime pour détection de rails défectueux » dans le cas des personnels chargés du contrôle des voies, ou « la prime de parcours » dans celui des agents de conduite ou bien « l’intéressement à la verbalisation » instaurée en faveur des contrôleurs.

8. Entre 2012 et 2017, il y a eu 1575 départs volontaires à la SNCF. Mais ce « volontariat » a été accompagné d’une indemnité moyenne de 42 000 euros par individu.

9. Le total des cotisations patronales de retraite s’élève à 37,38 % du salaire brut au régime spécial de la SNCF, alors qu’il n’est que de 15,1 % dans le secteur privé (caisse nationale d’assurance CNAV + association des régimes de retraite complémentaire ARRCO), soit une différence de plus de 20 points.

10. La retraite est à partir de 57,5 ans pour les agents, et 52,5 pour les agents roulants.

11. Les avantages des salariés SNCF : jusqu’à 10 à 27 jours de congés supplémentaires, possibilité de télétravail, jusqu’à 850 à 1310 euros de primes, intéressement ou participation, self, tickets restaurant, mutuelle, prévoyance, salle de sport, crèche, parking, chèques vacances, tickets cinéma, subventions vacances, chèques cadeaux.

12. Nombre de jours congés : 28 et RTT : de 8 à 25. Total possible : 53 jours par an

Voilà donc au moins 12 raisons de ne pas prendre les Français en otage et de réformer cette entreprise en la privatisant et en l’ouvrant complètement à la concurrence.

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