Ce que coûte à la France sa politique de lutte contre les inégalités

La France corrige ses inégalités de revenus par des dépenses publiques particulièrement importantes, dépenses publiques au sein desquelles les dépenses sociales tiennent une place considérable.

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Grandeur et Décadence By: Claude Prélat - CC BY 2.0

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Ce que coûte à la France sa politique de lutte contre les inégalités

Publié le 8 octobre 2019
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Par Claude Sicard.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Les prélèvements obligatoires sont extrêmement élevés en France, et notre pays est aujourd’hui celui où la fiscalité est la plus lourde en Europe. De toute part on somme le gouvernement de réduire les dépenses publiques, et les candidats aux dernières élections présidentielles n’ont d’ailleurs pas manqué, chacun, d’inscrire dans leur programme des économies substantielles à réaliser au cours de leur quinquennat.

Nous allons voir que ces dépenses résultent, d’une manière plus ou moins implicite, d’une politique de lutte contre les inégalités. Certes, il y a des gaspillages, mais il n’empêche que notre pays depuis la fin des Trente Glorieuses s’épuise à lutter contre les inégalités, consacrant à cette politique de juste répartition des revenus des moyens considérables. Il serait temps de l’expliquer aux Français.

La répartition des revenus en France

Le capitalisme est, nous dit le fameux économiste français Thomas Piketty, dans son ouvrage Le capital au XXIe siècle, un système qui, s’il n’est pas régulé, engendre des inégalités grandissantes. Piketty nie la thèse de Kuznets selon laquelle le développement économique s’accompagne mécaniquement d’une baisse des inégalités de revenus. Sur son blog, en avril 2017, il écrivait : « Selon une légende tenace, la France serait un pays profondément égalitaire : ce grand mythe national de l’exception égalitaire française est très exagéré ».

Qu’en est-il donc, exactement, des inégalités dans notre pays ? Thomas Piketty soutient qu’elles vont en se creusant. Il écrit : « Entre 1983 et 2015, le revenu moyen des 1 % des Français les plus riches a progressé de 100 % contre 25 % seulement pour le reste de la population. » Et il ajoute que dans tous les pays capitalistes les inégalités s’accroissent.

Beaucoup d’observateurs qui s’inscrivent dans la même ligne politique que lui, l’économiste français le plus connu aujourd’hui dans le monde de par ses travaux sur le capitalisme et les inégalités, vont dans le même sens.

Ainsi, par exemple, Julie Godin, chercheuse au CETRI, une ONG spécialisée dans les relations Nord/Sud : « Les inégalités font système : leur histoire colle à celle du capitalisme ». Et le grand quotidien américain, le New York Times, dans son édition du 24 août 2018 : « Le capitalisme se suicide à petit feu depuis 40 ans : il ne sert plus que les intérêts des actionnaires ». La thèse est que le capitalisme crée naturellement de grandes inégalités dans les sociétés.

Il faut donc voir, tout d’abord, ce qu’il en est réellement des inégalités en France. Elles se mesurent par ce que les économistes nomment « le coefficient de Gini ». C’est l’indice le plus fiable actuellement pour mesurer les inégalités dans les pays et suivre leur évolution dans le temps.

Cet indice va de zéro à un, et plus il est proche de un, plus sont grandes les inégalités. Actuellement, les pays les plus inégalitaires dans le monde ont des indices de l’ordre de 0,6 ; les pays les plus égalitaires ont des indices de l’ordre de 0,25 ou 0,26. Le Brésil, par exemple, en est à 0,52, mais son indice de Gini se situait à 0,63 en 1988. Parmi les pays très égalitaires, la Suède et la Norvège, avec respectivement 0,26 et 0,25. La France, quant à elle, se situe à 0,29.

Il est intéressant de voir comment un certain nombre de pays comparables à la France ont évolué. C’est ce que montre le tableau suivant :

Années 1984 – 1985 Années 2015 – 2016
Etats-Unis 0,34 0, 41
Allemagne 0 ,25 0,32
Italie 0,31 0,35
Grande Bretagne 0,30 0,35
Norvège 0,23 0,25
France 0,30 0,29

Dans ces différents pays, au cours de ces trente cinq dernières années, les inégalités de revenus ont eu plutôt tendance à s’accroître. Mais tel n’a pas été le cas de la France où l’indice de Gini est resté constant, avec certes des oscillations autour de cette valeur : il s’agit d’un pays où, nous allons le voir, les pouvoirs publics se sont attachés, plus qu’ailleurs, à lutter avec ardeur contre les inégalités de revenus. Ces efforts ne sont pas toujours reconnus comme il conviendrait par les classes populaires, comme l’a montré en novembre dernier la jacquerie des Gilets jaunes.

L’économiste Nicolas Bouzou, dans l’hebdomadaire L’Express du 29 novembre 2018, écrit : « Les Gilets jaunes sont les nouveaux prolétaires prêts à entrer en guerre contre la domination des hyper riches ». Leurs revendications portent avant tout sur la réduction des inégalités sociales, et ils réclament pour cela que l’on taxe les riches bien plus sévèrement que cela ne se fait actuellement.

Il faut donc voir comment la France a lutté au cours de cette période contre les inégalités, et à quel prix ces résultats ont été obtenus.

Le coût de la lutte contre les inégalités

La correction des inégalités de revenus se fait par la fiscalité, ce que les économistes appellent « les prélèvements obligatoires » (PO). Ceux- ci n’ont cessé de croître d’année en année. Nous sommes passés de 30 % du PIB, en 1960, à 43 % en 2000, pour en venir à présent à 47,6 % du PIB.

Ce taux est exceptionnellement élevé puisque la moyenne des pays de l’OCDE se situe à seulement 24,1 %. Ces prélèvements obligatoires excessifs étouffent le pays et obèrent la compétitivité des entreprises car la fiscalité élevée française pèse aussi sur l’appareil productif du pays.

Le graphique ci-dessous montre la corrélation que l’on constate, statistiquement, entre l’importance des PO et la façon dont se réduisent les inégalités dans les pays :

PO / PIB et indice de gini

On voit sur ce graphique ce que coûte à notre pays sa lutte contre les inégalités. Cette approche permet mieux que toute autre de chiffrer le montant des gaspillages : il s’agit sur ce graphique de l’écart existant entre la position de la France sur le graphique et la droite de corrélation. Aller au-delà, c’est augmenter le coefficient de Gini, c’est-à-dire consentir à davantage d’inégalités.

La redistribution se fait, elle, par le canal des dépenses publiques, parmi lesquelles figurent en très bonne place les dépenses sociales. Elles n’ont pas cessé de croître et ont atteint depuis déjà un bon nombre d’années des niveaux, en proportion du PIB, très supérieurs à ceux de tous les autres pays : 56,4 %, par exemple en 2017, alors que la moyenne des pays de l’ UE est à 47 %.

Dépenses publiques en % du PIB
(milliards d’euros)
1980 451 34,6 %
2000 904 51,0%
2010 1099 55,0 %
2017 1292 56,4 %

Aux États-Unis, elles se situent à 37 % seulement. Depuis 1975 les dépenses publiques sont plus élevées que les PO, et le budget annuel de la France est donc régulièrement en déficit, de telle sorte que l’État doit recourir systématiquement à des emprunts. Aussi la dette publique n’a-t-elle pas cessé d’augmenter, d’année en année, comme le montre le tableau suivant :

Dette publique en % du PIB
1980 22 %
1990 33 %
1997 60 %
2010 80 %
2019 100 %

L’endettement du pays est devenu très élevé, atteignant maintenant le niveau du PIB, un niveau considéré comme critique par les économistes.

La raison pour laquelle les dépenses publiques se sont aussi rapidement accrues tient à la croissance spectaculaire des dépenses sociales qui sont bien plus élevées dans notre pays que partout ailleurs. Elles représentent, aujourd’hui, 58,8 % des dépenses publiques. Pour se rendre compte de la part anormalement élevée de ces dépenses dans notre pays, il faut s’en référer aux PIB des pays. C’est ce que montre le tableau suivant :

Dépenses sociales en % du PIB
France 31.5 %
Allemagne 25,3 %
Pays bas 19,5 %
GB 21,5 %
OCDE 21,0%

La France corrige ses inégalités de revenus par des dépenses publiques particulièrement importantes, dépenses publiques au sein desquelles les dépenses sociales tiennent une place considérable. Il faut donc tenter de comprendre d’où vient cette nécessité d’avoir des dépenses publiques, et tout spécialement des dépenses sociales, beaucoup plus élevées que partout ailleurs. C’est un mal français qu’il faut expliquer.

D’où vient le mal français ?

Les observateurs ne l’ont pas semble-t-il vraiment réalisé jusqu’ici, il provient de l’atrophie qui s’est produite, du fait notamment de la mondialisation, du secteur industriel du pays. Depuis la fin des Trente Glorieuses notre secteur industriel a perdu la moitié de ce qu’est normalement sa capacité contributive à la formation du PIB. La France est devenue le pays le plus désindustrialisé de tous les pays européens, la Grèce mise à part.

Son secteur industriel ne représente plus que 10 % à peine du PIB, alors que normalement il devrait se situer à 19 % ou 20 %. Et cette fonte du secteur industriel a également eu des répercussions sur la vitalité du secteur tertiaire, puisque les économistes considèrent qu’un emploi dans le secteur secondaire induit pour le moins deux emplois dans le secteur des services.

Le graphique suivant montre la relation existant, dans les pays, entre la production industrielle et les dépense sociales :

Corrélation Indus / PIB – Dép.soc / PIB (en %)

Ce graphique où les chiffres concernant la production industrielle sont ceux de la BIRD (selon donc la définition très large de la production industrielle qui est celle de la Banque mondiale) est très parlant : on voit que dans les pays où la production industrielle tient une place importante dans la formation du PIB les dépenses sociales sont relativement limitées : par contre, dans les pays ayant un secteur industriel faible elles tendent à être très importantes.

On peut comprendre que lorsque le secteur industriel d’un pays est florissant  beaucoup de richesse est créée, et les dépenses sociales n’ont alors pas besoin d’être élevées. Dans le cas inverse, elles viennent au secours des populations en difficulté, maintenant leur niveau de vie et leur permettant de satisfaire leurs besoins en matière d’éducation et de soins de santé.

Comme le montre ce graphique, il faut montrer que la France fait un effort exceptionnel en matière de dépenses sociales : compte tenu du niveau de production industrielle qui est le sien, elle consent des dépenses sociales bien plus élevées que la normale, celle-ci étant matérialisée, ici, par la droite de corrélation.

La France souffre donc énormément de la fonte de son secteur industriel, et c’est bien ce qu’a mis en évidence la révolte des Gilets jaunes qui a éclatée en novembre 2018, et se poursuit encore maintenant. On sait qu’elle a contraint le gouvernement à lâcher quelques 17 milliards d’euros pour soutenir le pouvoir d’achat des classes défavorisées.

Le pays s’épuise à maintenir un juste répartition des revenus en volant au secours des catégories de population qui souffrent des effets de la désindustrialisation, et pour cela il recourt chaque année à des prélèvements obligatoires très importants et à l’endettement.

À présent que la dette du pays en est venue à atteindre le niveau du PIB, alors que selon les critères de Maastricht elle ne devrait pas dépasser 60 %, et que la puissance publique tente d’alléger les charges pesant sur les entreprises afin d’accroître leur compétitivité, la question qui se pose est de savoir comment nos gouvernants vont pouvoir, dans les années à venir, continuer à mener cette politique très coûteuse de lutte contre les inégalités de revenus.

En allégeant les charges sur l’appareil productif, en réduisant la fiscalité sur les ménages, et en s’interdisant de davantage s’endetter dorénavant, l’État va disposer de beaucoup moins de moyens pour financer sa politique de réduction des inégalités.
Cela ne va pas manquer d’être source de conflits sociaux importants et de bouleversements profonds dans la vie politique du pays.

Sur le web

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  • et tout ça à partir d’une idée discutable..que les riches spolient les pauvres..

    • Ce n’est pas discutable ,c’est une regle de thermodynamique ,le chaud va vers le froid le riche nourrit le pauvre…pas assez pour les socialistes ,mais cela ne change rien a la regle.

      • la thermodynamique n’aide pas vraiment…
        la thermodynamique conduit dons à un système qui s’équilibre à terme sauf à imaginer que les système reçoive ( ou perde) de l’énergie quelque part pour créer une zone « chaude » ou froide autrement dit un contact avec une source de chaleur richesse externe…et assurer une dynamique interne…

        assez bizarrement comment comprendre ce qui se passe dans un pays communiste ou la nomenklatura est la plus riche tandis que ceux qui produisent la richesse sont plus pauvres..

        je n’ai jamais compris ce qu’avait de sexy le second principe de la thermo pour qu’il déboule toujours comme ça dans les conversations..

        • Oui tout fini a l’equilibre…sauf si il y a un intermediaire qui ne respecte pas la regle et garde tout pour lui meme ….j’adore le homard que les pauvres grignotent sa carcasse.

      • L’alternative est entre « le riche nourrira le pauvre » et « le pauvre fera mieux de s’enrichir, et pourra le faire relativement facilement ». Ca n’est pas la thermodynamique, mais la compréhension de la dynamique tout court qui peut encore nous sauver.

      • Voir à ce sujet autre post dans ce fil de discussion et cordiale invitation à visiter https://pyramidologiesociale.blogspot.com

  • En fait il est impossible de changer de modèle social car la majorité des individus vivent de cette économie de redistribution. Les fonctionnaires, l’Etat, l’administration font ruisseler l’argent du privé dans une économie du service. Les enfants ne sont plus capables de travailler dans une industrie. Les facteurs nécessaires à la croissance et à la production n’existent plus. Notre pays est un pays de loisirs, de gastronomie et de vins. Du fromage aux montagnes, de la mer aux huitres. Notre dernière richesse est de toute façon elle aussi détruite méticuleusement. Dans l’égalité, il y a surtout médiocrité de partout. Dans cette bolchevisation, la révolution est populaire et demande encore plus d’égalité et de répartition quitte à perdre les dernières miettes d’identité culturelle et patrimoniale. J’ai un exemple concret (pour les gamers), Fortnite x était une cata. Ils voulaient laisser les noob faire des top1 en lâchant des puissants robots stupides. Le résultat est que le noob reste un noob. Le pro se casse. Le jeu disparaît. Pourquoi se casser le cul ?! Mais dans le gaming (beaucoup trouveront la référence stupide) la communauté a le droit de parler. L’éditeur du jeu d’écouter et de s’adapter. Une démocratie qui marche.

    • en fait , on ne peut pas critiquer les système comme ça..
      il faut voir ce qu’il promet…
      la simple réduction des inégalités comme objectif unique est périlleux sinon complètement idiot..
      d’ailleurs bien peu avancent l’égalité totale des revenus comme objectif…et justement ou bien on ne sait pas trop ce qu’ils veulent ou bien l’arbitraire de leur objectifs sont évident..

      donc il y a un truc jamais vraiment dit qui serait qu’avec la réduction des inégalités viendrait une forme de prospérité bien mal définie..

      en réalité tout ça est de se regrouper pour obtenir le max de ceux qui ont plus …car la démocratie non limitée le permet..

      • Il y a bien la Suède que Macron regardait en debut de mandat. Le pays du en même temps parfait. Sauf qu’ils ont fait des choix courageux (extrêmes pour notre conception marxiste de l’économie) . Car pour préserver un système social juste et équitable il faut nécessairement laisser les acteurs économiques vivre et créer de la richesse. C’est accepter de perdre du pouvoir, de réduire la taille du léviathan, faire confiance aux autres. Notre pays n’est pas capable de se remettre en cause. C’est dans nos gènes. Nos élus sont pragmatiques ils veulent juste du pognon et du pouvoir. Ils décident donc que les Français sont comme ils sont. En attendant profitons en. Jour après jour je constate la destruction de la France. Vérolée jusque dans ses préfectures. Je ne vois que des lobby administratif qui font régner la terreur sur le peuple. Les gens sont au bout du rouleau. Il y a de l’électricité dans l’air. L’on touche à l’instinct primaire des individus. Parler d’industrie et d’économie devient un luxe pour privilégiés.

  • Et on en rajoute , 1 milliard pour l’égalité homme/femme…..et quelques centaines de millions ,sans doute ,pour la suppression du genre predefini par la nature pour lisser l’ecart de mortalite entre les hommes et les femmes …un homme devenu femme , ou l’inverse , conservant sa limite de vie moyenne ( a verifier lorsqu’ils seront suffisament nombreux-ses pour faire des stats )

  • ben oui au fait , la question devrait être mais que diable rapporte à la France sa politique de redistribution…???

    • Sur la fiche des impôts ils se félicitent de la redistribution. Ce qu’ils ne disent pas est qu’en volant Paul pour habiller Jacques un mécanisme est détruit. Celui de la motivation, du courage, de l’envie de faire. Je connais beaucoup de professions libérales qui ne travaillent que 4 jours/semaine pour limiter leurs revenus. Mon médecin ne fait plus du médical mais du social. Il gère la vie des gens. Comme une sorte de guide ultime avant le grand saut. Métier qu’il faut arriver à faire sans se poser de questions…et le jour où ça ne passera plus ?! Qui viendra sauver les âmes perdues ? Cpef.

    • une assurance élective

    • Que rapporte aux polytocards la politique de redistribution ❓
      Le pouvoir ❗

  • La chasse aux inégalités par la confiscation conduit irrémédiablement au zéro pour tous.
    L’égalité est la pire des injustices.

  • Piketty a tort : les inégalités ne progressent pas en France.
    Mais il a raison : les pays du monde libre (cad capitalistes) qui font moins que nous en dépenses sociales voient leurs inégalités progresser (cf premier tableau).
    La pente naturelle du capitalisme mondialisé a deux versants. Le premier réduit les inégalités entre pays en apportant industries et progrès technique dans les PVD. Et peu régulé dans les pays déjà développés, le capitalisme accroît les inégalités.
    Les dépenses sociales ne sont que le moyen de corriger les externalités négatives du capitalisme.

    • Totalement faux , le bolchevisme n’a jamais réduit les inégalité, le capitalisme des copains non plus d’ailleur.

    • C’est ça que vous souhaitez?

    • En quoi l’augmentation des inégalités est un problème si la pauvreté diminue?? Seule la pauvreté est un problème.

    • Sauf que sur les 5 pays du tableau ayant accru leurs inégalités depuis 1985, 4 sont devant la France en termes de PIB par habitant (à parité de revenu), parfois très nettement, et un seul est derrière : l’Italie, d’assez peu d’ailleurs.
      En réalité la redistribution socialiste, à moyen et long terme, c’est partager la misère.

    • La pauvreté diminue, et c’est plus important que les inégalités.

    • Il est préférable de laisser croître la vrai vertu, le travail, plutôt que le vice, la paresse.
      Mais cela n’interdit l’aide privée aux plus faibles.

    • Piketty ne sait pas differencier un rendement d’un taux de croissance et trafique les echelles dans ses tableaux pour démontrer sa thèse. C’est un imposteur.

  • L’analyse des causes du « mal français » est pour moi totalement erronée. La mondialisation, que l’on peut faire débuter sommairement aux années 80 qui ont vu la multiplication des accords de libre-échange, ont permis de produire au niveau de la planète autant de richesse que depuis les début de l’humanité.
    Cette même période a vu se réduire, sans aucun précédent, la pauvreté dans le monde. Se sont améliorés partout les indices de santé publique et le niveau de scolarisation moyen.
    Dans ce même univers, nombre de nos voisins européens, soumis tout autant sinon plus, à la concurrence des émergents, ont vu leurs exportations augmenter et corrélativement leurs richesses.

    Non, trois fois non. La mondialisation n’est pas la cause de notre désindustrialisation, ni de nos problèmes en général (le mondialisme oui, mais c’est un autre sujet)

    La cause première, celle qui emporte tout, c’est la contamination profonde, rédhibitoire, de notre pays par l’idéologie socialisante.

    • Désolé pour les fautes.
      La réduction tendancielle des inégalités vient de la prospérité. La prospérité est générée par la Liberté.

      • certes mais si je devais vous demander quel est le principe qui guide vos choix en politique économique, vous me diriez sans doute la liberté économique… dés lors vous auriez une certaine inégalité de richesse..
        piketty a tort..avant out PARCE QUE SON BUT est de mette en place une politique de redistribution..il ne fait nulle part la démonstration d’une spoliation ou d’une injustice…

        • Le problème n’est pas l’inégalité de richesse. Le problème est celui de la pauvreté.
          C’est d’ailleurs pour cette raison que Piketti ne s’avance pas sur ce terrain ; le capitalisme ayant permis de la faire reculer à peu près partout.
          L’équation que Piketti est pour moi un sophisme complet.
          Par contre, celui qui pourra prouver que si r est > à g, g croît moins vite ébranlera sérieusement mes convictions.
          On en est pas là. Je pense, intuitivement je dois l’avouer (et avec quelques observations), que c’est exactement le contraire.
          Par contre, à mon sens, le libéralisme doit se prévenir d’une concentration trop forte du capital.

          • « le libéralisme doit se prévenir d’une concentration trop forte du capital. »
            La concentration n’est souvent que temporaire.
            Regardez le top 10 des plus grandes fortunes: 6/10 sont des entrepreneurs de 1ère génération, 3 de 2è génération et un seul de 3è génération.
            La fortune s’acquière, quelquefois se concentre puis… se disperse.

          • A quoi vous servirait d’avoir tous les Euros dans votre poche ❓
            Vous ne pourriez rien vendre, personne ne possédant le moindre fond, donc vos biens n’auraient pas de valeur.
            C’est pour cela que la théorie de Piquetout est viciée.

    • Ajoutez tout de même l’incompétence et la trahison des élites françaises qui préfèrent brasser de grandes idées et donner des leçons au monde entier plutôt que de préparer l’avenir de leur propre pays.

      • @ La petite bête
        Je suis d’accord.
        Mais, pour moi, le fait que vous dénoncez est englobé dans ma critique.
        L’incompétence et la trahison (j’ajouterais la lâcheté) de ceux qui pensent pouvoir interpréter la démocratie en forçant le destin de leurs semblables sont les résultats directs de leur propre tropisme à gauche.
        Nota : je répugne à les appeler élites. Comment un tel adjectif pourrait-il s’appliquer à la médiocrité ? Ils arrivent simplement au pouvoir dans les conditions justement décrites ci-dessous par claude henry de chasne

  • L’objectif est clair .. construire un monde basé sur des élections avec pour corollaire que ceux qui vivent des prélèvements soient plus nombreux que ceux qui les payent..

    comme la regle économique fait que les vrais riches peuvent aller ailleurs
    on sacque les classes dites « moyennes’ et particulièrement les célibataires..
    C’est vrai aussi qu’il n’ a pas de raison de se gêner tant il est anormal que certains soient plus heureux que les autres..arffff

    Le piège est qu’aujourd’hui au RSA avec 2 enfants si vous voulez travailler vous le faite pour un revenu supplémentaire de 225 euros/mois et vous perdez la CMU qui vous couvre pour tout a 100%

    Alors vous restez chez vous avec vos allocations et surtout vous votez  » progressiste » ce qui vous permet d’élever vos enfants sans vous casser le bol..

  • Je ne peux résister à l’envie d’incorporer ici cette phrase de Claude Reichman, même si elle a dèjà souvent été citée:

    « Le socialisme, c’est toujours l’histoire d’une spoliation méthodique exercée aux dépens du peuple.
    Les unes après les autres, les catégories sociales et professionnelles se font arracher progressivement leur bien.
    Puisque les besoins sont sans limite, la spoliation l’est aussi. Elle ne cesse qu’avec le dépouillement complet des victimes.
    Malheureusement pour l’oligarchie au pouvoir, les dites victimes viennent ensuite grossir la masse des assistés, ce qui oblige à de nouvelles spoliations exercées contre des catégories de moins en moins aisées.
    Quand il n’y a plus de gens à dépouiller, le socialisme redistributeur cesse et se fait violent afin d’étouffer le mécontentement général. « 

  • Et en quoi l’inégalité de richesse est un problème à part pour les envieux et jaloux (et bien sûr tous ceux qui vivent de l’exploitation de ces sentiments)?
    Quelle importance que certains soient bcp plus riches qu’avant si tout le monde est plus riche et que la pauvreté diminue.
    Ce qui devrait primer, c’est la disparition ou, tout du moins, la limitation de la pauvreté. Et surtout la mobilité sociale, càd la possibilité pour quelqu’un par son travail et/ou son ingéniosité de pouvoir améliorer sa situation, cette amélioration profitant à tous la plupart du temps.

    La lutte contre les inégalités sclérose la société française, maintient dans le trou une population grandissante qui dévient dépendante du bon vouloir politique, fige l’ascenseur social, freine la création de richesse et encourage les plus capables soit à freiner leur activité soit à partir vers des cieux plus cléments.
    Seuls les politiques ayant choisi l’inégalité comme cheval de bataille en tirent bénéfice ainsi que les acteurs de la redistribution (fonctionnaires).

    • certes mais dans ces conditions qui va voter a gauche?
      et il faut qu’on vote a gauche pour protéger l’administration

  • « Ce que coûte à la France sa politique de lutte contre les inégalités »
    C’est tré simple, ça coute tellement que c’est la cause première et principale des dites inégalités. Et ça : Tout en creusant la dette !
    Les socialos ont mis au point le mouvement perpétuel rétrograde.

  • De part ma possibilité de déterminer moi-même le montant de mes revenus (dans une certaine limite …), mais aussi à l’observation de la véhémence des diverses revendications salariales selon les périodes (comme les gilets jaunes récemment), j’ai l’intuition que la fiscalité est une composante importante à l’origine de l’inégalité des revenus avant prélèvements obligatoires (c’est-à-dire que plus la fiscalité augmente, et plus les inégalités de revenus bruts augmentent).

    Ce qui reviendrait à dire que la redistribution, en plus d’appauvrir l’ensemble de la population, annulerait d’elle-même au moins partiellement ses propres objectifs.

    Existe-t’il des études sur ce sujet ?

    • La fiscalité française est fortement redistributive. Comme vous le constatez dans le premier tableau de l’article, la France est un des rares pays occidentaux à voir son coefficient de Gini baisser entre 1985 et 2015. Les pays qui redistribuent moins que nous voient leurs inégalités progresser.
      Reste le point que vous soulevez : la fiscalité comme cause de l’appauvrissement général de la population ? Il y a probablement du vrai là dedans, mais l’analyse est rendue difficile par le fait que, dans le cas français, une des causes de notre malheur est la désindustrialisation du pays où le poids de l’industrie dans le PIB a été divisé par deux en quelques décennies. Et cette désindustrialisation n’est liée qu’en partie à notre environnement fiscal.

  • Piketty est le dieu du paradoxe de Simpson.
    L’énoncée modifie le raisonnement de la statistique.
    Les 1% qui s’enrichissent plus est typique du vice intellectuel.
    En fait les 1% entre 83 et 2015 ne sont pas les mêmes de même que les 25% qui s’enrichiraient moins ne sont pas les mêmes individus aux périodes comparables. A l’intérieur des 25% et des 1% les gens circulent.
    En prenant une base mobile, et dans l’énoncée une base qui fait croire à une immobilité il crée juste une statistique fausse. Un paradoxe de Simpson.

  • cette chasse à l’inégalité permet de justifier l’état obèse et son armée de fonctionnaires redistributeurs (avec prélèvement pour eux au passage, toujours en hausse).

  • Mais n’est ce pas le développement effréné de cette politique sociale qui a fait chuté notre secteur industriel à 10 %, disons à partir de 1981? autour du 10 mai ?

    • Oui en corrélation avec l’augmentation des fonctionnaires et de l’Etat. Le socialisme est une économie fiable dans le sens où l’on est certain du résultat. Ceux qui organisent la spoliation s’enrichissent au détriment du plus grand nombre qui devient pauvre et/ou assisté. Cela donnant donc plus de légitimité au socialisme pour continuer à rendre les gens égaux dans la pauvreté. Enfin comme cela ne suffit plus il faut aussi modifier les comportements « déviants ». Car bien entendu l’humain a une tendance au libre arbitre et il aspire à la liberté. De même il est connu que spontanément l’individu préfère faire le bien que le mal. Le socialisme sert donc à fixer les tares pour pouvoir mieux les taxer dans le temps. Il s’agit de fidéliser sa victime qui finit par s’identifier au bourreau. Syndrome de Stockholm ! Cqfd

  • Sur les chiffres de l’industrialisation, il est à noter que les champions européens du % d’industrie dans le PIB sont (dans l’ordre) selon Eurostat, en 2015 :
    Irlande, Slovaquie, Pologne, Slovénie, Estonie, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Allemagne, etc etc.
    Donc je pense que cet indicateur ne peut pas être pris isolément pour expliquer ou déterminer quoi que ce soit.
    (Ce Piketty m’énerve même si le peu que je sais de lui me vient de CP, où il sert d’épouvantail)

  • Je me demande (si qq sais?) si Mitterand n’est pas l’inventeur du néolibéralisme ? Car il a essayé le socialisme et a rapidement fait machine arrière. Il a compris (lui) qu’il était nécessaire de conserver du libéralisme pour nourrir le socialisme. Finalement Macron lui ressemble un peu. L’un comme l’autre sont des belles enflures.

  • On reste un peu sur sa faim. Il est assez clair que l augmentation des impots qui vont peser sur la production vont avoir tendance a reduire la prosperite du pays (vu qu on produira moins)

    Le Probleme c est que l auteur associe depenses et reductions des inegalités. C est que partiellement vrai. Deja les depenses de l Etat ne sont pas que des depenses sociales (par ex quand l etat achete un rafale, c est pas du social). ET dans les depenses sociales, la reduction des inegalites n est pas le poste de depenses majeur (c est le paiement des pensions de retraites, et de loin)

    Apres si on decide de reduire les depenses sociales, lequelles doit ont reduire ? les pensions de retraites (le poste principal) ? les politique de reduction des inegalités (ce que semble suggerer l auteur) ?
    Et quel en seront les effets ?
    L article n aborde helas pas du tout cet aspect. C est pourtant la partie essentielle. Car si on Reduit les depenses pour au final un pays plus prospere c est une bonne chose. SI on reduit les depenses pour qu au final les gens qui ont les moyens vivent confines dans des enceintes securisees comme dans un pays du tiers monde, c est nettement interessant …

  • Ces dépenses peuvent être qualifiées d’inapporpriées, eu égard à divers phénomènes que semblent ne pas avoir remarqués nos plus brillants experts en sciences dites humaines. Entre autres :
    1° les inégalités sociales sont essentiellement liées à l’évolution du binôme démographie-économie, en ce sens qu’elles croissent inexorablement avec le nombre d’êtres humains – qui sont autant de consommateurs – et la richesse collective de ces derniers, qui augmente elle-même grâce aux échanges auxquels donne lieu cette consommation. C’est ainsi que la pyramide sociale se développe et que son sommet s’éloigne toujours plus de sa base, creusant d’autant les écarts de richesse entre individus.
    2° Si l’enrichissement de la société comme des individus qui la convoitent n’a pas dautres limites que leur appétit et les ressources dont elle est tirée, la pauvreté en a une qui est le niveau zéro de la richesse, collective ou non. Et c’est seulement en en isolant de ce niveau zéro ceux qui le côtoient que pourront être, non pas éradiquées mais maîtrisées, les inégalités sociales ; notamment par instauration d’un “revenu minimum universel et inconditionnel” finançable par les sommes dépensées en vain dont il est question dans l’article ci-dessus.
    Voir à ce sujet “RUMI” ou “Pyramidologie sociale”.

  • Le plus important facteur de régulation des inégalités est le hasard (évènements chanceux/évènements malchanceux). Ce qui explique par exemple le turn over parmi les plus riches.

    • Le hasard n’a qu’un rôle marginal. Une inégalité ne s’instaure ou ne disparaît que par une succession d’événements, et elle révèle peu à peu les différences dans la manière de chacun de réagir à ces événements aléatoires. Il serait intéressant de calculer le coefficient de Gini d’un monde où le hasard régirait le succès des initiatives, mais je suis convaincu qu’il serait très faible : tout écart significatif à la moyenne demande un enchaînement de multiples choix élémentaires.

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