Interdiction des produits phytosanitaires : le triomphe du clientélisme ?

La question de l’épandage des produits phytosanitaires à proximité des habitations renvoie à cette nouvelle gouvernance partagée, avec une volonté de « patrimonialiser » certains paysages.

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Interdiction des produits phytosanitaires : le triomphe du clientélisme ?

Publié le 17 septembre 2019
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Par Jonathan Dubrulle.

Le gouvernement souhaite interdire l’épandage de produits phytosanitaires à moins de 5 à 10 mètres des habitations. Certains élus municipaux souhaitent aller plus loin pour prohiber cette pratique à moins de 150 mètres des premières chaumières1. Le bonheur n’est plus dans le pré, cachez ce pulvérisateur que je ne saurai voir !

Ces effets d’annonce, sentant bon le clientélisme électoral, sont pourtant révélateurs de perceptions différentes de l’espace rural chez les habitants de nos campagnes.

Prohiber les produits phytosanitaires : une réponse simpliste

L’objectif n’est pas d’argumenter sur les effets sanitaires des produits de santé des plantes, mais plutôt de montrer que leur interdiction sur des zones plus ou moins importantes occulte un grand nombre de paramètres.

Si l’ANSES recommande des distances différentes selon la dangerosité des produits, cela dépend également des doses employées, de la fréquence d’épandage et des conditions d’application, comme l’hygrométrie ou la force et le sens du vent. Ainsi, il ne faut pas confondre danger et risque. Le danger d’intoxication aiguë et/ou chronique des riverains des terres agricoles existe, mais le risque, associé à une probabilité, est modulable en fonction des pratiques des agriculteurs. Ainsi, un produit peu nocif mais employé dans de mauvaises conditions aura un impact sanitaire plus important qu’une substance plus dangereuse mais correctement appliquée.

Rappelons également que l’environnement d’épandage est en perpétuelle mutation. En effet, les trois quarts des terres agricoles françaises sont situés dans des espaces péri-urbains ou urbains2. De fait, une part significative du territoire agricole est entourée d’habitations ou d’infrastructures. Ainsi, il paraît peu honnête de voir un élu local alimenter la spéculation foncière en définissant les zones constructibles, en signant des permis de construire puis en prohibant l’usage de produits phytosanitaires sur une distance proche des nouveaux lotissements !

Pour autant, prohibition ne veut pas dire substitution. Si de multiples programmes de recherche travaillent sur les alternatives aux produits phytosanitaires en grandes cultures, il faut laisser du temps à la recherche. Ainsi les annonces hâtives de marketing électoral et de clientélisme vert se font sans proposition de solutions de protection des plantes. Faudra-t-il interdire l’activité agricole proche des habitations quand des ravageurs des cultures ou des graines d’adventices se retrouveront dans les jardins des particuliers ?

Une décision aux conséquences sur l’ensemble du système de culture

Pour Michel Sébillotte, ancien professeur à l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA-PG – aujourd’hui établissement composante d’AgroParisTech), le système de culture est « un ensemble d’itinéraires techniques, c’est-à-dire de successions ordonnées et datées de techniques et de pratiques culturales appliquées à des espèces végétales en vue d’obtenir des produits vendus ou cédés »3. De fait, une modification de conduite technique (ici le non-traitement d’une partie de la parcelle) engendre des répercussions sur l’ensemble du système de culture de l’exploitant agricole.

En effet, la gestion des adventices et des pathogènes/ravageurs différera au sein de la même parcelle cultivée, avec des zones non-traitées qui pourraient devenir des espaces hôtes pour ce type de flore, d’insectes et de champignons. La pression vers l’ensemble de la parcelle s’en trouverait grandie et pourrait conduire paradoxalement à une surexposition de l’agroécosystème… et à une plus grande utilisation de produits phytosanitaires ! Par ailleurs, si l’annonce gouvernementale venait à être adoptée, bon nombre d’agriculteurs préféreraient laisser ces espaces improductifs en les broyant ou en les fauchant. Ainsi, dans un contexte de croissance de l’urbanisation, d’emprise de la forêt dans les zones de déprise ou de possibles pertes de rendement liées aux conséquences du réchauffement climatique ; une part non-négligeable du potentiel productif français se trouverait amputée.

Ce développement conduit à l’idée que la parcelle cultivée (ou de la fraction de parcelle) n’est pas la bonne échelle d’analyse agronomique pour cesser l’application de traitements phytosanitaires. Cette réflexion doit être pensée à l’échelle du système de culture, puisque la question induit une modification des assolements et des successions culturales4. De fait, les zones non traitées peuvent rester productives grâce à des stratégies s’appliquant à un ensemble de parcelles et au fil des ans. Ce ne sont pas des ajustements tels que ceux annoncés par certains politiques qui permettront de concilier production agricole et respect de l’environnement, plutôt que de juxtaposer des espaces productifs et non-productifs. L’agroécologie repose sur des synergies au sein de la même parcelle, donc du même écosystème cultivé, et non sur un zonage du territoire agricole digne d’un découpage administratif.

Une appropriation de l’espace rural par ses habitants

Les préoccupations des riverains sont le reflet d’une population rurale qui porte un regard différent sur l’espace qui l’entoure. Pour nombre de nouveaux arrivés, la campagne répond avant tout à une fonction récréative. Pourtant, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les territoires ruraux français étaient des lieux de production de richesses d’origines agricole, artisanale et industrielle ; contrairement au Royaume-Uni où la campagne est avant tout un paysage5. En France, ce paradigme tend à changer, et voit de plus en plus de voix s’élever sur la gestion et le devenir des terres agricoles, des espaces forestiers et naturels.

La question de l’épandage des produits phytosanitaires à proximité des habitations renvoie à cette nouvelle gouvernance partagée, avec une volonté de « patrimonialiser » certains paysages6. On observe ainsi une forte dimension esthétique, avec un attachement à certaines formes d’organisation de l’espace (bocages, maintien de murs en pierres sèches, fleurissement des abords etc.).

Bien entendu, cette représentation est éminemment subjective et renvoie à une nature imaginée, à des souvenirs familiaux ou à une vision de l’espace rural faite d’images d’Épinal7.

Au-delà de la dimension esthétique, l’appropriation de l’espace rural par ses habitants ne s’arrête pas à une vision figée des paysages réduite à l’état de patrimoine, mais prend en compte un certain nombre d’éléments mouvants, propres à leur exploitation. Si les pratiques d’épandage de produits phytosanitaires en font partie (préoccupations sanitaires), on peut également souligner les nuisances sonores et olfactives causées par les activités d’élevage (épandage de lisier, chant de coq, mouches attirées par les animaux, etc.).

Ainsi, le rural ne se soucie plus uniquement du pré carré que constitue son jardin, mais sa « zone d’influence » s’étend à un périmètre plus grand, pouvant inclure la terre cultivée par son voisin agriculteur, et ses pratiques culturales. De fait, la dimension de bien commun se substitue à celle de patrimoine. Comme le note Anne Sgard, professeur associé à l’Université de Genève et spécialiste du paysage « […] le bien commun questionne le futur (quel sera notre paysage demain et qui y aura accès ?) plus qu’il ne consacre un passé volontiers nostalgique […] et insiste sur la responsabilité des usagers8.

De fait, les paysages agraires ne sont plus vus que pour leur esthétisme, mais leur gestion quotidienne et durable devient un réel sujet de préoccupation pour les habitants des espaces ruraux.

En manière d’environnement, la spontanéité est l’ennemie de la durabilité. Au regard de l’avancée des recherches agronomiques, l’interdiction totale des produits phytosanitaires n’apparaît pas faisable. Ce n’est donc pas en scandant des ajustements facilement médiatisés, mais déconnectés du fonctionnement des systèmes de culture que la production de connaissances accélérera. Ainsi, le clientélisme vert n’est pas l’allié de l’agroécologie. De même, les effets d’annonce ne répondent pas aux nouvelles demandes d’une population qui se préoccupe de plus en plus de la gestion durable des espaces ruraux où elle habite.

 

  1. Libération avec AFP. Pesticides : le Gouvernement va imposer une distance minimale de 5 à 10 mètres. 7 septembre 2019.
  2. Poulot, M. 2014. Agriculture et acteurs agricoles dans les mailles des territoires de gouvernance urbaine : nouvelle agriculture, nouveaux métiers ? Espaces et sociétés. 3. 158. 13-30.
  3. Sebillotte, M. 1974. Agronomie et agriculture. Essai d’analyse des tâches de l’agronome. Cah. OSTROM sér. Biol. 24. 3-25.
  4. À distinguer de la rotation. La succession correspond à l’enchaînement réalisé de cultures, alors que la rotation s’adresse à un enchaînement théorique.
  5. Hervieu, B. Viard, J. 2011. L’archipel paysan. La fin de la république agricole. Éditions de l’Aube. 142 p.
  6. Sgard, A. 2010. Le paysage dans l’action publique : du patrimoine au bien commun. Développement durable & territoires. 1. 10. 1-18.
  7. Lévêque, C. 2017. La Biodiversité avec ou sans l’homme ? Éditions Quae (Versailles). 125 p.
  8. Sgard, A. 2010. op. cit.
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  • Le seul secteur a restant a saccager pour la gauche c’est l’agriculture , pour l’industrie elle l’a deja fait.; depuis longtemps..
    quand les 40 milliards des exportations agricoles vont manquer au budget de l’etat, que les importations devront couvrir les besoins , on augmentera la dette et les taxes..
    comme on a délocalisé les emplois
    industriels..
    allons y le socialisme détruit tout alors , vive l’horizon venezuelien

    • Alors que l’autonomie alimentaire est un atout capital

    • Le solde commercial du secteur agroalimentaire s’est effondré vis-à-vis de l’Europe, passant de 7,5 milliards en 2007 à pratiquement zéro en 2018. Mais il reste excédentaire vis-à-vis du monde entier, 6,8 milliards en 2018 (62,4 milliards exportés contre 55,6 milliards importés).

      En 10 ans, l’excédent commercial français perdu en Europe a été compensé par celui gagné en direction des pays tiers. En revanche, le solde des produits primaires, agriculture, sylviculture et pêche, est désormais nul à négatif. C’est surtout dans ce domaine que l’effet des taxes et des normes est dramatique, pour les agriculteurs en premier lieu, mais également en terme d’indépendance alimentaire.

      Au total, l’industrie agroalimentaire se porte encore bien, tandis que l’agriculture est en difficulté. Il est désormais urgent d’alléger les contraintes fiscales et réglementaires pour préserver les premiers et sauver les seconds.

  • ah les nuisances..
    https://www.news.com.au/lifestyle/real-life/vegan-woman-demands-neighbour-stop-using-meat-on-barbecue-due-to-smell/news-story/722227ad0000e8cbf9ac8a0e8a554b95

    je me souviens du’ne allemande qui avait attaqué son voisin car il avait des nains de jardin…

    il y a l’affaire des poules
    des cloches des vaches…
    nuisances…

    la vraie question reste une nuisance supportable ou non?
    quels sont les critères objectif à adopter?

    • Ben quoi, les nains de jardin jettent des sorts maléfiques, c’est bien connu, non ? Dès lors, il convient de les éliminer…

      • Les nains sont surtout réputés pour certaines parties de leur individu. L’Allemande devait se sentir frustrée, alors suivant les bons principes que nulle ne doit pouvoir profiter de ce qui n’est pas disponible pour toutes…

  • Vous en connaissez beaucoup des habitations au raz des champs ?
    Un chemin de service c’est deja au moins 5 m puis si il y a une habitation ,c’est 15 m plus loin ,jardin oblige..le champs dans les villes ou au raz d’un lotissement est sans doute exceptionnel !

    • Et si cela se produit , et bien , on plante une haie séparatrice .. mitoyenne.

      • « on »? Qui « on »? Et sur quel terrain?
        La logique voudrait que ce soit le nouveau venu càd le proprio de l’habitation.
        Mais je ne pense pas que nos néo-campagnards voient cela ainsi… Vu déjà qu’ils veulent supprimer le chant des coqs! 🙂

        • Ils préfèrent le chant des éoliennes, bien plus romantique :mrgreen:
          Et dans le champ, un champ d’éoliennes, et là c’est l’extase :mrgreen:
          SVP, pas taper …

        • Ce n’etait qu’une hypothèse , dans la pratique ,tout le monde prefere un champs en face de chez lui qu’un voisin avec des gosses et des clebards et les pesticides…en 80 j’habitais un lotissement au milieu des champs , jamais entendu parler de ces nuisances..quand l’agriculteur travaille….les autres sont au bureau ou dans le metro etc ..et le traitement c’est ,allez , deux jours par an , en 1 h ,c’est bâclé…..alors qu’une haie a entretenir……et puis , ces ecoles ,en bordure de champs au lieu d’etre au centre du village et permettre un centre ville vivant…ils sont a pendre ces maires , ce sont des tueurs !

          • Ce ne sont pas des tueurs, bien au contraire, ce sont des sauveurs des pestilences, insectes et autres maladies en leur offrant des réserves protégées…

    • Non détrompez-vous, c’est fréquent. On voit cela dans les villages ou petites villes situés dans les banlieues un peu éloignées des villes.
      Les citadins en quête de verdure et/ou de prix de terrains moins chers et/ou d’une vie plus « proche de la nature » colonisent des terrains anciennement agricoles pour y faire construire. Ces terrains peuvent être directement au contact de champs cultivés.
      Évidemment, le bouseux du coin devient un quasi-automatiquement un empêcheur de synthonisation avec Gaïa en faisant vivre au citadin certains aspects de la campagne absents des phantasmes écolos de nos défenseurs auto-proclamés de la vertitude. Méchante réalité! 🙂

      Cette attitude est équivalente des personnes qui s’installent à coté d’un aéroport parce que l’immobilier est moins cher et qui râlent ensuite sur le bruit des avions…

    • Je pense que par habitation, on entend limite de propriété, cad les limites du terrain, pas de la maison. Les enfants peuvent jouer dehors, vous pouvez y faire la sieste, y étendre votre linge, cultiver vos fraises…

    • il y a bel et bien des problèmes à mon opinion…
      surtout pour les vignobles ( parfois très proche , dans certain secteur le moindre mètre carré vaut de ‘or) et sans doute la production fruitière…

      mais bon nuisance en effet mais problème sanitaire important je l’ignore.

  • dans les communes viticoles A.O.C comme chateauneuf du pape, le moindre espace est planté . A raison de quatre à dix traitements par an de bouillie bordelaise, votre mur de cloture est paint en bleu …
    Si le vigneron ne fait pas attention . Heureusement, ce sont des gens soigneux .

  • En quelque sorte, la ville remplace la campagne…

  • « On observe ainsi une forte dimension esthétique, avec un attachement à certaines formes d’organisation de l’espace (bocages, maintien de murs en pierres sèches, fleurissement des abords etc.). » Eoliennes de 200m,jolis champs de panneaux photovoltaïques

  • Construire des lotissements au bord des champs et exiger ensuite aux agriculteurs de reculer l’exploitation de 150 m des habitations où est la logique?

  • Ajoutons que le fait de renifler quelque chose à priximité d’un champ induit chez beaucoup la certitude que c’est dangereux…

  • Moi je comprends l’inquiétude des riverains qui voit l’agriculteur épandre des produits inconnus à une dizaine de mètres du jardin où vos enfants jouent, il me paraît normal de s’inquiéter.
    Faut-il une loi? Ou plutôt laisser faire les relations de voisinage agir, et en parler avec l’agriculteur tout simplement.

    • faut rester vivre en ville

    • On connaît tous la réponse…
      L’agriculteur descendra de son tracteur, retirera son masque et vous certifiera que ses produits sont sans danger et que de toute façon il ne peut pas s’en passer.
      Vous irez alors voir le maire de la commune etc. Nous en sommes là aujourd’hui…

    • L’épandage de produits phytosanitaires sur un champ de blé se fait 4 à 5 fois par an, en moyenne. Le passage dure quelques secondes, et les gouttelettes pulvérisées retombent tout aussi vite.
      Dans la grande majorité des cas (99,99% des cas), il n’y a personne au jardin au moment de la pulvérisation : les parents sont au boulot, les enfants à l’école, ou tout le monde est à la maison. De plus, il faudrait qu’il y ait du vent dans le sens champ > jardin pour que le cas échéant, les enfants présents dans le jardin reçoivent quelques gouttelettes.
      Pour le maïs, c’est plutôt 1 à 2 passages/an.
      Vous voyez, on parle de probabilités infimes, en pratique.
      Et pourtant, ça fait la Une des médias depuis des semaines. Il y a à l’évidence un agenda politicien derrière cela, et beaucoup de démagogie et d’idéologie.
      Comme le disent l’article et le premier commentaire, céder aux revendications des écolos équivaudra à bouleverser les pratiques agricoles, à réduire les rendements donc à augmenter les prix et les importations (venant de pays où les normes sont le plus souvent moins strictes que chez nous), et à ajouter des contraintes à des agriculteurs déjà pressurés de toutes parts, au point qu’ils se suicident comme jamais. Et cela, pour un risque infinitésimal. On est là au paroxysme due la recherche du risque zéro, du principe de précaution, du paradis perdu, appelez cela comme vous voudrez.

      • Il y autant de recoltes de ble sous nos latitudes ?
        Mon pecnot du coin fait trois rotations par un an , ble maïs betteraves ,pas certain qu’il arrose trois fois ,l’herbe n’a pas le temps de repousser….

        • Votre péquenot c’est un surdoué ou un copain du bon dieu,putain!3 récoltes par an,un blé,une betterave,un maïs….même au Brésil ils se contentent d’une récolte 1/2…
          Voila ce que ça donne de trop écouter ces abrutis de médias

      • Merci pour ces précisions. C’est pour que ce ‘probleme’ d’épandage doit être géré localement comme toute relation de voisinage, sans création de nouvelles lois.

    • oui on doit en discuter…
      en des termes rationnels.. sur ce qu’on sait…

  • Cette distance de 150 m ne tombe pas par hasard. C’est aussi la distance en deçà de laquelle les tirs de chasse peuvent être proscrits en direction des maisons.
    Il est clair que l’interdiction des pesticides dans une telle bande réduirait significativement les zones cultivées.
    Ce qui sauve pour l’instant l’agriculture c’est que le lien reste ténu entre pesticides et maladies ou mortalité. Et que les mairies n’ont globalement pas très envie de pénaliser leurs agriculteurs, profession difficile, indispensable et puissante.
    Dans le cas contraire, ça finira exactement comme avec la pollution en ville, où des mesures liberticides ont été prises à l’encontre des automobilistes (zones à circulation restreinte) sans se soucier le moins du monde des dégâts sociaux engendrés par celles-ci.

    • et une fois un lien entre maladie et culture est etabli pas évident que l’on soit obligé de trancher en faveur de l’ibnterdiction..

      je crois qu’il est établi qu’il existe un léger excès de leucémie autour des centres industriels…on ferme les usines par précaution???

      • il est vidnet que toute pratique..est associée à des nuisances..sans parler de potentiels substance de traitement toxiques, la simple poussière soulevée par les façons du sol, les simples pollens, la culture des protéagineux…ont des cotés nuisibles pour la santé..

        réussir à avoir imposer l’idée que la moindre démonstration d’un effet doit conduire à un interdiction est absurde….

  • Apparemment, il y a campagne et campagne. Dans celles que je connais: la Beauce et la Meuse, les seules habitations proches des champs sont celles des agriculteurs. L’affirmation comme quoi les champs sont actuellement souvent proches des habitations me parait douteuse.

    • En zone péri-urbaine, c’est courant, au contraire. Par exemple dans ma région, autour de Rennes où les zones résidentielles se multiplient et où les bourgs jusqu’ici ruraux se transforment en cités-dortoirs, c’est un vrai problème. Ce n’est pas un hasard si c’est le maire de Langouët ((à 10 km de Rennes) qui a lancé les hostilités écolos avec son arrêté anti-pesticides.

      • Je trouve les agriculteurs bien braves. A leur place, si on m’interdisait de travailler mes terres par le fait d’un néo-rural mal luné, je planterais des arbres à croissance rapide à deux mètres de sa limite de propriété et bien sur côté sud ou ouest, histoire de lui montrer les conséquences de ses actes.

  • L’article est intéressant – quoiqu’un peu trop théorique et général.

    J’aurais aimé une prise de position suite à la phrase « nouvelles demandes d’une population qui se préoccupe de plus en plus de la gestion durable des espaces ruraux où elle habite. »
    À mes yeux, c’est clair, ces « nouvelles demandes » sont une des multiples traductions de la collectivisation des esprits des Français : tout, y compris les champs des agriculteurs, pourtant propriété privée, gérés par des entreprises privées, doit être collectivisé au nom de ces « nouvelles demandes » et de l’expression magique « gestion durable ».
    La « gestion durable », c’est bien souvent le cheval de Troie de l’écologisme le plus radical. Peut chaut à ces gens que leurs exigences conduisent la production de denrées agricoles et alimentaires à être divisée par deux ou trois, avec les conséquences désastreuses que cela aurait (prix en forte hausse, importations idem, d’où aliments globalement de moins bonne qualité…). Peu leur importe, car comme pour les causes du climat, du loup ou autres bestioles sacralisées, l’Homme passera toujours après.

    • Je crois plutôt qu’il s’agit d’une logique sécuritaire. Les riverains des champs ne veulent pas être intoxiqués, si risque d’intoxication il y a.
      Comme pour le tabac : que quelqu’un fume chez lui, pas de problème. Qu’il m’enfume – tabagisme passif – je suis légitime à exiger l’arrêt des nuisances.
      Donc, tout se ramène à question de la nocivité des pesticides (pollution atmosphérique). Réelle ou fantasmée ?

      • La pollution « atmosphérique » engendrée par les pesticides est une vue de l’esprit : comme il s’agit de pulvérisation donc de mini-gouttelettes, celles-ci retombent très rapidement sur les plantes où elles se fixent (un adjuvant est souvent présent dans le mélange, pour faire en sorte que les gouttelettes « accrochent » aux feuilles des plantes).
        Parlez éventuellement de présence de résidus de produits phytosanitaires (= pesticides) dans les aliments, ou dans l’eau des nappes phréatiques et/ou des cours d’eau – même question que les résidus de médicaments etc. – mais pas de « pollution atmosphérique », concernant les pesticides.
        (je précise que c’est mon secteur d’activité)

        • pour les céréales je ne pense pas que ce soit un problème, mais vigne culture fruitières .il y a sans doute des résidus non négligeables déposés sur les propriétés adjacentes.

          • C’est évident.
            On peut ajouter les épandages d’engrais, etc.
            Le secteur agricole est responsable d’environ 20 % des émissions de particules fines.
            Certaines années, à Paris, pendant les pics de pollution, on a retrouvé des PF d’origine agricole ! Manière de dire que tout ça ne reste pas bien sagement à l’intérieur du champ.
            Heureusement pour les ruraux, ils échappent aux pollutions liées au grands axes routiers, au chauffage urbain et aux industries.
            Bref, à chacun sa m… euh croix !

          • En arboriculture effectivement ça peut davantage être un problème, puisque les passages sont plus fréquents (jusqu’à 15-20 par an) et que l’outil utilisé est un atomiseur et non un pulvérisateur. Mais les cas sont à mon avis rarissimes d’une proximité telle entre le champ et le jardin, cas qui doivent pouvoir être résolus au cas par cas et non en faisant une loi aussi restrictive que celle préconisée par les écolos radicaux.

  • Dans un pays collectiviste, seules les décisions prisent par ceux qui savent (c à d : les membres du parti au pouvoir) doivent être respectées.

  • Quand les néoruraux découvrent que l’agriculture ce n’est pas La petite maison dans la prairie …………..

  • C’est vrai que phylloxéra est un mot en « phile », un machin qui signifie « ami de », tandis que « pesticide » est un mot en « cide », « tueur de »… Et je parle même pas de ce qu’évoque « bouillie bordelaise » dans l’esprit de certaines victimes des politiciens !

  • Une surface de 150m de rayon autour d’une petite maison, cela fait 7 hectares… Qui va indemniser les agriculteurs pour tous ces hectares rendus incultivables? Qui va produire les milliers de quintaux de qu’on y récoltait? Qui va entretenir ces espaces pour éviter l’envahissement pas les ronces et autres? Qui va payer pour ce travail?

    • Il y aura une obligation d’éradication des ronces, et autres, par les riverains. Comme pour les trottoirs en ville, afin que le personnel municipal puisse se cantonner aux ronds-points, squares, et parterres de la mairie. Bien entendu, si le riverain est impotent en maison de retraite, on acceptera que le buisson de ronces demeure et que les piétons doivent marcher sur la chaussée et ne pas craindre l’effilochage.

    • Vous avez raison de rappeler que cette mesure prise par l’écolo radical maire de Langouët équivaut à quasiment interdire aux agriculteurs d’utiliser des phytosanitaires : c’est la volonté de ces écolos radicaux, obliger par ce genre de moyens les agriculteurs à se convertir au bio ; sauf que comme ça coûte beaucoup plus cher à produire, ils ne trouveront pas de débouchés puisque le Français moyen a, souvent par obligation, un budget limité pour son « panier de la ménagère ». très pratiquement, c’est donc la condamnation à mort économique de nos exploitants agricoles. Les écolos radicaux s’en fichent, tout comme les communistes se fichaient des conséquences de la collectivisation et de la nationalisation des usines et des terres agricoles. On a vu le résultat : d’immenses pénuries, des famines terriblement meurtrières.

      • et on doit rappeler que ce cas peut faire précédent, prétendre qu’imaginer un problème sanitaire suffit à interdire sans se soucier de quantifier…implique que tel maire est fondé à

        interdire les feux de cheminées..les voitures automobiles..les barbecues, tout ce qui soulève des poussières minérales , le labour, la moisson!!! tout ce qui produit un bruit important..etc etc…

        en fait comme d’hab…on veut interdire d’abord. et on trouve des raisons ensuite…
        raisons suffisantes pour interdire A qu’on aime pas, mais pas applicables à B..parce qu’on l’aime bien…

        et une remarque..que ces maires fassent des arrêtés si ça leur chante..
        qu’ils prétendent que ça cause des cancers est diffamatoire.

  • C’est vrai que dans « pesticide », il y a l’intonation « peste » et que, pour n’importe quel journaleux, ça fait bien de se montrer écolo à peu de frais, mais aucun de fera la distinction entre insecticide et herbicide; c’est trop fatigant et ça pourrait les faire passer pour intelligents (j’en ai même entendu un dire que le glyphosate (herbicide) devait être interdit parce qu’il tuait les abeilles. Ah! quant voit ce que la démagogie, la paresse et l’ignorance peuvent faire lorsqu’elles sont réunies sous la même plume ou devant le même micre !!!

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