Autopsie du régime universel des retraites

Notre régime actuel de retraites est intenable en raison de la démographie et de l’immobilisme politique. Quelles réponses apporter ?

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Autopsie du régime universel des retraites

Publié le 9 août 2019
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Par Gérard Maudrux.

Nous espérons ne pas avoir à faire un jour l’autopsie du régime universel de retraite que certains souhaitent mettre en place, car cela voudra dire qu’il aura existé, ce qui ne serait pas une bonne chose, ni pour la retraite en général, ni pour les actifs, ni pour les retraités, ni pour la France. Tout le monde sera perdant.

Nous vous proposons de décortiquer point par point cette réforme : ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est visible, ce qui est caché, tout en vous expliquant pas à pas le fonctionnement de la retraite et ses problèmes. Vous verrez que ce qui peut paraître inaccessible pour beaucoup est en fait très simple.

Cette réforme est à première vue très bien ficelée, bien présentée, faite par des gens compétents, mais aussi malins. Il y a un an avec la Caisse de retraite des médecins, nous avions organisé un colloque avec comme intervenant Jean-Paul Delevoye. À l’entendre, on ne peut qu’approuver si l’on reste sur les grandes lignes : nécessité d’une réforme et équité. Depuis 25 ans, je défends toujours le même principe : à revenu égal cotisation égale, à cotisation égale retraite égale, que l’on soit salarié, commerçant, profession libérale, fonctionnaire ou élu.

Le système par répartition est intenable

Une réforme d’envergure est indispensable, nul ne peut le contester. Ceci pour deux raisons majeures :

  1. le tout répartition, meilleur système après-guerre, est un système devenu obsolète au XXIe siècle et doit être complété, 
  2. certaines dérives depuis 1945 sont devenues intolérables et inacceptables.

Si la cause de la première raison est indépendante de toute volonté politique, pour la seconde, c’est le fruit de la lâcheté de nos gouvernants successifs depuis des décennies. Malheureusement, la réforme envisagée fait fi des leçons du passé et des perspectives d’avenir.

En comprenant la répartition et son talon d’Achille, le rapport démographique, en connaissant tous les leviers sur lesquels on peut agir pour la modifier, vous comprendrez les erreurs passées comme la « catastrophe industrielle » de 1981 dont nous ne nous sommes pas encore remis après 40 ans, et vous comprendrez pourquoi toutes les dernières réformes (allongement de la durée de cotisation) ont été des échecs. Vous comprendrez aussi pourquoi la nouvelle réforme ne changera rien à la baisse des retraites, au contraire.

Sur les dérives, vous comprendrez comment on peut pratiquement dire qu’aujourd’hui, le discours sur la répartition et la solidarité cache un fait inacceptable : la majorité des Français paye deux fois pour la retraite : une fois via ses cotisations pour sa propre retraite, une deuxième fois via les impôts directs et indirects, les cotisations sociales, et la consommation (transports, énergie…) pour payer celle de catégories qui ne payent pas (ou si peu), qui perçoivent davantage et plus longtemps.

Malheureusement si les principes posés par la réforme sont bons et doivent être défendus, la voie choisie est mauvaise, le pire est à redouter. En gros 3 points :

1) L’étatisation de la totalité de la retraite avec disparition de toutes les caisses actuelles, réduites au rôle d’interface, sans aucun pouvoir. Or chaque fois que l’État s’occupe de nos affaires, il le fait plus mal pour deux fois plus cher. Je vous donnerai l’exemple d’un régime géré par l’État, en parallèle à un autre géré par une profession, le résultat est édifiant. Bismarck doit se réjouir dans sa tombe, lui qui avait fait de même non par philanthropie mais pour rendre le peuple dépendant de l’État.

2) Le choix du tout-répartition, allant à contresens de ce qui se fait dans le monde entier, ignorant qu’à terme, avec 1,2 à un cotisant pour un retraité, la répartition est le pire des systèmes. Le renforcer va bloquer financièrement toute autre possibilité, sauf pour les plus riches. Le rendement annoncé de 5 %, c’est aujourd’hui, pas demain, tout le monde le sait.

3) Les régimes spéciaux persisteront, l’égalité annoncée n’est pas au rendez-vous.

Il y avait pourtant la possibilité d’une grande réforme, très facile, avec un régime de base universel jusqu’à un plafond de la Sécurité sociale (40 000 euros), avec à revenu égal cotisation égale, et à cotisation égale retraite égale, que l’on soit salarié, commerçant, profession libérale, fonctionnaire ou élu. C’était le souhait de tous les organismes concernés par la retraite. Résultat : au lieu de ne faire que des satisfaits, on ne fera que des mécontents. Je vous expliquerai aussi pourquoi ce mauvais choix, mais il n’est peut-être pas encore trop tard.

À suivre…

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  • on utilise la retraite pour faire du social, des gens qui n’ont jamais cotisé ont une retraite etc..l’etat ne provisionne rien pour la retraite des fonctionnaires(on embauche en 2012 sachant que ce seront les contribuables de de 2060 qui payeront…
    une retraite secu pour tout le monde plafonnée a 1000 euros? et le reste caisses assurances privées privées ou pas au choix de chacun et basta
    c’est çà ou la pyramide de ponzy socialo communiste

  • Le constat n’est pas tout à fait exact concernant le système de répartition car dans une VRAIE répartition, les cotisations de l’année payent les retraites de l’année, ce qui signifie que les cotisations baissent mécaniquement (ou augmentent) au rythme exact des rentrées de cotisations. Ce qui ne fonctionne pas à l’image du système français, c’est le régime de répartition AVEC EFFET DE CLICQUET qui immobilise les retraites au niveau acquis, sans aucun ajustement conjoncturel (l’état actuel de l’économie) ou structurel (la pyramide des ages, la structure des actifs). Le bon système peut rester en VRAIE répartition, mettons pour un montant basique de retraite obligatoire – gérée par des opérateurs concurrentiels bien sûr – chacun ayant liberté pour compléter sa retraite en capitalisation, l’Etat pouvant éventuellement cautionner (donc garantir) des lignes d’actifs choisis selon des critères politiques révisables.

    • cliquet naturellement..

    • non on ne peut pas proposer des retraites a montant variables en fonction des résultats économiques de l’année..
      par contre moi j’aurai une question sur les points distribués aux fonctionnaires 1 euro cotisé = 1 euro de retraite .. ce n’est pas avec ce qu’ils cotisent (sans participation de l’employeur) qu’il vont avoir les retraites mirobolantes qu’ils ont aujourd’hui..
      il y a donc un loup! et de taille

      • C’est la bonne question, la première réponse que j’attendais dans le rapport. Elle n’y est pas, mais en lisant bien on peut voir ce qui va se passer, c’est pourquoi j’ai dit que ces régimes persisteront. Même rendement pour chaque euro cotisé, mais si l’employeur cotise 3 fois plus que pour les autres, la bonne règle se transforme en escroquerie. L’astuce est de bien le cacher, comme des distributions de points…
        L’auteur

        • helas je crains que l’etat ne s’abstienne de cotiser pour ses salariés et laisse la merde aux suivants, comme çà se fait aujourd’hui

      • Il est question que l’Etat continue à verser au pot, mais que 28% seulement du traitement soit appelé « cotisation »…

      • Sujet plus complexe, il faut distinguer selon les fonctions publiques : pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière, il y a bien cotisations versées à une caisse, la CNRACL, qui ensuite verse les retraites, comme une caisse du régime général ; pour la fonction publique d’Etat, c’est simplement l’Etat qui s’est institué « caisse de retraite » dans un lointain passé (le « service des pensions ») ce qui explique pourquoi il y a dichotomie, et à moins de mettre en place une usine à gaz pour que l’Etat employeur se verse à lui-même, Etat « caisse de retraite », des cotisations, il n’y a rien de réellement choquant.
        Les vrais problèmes sont ailleurs :
        – le trop grand nombre de fonctionnaires (d’Etat) qui fait exploser les comptes et notamment le service des pensions
        – la prise en compte des primes dans le calcul de la retraite, si on veut harmoniser son mode de calcul (les 25 meilleures années) avec le privé, primes qui, elles, ne font pas l’objet de cotisations de retraites à ce jour, y compris dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière
        Vous aurez noté que dans le fameux rapport Delevoye ce dernier petit sujet n’est pas abordé, et je pense que c’est celui-là qui va mettre tout le monde dans la rue…

        • « il n’y a rien de réellement choquant. » si bien sur c’est choquant
          car c’est facile d’embaucher aujourd’hui et laisser les retraites aux contribuables de demain
          Par ailleurs l’etat peut abonder ses cotisations sur un fond

          • « choquant » n’était peut-être pas le bon terme j’en conviens, je voulais juste dire que c’était une question de jeu d’écritures comptable plus que de charges, toutes choses égales par ailleurs évidemment (trop de fonctionnaires etc …)

            • c’et bien plus qu’un jeu d’ecriture , c’est une escroquerie.. l’etat embauche aujourd’hui sans cotiser , et ce sont le contribuables dans 46 ans qu payeront la facture ds retraites .. on paye aujourd’hui les errements de 1981 et l’embauche massive de fonctionnaires par Mitterrand.. pas financée pendant 40 ans

    • D’accord avec vous sur ce qu’est sensé être une vrai répartition,
      mais aucunement envie de vivre avec un système du genre.

      Peut importe le système au final, il faut laisser le choix aux gens de participer ou non.

  • « le tout répartition, meilleur système après-guerre, est un système… »

    Dommage, ça commence mal…

    • oui, le systeme par répartition n’est pas viable..a terme

      • Il n’était pas viable dès le commencement, fondé sur le vol de l’épargne retraite existant à l’époque.

        • A l’époque, le vol avait été commis par les destructions et l’inflation. Il fallait bien repartir, il est simplement dommage que l’option capitalisation, dont en fait à peu près personne ne voulait, ait été interdite comme si elle était risquée, aussi en situation de reprise, plutôt que laissée à la libre appréciation de chacun une fois ses besoins élémentaires couverts.

    • Mais non, Ponzi commence toujours très bien ?

    • 15 cotisants pour 1 retraité, ça marche et c’est pas cher. Le problème est qu’on a refusé de voir que ce rapport évoluait, ce qui était vrai à une époque ne l’est plus, et comme le dit bien mc2, Ponzi commence toujours très bien.
      L’auteur

  • La capitalisation est encore moins viable que la répartition si le rapport retraité/actif est trop élevé. Supposons une population dans laquelle on travaille 40 ans en accumulant du capital que l’on va ensuite consommer pendant 20 ans. Pour avoir un niveau de vie identique en activité ou en retraite, cela signifie qu’il faut prélever un tiers de son revenu d’activité (j’entends le revenu total -super brut- qui inclue actuellement les cotisations sociales de l’employé et de l’employeur) et cela signifie donc que la population sera détentrice d’un stock de capital égal à 20/3 du PIB. Comme le capital c’est la valeur des entreprises, il faudrait donc qu’une entreprise se vende sur le marché des entreprises à 7 fois sa production annuelle de valeur ajoutée. C’est très au-dessus des standards actuels et c’est irréaliste car à ce niveau mieux vaut créer une entreprise nouvelle que d’en acheter une existante.
    Les optimistes diront que j’ai négligé les dividendes du capital. Ils seraient malheureusement très faibles dans un tel système car les dividendes sont les bénéfices qui sont eux mêmes une petite partie de la valeur ajoutée. Dans un monde où le capital a une valeur d’échange très élevée le ratio valeur ajouté/capital immobilisé s’effondre.
    Mon calcul est par ailleurs très optimiste car dans une population ne se renouvelant pas à l’identique et vivant de plus en plus vieux, l’équilibre n’est pas à 40/20 mais plutôt à 50/10 ! Et en plus j’ai supposé que la totalité du capital viendrait en gage des retraites, ce qui supposerait qu’il n’y ait pas d’autres capitalistes que les futurs retraités et donc aucun des entrepreneurs dynamiques qui font la richesse d’une nation !

    • Enfin, quelqu’un (JCB) qui a le courage de mettre les pieds dans le plat.
      Bien entendu la contrainte démographique joue pour tout le monde et pour tous les systèmes : en termes réels une retraite n’a de valeur que par les services qu’on peut se procurer, peu importe que l’alimentation se fasse par la répartition ou la capitalisation.

      Je suis à la disposition de Contrepoints pour développer cette argumentation.

      En attendant jetez un œil sur un de mes articles récents sur ce sujet. J’en écris depuis des dizaines d’années, plus un livre ! Pendant longtemps, le rapport cotisant-retraités était tabou, mais maintenant tout le monde le prend en compte. Il faut faire un pas de plus et se pencher sur le rapport actif–retraités en raisonnant ressources humaines et non plus financement.

      https://www.yvesmontenay.fr/2019/02/10/retraites-un-probleme-demographique-avant-detre-financier/

      • Bonjour Y Montenay
        La différence entre la répartition et la capitalisation, c’est la liverté. Un système par répartition est forcement par la contrainte. La capitalisation est libre, peut être plus avantageux mais aussi l’inverse.

      • Nombre de spécialistes disent qu’ in fine, répartition et capitalisation donnent le même résultat, dépendant de la richesse des entreprises au moment où on prend sa retraite. Je ne partage pas tout à fait cette opinion. C’est en partie vrai, mais la capi va participer à la croissance plus que la répartition : l’argent sert 2 fois : pendant l’activité, l’argent placé en valeurs mobilières aide les entreprises à se développer et en valeurs immobilières aide les gens à se loger, puis à la retraite via la consommation. En répartition, l’argent ne sert qu’une fois, via la consommation. Il y a donc moins d’action sur la croissance et l’enrichissement, donc in fine, le résultat est moins bon.
        L’auteur

        • Les entreprises ayant un bon potentiel de développement n’ont actuellement aucun mal à trouver des capitaux pour investir dans des projets rentables (quand il y en a car sinon elles se contentent de racheter leurs propres actions ou distribuent davantage de dividendes). Qu’il y ait encore plus pléthore de capitaux cherchant à se placer ne pourrait profiter qu’à des entreprises zombies. Je doute qu’un vrai libéral au sens économique (ce site est il vraiment libéral ? J’en doute parfois !) veuille vraiment soutenir ce genre d’entreprises ! Dans une logique Schumpeterienne, plus vite ce genre d’entreprise fait faillite, mieux c’est car cela libère des moyens pour d’autres qui en feront un meilleur usage.

        • Avec la capi, vous avez l’indépendance, certe relative, par rapport au politique.

          • c’et surtout qu’avec la capitalisation vous ne payez pas pour ceux qui ne cotisent pas ou peu

            • Doux rêve, vous serez rattrapés par les impôts. Macron est en train de pervertir les cotisations sociales en les transformant en impôts. Si l’on continue dans la même veine politique, les épargnes par capitalisation finiront aussi par être spoliées.
              Au lieu de mettre des espoirs déraisonnables dans la capitalisation, il faut élargir la réflexion et s’interroger sur les blocages majeurs de notre société. Peu importe que la retraite coute quelques pour cent de PIB en plus ou en moins selon le système. Le vrai problème est ce à quoi s’applique ce pourcentage et le redépart à la hausse de la création de richesse globale ne peut se faire qu’en débloquant les freins c’est à dire en respectant et en ne dépouillant plus ceux qui font l’effort de développer des entreprises et qui prennent des risques.

              • les épargnes par capitalisation finiront aussi par être spoliées.

                D’accord que dans ce pays ou l’élite ne respecte pas la propriété privée, la tentation est grande de spolier l’épargnant. L’épargnant français est comme le Templier sous Philippe Le Bel (escroc), juste une proie.

    • L’argument est intéressant, mais il oublie un certain nombre de choses.
      D’abord, un capital accumulé pendant 40 ans, au taux de la croissance annuelle mondiale de 3%, vaut le double de ce qui a été épargné, sans même tenir compte du feedback qui augmente la croissance du fait de l’investissement de ces sommes dans l’économie. Comme les taux de conversion sont de l’ordre de 4%, cela signifie, au décalage temporel près, que le retraité va toucher chaque année plus de 3 fois le montant de ce qu’il a épargné annuellement pendant sa vie active… à condition que le système reste individuel et non collectif.

      • Je doute que la France ait devant elle 40 ans de croissance à 3%. Les pays qui font mieux ne nous feront certainement pas de cadeau et garderont pour eux leur croissance. On peut aussi se demander si la croissance réelle (c’est à dire la croissance en biens consommables et désirés) n’est pas au-dessous de la croissance nominale. Quand nos états envahissants augmentent leur nombre de bureaucrate et induisent, pour leur répondre, des bureaucrates supplémentaires dans le secteur marchand le PIB croit mais est ce une vraie croissance ? Quand à l’effet bénéfique sur l’économie de capitaux supplémentaires à y placer, j’ai aussi le plus grand doute. Nos économies sont atones faute de bons projets, de bons entrepreneurs et de travailleurs compétents. Elles ne manquent pas de capitaux et elles n’attendent pas non plus beaucoup de l’épargne puisque les banques centrales créent des liquidités à profusion.
        Mon argument central n’est cependant pas là. Le problème c’est qu’il n’y aura pas assez de capital « physique » face à une demande en explosion si tout le monde passe à la capitalisation. Du fait de la loi de l’offre et de la demande, les actions vont monter très haut, leur rendement va s’effondrer et il sera plus avantageux de laisser mourir une entreprise trop chère pour en créer une autre à partir de zéro. Ceux qui ont acheté ces entreprises mourantes pour préparer leur retraite se retrouveront alors sans rien.
        Je fais un peu de science fiction mais qui peut dire vraiment quels seraient les effets pervers (il y en a toujours) d’un changement brutal et majeur ?

        • les investisseurs des fonds de retraite travaillent sur toute la planete.. là ou il y a des croissances intéressantes

        • Si la France n’a pas 40 ans de croissance à 3%, comment voulez-vous qu’il y aie quelque chose à partager, sinon la pauvreté (dans la joi et l’allégresse) ❗

        • Comme d’autres l’ont dit, il ne faut pas raisonner franco-français pour ses investissements en vue de la retraite. Les 3% mondiaux deviennent alors plutôt un plancher qu’un plafond, parce qu’ils sont une moyenne prenant en compte aussi tous les investissements effectués avec en tête d’autres objectifs que la rentabilité, comme ceux des états pour sauver des boites insauvables ou conquérir des clientèles électorales sans regarder à la dépense. Et si en effet il n’y a pas de manque global de capitaux, il y a toujours une « récompense » bien supérieure à la croissance moyenne pour les bonnes idées et les bons projets, donc pas assez d’investisseurs motivés et avertis pour s’y consacrer sinon ces rapports seraient nivelés.

    • C’est parfaitement erroné. Comment fait la Suisse avec une bonne partie de la retraite par capitalisation mise en rente viagère au moment de la retraite ❓
      Vous passez sur le fait que l’on ne met pas tous ses œufs dans le même panier, lorsqu’on est responsable (et libre).
      On réparti sur plusieurs marchés, continents, secteurs…
      Et il vaut bien mieux que les futurs retraités soient propriétaires indirectement des entreprises de leur pays, que les chinois ou les américains aussi sympathiques soient-ils.
      Au demeurant vous ne faites que démontrer l’impossibilité de la répartition, votre chiffre de 33% étant loin de la réalité, largement insuffisant.
      Sans entreprises, pas de retraite, quelle que soit la méthode.

  • Ca fait peur un cotisant pour un retraite…meme deux cotisants pour un retraite surtout quand le cotisant est un smicard et le retraite un cadre sup….et si on passe a la capitalisation ,le capital retraite va devoir recevoir plus que le pourcent symbolique…….soyons serieux si on travail 40 ans et 40 ans de retraite il faut cotiser 50% de son salaire et avoir une remuneration du capital….donc prendre aux entreprises……quelques soit le systeme il faut etre dans un pays prospere …donc surment pas socialo communiste et communiste a 100% dans le futur ,tout pour les uns rien pour les autres.
    Nos retraites sont irreformables et vouees a la faillite tant que l’état ne s’est pas liberalisé et a fuit comme la peste l’ecologisme mortifère !

    • Votre raisonnement est le bon, c’est comme cela qu’il faut voir les choses. A 2 pour 1, avec 26-28% de cotisation globale, la retraite est de 52-56% du revenu (moyen et non dernier), soit encore 50% avec les frais et les droits dérivés. Ce n’est pas 75% comme certains l’espèrent (sauf régimes spéciaux). Annoncer plus, c’est mathématiquement impossible. Conclusion 3 pour 1 = retraite acceptable (75% du revenu d’activité), 2 pour 1 retraite = insuffisante. Nous sommes en dessous de 1,5 pour 1 et allons vers le 1 pour 1. La limite pour une répartition acceptable, c’est 3 pour 1, en dessous c’est fuite en avant et promesses non tenables que d’autres auront à gérer.

      • Je ne comprend pas votre calcul. Dans le cas 2 pour 1 avec 26% de cotisation. L’actif aura 100 -26=74 et le retraité aura 2×26=52. En comparant le retraité à l’actif, le retraité aura 52/74 soit 70% de son revenu moyen net d’activité. Ce n’est pas si mal. 2 pour 1 serait donc tout à fait confortable mais encore faudrait il qu’il y ait renouvellement des générations classe par classe (i.e. qu’un couple de techniciens ou de cadres ait deux descendant techniciens ou cadres) et que l’age de la retraite soit ajusté sur l’espérance de vie.

        • Pourquoi 100-26 ? En répartition, la totalité des cotisations est immédiatement reversée aux retraités. Deux actifs à qui on prélève 26% du revenu moyen, cela fait 52% du revenu moyen que l’on peut verser à un retraité, si 2 cotisants pour 1 retraité. (78% si 3 cotisants pour 1 retraité.
          Ensuite si on est à 2/1, on peut donc dire au retraité qui liquide aujourd’hui qu’il touchera 52% de son revenu. Mais demain, dans 10-15 ans, qu’il sera toujours à la retraite, si on a 1,5/1, on ne disposera pas des 52, mais de 39, d’où les difficultés aujourd’hui pour payer ce qui a été promis hier, et même chose demain pour ce qui est promis aujourd’hui. Il faut alors baisser la retraite car on n’a plus les sous, ou augmenter les cotisations pour honorer les promesses. Allonger la durée ? Cela permet de retarder temporairement l’arrivée des nouveaux retraités et donc de grader un peu de liquidités pour honorer les engagements, mais c’est repousser pour mieux sauter sans réforme structurelle.

      • C’est amusant, vos 26-28% sont du même ordre de grandeur que le prélèvement du système suisse.

      • En fait, même pas. Quand vous dites « 3 pour 1 = retraite par répartition acceptable », vous oubliez que dans 20 ans le système ne tiendra forcément plus, à moins de faire 6 enfants par couple ou de veiller à ce que 2 actifs sur 3 n’atteignent pas l’âge de la retraite.

        • Je dis simplement que la répartition est viable à 3/1 , mais je ne dis pas que ce sera 3/1 dans 20 ans. Comme on y sera pas, ce n’est plus le bon système (depuis 3 ou 4 décennies), à moins que comme vous le dites moins de gens doivent atteindre l’âge de la retraite, d’où le recul progressif, pour essayer de rééquilibrer. J’expliquerai plus tard pourquoi je considère cette attitude comme ignoble (les biens portants vivent à la retraite grâce à ceux qui sont moins gâtés par la nature, que l’on oblige à cotiser pour une retraite qu’ils n’auront pas ou si peu)
          L’auteur

    • C’est même pire : il faut cotiser 100%. Sans solution quel que soit le système. Qui voudrait de cet URSS ❓

  • « Bismarck doit se réjouir dans sa tombe, lui qui avait fait de même non par philanthropie mais pour rendre le peuple dépendant de l’État. »
    Pensez-vous qu’avec Macron, ce soit différent?

  • On va fabriquer encore plus de Pauvres, mais c’est ce que recherchent les socialistes, non.?

  • Pourquoi vouloir tuer un système de répartition alors qu’il suffit d’ajuster ses paramètres :
    – soit les montants de retraites mais ce n’est évidemment pas souhaitable
    – soit les montants des cotisations mais on a atteint en France le sommet des prélèvements obligatoires, il faut plutôt les réduire
    – soit, dernier paramètre, et donc le seul à notre disposition, reporter l’âge de la retraite de telle sorte que l’équilibre soit maintenu
    Le point hilarant de la mission Delevoye c’est que le seul paramètre utilisable est officiellement exclu (le sieur Delevoye a même menacé de démissionner pour cela) : un grand réformateur…

    • Reporter l’age de la retraite…, Dans le monde socialiste les vieux prennent la place des jeunes et cela empeche le plein emploi et des louanges au gouvernement……et ce n’est vraiment pas une bonne solution !

    • Ajuster les paramètres, c’est compliqué et il y a des effets pervers. Vous n’avez pas pensé à ajuster plutôt la population ?

      • Ah, ah, obliger les sans-dents à manger cru, faute de courant pour cuisiner…

      • oulà ! seriez vous un adepte de la religion climatique qui prône la réduction drastique de l’espèce humaine pour sauver la planète ?

        • C’était de l’humour.

          • C’était de l’humour, mais aussi un rappel ironique des deux solutions : 6 enfants par couple, ou 2 actifs sur 3 n’atteignant pas l’âge de la retraite. La diminution du nombre d’enfants ou de celui de jeunes actifs ne fait, elle, qu’aggraver le problème : pour sauver la retraite par répartition, il faudrait réduire la durée de vie, mais certainement pas la natalité !

            • Pas si simple. Si vous réduisez la durée de vie, vous rendez inutile ceux qui travaillent au profit des « vieux ». Il faut donc alors transformer un peu plus d’actifs en inactifs et comme il y a alors de nouveau des personnes en trop, il faut réduire encore la durée de vie. Pente fatale !
              Et si la vraie solution n’était pas d’abandonner le fantasme moderne de la retraite « grandes vacances méritées après une vie de labeur » ! Un individu ne devrait il pas continuer à apporter sa pierre à la société (en réduisant le rythme bien sûr) tant qu’il en est capable ? La retraite ne devrait elle pas être seulement les dernières années de vie quand on est diminué au point de ne vraiment plus pouvoir faire quoi que ce soit ?

              • Présenté comme ça, ça aura du mal à le faire… Il faut oublier la notion de labeur au profit de la société pour celle d’accomplissement et/ou d’enrichissement au travail, à un rythme choisi, et de minimisation de la contribution à la société pour assurer seulement une survie minimale à ceux qui par imprévoyance ou malchance doivent mendier aux autres. D’autant plus que nombre de jeunes prennent une partie de leurs « grandes vacances » entre 16 et 25 ans en retardant exagérément leur entrée dans la vie active… Ces mêmes jeunes qui ont tendance à ne pas accélérer le rythme pour permettre aux anciens de le réduire…
                De ce que je vois autour de moi, les partants à la retraite seraient souvent prêts à continuer dans des conditions plus aisées, mais actuellement ils auraient tout à y perdre. Il vient un âge où on veut pouvoir profiter de la vie, et où accumuler quelques droits supplémentaires dans une ambiance de travail douteuse pour quand on sera malade et impotent manque singulièrement d’attraits.

    • Vous avez épuisé à juste titre les deux premiers paramètres. Reste le troisième. C’est ce qu’on fait 4 réformes depuis 1993, et cela n’a pas marché, je vous expliquerai pourquoi. (https://blog.gerardmaudrux.lequotidiendumedecin.fr/2017/12/27/retraites-pourquoi-allonger-la-duree-de-cotisations-ne-marche-pas/) . En fait si cela peut marcher : 1945, espérance de vie : 65 ans, retraite fixée à 65 ans. 2019, espérance de vie 82, 3 ans, retraite fixée à 82,3 ans ? Retour au premier paramètre : baisse des retraites, ou alors faire autre chose que le tout répartition ?

      • Effectivement je n’ai aucune idée de l’âge d’équilibre, mais je pense qu’on doit bien pouvoir le calculer et le trouver quelque part.
        Je reviens du Japon et tous mes chauffeurs de taxi avaient plus de 80 ans ! Il est vrai que les japonais détiennent le recors de l’espérance de vie, y a t -il un lien ?

        • En 2000 le premier rapport du COR l’avait calculé de manière précise. Il fallait augmenter l’âge de départ à la retraite de 9 ans pour maintenir l’équilibre.
          2000-2018 l’espérance de vie (à 60 ans) a augmenté de 2,3 ans pour les femmes et de 3,2 ans pour les hommes (rapport Delevoye). Je ne sais pas si cet allongement indéfini (pour le moment) de l’espérance de vie avait été intégré à l’époque. Sans doute car ce premier rapport était bien fait, mais je suppose qu’ils n’avaient pas intégré autant car cela va bien freiner un jour.
          Le Japon a de gros problèmes obligeant effectivement les anciens à travailler à 70 voire 80 ans pour arrondir leurs fins de mois. Ils ont tout simplement le même système « bismarckien » avec des erreurs et surtout un rapport démographique dans les chaussettes. Plus de mariages (« pas le temps »), plus de naissances (1,4 enfants par femme, il faut 2,1 pour équilibrer) et une espérance de vie record, mais pas tellement plus que nous (mixte 83,7 ans pour 82,4 chez nous). Retraite à 65 ans. Une des erreurs ? Cotisation retraite à 17,35% pour 28% chez nous (soit 38% de plus !) Il n’y a pas que la démographie qui explique ce que vous avez vu.
          L’auteur

      • je viens de lire cet article du Quotidien du médecin : CQFD, ce qui manque c’est le courage d’y aller franco en passant de suite à 70 ans… Et 70 ans çà laisse plus de 10 ans d’espérance de vie, solution plus favorable qu’il y a 40 ans, avant que le programme commun de la gauche casse tout le système

        • Mon rêve est que l’on cesse d’évoquer un âge de départ taux plein qui nous irrite tous. Pourquoi ne pas laisser le libre choix, à partir d’un âge plancher ? C’est possible et facile, je l’ai fait chez les médecins, à la carte à partir de 62 ans. Cela me suffit, la retraite me convient, j’arrête. Je veux plus, je continue, et on me dit merci parce que j’accepte une retraite qui durera moins (+5% de retraite par année travaillée en plus jusqu’à 67 ans, et 3% jusqu’à 70). On ne fâche plus personne.

        • L’ennui avec votre espérance de vie à 70 ans, c’est qu’elle cache le « bonus » que le système retire de tous ceux qui ont le bon goût de décéder avant ces 70 ans.
          En fait, il y a un pacte tontinier caché… Vous pouvez instaurer le même type de pacte tontinier dans un système par capitalisation, à ceci près que le fisc en impose le montant drastiquement, et il y est en principe bien plus « efficace ». Pour l’amélioration du niveau de vie des retraités, l’abrogation de l’article 754-A du code des impôts, introduit en 80 et rendant la tontine sans intérêt, ferait rapidement des miracles !

    • « Pourquoi vouloir tuer un système de répartition alors qu’il suffit d’ajuster ses paramètres : »
      Et pourquoi ne pas laisser les gens choisir entre répartition et capitalisation?
      Si la répartition est si bien que cela, les gens se précipiteront dessus, non?

      A partir du moment où on vous oblige à choisir un système, on ne peut qu’émettre des doutes sur sa viabilité intrinsèque en l’absence de coercition étatique. In fine, son seul intérêt est de rémunérer des tas d’intervenants diverses et variés dont les fameux « partenaires sociaux » qui n’ont ainsi plus besoin de se préoccuper de leurs adhérents pour vivre mais en devenant indirectement dépendant de l’Etat. C’est le choix fait après la fin de la WWII en France

      • Le libre choix pose quand même problème pour la répartition, parce que c’est un contrat que vous « signez » avec vos descendants (qui ne le signent pas avec vous, mais avec leurs propres descendants) et qu’il faut une certaine naïveté pour imaginer que tous le respecteront fidèlement. Ca amène donc la coercition étatique, et les intervenants parasites. La répartition « volontaire », je ne vois pas comment la mettre en place !

      • ok pour le libre choix, je ne parlais que du mécanisme de la répartition.
        Cependant je partirais plutôt de l’idée d’un dispositif de base assis sur la répartition, et de la liberté de pouvoir le compléter notamment à partir d’un certain niveau de revenu. Mais un libre choix total est une fausse liberté de choix : en effet un système par répartition exige que le maximum de personnes y participe, sans quoi il pourrait être rapidement vidé de son sens ; c’est un tout ou rien, me semble-t-il : soit on le maintient et il est nécessairement général, soit on l’abandonne au profit d’autre chose, mais il n’y a pas réellement d’alternative.

  • Enchanté de lire aussi que d’autres appellent enfin notre système de retraite par répartition par son vrai nom à savoir une pyramide de ponzi avec les conséquences inéluctables (voir Madoff).Ou système de l’avion ,plus assez de passagers(les cotisants) qui montent et trop d’équipage et de vieux commandants (les retraités).
    Quant aux régimes spéciaux ,le scandale,issu de la Libération pour calmer les communistes pas loin de prendre le pouvoir ,même Thorez (traître planqué à Moscou) n’en serait pas revenu de voir les avantages accordés aux fonctionnaires par de Gaulle et dont il est devenu leur ministre après la grâce de celui-ci ,qui s’en souvient aujourd’hui ?posez la question autour de vous?

  • Il est dans la nature de l’intervention publique de se tromper. Les hommes politiques peuvent se tromper et ils se trompent – ils nous trompent – la plupart du temps. Si les Français sont « attachés » à la sécurité sociale et les retraites par répartition, c’est qu’ils n’ont pas d’autres choix. Si vous aviez le choix, rempliriez-vous d’un liquide précieux un récipient percé de mille trous? Non. Et bien cette réforme c’est de la poudre aux yeux et elle ne règlera que des aspects superficiels. Par contre, notre système de retraite tombera en faillite et c’est FMI qui va faire la réforme indispensable.

  • Tonton Mitterrand et ses admirateurs sont les premiers responsables. La droite a quand même effectué plusieurs réformes impopulaires mais justifiées : Balladur, Fillon, Woerth,…
    La gauche n’a rien fait dans ce sens mais plutôt dans le sens opposé.

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