Taxer les riches : une fausse bonne idée

Les solutions de rêve annoncées pour justifier les taxes sont rarement mises en œuvre au-delà de certaines dépenses symboliques.

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Taxer les riches : une fausse bonne idée

Publié le 4 août 2019
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Par James Peron1.
Un article de Libre Afrique

Aux États-Unis, un petit groupe de milliardaires naïfs fait la queue pour réclamer d’accroître la pression fiscale sur les super riches. Naïfs, car ils énumèrent toute une liste de problèmes qu’ils pensent pouvoir résoudre avec cette hausse des impôts. Tout cela rappelle l’histoire de l’aide étrangère en Afrique. Comment expliquer cela ?

Les milliardaires sont de brillants rêveurs qui croient dur comme fer que plusieurs problèmes peuvent être résolus automatiquement avec de l’argent. Ils soutiennent que cela pourrait alimenter les investissements économiques, financer les soins de santé et réduire les inégalités. En d’autres termes, cet impôt supplémentaire apporterait tout ce que l’aide étrangère allait apporter à l’Afrique.

Que fait l’État avec l’argent des impôts ?

À présent, le gouvernement américain a déjà confisqué des milliards de dollars d’impôts. Pourtant, tous les problèmes que les politiciens ont promis de résoudre restent sans solution.

A quoi le gouvernement central américain dépense-t-il ces milliards de dollars ? Ils financent des camps d’internement pour les réfugiés fuyant la violence en Amérique centrale, violences directement liées à la guerre américaine contre la drogue.

Un énorme pourcentage des impôts américains finance les guerres et l’expansionnisme militaire. Il paie pour les drones qui bombardent des cibles civiles dans la prétendue guerre contre le terrorisme. Il sert à ce que les services de police proposent de nouvelles méthodes pour surveiller les Américains, ce qui permet de subventionner des sociétés de plusieurs milliards de dollars. Il finance la Federal Drug Administration (FDA), qui « cartélise » le marché des produits pharmaceutiques et fait grimper les prix à des niveaux encore plus élevés que ce qu’ils seraient sur un marché libre.

Taxer et se servir de l’argent : l’exemple des présidents

C’est ainsi que les politiciens dépensent l’argent. Les solutions de rêve annoncées pour justifier les taxes sont rarement mises en œuvre au-delà de certaines dépenses symboliques. Le régime de Robert Mugabe au Zimbabwe s’est joint à la file d’attente pour obtenir une aide étrangère et a fourni toutes sortes d’arguments allant dans le sens de l’aide des pauvres.

Dans la pratique, l’argent de l’aide étrangère servait à Mugabe pour des voyages de luxe en Angleterre où il faisait du shopping chez Harrods. Lorsque son peuple a manifesté contre la corruption, il a eu recours à l’aide étrangère pour financer la répression policière de ses opposants. À un moment donné, des véhicules fournis par le gouvernement britannique ont été utilisés pour arrêter des manifestants, parmi lesquels un cousin de la reine Elizabeth II. Asger Pilegaard, alors chef de la délégation de l’UE au Zimbabwe, a admis :

« L’aide humanitaire financée par les contribuables européens n’est pas reçue par les personnes à qui elle était initialement destinée. »

De même, l’aide étrangère a permis à Mobutu au Zaïre d’accumuler une fortune de 10 milliards de dollars. L’aide accordée au seigneur de guerre somalien Siad Barre a été utilisée pour acheter des armes. Mengistu en Éthiopie a utilisé les fonds de donateurs pour contraindre des opposants à quitter leurs terres et un responsable de son gouvernement s’est vanté :

« Il est de notre devoir de déplacer les paysans s’ils sont trop stupides pour agir par eux-mêmes. »

Même en Afrique du Sud, l’aide destinée à financer la lutte contre le sida a été détournée pour financer un faux film de sensibilisation sur le SIDA (Sarafina II). Le film a été à peine vu par quelques personnes. Il a pourtant consommé 20 % du budget de la lutte contre le SIDA pour cette année. Cela a permis d’acheter plutôt un autobus de luxe que le producteur peut utiliser, mais n’a guère contribué à réduire les infections par le HIV.

Le bureaucrate éthiopien n’a montré que du mépris pour son peuple. Il avait déclaré qu’il devait les commander car ils étaient trop stupides pour décider de leur propre vie. C’est le problème avec ces tentatives de résolution des problèmes par des moyens politiques. Les motivations des politiciens sont complètement en décalage avec les motivations nécessaires à la résolution des problèmes.

Retour à la raison : donner aux vrais bénéficiaires

Ces milliardaires américains pourraient facilement financer les soins de santé sans qu’aucune loi ne soit adoptée. S’ils veulent donner 3 % de leur capital à un hôpital, personne ne les en empêche. L’Hôpital de recherche pour enfants St. Jude offre des soins de santé gratuits à tous. Il est financé par des dons privés. Ces milliardaires pourraient certainement s’adresser aux exploitants de St. Jude et leur offrir un fonds de dotation pour ouvrir plusieurs autres hôpitaux. L’argent servirait alors à financer les soins de santé et il est certain qu’ils ne serviraient pas à financer des frappes de drones.

S’ils veulent élargir l’accès à l’enseignement supérieur, ils pourraient faire ce que le Berea College du Kentucky a fait. Berea a mis en place un fonds de dotation d’une valeur de 1,2 milliard de dollars. Les intérêts sur capital obtenus offrent un enseignement gratuit à tous les étudiants de Berea. Si vous voulez créer des emplois, aidez les employeurs à embaucher de nouveaux travailleurs et à se développer. Si vous souhaitez améliorer les conditions de vie des personnes, donnez-leur la propriété de leurs logements.

La vraie solution est de faire confiance aux gens. Les solutions « par le bas » fonctionnent beaucoup mieux que les solutions bureaucratiques « d’en haut », souvent truffées de corruption et de gaspillage. L’Afrique du Sud verse des milliards de rands à des entreprises d’État en faillite qui reviennent chaque année pour demander davantage. L’approche de la gestion politique ne fonctionne pas.

Ces milliardaires américains devraient rechercher des œuvres de bienfaisance dignes de ce nom et diriger leur aide vers les centaines de millions de personnes qui en ont réellement besoin. En s’évertuant à confier leurs fonds à des politiciens, il est évident qu’ils agissent à l’encontre des objectifs qu’ils souhaitent atteindre à travers une hausse d’impôts.

Sur le web

  1. Président de l’Institut Moorfield Storey.
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  • les ministres n’existent que par leur capacité a dépenser..
    Si ils ne dépensaient plus ils n’existeraient plus politiquement..
    de plus ils sont dépendant de l’assentiment des fonctionnaires qui composent leur administration….
    dans ces conditions ils ne connaissent qu’une chose accroître leurs dépenses pour exister

  • « milliardaires naïfs »


    À mon avis, c’est plus souvent du cynisme que de la naïvité. On ne peut pas devenir milliardaire ou le rester en étant quelqu’un de réellement naïf. Les milliardaires qui réclament d’accroître la pression fiscale sur les milliardaires agissent de la sorte non pas parce qu’ils veulent sincèrement « réduire les inégalités, soigner les pauvres, etc.. » mais parce qu’ils savent qu’accroître l’emprise des politiciens/bureaucrates sur la société leur permettra d’accroître leur propre emprise sur la société, étant donné qu’ils sont potes avec lesdits politiciens/bureaucrates ou qu’ils sont les mieux placés pour les influencer.

    • Ils ne sont pas naïfs. Ces demandes ont pour but de saper les concurrents pour maintenir leurs rentes.

    • S’ils sont cyniques c’est avant tout parce qu’une fois fortune faite, demander qu’on les taxe (modérément) ne leur coûte rien ou presque pour s’acheter une belle conscience auprès de tous.
      La proposition de taxe est :
      – de 2% sur chaque dollar au-dessus de 50 Mls de patrimoine
      – de 1% sur chaque dollar au-dessus de 1 Mlds d’actifs

      Quand on voit ce qu’on se prend en comparaison en France..

  • D’un point de vue comptable il est bien plus rentable de taxer modérément tout le monde que de piller les riches; d’un point de vue politichien, c’est le contraire.

  • faire un truc sans expliquer le but poursuivi..donc sans être capable de juger de l’efficacité…
    je présume que les dits milliardaires, hormis la recherche de popularité, on des idées sur l’affectation de l’argent des taxes, on peut se demander pourquoi ils ne le font pas directement..

    • Parce que si par malheur un milliardaire se permet d’offrir un cadeau au peuple, il se fait immédiatement accuser de chercher une déduction fiscale.

    • Vous parlez par exemple de Soros qui donne des millirs de dollars à sa fondation caritative ?
      Ou bien vous sortez votre argument du chapeau sans rien vérifer ?

  • Si je résume: les Etats dépensent parfois mal l’argent. Donc il ne faut pas leur faire confiance. Quel simplisme !
    Pourquoi ne pas parler du vote démocratique qui permet aux citoyens d’orienter la politique des élus ? Pourquoi ne pas parler de la lutte contre la corruption ? (Et au passage comparer les Etats Unis, un des pays les moins corrompus au monde, avec le Zimbabwe, cela n’a aucun sens).

    • Vote démocratique, kezako ? Quand on impose sa volonté à ses voisins, on n’est pas en démocratie mais en tyrannie.

    • En dehors des fonctions régaliennes, les États dépensent forcément mal l’argent. Si, parfois, ils font aussi bien que les marchés libres, c’est inutile. La plupart du temps, ils font moins bien.

  • « La vraie solution est de faire confiance aux gens. Les solutions « par le bas » fonctionnent beaucoup mieux que les solutions bureaucratiques « d’en haut » ».

    Le problème est le même en occident, faire confiance à ceux qui entreprennent, investissent & travaillent.

    La plus modeste des entreprises est fondamentale à la prospérité et la liberté, à condition qu’elle ne soit pas soumise à la tyrannie…

  • Mais les taxes de tous temps ont frappé les modestes car appliquées aux produits de 1ère nécessité: sel, eau, énergie….

  • Les arguments sont de poids. Mais la présentation du sujet par ces milliardaires est incomplète. Il y a une dose d’opportunisme dans leur proposition : ce qu’ils souhaitent avant tout, c’est une assurance vie. Ils savent qu’ils ne peuvent prospérer en toute tranquillité que s’ils donnent l’impression de faire plus d’efforts (en valeur relative, parce que dans l’absolu, ils resteront milliardaires) que le reste de la population et que si ces efforts sont imposés de l’extérieur. Une super taxation pour les riches, c’est une manière habile d’éteindre tout risque de révolte populaire. Toute la question est donc en réalité de déterminer quel est le (sur)coût qu’ils estiment devoir payer pour leur propre sécurité… Et c’est de fait un point qui les concerne eux bien plus que nous.

  • Les taxes supplémentaires proposées par un petit top cent des personnes les plus riches aux USA s’explique par le fait que leur fortune provient d’activités à haute valeur ajoutée avec des marges importantes de 10 à 30%.
    Un augmentation des taxes les concernera mais aussi des centaines de milliers de personnes dont l’activité ne permet pas de générer des marges aussi importantes.
    En clair, compte tenu de l’importance du ticket d’entrée pour certaines activités, ceci élimine une concurrence potentielle à venir.
    S’ils veulent payer plus d’impôt, ils n’ont qu’à le faire de façon volontaire en faisant un don à l’état, personne ne les en empêche.

  • Les commentaires sont fermés.

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