La civilisation du poisson rouge. Petit traité sur le marché de l’attention

Tous les médias sont fondés sur l’économie de l’attention, mais la connexion permanente qu’autorise internet et nos smartphones, fait que l’on tente d’attirer notre attention toute la journée.

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La civilisation du poisson rouge. Petit traité sur le marché de l’attention

Publié le 10 juillet 2019
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Par Farid Gueham.
Un article de Trop Libre

« 24 heures de notre vie ? Un enfer d’inattention. Jusqu’à 5 heures devant son smartphone. Et 30 activations par heure éveillée. […] Et si nous étions devenus des poissons rouges, vidés de leur être, incapables d’attendre ou de réfléchir, reclus dans la transparence, noyés dans l’océan des réseaux sociaux et Internet, sous le contrôle des algorithmes et des robots ? Les empires économiques ont créé une nouvelle servitude avec une détermination implacable. Au cœur du système, et au cœur de notre vie quotidienne, un projet caché : l’économie de l’attention.

Pour Bruno Patino, directeur éditorial de la chaîne Arte et directeur de l’école de journalisme de Sciences Po, nous sommes tous devenus des poissons rouges, tournant dans le bocal de nos écrans, semblant redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google auraient même évalué la durée d’attention des « millenials » à neuf secondes.

L’heure est venue de prendre conscience de nos addictions, de la surveillance de nos cerveaux par les grandes multinationales. L’auteur nous invite à reprendre le contrôle de nos vies et de notre liberté, de retrouver le plaisir de lire un livre imprimé et non pas un écran.

Une réflexion courte, mais d’une extrême densité, éclairée par la meilleure littérature sur les questions numériques, mais aussi des films, des articles. L’économie de l’attention, dopée par la transformation numérique, est au cœur de toutes les convoitises.

Neuf secondes

C’est le temps calculé par Google, l’ « attention span », temps d’attention commun entre le poisson rouge et la génération des millennials. Une ressemblance inquiétante, qui suscite la remise en question : sommes-nous libres de nos écrans ? Pour Bruno Patino, une chose est sûre, la captation de notre temps disponible n’est pas le fruit du hasard, mais le produit d’un choix économique. Pour le fondateur de l’EFF « Electronic Frontier Foundation », John Perry Barlow, Internet devait être l’espace fondamental de la liberté, où les voix longtemps réduites au silence pouvaient trouver un public, où les individus pouvaient se connecter entre eux, indépendamment de la distance physique.

De nombreux acteurs du mouvement libertarien partagent cet idéal humaniste. « Nous ne nous sommes pas trompés, nous avons été trahis », précise l’auteur. L’économie du partage, la capacité de faire société, de faire « agora », le partage de la connaissance, sont des acquis précieux. L’auteur rappelle par ailleurs que la figure de John Perry Barlow croyait en une transcendance universaliste de l’Internet ainsi qu’en son autorégulation, sans intervention. L’Internet dans sa globalité n’est pas coupable de cet appétit malsain : seules quelques plateformes le sont. Leur modèle économique basé sur notre attention et notre temps, devra un jour faire l’objet d’une régulation.

B. J. Foff et la captologie

La notion de captologie fut développée en 1996 par le chercheur B.J. Fogg de l’université de Stanford et citée dans son ouvrage Persuasive Technology: Using Computers to Change What We Think and Do. Le chercheur souligne que l’innovation technologique n’est pas seulement un outil, mais aussi un media et un acteur social.

La captologie peut donc orienter l’usage d’une interface. Ebay, Facebook, Google, Amazon en sont devenus des champions mais la notion peut également être mobilisée dans des secteurs non technologiques comme la santé et le bien-être. Des expérimentations mobilisent la captologie pour changer les habitudes alimentaires des individus, les inciter à l’activité physique ou lutter contre les addictions.

La récompense comportementale

Les GAFA, qui ont pour certaines accès à nos données comportementales, vont utiliser des mécanismes comme « la boite de Skinner » et la récompense aléatoire. Des notions développées au cours d’une expérience, confrontant une souris face à un distributeur de nourriture.

Si au début de l’expérience, la souris contrôle le mécanisme en appuyant sur un bouton et en faisant tomber de la nourriture, le mécanisme prend le dessus et contrôle la souris à la fin de l’expérience. Le cobaye n’a plus faim, mais enfermé dans un comportement addictif, il continue d’appuyer sur le bouton. Pour Bruno Patino, nos réflexes et nos usages d’applications tels que Tinder, Instagram ou Facebook, ne sont pas à l’abri du même phénomène de dépendance.

Quand l’attention formate les contenus

Notre rapport au réel est modifié et notre temps libre visible, comme une mine à ciel ouvert. Tous les médias sont fondés sur l’économie de l’attention, mais la connexion permanente qu’autorise internet et nos smartphones, fait que l’on tente d’attirer notre attention toute la journée.

Drogué du like ou accro du swipe, l’internaute est la victime de nouvelles stratégies de prédation autour de son temps et de son attention. Mais les GAFA ne sont pas les seuls prédateurs : des « friendemmies » sont là. Mi-amis, mi-ennemis, leurs légions regroupent les « bad actors », ces nuisibles du net, des puissances étrangères, aux acteurs économiques tels que le cabinet « Cambridge analytica », en passant par les partisans de la théorie du complot.

Réguler l’économie de l’attention

Pour réguler l’économie de notre attention, il ne suffira pas de chasser les mauvais acteurs. « C’est le système lui-même qui génère du déséquilibre », précise Bruno Patino. L’essai ce veut donc une alerte, une mise en garde, dans le prolongement du message délivré par Jack Dorsey, PDG de twitter à l’occasion de la conférence Ted2019 « How Twitter shapes global public conversation ». 

Nous devons protéger nos vies et nos données personnelles : la sanctuarisation du temps personnel, pourra dans un avenir proche donner lieu à une régulation, pour que notre connexion à une interface soit limitée dans le temps. « Dans cinq ou six ans l’importance de réguler l’intérêt des algorithmes sur notre temps disponible s’imposera » souligne Bruno Patino.

Pour aller plus loin :

–      « You Now Have a Shorter Attention Span Than a Goldfish », time.com

–      « John Perry Barlow, pionnier de la liberté d’Internet, est mort », lemonde.fr

–       « Bruno Patino : j’ai cru aux utopies numériques », letelegramme.fr

–       « Addiction aux écrans : l’être humain, un rat comme les autres »letemps.ch

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  • Les horribles manigances des GAFAM et tous les autres pour capter mes données personnelles, capter mon attention, et m’enfermer dans un espace virtuel ou spatial pour que je dépense tout mon argent chez eux, tout cela n’est pas vraiment ok avec le principe de non-agression cher aux libertariens.
    Peut-être que l’utopie libertarienne manque un peu de réalisme.

    • Vous êtes libre. Libre d’installer ou non Facebook. Libre d’utiliser ou non un téléphone Android. Libre d’avoir ou non un compte chez Amazon. Libre de passer vos journées sur Twitter ou ailleurs. Personne ne vous met le couteau sous la gorge. Où est l’agression ?

      Le dernier paragraphe de l’article fait froid dans le dos : on a déjà trop d’État nounou, on va pas encore en ajouter ! Avec quoi ? En imposant aux opérateurs une coupure de la connexion de X minutes toutes les Y heures ? En affichant sur les smartphones un message disant : « ce téléphone est allumé depuis X temps, pensez à décrocher un peu » ? En ajoutant un message à toute pub pour un smartphone du type « abuser tu téléphone est mauvais pour la santé, à utiliser avec modération » ? Et puis quoi encore ?

      • Absolument d’accord, il est aussi possible d’utiliser le net comme un simple outil qui permet de remettre en cause la propagande des médias mainstream . D’ailleurs, à moins d’avoir un problème de compulsivité, il est tout à fait possible d’éviter le harcelement qui se déclenche des qu’on ouvre un compte amazon par exemple : spam et l’affaire est réglée

      • Arrêtez de vous imaginer libre par rapport au secteur privé. On y laisse tous un morceau.
        Ce qui nous protège (en Europe), c’est justement l’Etat. Ça doit vous déplaire fortement, mais c’est ainsi. L’horrible Etat qui protège ses citoyens contre les rapaces du privé. Si vous avez le droit de regard, de correction, de suppression de vos données, c’est parce qu’il y a une législation.

        • « Ce qui nous protège (en Europe), c’est justement l’Etat. Ça doit vous déplaire fortement, mais c’est ainsi. L’horrible Etat qui protège ses citoyens contre les rapaces du privé. »
          C’est sûr, l’Etat est votre ami et protecteur…
          Je ne suis pas sûr que les 8 millions de mort de la WW1, les 60 millions de morts de la WWII, les morts dans les camps de concentrations et les goulags ainsi que tous ceux morts dans les prisons d’Etat pour délits d’opinion, soient du même avis que vous. Ils ne sont pas mort pas la volonté des « rapaces du privé ».

          • Chaque soldat qui a tué un autre soldat a appuyé lui-même sur la gâchette. Il en avait reçu l’ordre, bien sûr. Il se battait pour une idéologie, pour des valeurs, pour empêcher celui d’en face d’envahir son pays (qu’on pourrait comparer ici à sa propriété privée : il défend ce quoi il tient).
            Enlever l’Etat, laisser les sociétés privées (forcément privées puisque le secteur public n’existe plus), et on se retrouve avec des milices, des mercenaires, etc. et pan pan pour de l’argent, pour l’accès aux ressources, aux matières premières etc.
            J’ai déjà reproché au libéralisme de ne pas prendre en compte la psychologie et la sociologie (peut-être parce que ce sont des sciences qui sont principalement subsidiées par l’Etat…) : dans votre croisade anti-étatique, vous ignorez le fait que ce sont aussi des êtres humains qui forment l’Etat, qui y travaillent, qui dirigent, qui administrent, qui envoient des gens à la guerre… gens qui se sont enrôlés librement dans l’armée. En Europe de l’Ouest, on a la chance de vivre en paix depuis 75 ans. Parce que les Etats assurent cette paix.
            Est-ce que les Etats sont formidables, parfaits ? NAN.

            • On ne parle pas ici d’enlever complètement l’Etat mais de le cantonner à ses fonctions régaliennes (qui inclue la Défense bien sûr). Sans pour autant lui laisser un blanc seing pour assurer ces dites fonctions régaliennes justement parce que ce sont des êtres humains (avec leurs qualités et défauts) qui forment l’Etat.

              « Il se battait pour une idéologie,  »
              Idéologie d’Etat la plupart du temps…

              « pour empêcher celui d’en face d’envahir son pays  »
              Évident. Mais je parlais des Etats agresseurs…

              « gens qui se sont enrôlés librement dans l’armée. »
              L’armée professionnelle n’est suffisante que pour les petites opérations armées. Quand le conflit est plus important (WW1&2, Algérie, Indochine & Vietnam…etc) on a la conscription même si c’est l’Etat conscripteur qui est l’agresseur.

               » on a la chance de vivre en paix depuis 75 ans. Parce que les Etats assurent cette paix. »
              Et auparavant, en 31 ans, on a eu 2 guerres mondiales et 69 millions de morts, parce que certains Etats ont décidé de faire la guerre à d’autres. Les Etats en eux-mêmes se sont aucunement garants de paix. C’est la façon dont ils sont dirigés et organisés qui prime.
              Si un Etat est limité à ses fonctions régaliennes avec une Constitution ne lui permettant pas d’organiser le pays à sa guise (et contre la volonté d’une partie de sa population) et le soumettant régulièrement à l’évaluation de sa population, les gouvernants de cet Etat auront du mal à s’autonomiser pour orienter l’action étatique (constitutionnellement limitée) dans un sens différent.
              Qui plus est, on a jamais vu de pays entretenant de bonnes relations économique se faire la guerre. Comme quoi, le développement ces relations économiques entre pays, est un moyen plus sûr que toutes les diplomaties pour prévenir les guerres.

              • Une idéologie étant système, c’est dur d’en avoir une hors d’un Etat…
                Avant les Etats-Nations, avant les nationalismes, avant les idéologies communistes, socialistes, nazis, etc, le monde vivait-il en paix et en harmonie ? Où est-ce que tous les seigneurs, barons, princes, etc allaient se foutre sur la tronche à cause d’alliance, de mariage, pour avoir des terres et des bois ? Vous connaissez la réponse nan ?
                L’Etat n’est pas responsable de tous les malheurs du monde.
                Votre dernier paragraphe est presque une lapalissade. Je fais moins d’affaire avec un gars que je déteste, et je vais taper plus facilement un gars avec qui je ne suis pas en affaire… ça semble logique.

                • « Une idéologie étant système, c’est dur d’en avoir une hors d’un Etat… »
                  Il y a bcp d’idéologies différentes existant dans le monde. Elles n’ont pas besoin d’être adossées à un système étatique pour exister.
                  Quand la structure même de son organisation permet à l’Etat d’intervenir fortement et sans barrière forte dans la vie de la société (je ne parle pas de la Justice), les tenants d’une idéologie auront tout intérêt à mettre la main sur les structures étatiques et l’Etat lui-même pour organiser la société selon leurs préceptes, quitte à forcer un peu ceux qui ne sont pas d’accord.

                  « Avant les Etats-Nations, avant les nationalismes, avant…etc »
                  Une fois de plus, vous laissez croire que les libéraux sont contre l’Etat et ne veulent aucun Etat. Ça, c’est le credo des anarcho-capitalistes, branche extrême du libéralisme. Ce n’est pas la ligne soutenue très majoritairement sur CP. Évidemment, quand on dit que les libéraux ne veulent plus du tout d’Etat, c’est un bon moyen de faire peur et récupérer certaines brebis qui pouvaient commencer à prêter une oreille aux libéraux… 🙂
                  Une fois de plus, la très grande majorité des libéraux ne sont pas contre l’existence même d’un Etat. Mais un Etat limité à ses fonctions régaliennes.

                  « Je fais moins d’affaire avec un gars que je déteste,  »
                  Pas vraiment. Un client est un client. Même si vous ne le supportez pas, vous devez tenir compte de ce qu’il peut vous apporter. Après tout, on ne vous demande pas de vous marier avec.
                  En fait, vous avez deux situations: soit vous êtes en situation de monopole dans votre domaine et que vos affaires sont florissantes sans avoir à traiter avec votre détestable, vous pouvez vous permettre de l’ignorer. En dehors de cette situation, vous devrez considérer cette personne et traiter avec lui. Et ce d’autant plus que vous serez en concurrence avec d’autres personnes sur le même secteur d’activité. Si vous ne traitez pas avec lui, un autre le fera. A vous de juger les conséquences négligeables ou pas, mais c’est de votre responsabilité.

                  « et je vais taper plus facilement un gars avec qui je ne suis pas en affaire…  »
                  En théorie, vous avez raison. En pratique, si celui avec qui vous n’êtes pas en affaire, est lui-même en affaire avec un de vos clients (ou fournisseurs) ou un client de vos clients (…etc), taper sur cette personne peut avoir des conséquences sur vos propres affaires par ricochet.

                  • Ce que vous dites sur Etat et idéologie n’est pas faux, mais si l’idéologie ne reste que concept/idée non réalisée (réalisation qui ne peut passer que par l’Etat je pense), il manque trop d’éléments à l’idéologie pour être totalement réfléchie.
                    Pour les libéraux minarchistes, je trouve que le côté « cachez ce sein que je ne saurais voir » en réléguant à l’Etat que des fonctions régaliennes (terme vague bien pratique). Laisser la justice à l’Etat, très bien, et on met quoi dans le code pénal ? Et la peine de mort ? et les conditions de détention ? Parce que la Justice repose sur les valeurs de la société, pas juste sur des vagues principes établis une fois et dahu.
                    Pour le reste de votre réponse, je suis content de voir que vous tenez compte des interactions autres que bidirectionnelles, mais également des effets « ricochets ».
                    Tout vendeur et tout acheteur tendra à limiter ses échanges avec un partenaire avec lequel il a des mauvaises relations. Mais ces échanges peuvent améliorer ces relations.
                    Il ne faut pas être en monopole pour pouvoir se permettre d’ignorer un détestable, un boulanger qui vend 100 pains par jour ne va pas se casser la tête avec un embêtant pour vendre 1 pain de plus.

                    • « des fonctions régaliennes (terme vague bien pratique) »
                      Ce n’est pas vague: sécurité intérieure (police), Justice, défense extérieure (armée) incluant la diplomatie. C’est même assez précis mais restreint ce qui limite les interventions dans les domaines sociétaux, culturels et moraux.
                      Par contre, je ne vois pas pourquoi les règles régaliennes ainsi que leurs modalités d’application seraient figés définitivement. le terme « fonction régaliennes » n’implique pas fonctions figées et lois figées.

                      « Mais ces échanges peuvent améliorer ces relations. »
                      Exact. Très souvent même.

                      « un boulanger qui vend 100 pains par jour ne va pas se casser la tête avec un embêtant pour vendre 1 pain de plus. »
                      Certes. Je ne sais pas dans quel domaine vous êtes mais par expérience, on est parfois surpris du nombre de « ricochets » même avec un client détestable. Un minimum de circonspection et de prudence (même pour un pain) est toujours préférable. Ne serait-ce que pour le relationnel avec le reste de la clientèle qui appréciera la plupart du temps votre attitude face à un désagréable.
                      Et on est également surpris du nombre de désagréables qui reviennent avec une autre attitude si vous avez été irréprochable la 1ère fois. 🙂

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