Propriété : une critique libérale classique des libertariens

La propriété défendue par les libertariens est-elle non seulement pensable mais possible ? Un point de vue critique libéral classique. OPINION

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Propriété : une critique libérale classique des libertariens

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 juin 2019
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Par Alain Cohen-Dumouchel.

Après avoir rappelé les principes de la propriété équitable, communs aux sociétés tribales, antiques féodales et socialistes, puis ceux de la propriété privée libérale nous nous intéressons aujourd’hui à une forme théorique de propriété, la propriété libertarienne, censée exister en dehors de toute structure étatique.

Une théorie construite pour fournir une alternative au marxisme révolutionnaire

La propriété libertarienne est une création artificielle des philosophes anarcho-capitalistes. La théorie qui la modélise a été « mise au point » par Murray Rothbard à partir de la fin des années 60 dans le but avoué, et réussi, de séduire les jeunes en leur offrant un cadre de pensée aussi attractif que celui de l’extrême gauche marxisante. La notion de propriété définie par Murray Rothbard est donc résolument révolutionnaire et sert de base à tout le développement de sa théorie.

Bien qu’elle touche une population peu nombreuse, la théorie anarcho-capitaliste a une influence certaine sur le débat libéral. Certains libéraux considèrent que la pensée anarcho-capitaliste est le développement naturel et l’aboutissement ultime du libéralisme. Ce serait donc par pragmatisme ou par manque de courage politique que les mouvements politiques libéraux se cantonneraient au libéralisme classique.

Nous démontrerons au contraire que cette théorie renonce aux principes de base du libéralisme classique et qu’en dépit de ses vertus désaliénantes vis-à-vis des dogmes étatistes, elle constitue une régression dangereuse et un frein au développement libéral.

La propriété comme unique source de la morale

Pour les libertariens comme pour les libéraux, la propriété est un droit naturel qui résulte de la nature de l’Homme, mais pour les premiers elle n’a pas à être promulguée ou protégée par un droit positif venant d’une structure étatique. La propriété libertarienne préexiste à toute institution et elle est le fondement absolu de la morale, le point de départ d’où découlent toutes les règles d’échange et de comportement vis-à-vis d’autrui. Tous les sujets de société peuvent être tranchés de ce seul point de vue : commerce, écologie, corruption, spéculation, immigration, avortement, adoption, droits des animaux, etc. La logique est implacable et aboutit à des prises de positions radicales et révolutionnaires par rapport à l’ordre établi. L’extrême pouvoir de séduction de cette théorie auprès de la jeunesse réside dans sa défense systématique d’un principe de non-agression et de non-violence à l’encontre des autres. Le consentement et l’échange volontaire y sont absolument centraux. Rien ne doit être imposé à l’individu venant de « la société ».

Finies donc les grandes interrogations sur la fondation de la morale en raison, cette quête incessante qui a épuisé des centaines de philosophes, de Platon, à John Rawls en passant par Kant, Jeremy Bentham, John Stuart Mill, etc. Les libertariens possèdent La Solution : est morale la propriété de son corps et tout ce qui en découle par le travail et l’échange volontaire. Et cette propriété, que l’on peut confondre avec la liberté, existe ex nihilo, avant et en dehors de toute reconnaissance par une institution.

Dans ce modèle, il n’y a plus d’État garant de la propriété, chacun doit la défendre par ses propres moyens. Chaque individu adhère pour sa sécurité et pour la protection de ses biens à une agence de protection, qui est une entreprise comme les autres, soumise à la concurrence.

Conséquences des postulats précédents : tout impôt est considéré par les libertariens comme du vol ce qui autorise des slogans simplistes et péremptoires tels que « l’impôt c’est le vol » ou « l’impôt est une spoliation légale ».

Mais où est passé l’individualisme méthodologique des libéraux ?

Ce qui devrait immédiatement alerter un libéral dans la doctrine libertarienne, c’est qu’elle ne respecte pas l’individualisme méthodologique, règle d’or de tout raisonnement libéral rigoureux. Il existe une espèce de collectivisme du droit et de la morale libertarienne qui doit s’imposer à tous. Dans le monde libertarien tout le monde s’accorde magiquement sur une conception consensuelle de la propriété.

Car pourquoi les agences de sécurité privée adopteraient-elles toutes les mêmes règles de droit ? Chaque agence devrait pouvoir offrir à ses adhérents des règles de droit adaptées à sa clientèle. Or le droit préconisé par Murray Rothbard est unique et universel : « Seul un monde sans maître, un monde purement libertarien, peut correspondre aux exigences du Droit et de la loi naturels et surtout, ce qui est plus important, aux conditions d’une éthique universelle pour tous les hommes. »

Et Rothbard en déduit rapidement que « Dans une société libre, il ne serait permis à personne (ou personne ne se permettrait) de violer la propriété d’autrui ».

Mais on ne voit vraiment pas pourquoi un groupe constitués de riches possédants adopterait les mêmes règles de droit qu’un groupe de miséreux. Les règles de droit et la morale qu’il choisirait de voir promues par son agence ne seraient certainement pas les mêmes que celles des pauvres. Le groupe de riches serait plus rentable pour une agence que le groupe de pauvres. Il y a donc fort à parier que les agences de protection qui se spécialiseraient sur les riches n’adopteraient pas le même droit que celles chargées de protéger les pauvres.

Dans Anarchie État et utopie, Robert Nozick montre les contradictions qu’il y a à envisager les agences de protection privées d’une société anarchique. Les agences en conflit seraient obligées de se référer à des arbitres (ou de se combattre) et l’on verrait spontanément apparaître quelque chose de monopolistique, qui aurait tous les attributs d’un État.

Le refus dogmatique de toute externalité artificielle

Deuxième grande aporie libertarienne : le refus de la violence. Cette posture destinée à séduire et à fournir un argumentaire aux militants les plus prosélytes ne résiste pas à l’examen. Cette idée que tout ce qui est imposé par la Nature est acceptable mais que tout ce qui est imposé par d’autres Hommes est par essence mauvais n’est pas sans rappeler les positions du culte écologique qui considère que tout ce qui est naturel est bon et que tout ce qui provient de l’ingénierie humaine est par essence mauvais.

Ainsi pour les libertariens toute ingénierie sociale imposée par la force (qu’elle résulte de la majorité ou de la tradition) est forcément mauvaise et à rejeter. Pourquoi ? Il faudrait à minima justifier ce postulat, ce que la poignée de philosophes libertariens ne prend pas la peine de faire. Si les contraintes imposées par la nature – l’Homme doit se nourrir, se loger, se chauffer – sont évidemment neutres au regard de ce qui peut être jugé bon ou mauvais, pourquoi des externalités artificielles ne pourraient-elles pas se révéler bénéfiques, c’est-à-dire contribuer à l’accroissement de la liberté/propriété de chacun ?

Dans ce domaine également les libertariens font fi de l’individualisme méthodologique, car du point de vue d’un individu donné, une contrainte artificielle, par exemple payer un impôt, est une coercition comme une autre. Il faut adopter un point de vue holiste pour porter un jugement de valeur sur les contraintes subies par l’homme en fonction de leur origine artificielle ou naturelle.

Talon d’Achille de la théorie libertarienne, ses prémisses holistes et constructivistes

La définition libertarienne (anarcho-capitaliste) de la propriété est donc malheureusement fortement régressive. On retourne à la vieille conception de la propriété féodale, complètement stérile puisqu’elle ne permet la formation de capital que très localement, donc de façon très réduite. À ce sujet, la brillante étude de Hernando de Soto dans Le mystère du capital  est éclairante.

Le slogan simpliste des libertariens : l’impôt c’est le vol, montre bien qu’ils n’ont pas compris la mécanique subtile de la propriété privée libérale dans laquelle l’État assure, par l’usage de la force ou par la menace de son usage, la reconnaissance universelle de la propriété de chacun. La propriété privée libérale n’existe donc qu’après l’impôt régalien, et cet impôt ne peut donc pas la « voler » puisqu’elle n’existe pas avant lui.

L’extrême faiblesse de la théorie libertarienne ne tient pas donc dans son déroulé qui est rigoureux et souvent brillant, mais dans ses prémisses holistes et constructivistes. C’est une espèce de géométrie non euclidienne, qu’il faut considérer comme un plaisant exercice désinhibiteur, sans plus.

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  • Mais l’impôt C’EST le vol, ca n’est pas une interpretation simpliste,
    c’est bien pour ca que l’impôt est soumis à consentement dans la DDHC, sinon il violerait de facto le droit de propriété.

    • Un grosse partie de ce que vous reprochez aux libertariens a déjà été théorisé par les penseurs des lumières, les libertariens n’ont fait qu’aller jusqu’au bout du chemin….

    • La DDHC ne parle que de contribution, terme qui implique une forme d’adhésion. Ce principe de consentement individuel est une contrainte insupportable pour le pouvoir de la force publique qui le délègue à une majorité habilitée à imposer (le mot est lâché) une spoliation à la tête du client.
      Abolition de la propriété, le tour est joué.
      Il n’est de loi que celle du plus fort.

  • « le droit préconisé par Murray Rothbard est unique et universel « : « Seul un monde sans maître, un monde purement libertarien, peut correspondre aux exigences du Droit et de la loi naturels et surtout, ce qui est plus important, aux conditions d’une éthique universelle pour tous les hommes. » Toute théorie qui se réclame d’être applicable qu’universellement est un totalitarisme . Comment se réclamer de la liberté quand on prône un unique schéma de pensée ?

    • à Val :

      bine entendu, la théorie des droits de l’homme (de la liberté)applicable à tous étant universelle, c’est donc un totalitarisme.

      La liberté, c’est l’esclavage !!!

      Val = Big Brother 🙂

      • @steph je vois que vous n’avez pas compris , pas grave

        • @ Val : si vous voulez que les droits de l’homme (ie la Liberté) ne soient pas une valeur universelle, sinon ce serait un totalitarisme (oxymore : totalitarisme égale non respect des droits de l’homme), alors cela voudrait dire qu’un monde avec moins de Liberté, donc plus d’esclavage, serait plus libre.

          Non, manifestement, j’ai du mal à vous comprendre …

          • @stéphane ce que je veux ou non n’a que peu d’importance. Les droits de l’hommes ne sont pas universels loin s’en faut. C’est d’ailleurs un concept fort récent . Voila pour les faits. Vouloir les imposer universellement à des gens qui ne les pratiquent pas est un tyrannie : vous voulez repartir coloniser ? en croisade en Inde ? Et oui vous avez du mal à comprendre 😉

            • Aristote et son professeur Platon en discutaient déjà il y 2300 ans, dans une forme plus simple certes, mais bon, le sujet est loin d’être récent, même s’il a été bien mieux formulé récemment.

              • @chk voila 2300 ans récent donc à l’échelle humaine, aristote et platon une société dans laquelle l’esclavage était la règle … c’était donc de la discussion embryonnaire , la pratique des droits de l’homme est occidentale et fort récente

                • C’est un non argument, le contexte à toute son importance,.
                  Part ailleurs une partie des penseur grecs étaient contre l’esclavage.

                • « l’esclavage était la règle »

                  Ici il l’est toujours, simplement l’esclavagiste est à Bercy ou à l’URSSAF.

                  • @mc2 allons allons , personne ne vous empêche de partir … ce n’était pas le cas pour un esclave de la Grèce antique, d Egypte ancienne ou à Rome ou plus récemment aux US dans les états du sud. A force de vivre en occident vous avez vraiment totalement perdu de vue ce qu’est la vie sous un véritable totalitarisme.

  • « La théorie libertarienne est holiste et constructiviste »,
    « La liberté c’est l’esclavage »,
    « La guerre c’est la paix »,
    etc ….

  • L’avis de classiques sur l impôt :

    « L’impôt est infailliblement nuisible. »
    Benjamin Constant

    « L’impôt est une agression et une pénalité contre la propriété acquise et produite, qui conduit nécessairement à une réduction de la création de richesse incorporée dans cette propriété, et à un abaissement du niveau général de vie. L’impôt est un transfert forcé, non consenti, d’actifs patrimoniaux. »
    Jean-Baptiste Say.

    « Lever un impôt, c’est faire tort à la société. »
    Jean-Baptiste Say.

    « La Spoliation est un principe de haine et de désordre, et si elle revêt une forme plus particulièrement odieuse, c’est surtout la forme légale »
    Frédéric Bastiat

    Ils sont vaches « les classiques » de m’avoir fait croire qu’ils considéraient l’impôt comme une spoliation. Tellement d’année dans l’erreur, je ne sais pas si je vais m en remettre.

    • Bien répondu ! bam

    • « Si l’impôt n’est pas nécessairement une perte, encore moins est-il nécessairement une spoliation. Sans doute, dans les sociétés modernes, la spoliation par l’impôt s’exerce sur une immense échelle. Nous le verrons plus tard; c’est une des causes les plus actives entre toutes celles qui troublent l’équivalence des services et l’harmonie des intérêts. Mais le meilleur moyen de combattre et de détruire les abus de l’impôt, c’est de se préserver de cette exagération qui le représente comme spoliateur par essence.  »

      Frédéric Bastiat, Chapitre XVII des Harmonies économiques : Services privés, service public.

      • Et pourtant dans « la loi » Bastiat insiste bien en long en large en travers sur la spoliation légale.

      • « Les finances publiques ne tarderont pas d’arriver à un complet désarroi. Comment pourrait-il en être autrement quand l’État est chargé de fournir tout à tous ? Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt ; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir »
        Frédéric Bastiat

      • félicitations, vous venez de citer la SEULE connerie qu’ait écrite Bastiat.

        • @type : Bastiat parlait de la sécurité sociale. Visionnaire avec 150 ans d’avance, et ce serait une connerie ? soyons sérieux, même Proudhon (qui était d’un très haut niveau intellectuel et qui a fini libertarien sans le savoir, sisi) n’a pas réussi à avoir raison contre Bastiat.

          • En effet, j’ai lu un peu vite. J’avais cru lire la partie sur la justification de l’impôt pour la production de sécurité, qu’on trouve à la fin des Harmonies.

            Alors qu’en fait c’était autre chose. Voilà ce que c’est de taper plus vite qu’on ne lit

    • « Je sais fort bien que le maintien de l’ordre social, qui garantit la propriété, passe avant la propriété même ; mais il ne faut pas que la conservation de l’ordre puisse servir de prétexte aux vexations du pouvoir, ni que la subordination donne naissance au privilège. »

      Jean-Baptiste Say – Traité d’économie politique
      Livre Premier – Chapitre XIV – Du droit de propriété.

      • Et c’est donc pour cela que l’exercice du maintien de l’ordre social ne peut être monopolistique, sinon cela donne naissance aux vexations du pouvoir, et aux privilèges …

        Croire que l’état est omniscient et ne peut faire que le bien, et que donc il doit être en situation de monopole, ce n’est pas utopique comme pensée ????

  • «  La propriété privée libérale n’existe donc qu’après l’impôt régalien, et cet impôt ne peut donc pas la « voler » puisqu’elle n’existe pas avant lui. »

    C’est un troll d’excellente qualité.

    Mais comment je paye mes impôts si je n’ai aucune propriété avant de les payer ? Je ne peux quand même pas les payer avec ce qui ne m’appartient pas ?

    • « Mais comment je paye mes impôts si je n’ai aucune propriété avant de les payer ? Je ne peux quand même pas les payer avec ce qui ne m’appartient pas ? »

      Il a fallut à un soit-disant philosophe pétri de diplômes un article de presque 1500 mots faisant appel à des dizaines de notions théoriques compliquées (et mal comprises par l’auteur) pour exposer sa pensée.

      Vous démontrez l’absurdité de ses idées en deux courtes phrases qui transpire la sagesse et le bon sens.
      Je salue et admire votre sens de l’analyse.

  • « La propriété privée libérale n’existe donc qu’après l’impôt régalien »
    Comment l’État pourrait-il assurer la reconnaissance universelle de quelque chose qui n’existerait pas avant lui et dont les hommes de l’Etat n’auraient même pas conscience ? Il faut bien que ce qu’on décide de protéger existe avant de le protéger.
    L’humanité préexiste à ses constructions sociales, sauf une, la famille, seule institution étant à la fois naturelle et sociale. La liberté et la propriété privée sont intimement unis à la nature humaine. L’Etat ne crée pas l’homme, pas plus qu’il n’invente la propriété privée. C’est la défense de la propriété privée qui légitime l’Etat. Sinon, l’Etat « n’a point de Constitution » (DDHC, art. 16).

    « culte écologique qui considère que tout ce qui est naturel est bon »
    La nature est accessoire dans le culte écologique. Elle n’existe que pour justifier le désir inextinguible de pouvoir sans limite de ses adeptes sur autrui.
    La nature fantasmée chez les écologistes est strictement identique au paradis communiste chez les socialistes. Seule change la couleur dominante de l’enfer qu’ils nous proposent.

    • @AerosolKid & Cavaignac

      La propriété existe avant l’État, elle est consubstantielle à l’homme. Libéraux et libertariens sont bien d’accord là-dessus.

      Ce que l’État rend possible c’est la reconnaissance universelle de cette propriété en droit positif. Armée, justice, police. Après cette reconnaissance la propriété devient privée. Cette reconnaissance a un coût qui est l’impôt régalien.

      • Et cette reconnaissance ne pourrait être réalisées par des sociétés de droit privée ?

        Lire Bertrand Lemenicier sur ces sujets, ou plus ancien, Gustave de Molinari…

      • +1 @alain tout à fait . Je suggère à nos libertariens de salon d’aller faire un tour dans les pays à régalien vacillants et il verront de visu ce qu’il en est de la propriété privée 😀 !

          • @Chk il faut sortir un peu , allez n’importe où en Afrique du nord ou sub shaharienne et vous goûterez la différence . Oui l’état est obèse en France et il lui faut une drastique cure d’amaigrissement mais il fait encore un peu le job . Les gens n’investiraient pas autant dans l’immobilier sinon .

            • Ok aps de problème avec votre vision relative des choses qui est juste dans l’absolu, mais je n’aime pas le nivellement par le bas.

        • @ Val : je reviens de Cuba, le régalien est très puissant, mas les droits de propriété, bof bof …

          Regardons donc la réalité : tous les pays développés ou l’état est peu présent dans l’économie (Suisse, hong kong, Singapour, NZ, Luxembourg, etc …) la propriété privée y est très bien protégée !!!

          « Le chaos des anciens pays communiste, ce n’est pas le libéralisme ! » JF REVEL

          • @stéphane très bons exemples Suisse , HK, Singapour Luxo = états régaliens très forts assortis d’un contrôle de frontières tres puissant . Merci ! 😉

          • @stéph cuba : sophisme : vous mélangez allégrement condition nécessaire et suffisante . De mon point de vue l’état est nécessaire mais son périmètre doit se réduire au régalien .

            • Il n’y a rien qui permet de prouver que l’état est nécessaire, ne serait-ce que parce-que moins l’état est présent mieux les choses fonctionnent

              • @chk rien ? Citez moi un seul pays qui le teste et on en reparle

                • Il y a des gens qui essayent de faire ca et on leur met des sérieux batons dans les rouent, je pense au liberland par exemple qui s’est approprié une terra nullius, et qui se retrouve avec l’armée sur le dos..

                  Ceci dit on peut espérer voir apparaître une société libertarienne de notre vivant, peut-être quelqu’un investira assez d’argent pour faire du seasteading, ou peut-être verra on apparaître des sociétés sur la Lune ou Mars , etc.

                  Mais me demander le nom d ‘un pays qui teste ca , et s’en servir comme contre argument, c’est plus que discutable, j’espère que vous vous en rendez compte?

                  • @Chk « plus que discutable » : je ne vois pas pourquoi. Je vous rejoins sur votre dernier point : possible dans des micro sociétés d’early adapters-défricheurs . Mais qui évolueront implacablement vers l’étatisme dès que les opportunistes arriveront -car les défricheurs ne voudront pas être spoliés par les opportunistes .

                    • Possiblement , je rejoins Nozick das sa théorie que les structures étatiques se recrées d’elles même, et j’ajouterais qu’elles deviennent naturellement de plus en plus oppressante, comme j’ai dis dans un autre commentaire, c’est le parfait argument (s’il est vrai) pour démarrer du point le moins étatique possible, vu qu’on va ralentir fortement l’apparition des problèmes.

      • Vous assimilez l’existence de la propriété privée à sa reconnaissance universelle. Mais pour y parvenir, vous devez établir une distinction entre propriété (simple ?) et propriété qui devient privée. Qu’est-ce qu’une propriété qui ne serait pas privée ? Une propriété publique, une propriété collective ? Si c’est bien le cas, le concept me semble une pure illusion. La propriété collective n’existe pas.

        Toute propriété publique est en réalité privée. Mais la différence essentielle avec la véritable propriété privée, c’est qu’elle tombe entre des mains illégitimes, par exemple les chefs mafieux des Etats obèses qui en possèdent de facto l’abusus et la plus grosse part du fructus qu’ils redistribuent sans honte à leurs obligés, parce qu’il n’y a pas de jouissance du pouvoir sans corruption active. Quant à l’usus, ils le concèdent à regret parce qu’ils n’ont pas le choix mais s’empressent de le reprendre dès qu’ils le peuvent à n’importe quel prétexte fumeux (trivialement, les 80 km/h du barbu).

        Il découle que le concept de propriété collective de biens prétendument publics est également inopérant. Par exemple, l’affirmation selon laquelle la biodiversité serait une propriété collective de l’humanité est l’archétype du concept creux, sans objet, qui relève surtout de la mauvaise foi et de la manipulation perverse d’un droit fictif qui plonge ses racines dans l’injustice. Non, désolé les gars, la biodiversité ne vous appartient pas et vous n’avez aucun droit ni devoir à son égard. Vous êtes illégitimes, ne serait-ce même que pour en parler. Occupez-vous de vos affaires !

        La véritable propriété privée ne peut être contestée. Elle peut être attaquée, volée, violée, collectivisée, mais elle est incontestable parce qu’elle précède tout. Autrement dit, un voleur sait toujours qu’il est un voleur. Les politiciens illégitimes savent parfaitement qu’ils sont illégitimes, d’où la hargne insensée des collectivistes à vouloir paraître ce qu’ils ne sont pas. Ainsi, comme prévu depuis des millénaires (Décalogue), le mensonge accompagne toujours le vol ou le meurtre. Il suffit d’observer le spectre politique français pour s’en convaincre aisément.

        • Tout à fait d’accord avec vous, mais il reste quand même le pro blême de la primo-accession, problème non résolu par la théorie libérale, certes ca n’a plus grande importance actuellement d’un point de vue pratique, mais d’un point de vue théorique c’est fondamental.

      • Ah Proudhon, « la liberté, c’est la propriété », c’est beau un homme qui change d’avis.
        A ce propos, je rejoins la position de l’auteur, j’ai fait un grave contre sens sur la spoliation légale, que l’on peut distinguer de l’impôt, à cause de sa destination qui est différente.

        Néanmoins si on prend une portion de ma propriété sans mon consentement, même si c est pour assurer la sécurité de ma personne ou de ma propriété cela reste du vol, c est. @Alain.

        • J’ai eu le tort de penser qu’il y avait égalité parfaite de notion entre l impôt et la spoliation légale d’un point de vue libéral classique.
          Mais sans consentement, de mon point de vue en tout cas, l’impôt reste du vol y compris pour assurer ma sécurité. Temps pis je l’assurerai avec mes propres moyens…oh wait !

          • La DDHC n’est elle pas la culmination de la pensée libérale classique ?
            Et elle impose bien le consentement .

            J’ai loupé quelque-chose?

        • L’Etat régalien est légitime. L’impôt pour le financer l’est également, par destination. Votre consentement au régalien est acquis par défaut, puisque vous n’êtes pas en mesure d’exprimer votre refus en son absence.

          Au-delà du domaine régalien, l’impôt socialiste est illégitime. Tout ce qui excède le régalien est du vol, peu importe les bonnes intentions péniblement bafouillées pour le justifier.

          • Je ne suis pas d’accord sur votre interpretation, mais il me semble bien comprendre votre propos, qui à du sens dans un certain contexte.

            Mon point principal de désaccord : « Votre consentement au régalien est acquis par défaut »
            Qu’il soit acquis par defaut à la naissance pourquoi pas, mais il faut avoir la possibilité de resigner cette accord pour qu’il soit legitime.

            • Il ne peut pas y avoir de consentement, si ce consentement, quel que soit le sujet sur lequel il porte, n’est pas révocable.

              • Ce qu’il faut en comprendre, c’est qu’il n’y pas le choix. Pour illustrer, vous ne pouvez pas révoquer la gravité par exemple. Un avion vous permet de vous en affranchir un instant, mais il faudra bien atterrir. Votre raison vous fait consentir à la gravité par expérience. Pas le choix.

                Une fois admis l’existence d’un cadre non négociable, on peut légitimement discuter des limites du cadre, autrement dit des limites du régalien. Là est le débat vraiment intéressant, l’essence du minarchisme.

  • « Dans le monde libertarien tout le monde s’accorde magiquement sur une conception consensuelle de la propriété. »

    Et dans le monde des étatistes et des mafieux ce n’est, comme par magie, plus un crime de racketter quelqu’un au prétexte qu’on veut le protéger contre des racketteurs.

    Passons maintenant aux arguments :
    « sans l’État = pauvres abusés par riches tout-puissants »
    « avec l’État = pauvres protégés contre riches tout-puissants »

    Posez-vous deux questions.
    Premièrement, quelle est, entre deux populations similaires ( A et B ), celle qui est la plus suceptible de vaincre un groupe d’agresseurs :
    A- Une population qui a conscience qu’elle a le droit de se défendre contre les agresseurs.
    B – Une population qui cesse de se défendre contre les agresseurs aussitôt qu’ils brandissent un badge de la police ou mettent un uniforme de l’armée nationale.

    Deuxièmement, quelle est, entre la situation C et la situation D, celle où les riches sont les plus dangereux :
    C – Les riches qui veulent attaquer Saddam ou Gaddafi doivent financer l’attaque avec leur propre argent.
    D – Les riches qui veulent attaquer Saddam ou Gadaffhi se contentent de passer un coup de fil à Bush ou Obama, lesquels sont légalement autorisés à piller l’argent de la population américaine afin de financer l’attaque.

  • Impressionnant !!!

    L’auteur de cet article n’a manifestement pas lu Murray Rothbbard !!!

    Il cite Robert Nozick et son livre Anarchie etat et utopie comme critique de la pensée aboutie de Murray Rothbbard, alors que c’est parfaitement impossible, car l’éthique de la liberté de Rothbbard, qui synthétise la pensée libertarienne, a été écrit 10 ans plus tard que le livre de Nozick, et critique d’ailleurs ce livre en expliquant bien comment la sécurité privée fonctionne !!!

    De plus, c’est Bastiat qui a écrit le premier que le droit naturel préexiste au droit positif !!!

    Bref, article bourré d’hommes de paille, qui critique sans connaître.

    Hallucinant !!!

    Pour revenir sur Nozick et sa notion de contradiction sur les agences privées, Nozick pense qu’il est impossible à terme que la police soit exercée par plusieurs états, et que donc tout va se terminer par un grand état central …

    Comme bien souvent, il faut comparer les théories à la pratique :

    en 1950 moins de 50 états (sociétés étatiques de sécurité) dans le monde, en 2019 plus de 200 états dans le monde …

    Nozick a vu très clair sur ce point … (ce qui n’enlève rien à la qualité de son livre, certes très inférieur à l’éthique de la liberté de Rothbbard).

    • Oui enfin tout de même, même si je n’aime pas particulièrement Nozick, il a critiqué Rothbard en connaissant bien l’homme et ses idées vu que le livre de Nozick est né de longues conversations entre les 2 hommes.

      Je suis probablement d’accord avec nozick sur le fait que les structures étatiques se recréent d’elles même (même sous une autre forme)
      Par contre pour moi c’est un argument pour avoir de base le système le plus anti étatique possible, parce-que le glissement vers l’enfer est d’autant plus lent.

      • A Chk : je précisais juste que Nozick aurait eu du mal à critiquer dans son livre une œuvre écrite 10 ans après la sienne.

        L’auteur de l’article écrit : Les agences en conflit seraient obligées de se référer à des arbitres (ou de se combattre) et l’on verrait spontanément apparaître quelque chose de monopolistique, qui aurait tous les attributs d’un État : manifestement, en regardant la réalité : NON => les Etats Unis, pourtant l’armée la plus puissante de la planète, est de moins en moins monopolistique du point de vue de la Justice et de la Police (et c’est bien mieux ainsi)

        • Oui pour ce qui est de Nozick, je vais peiner à être d’accord pour la justice aux US, bien qu’il y aient des avantages certains contrairement à notre système(le coté fédéral aide bcp à faire des choses impossibles ici), les US reste un système très étatique.

  • L’impot sur le vol : si l’auteur de l’article avait lu l’éthique de la liberté de Rohtbbard, il saurait donc répondre à la question posé dans le livre : trouvez donc uns définition du vol qui ne s’applique pas à l’impôt …

    Tant que celui-ci est obligatoire est non volontaire (comme dans la DDHC de 1789), cela restera du vol…

  • Pour ceux qui n’ont pas le courage de lire tout l’article, je vous le résume :

    « Muh sécurité, muh l’impôt c’est pas le vol ».
    Mais je vais quand même répondre à quelques objections présentées.

    Et je commence par la fin, où l’auteur prétend que l’impôt préexiste à la propriété privée et que c’est lui qui permet à la propriété privée d’exister de façon universelle (et que l’impôt n’est donc pas le vol).

    Cet immonde sophisme se démonte en un rien de temps. En effet, si en l’absence d’état, il n’y a pas de propriété privée, alors, il faudra justifier que le naufragé sur son île déserte qui cueille une noix de coco dont il mange la chair et utilise l’écorce comme un bol n’est propriétaire ni de SON dîner, ni de SA vaisselle… Ni de lui-même.

    Je souhaite bien du courage à l’auteur pour y parvenir.
    Du reste, comment la propriété privée avec l’impôt pourrait-elle être universelle, puisque l’état implique une société de castes avec les hommes de l’état d’un côté qui vivent de l’impôt et les serviles de l’autre qui entretiennent les premiers ? On voit bien que la règle n’est pas du tout universelle puisqu’elle aboutit à deux catégories d’humains qui n’ont pas les mêmes droits.

    Aussi, une conséquence amusante de cette théorie de « l’impôt fait exister la propriété » est que les hommes de l’état ne paient pas d’impôt et ne sont alors propriétaires de rien, ce qui les rend inaptes à réaliser la moindre des actions (comme lever le premier impôt), puisqu’ils ne sont même pas propriétaires d’eux mêmes.

    Bref, on est face à un exercice de pensée magique où l’état devient une sorte de divinité toute puissante qui donnerait corps à des trucs qui existent pourtant très bien sans lui.
    ET DONC, dire que le mantra libertarien « l’impôt c’est le vol, l’état, c’est la mafia » est « simpliste » n’est pas un argument mais un jugement de valeur sans valeur.

    Comme l’impôt se passe du consentement des individus, alors, il tombe naturellement dans la catégorie du vol. Peu importe que le produit de ce vol soit redistribué d’une façon ou d’une autre aux individus volés sous forme de police, justice, armée, hôpitaux, routes, etc. Si je vole la montre de mon voisin et qui je lui donne l’heure, je reste un voleur.

    Sur la production de sécurité pour les pauvres, l’article prétend que les sociétés de sécurité seront plus promptes à convoiter les riches que les pauvres.

    C’est ignorer les mécanismes du marché : la demande de sécurité des pauvres ne cesse pas d’exister et il y a donc un boulevard pour les casseurs de prix. Du reste, en imaginant un scenario catastrophe où personne ne voudrait fournir un tel service pas cher, alors, les pauvres peuvent aussi produire leur sécurité eux-même en s’associant librement dans des communautés à l’image de ce qui se fait avec les voisins vigilants par exemple, mais en mieux, évidemment, puisqu’ils ne seraient plus entravés par l’état qui ne leur donne pas le droit de se défendre.

    Ensuite, les libertariens refuseraient par l’ingénierie sociale imposée par la force, la tradition ou la majorité sans jamais justifier ce « postulat ».

    Évidemment, c’est faux : le refus de l’ingénierie sociale est une conséquence de la théorie de la propriété privée et pas un postulat.

    Encore un machin rigolo : « pourquoi ne pas contribuer à l’accroissement de la liberté/propriété de chacun ? » Peut être parce qu’une telle position signifierait que chaque individu devient l’esclave des autres et réciproquement, ce qui est une situation impossible. Évidemment, on peut CHOISIR d’aider les autres en anarcapie, mais ça ne peut certainement pas devenir un principe.

    Enfin, je note que cet article qui reproche aux libertariens (certes, à tort) de ne pas justifier certaines positions assène comme une évidence que la définition de la propriété des libertariens serait « féodale », « régressive », « holiste », « stérile », etc… Mais ne le démontre en aucune façon.

    Bref… je préfère ne pas en rajouter.

    • @type : + 1000 !!!

    • @un type pouvez vous me citer un endroit où la propriété privée soit garantie sans présence d’un état ?

      • C’est stupide come question, la réponse première qui me vient à l’esprit, c’est « essayez d’aller piquer le bout de gras d’un cros-magnon » , essayer d’aller piquer la carcasse que la lionne vient de chasser, etc
        On appelle pas ca le droit naturel pour des prunes….
        Ceci dit mes exemples sont l’extreme du droit de propriété, un droit de propriété absolu, sans aucun regard sur celui de son prochain.
        Mais ca tombe, bien aussi con que soit la plupart des êtres humains, ils aiment bien vivre peinard.

        • donc naturellement, sauf exception, statistiquement prévisible d’ailleurs, tout devrais plus ou moins bien se passer…

          • (sarcasm on) Parce-que évidemment, les gens se font des guerres en se tuant par millions, alors qu’ils ne sont pas forcé par une certaine hiérarchie à le faire (sarcasm off)
            Evidemment on trouvera des rares cas contraire dans l’histoire, mais on peut reconnaître assez facilement que les guerres viennent des sois disant représentants de la populace.

        • @chk j’attends toujours votre société rêvée sans état , un exemple actuel ?

          • Val, vous essayez d’insinuer que vu qu’on n’en vois pas, ca ne pourrait donc pas exister?
            Si c’est ca ca va être leger comme argument.

            • @chk oui c’est effectivement ce que je prétend. Toutes les sociétés organisées de la sorte ont disparu : soit elle ont été absorbées par d’autres plus fortes, soit elles ont dû muter elles mêmes pour se défendre et donc créer qqchose qui s’apparente à un état. -avec tous les problèmes inhérents malheureusement- et pour un raison simple : dans l’échelle des besoins humains , la survie vient bien avant le besoin de propriété privée . Combien d’esclaves se suicident ?

      • @val : pas besoin de garantie, il suffit de constater que la propriété privée est intrinsèque à l’individu.

        La première de toutes nos propriétés privées est notre corps, dont nous sommes le seul et unique pilote, jusqu’à notre disparition. À partir de là, ce que nous accaparons avec notre corps devient naturellement notre propriété privée (la noix de coco qu’on ramasse sur une terre vierge, puis qu’on mange et qui s’assimile à notre corps, etc.)

        La propriété privée n’est pas garantie, mais défendue. On peut la défendre nous-même ou en confier la défense à un tiers, contre un service qu’il jugera équivalent. Mais il n’y a pas de garantie, ça reste un pari, comme toute chose dans la vie (on parie sur notre capacité à défendre notre noix de coco ou dans la capacité de notre tiers à accomplir cette mission).

        • @type propriété privée est intrinsèque ? que voulez vous dire par là ? il y a encore bien des esclaves sur terre ou des gens victimes de la traite.

          • @val

            Je veux dire par là que ça fait partie de notre nature. Le mot était peut être mal choisi, mais à la fin, si la propriété, c’est « ce sur quoi on possède la jouissance exclusive (sans avoir contredit la jouissance exclusive d’un autre) », alors, nous sommes bien propriétaires de nous mêmes (notre corps n’obéit qu’à nous et pas à Tartemolle)… Et de ce que nous pouvons accaparer.

            L’esclavage contredit la définition, puisque l’esclavagiste prétend posséder un autre humain et avoir la jouissance exclusive de son corps. Mais l’esclave n’a pas choisi son destin. Quelque part, on peut dire qu’il a été volé.

            Du reste, l’esclave reste propriétaire de lui même, puisque la petite voix dans sa tête sera toujours celle de sa conscience et jamais celle de son prétendu proprio.

            Le fait que le vol existe ne fait que confirmer l’existence de la propriété privée, puisque sans propriété privée, pas de vol.

            • @un type ce que vous dites de l’esclavage est la vision actuelle -que je partage- et occidentale . Elle représente une toute petite portion historique et territoriale de l histoire humaine. Nous la tenons pour « vraie » mais d’autres en ont une bien différente : par ex les hindous avec leurs castes , l’islam radical qui pratique l’esclavage . Croire que c’est universel et intemporel est une lourde erreur. Les serfs chez nous étaient liés à leur terre, le seigneur avait droit de vie et de mort sur eux ils ne possédaient rien, pas même leurs enfants , idem les moujiks . La propriété privée (notre corps + nos biens) est tout à fait récente et locale . Ne pas comprendre le côté unique de cela dans l’histoire humaine est tout à fait préjudiciable. Vous prenez pour acquis quelque chose pourrait bien nous être retiré demain par une tyrannie adverse (hier les cocos niaient le droit de la propriété privée , les nazis niaient le droit de vie des juifs/malades/homos/handicapés et j’en passe , demain les transhumanistes pourraient faire de même , les islamistes aussi vis à vis des « infidèles » femmes homos etc . pour moi , les libéraux -dont je suis- ont du plain sur la planche

              • @val Le fait que d’autres se trompent et pratiquent le vol et l’agression en pensant bien faire (ou pas, d’ailleurs) ne contredit pas la réalité que j’ai décrite.

                De la même façpon que la société où tout le monde pense que la terre est plate, en contradiction avec la réalité, se trompe.

                En général, les hommes ont tort. Mais avec un peu de chance (et de charisme), ce qui est vrai, juste et bon finira par triompher.

                • @un type « la réalité que vous avez décrite » : mais quelle réalité avez vous décrite ? C’est moi qui ai décrit la réalité , vous avez décrit des théories appliquées à peu près nulle part puisque la société libertarienne n’existe pas . Quant à « ce qui est vrai, juste et bon finira par triompher » : je n’y crois pas une seconde , ceux qui ont voulu faire de la terre un paradis en ont généralement fait un enfer , tout simplement car ce qui est « ce qui est vrai, juste et bon » pour vous ne l’est absolument pas pour d’autres …

                  • @val

                    la réalité de la propriété de soi, que j’ai décrite et continue d’exister, même avec la coercition.

                    Dans le passé, on disait de l’esclavage à peu près la même chose que ce qu’on dit aujourd’hui de la liberté (impossible de l’abolir, ça n’a jamais existé, etc).

                    Il n’y a pas de raison de penser qu’un jour, une organisation qui pratique le vol et la violence pour exister tout en prétendant faire le bien deviendra aussi immonde aux yeux du lambda que l’esclavage l’est aujourd’hui.

  • C’est l’impôt qui crée la propriété. Je dirais même plus: plus il y a d’impôt, plus il y a de propriété privée. Vivement qu’on soit à 100% de prélèvements obligatoires.

  • L’auteur soulève des critiques fréquentes de la logique libertarienne… mais ces critiques ont déjà été adressées et assumées.

    Dans la doctrine libertarienne, le tenant de base est de laisser chacun vivre libre sur sa propriété avec ses valeurs tant qu’il ne nuit pas à la liberté et la propriété d’autrui.
    Chacun adopte les valeurs qu’il veut et, si quelqu’un veut payé une taxe ou un impôt à une organisation pour qu’elle lui procure un cadre un peu plus régulé, libre à lui.
    Les libertariens ne s’opposeront à l’existence de cette organisation que si elle cherche à les obliger à contribuer à son fonctionnement ou à respecter des règles autres que celles auxquelles le cadre moral de l’individu souscrit volontairement.

    La propriété libertarienne tient d’avantage de la possession naturelle que de la propriété codifiée, régulée et légiférée des sociétés étatiques.
    Je suis propriétaire d’une chose car je la possède.
    Et je la possède car je l’occupe, je l’utilise, je la protège, je l’entretiens… et car autrui, ayant été témoin de cela, reconnait que je suis propriétaire, acceptant en cela de ne pas recourir à la violence pour contester ma prioriété, avec l’accord implicite que j’étende la même courtoisie à autrui.

    Cela ne fait pas disparaitre le risque de désaccords ou de conflits nés de différences de compréhension, d’opinion ou d’intérêts. Mais ceux-ci existent aussi dans la société étatique actuelle.
    La justice tranche alors… tout comme la médiation tranche en société libertarienne.

    La seule différence tient dans le fait que, lorsque la justice n’est pas respectée en société étatique, l’État fait descendre avec violence son omnipotence sur ceux qui défie ses décisions.
    Dans une société libertarienne, ne pas parvenir à un accord génère un conflit violent entre les parties… mais uniquement si les deux parties estiment que l’enjeux vaut la peine de risquer sa propriété, sa santé, sa vie, ce qui sera rarement le cas.

    • @Joël Merci pour votre contribution mesurée et argumentée.

      Vous faites une bonne description des présupposés libertariens et ce sont justement eux qui posent problème. Car lorsque vous écrivez :

      « autrui, ayant été témoin de cela, reconnait que je suis propriétaire, acceptant en cela de ne pas recourir à la violence pour contester ma prioriété, avec l’accord implicite que j’étende la même courtoisie à autrui. »

      vous mettez en relief la pensée holiste des libertariens. « Autrui » n’est pas un individu qui pense et qui agit, autrui ce sont quelques milliards d’individus qui, à l’issue du tour de passe-passe libertarien, sont tous d’accord pour ne pas revendiquer vos biens.
      En plus du holisme il s’agit d’une vision constructiviste d’un homme idéal, industrieux, respectueux des autres, etc. On retombe dans un schéma de pensée qui rappelle l’homme idéal communiste : travailleur, altruiste et bienveillant.

      • @Alain
        Je comprends le soucis logique que vous décrivez.
        Néanmoins, c’est le même problème qui s’applique à n’importe quelle autre société humaine :

        Pour qu’existe une communauté, il faut s’accorder sur quelques règles morales de base afin de construire la confiance et le respect suffisant à pouvoir coexister pacifiquement.

        Attendre de la majorité des individus qu’ils respectent ces règles morales de base n’est pas pour moi une attente déraisonnable dans la conception d’un modèle de société humaine.
        Du moins cela ne l’est pas tant que la réponse à un non-respect est prévu, ce qui est le cas dans toute société actuelle à travers la justice et sa capacité à user de la violence pour imposer ses décisions.

        C’est aussi le cas dans la pensée libertarienne :
        « Ne me marche pas dessus ou je serai forcé de te mordre »
        La justice est ici déléguée à l’individu directement, entendu qu’il vit au côté d’autres individus (« Autrui ») dont la principale préoccupation est de vivre en bon voisinage autant que possible.

        « Autrui », qu’il s’agisse de votre seul voisin ou de milliards d’autres humains dispersés à travers la planète, n’a pas à être une copie idéologique du libertarien parfait tant qu’il a conscience des limites à ne pas dépasser lorsqu’il interagit avec le dit « libertarien parfait », les dites limites étant très simples en soit :
        « Ne pas porter atteinte à mon intégrité physique ou à l’intégrité physique de ma propriété »

        « Autrui » n’est même pas obligé de s’accorder avec vous sur le détail de ce qui constitue votre propriété :
        Tant qu’il est conscient de ce qu’est ce détail pour vous, il saura que ne pas porter atteinte à ce que vous considérez votre propriété ne résultera pas en un conflit.
        S’il y a confusion sur ce point, une discussion suffit à chaque partie pour prendre conscience du point de vue de l’autre, sans pour autant qu’elles soient d’accord.
        S’il y a désaccord sur ce point, une médiation peut permettre de trouver un accord.
        Ou à défaut d’un accord complet, cela permettra au moins un compromis permettant de coexister en laissant la propriété de certains biens dans le vague jusqu’à ce qu’il devienne réellement nécessaire de définir qui est propriétaire.

        Et oui, si « Autrui » désire finalement contester votre propriété en toute âme et conscience parce que, pour « Autrui », ces biens ne sont pas à vous, alors il y aura conflit, tout comme il y a conflit dans la même situation dans les sociétés étatiques actuelles.

        On peut imaginé le cas pratique où votre voisin passe votre clôture, s’empare de votre nain de jardin, retourne chez lui avec.
        Lorsque vous le confrontez pour en reprendre possession, il refuse de vous le rendre en prétextant que c’est son nain de jardin.
        Les tentatives de discussion qui suivent s’avèrent stériles.
        Votre choix est d’abandonner votre nain de jardin ou de vous le réapproprier par ce qui, du point de vue de votre voisin, sera un vol.
        Le choix de votre voisin est de vous rendre votre nain de jardin ou de mettre en place les mesures nécessaires à éviter que vous ne veniez le récupérer à la première opportunité.
        À moins que votre voisin ne désire monter la garde jour et nuit sur le nain de jardin, ces mesures auront un coût matériel.

        En gros, pour les libertariens, nulle besoin pour l’Humanité tout entière de partager quoique ce soit avec vous, tant que la part de l’Humanité avec laquelle vous interagissez est consciente de ce que vous considérez être votre propriété.
        Libre aux individus constituant cette part de l’Humanité de choisir de respecter votre propriété ou de la constester, sur son entièreté ou sur son détail.
        Mais vous serez également libre de choisir de défendre votre propriété ou de l’abandonner.

        Une méthode pour la défendre, une représentation du coût matériel des mesures nécessaires à la défendre, sont les agences de sécurité, les mutuelles, les assurances, les associations de voisinage… Bref, différentes organisations dont la participation individuelle est librement consentie : vous pouvez vivre sans mais c’est juste plus risqué.

        Le libertarianisme, c’est le rejet du monopole étatique de la violence et de la justice donc le rejet de la nécessité d’un État tout court.
        Cela ne veut pas dire l’absence de gouvernement car, dans sa définition stricte, toute association d’humains pour réguler leur coexistance en société est en soit déjà une forme de gouvernement.
        Mais c’est éviter de créer une institution ayant un monopole non seulement de fait mais aussi légal pour imposer ses décisions de justice sur tout un territoire.
        Chaque individu est un État souverain au regard de sa propriété et de son corps.
        Toute agression de ces derniers par d’autres individus est donc une déclaration de guerre avec comme conséquence implicite un conflit où le jeu d’alliance et d’intérêt définisse le gagnant de fait, sans pour autant désigner un gagnant moral ou légal car ces deux dernières notions sont irrelevantes dans une société où chacun est libre de ses opinions et valeurs et où aucun gouvernement ne publie de loi.

        Plusieurs auteurs ont eu le loisir d’élaborer sur l’application pratique de ce système avec plus de candeur que je n’en suis capable et via des mediums les autorisant à user de bien plus de détails que je peux le faire dans ce commentaire déjà bien long.

        • @Joël Si j’ai bien compris votre raisonnement . La société libertarienne pourvoit à sa sécurité via systèmes privés, agences de sécurité. Le modèle peut sembler séduisant. Mais il est facile de prévoir qu’une société plus riche ou nombreuse aura une milice -privée ou non- plus importante et équipée . Cette milice pourra prendre possession de ce qu’elle voudra. Si on prend des exemples historiques c’est peu ou prou ce qui est arrivé dans l’Ouest américain lors de sa conquête . Les plus violents, nombreux et déterminés se sont accaparés les ressources des fermiers isolés ou moins bien organisés. Les récits foisonnent . La justice, l’armée et l’état sont arrivés après quand les « mains fortes » s’étaient déjà constituées . Ce que vous proposez serait dans la pratique la loi du plus fort. Est ce votre modèle de référence ?

        • @ Joël
          Vous continuez votre développement de la pensée libertarienne mais j’y vois toujours les mêmes obstacles :
          Je ne pense pas qu’une « discussion suffit à chaque partie pour prendre conscience du point de vue de l’autre », très loin de là, les conflits entre sociétés tribales ou le féodalisme nous le rappellent. En fait toute l’histoire de l’humanité en témoigne, à moins qu’on présuppose un « bon sauvage » libertarien aliéné par la société et par l’Etat, pendant exact du « bon sauvage » Rousseauien ?

          Puis plus loin : « S’il y a désaccord […] une médiation peut permettre de trouver un accord ». Je repose la question qui n’est jamais abordée par Murray Rothbard : sur la base de quelles règles de droit intervient cette médiation ? Pourquoi le droit envisagé par M.R. est-il le même partout ?

          Enfin :  » En gros, pour les libertariens, nulle besoin pour l’Humanité tout entière de partager quoique ce soit avec vous, tant que la part de l’Humanité avec laquelle vous interagissez est consciente de ce que vous considérez être votre propriété. »
          Ce que vous décrivez ici a été très bien analysé par Hernando de Soto : la propriété locale, non reconnue de place en place empêche la formation de Capital et empêche le développement économique.
          Le miracle du développement industriel capitaliste des XVIIIe et XIXe siècles résulte d’une nouvelle organisation de la propriété, la propriété privée libérale, que j’ai expliqué dans le deuxième article sur ce sujet.

  • Je suis pris entre deux sentiments. Le premier est de rire de bons coeurs, pensant à une bonne blague, et le second celui de la consternation.

    Il ne s’agit pas de parler d’abord du libertarianisme, pourtant sujet de l’article, mais du libéralisme classique.

    Ce dernier reconnait le droit naturel, comme préexistant à toutes autres notions positives. Le régalien n’a pas pour vocation de le créer, mais de le défendre, rien d’autre. Les classiques pensent donc, et c’est en cela que ce sont des libéraux classiques, que l’Etat ne devrait avoir que cette fonction.
    En revanche, pour trouver que c’est l’Etat qui crée la propriété, il faut se tourner vers … les socialistes, proto socialistes et autres penseurs du genre, depuis au moins le XVIIIe.

    L’auteur ici inverse donc les bases idéologiques afin d’espérer faire passer un âne pour un cheval de course. Il semblerait que l’impôt soit important à ses yeux, que l’égalité positive également. Le rousseauiste se voudrait donc bastiatiste, belle pirouette en absurdie.

    Toutefois, il faudrait pousser la logique. En effet, si l’impôt crée la propriété, et puisque la propriété seule pleine et entière est libérale, alors l’auteur devrait proposer un impôt complet, à 100%. Communisme ou libéralisme ? Chacun jugera.

    Quant au libertarianisme … il faut rappeler que c’est aussi une réaction de libéraux acharnés aux USA qui en ont eu ras la casquette que des types se disent libéraux tout en développant astucieusement des délires socialistes (suivez mon regard). Il est triste de constater que le phénomène se duplique ici à l’identique.
    Est il besoin de rappeler ce que l’éthique de la liberté -mais bien avant les classiques- rappelle fort justement ? Je ne pense pas, les bouquins sont disponibles en pdf sur le net et les auteurs savent dire les choses mieux que je ne saurais le faire.

    • @Erwan
      Mais où diable avez vous lu que c’est l’État qui crée la propriété ?
      Je dis exactement le contraire.

      La propriété existe en tant que droit de l’homme, c’est à dire en tant que sentiment et droit naturels.

      L’État libéral reconnait et rend possible la propriété privée, pas la propriété. C’est expliqué en long en large et en travers dans le deuxième article.

      • Quand vous précisez que la propriété existe en tant que droit et sentiment, vous renvoyez la propriété à une potentialité mais pas à une réalité. Par contre, l’impôt dont vous voulez faire dépendre ce potentiel, lui il est bien réel.

        L’impôt est même la seule réalité destinée à subsister quand le doigt est mis dans cet engrenage. Car le mécanisme qu’il enclenche conduit à détruire la base sur laquelle il est calculé, à savoir la propriété privée. La conséquence, c’est un remake de l’esclavage sous couvert d’une dette éternelle d’impôt. De ce point de vue, l’impôt, c’est le déclencheur d’une spirale infernale qui aspire tout le génie humain dans un trou noir.

        Finalement, l’impôt, c’est pire que le vol, c’est la violence d’une prédation qui détruit notre humanité.

  • « C’est une espèce de géométrie non euclidienne, qu’il faut considérer comme un plaisant exercice désinhibiteur, sans plus »… Cette « conclusion », qui est en réalité la plus grosse bêtise qu’on puisse écrire (parlez-en à un mathématicien ou à un physicien) suffit à discréditer totalement cet « article ». Ce monsieur n’a visiblement RIEN compris au sujet !

  • Les commentaires sont fermés.

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