La propriété privée

La propriété privée est naturelle, universelle, et elle touche l’intégralité du monde vivant. Démonstration.

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Propriété privée-Audesou- (CC BY-NC-ND 2.0)

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La propriété privée

Publié le 31 août 2017
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Par Henri Dumas

Chacun peut, s’il le désire, passer des jours et des nuits blanches à théoriser sur la propriété privée, à étudier les multiples auteurs et ouvrages évoquant le sujet.

En agissant ainsi il est possible d’arriver à l’idée que la propriété privée serait une conséquence politique de la volonté des hommes, organisée au cours de l’histoire à partir de lois émanant d’eux, donc modifiable par ceux qui s’en arrogeraient le droit.

Je ne crois pas que ce soit le cas.

Je crois que la propriété privée est naturelle, universelle, qu’elle touche l’intégralité du monde vivant, hommes compris mais pas que.

La vie

De mon point de vue, chaque être vivant est le propriétaire exclusif de sa vie physique, lui seul en est le garant. Toute atteinte portée par une volonté extérieure à cette propriété privée est une agression, depuis la soumission jusqu’au meurtre. Cela vaut aussi bien pour les hommes que pour tout être vivant.

L’ambiguïté tient au fait que les conflits ou luttes pour la vie — le fait que certains en dévorent d’autres — sont d’apparence si naturelle que l’on finit par oublier qu’il s’agit du premier accroc dans la propriété privée de chaque être vivant. Cet oubli permet de dissocier ces accrocs d’autres plus sophistiqués qui vont nous intéresser. Il permet  de faire croire que l’immense douleur que par exemple le meurtre ou les tortures infligent ne serait pas liée à une transgression de la propriété privée, serait d’un autre ordre

La pensée

Je prends aussi pour hypothèse que la pensée est la propriété exclusive de l’être vivant qui la conceptualise.

Toute interférence dans la pensée d’autrui est une atteinte à sa propriété privée. Encore plus commune qu’en matière physique, l’invasion de la propriété privée intellectuelle — que ce soit chez les animaux ou chez les hommes — est si habituelle qu’elle parait naturelle. Là encore, la banalisation va permettre d’occulter le fait que les souffrances induites par ces effractions sont bien le résultat d’une agression à la propriété privée.

Les biens matériels

Chaque être vivant possède — même éventuellement en infime quantité ou pour un temps très bref — des biens matériels. Certains indispensables à la vie, d’autres superflus.

L’absence totale de possession matérielle entraîne la mort. Il n’est donc pas faux d’affirmer que les biens matériels de chacun font partie intégrante de sa propriété privée. Une agression à ces biens est inacceptable et génère les douleurs intolérables de toute atteinte à la propriété privée.

Conséquences

Cette vision universelle de la propriété privée — largement perdue de vue ou contestée — fait apparaitre clairement que le plus grand prédateur de la propriété privée est l’État.

N’est-ce pas lui qui nous demande régulièrement de donner notre vie pour lui ? Qui façonne nos pensées par son enseignement ou ses propagandes ? Qui enfin nous dépouille de nos biens pour des motifs de plus en plus fumeux ?

Nous pouvons objectivement affirmer que l’État est le plus grand destructeur de la propriété privée, dont paradoxalement il se prétend le défenseur.

Arrivé à ce point de la réflexion, trois questions s’imposent.

Qu’est-ce que l’État ?

Il faut bien avoir à l’esprit que l’État est une abstraction. Cette abstraction prend une apparence de réalité uniquement parce qu’un certain nombre de personnes se déclarent représentants de l’État, leur nombre et leur simple présence finissent par faire croire à sa réalité.

Ensuite, à partir de cette réalité apparente dans un espace clos défini par elles, ces personnes utilisent la force — dont l’État prétend être le légitime dépositaire — pour imposer leur pouvoir personnel aux autres.

L’État c’est cela, rien de plus.  Une confusion issue de la nécessité ponctuelle de se regrouper pour se défendre, qui est liée à la grégarité de l’homme.

En clair, c’est sans aucune légitimité réelle que les représentants autoproclamés d’une abstraction étatique envahissent nos propriétés privées. Cela est si fou que tous les excès sont possibles à l’aide de cette machination, jusqu’à Hitler, Staline, Mao, Pol Pot ou Daech.

Ce constat fait, nous arrivons à la deuxième question induite par la tarte à la crème utilisée pour porter atteinte à notre propriété privée matérielle : l’égalité.

Qu’est-ce que l’égalité ?

C’est la résultante imaginaire de l’émotion engendrée par la compassion naturelle de l’homme face à la souffrance d’un autre être vivant. Face à l’immense difficulté de la vie l’homme a tendance à imaginer, pour lui et pour tous les autres êtres vivants, un monde de bonheur dont le socle serait l’égalité.

Il fut un temps où cette égalité n’était qu’hypothèse,  promise uniquement dans l’au-delà.

Puis, témérairement, elle fut promise dynamiquement ici-bas par les communistes avec le succès que l’on connait.

Aujourd’hui, elle est encore promise, a minima par écrêtement, toujours par les communistes relookés en écologistes ou insoumis, mais aussi par la majorité des représentants autoproclamés de l’abstraction État Français.

Peut-elle voir le jour, l’égalité ? Évidemment non, pas plus en ce qui concerne les possessions matérielles qu’en ce qui concerne les caractéristiques personnelles de chacun de nous. C’est une utopie sympathique, en apparence seulement parce que mortifère dans la réalité.

Tout cela nous amène au capital.

Qu’est-ce que le capital ?

C’est l’objet de l’écrêtement, avec pour objectif final l’égalité.

L’imbécilité de cette éventualité saute rapidement aux yeux pour qui réfléchit cinq minutes.

Capitaliser consiste à accumuler puis à transmettre. En toute activité c’est cette capacité qui a permis à l’homme de quitter le monde animal pour un monde au moins différent si ce n’est meilleur.

Le progrès est fils de la capitalisation, en sciences, en culture, en art, etc. et évidemment en économie.

Ecrêter le capital au motif d’égalité est stupide en toute discipline.

En ce qui concerne l’économie et la propriété privée du capital je ramènerai les écrêteurs à leurs propres déclarations qui consistent à prétendre que l’État français ne peut pas être mis en faillite du fait de la richesse des Français, de leurs capitaux personnels. C’est ici l’aveu que la propriété privée et le capital sont bien le socle de l’économie d’un pays, que les détruire ou les rogner engendre sûrement un affaiblissement économique du pays.

Conclusion

J’espère avoir fait la démonstration que la propriété privée, sous tous ses aspects, est universelle et exclusive à chacun de nous, que son respect par les autres est la base incontournable de la vie pour tous.

Que donc, tout penseur qui tend à vouloir détruire, intégralement ou partiellement, la propriété privée, tout acteur politique ou individuel qui porte atteinte à la propriété privée, sont des êtres malfaisants qu’il convient de contrer avec tous les moyens nécessaires.

Suivez entre autre mon regard tourné vers Bercy.

Sur le Web.

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  • Je ne serais pas aussi catégorique. Les chasseurs-cueilleurs défendent leurs territoires, mais le sentiment de propriété ne peut être réellement collectif. La propriété, familiale n’est probablement apparue qu’avec l’agriculture, nécessitant un travail de préparation et de récolte. La propriété s’est étendue à rebours, du produit au terrain nécessaire.
    L’élevage ne doit pas avoir nécessité une appropriation individualisée du terrain. Celle du troupeau, par contre…
    Ce changement socio-économique a eu deux conséquences importantes. Une augmentation des ressources alimentaires, et une hausse conséquente de la population ayant atteint ce niveau.
    Et un développement des tensions, des contentieux, et des simples conduites de rapines.
    La nécessité de défendre les producteurs et leurs productions a fait apparaitre la caste des guerriers….qui ont mis tout le monde d’accord.

  • Une autre objection: le sentiment de propriété de sa pensée est tout à fait fictif. « On » se dépêche, d’ailleurs, d’en faire part aux autres, pour qu’ils l’adoptent. L’instrument de la pensée, le langage, est éminemment collectif, un bien commun, durable (la mort d’un copropriétaire n’affecte pas la participation des autres, n’entame pas ce qui est déjà partagé.
    C’est, plus que la propriété, qui n’est pas totalement universelle, ce qui distingue l’homme des autres espèces. L’homme est un « êtreparlant » (Jacques Lacan), ce qui lui a permis de produire des cultures, autre dimension des biens communs.

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