Salaire minimum en Afrique du Sud : un crime contre les pauvres

Ce n’est pas seulement le salaire minimum, mais chaque élément de la réglementation du travail qui rend plus onéreuse l’embauche d’un travailleur.

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5 Township children By: David Rosen - CC BY 2.0

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Salaire minimum en Afrique du Sud : un crime contre les pauvres

Publié le 19 juin 2019
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Par Mpiyakhe Dhlamini.
Un article de Libre Afrique

Le salaire minimum national est un crime contre les pauvres d’Afrique du Sud, car il leur interdit formellement d’accepter tout salaire inférieur au plancher fixé par le gouvernement. Pourquoi exclure certaines personnes susceptibles de travailler en raison du salaire minimum ? Ce prix artificiel réduit l’offre d’emploi de la part des entreprises. Cette idée tout droit sortie de l’esprit de certains universitaires travaillant pour des universités telles que Wits (Witwatersrand), exclut de fait les moins diplômés et les personnes sans expérience.

La loi de l’offre et de la demande, ainsi que celle des prix, est à la base de l’économie telle que nous la connaissons. Elle est respectée car elle exprime le bon sens évidemment partagé par tous ceux qui ont une expérience du monde réel. Lorsque vous reconnaissez que le coût pour acquérir quelque chose dépasse votre plaisir (votre utilité perçue), vous choisissez simplement d’y renoncer.

Des choix politiques erronés

Il est étonnant que tout le monde puisse penser qu’il est bon d’augmenter le coût du travail par le biais de la législation, lorsque le taux de chômage officiel est de 27,6 %, ou de 38 % si vous incluez ceux qui ont renoncé à chercher du travail. Si vous êtes désespéré de vendre quelque chose (dans ce cas votre force de travail), la dernière chose que vous feriez est d’augmenter son prix.

Lors de la mise en œuvre du salaire minimum, le gouvernement s’est appuyé sur des données erronées et a rejeté des études menées par des structures telles que Université de Cape Town et le Trésor Public, car ils aboutissaient à ce que le gouvernement considérait comme une mauvaise réponse. En effet, ces structures prédisaient clairement que le chômage s’aggraverait si le salaire minimum était augmenté.

Dans cette situation, il ne s’agit pas seulement d’un cas de biais expérimental évident (ce sont les preuves empiriques qui devraient dicter ces choix, non pas les penchants du chercheur pour un résultat particulier), mais aussi d’un choix biaisé. Le résultat impacte directement les pauvres chômeurs. Ils reçoivent déjà une éducation inadaptée au besoin des employeurs et en plus on fixe un coût du travail qui est au- dessus de leurs réelles compétences. En substance, le gouvernement légifère pour le chômage. Ajoutons que ce n’est pas seulement le salaire minimum, mais chaque élément de la réglementation du travail qui rend plus onéreuse l’embauche d’un travailleur.

Ce n’est pas un hasard si le taux de chômage est si élevé en Afrique du Sud. C’est un marché émergent dont la réglementation du travail a été copiée sur celle des pays à des stades plus avancés en termes de formation et de développement de capital humain. D’évidence, c’est la formation du capital humain qui est le meilleur moyen d’augmenter les salaires et sûrement pas une décision du gouvernement qui peut le faire.

Faible salaire et chômage élevé

Le professeur Valodia, doyen de la Faculté de commerce, de droit et gestion à l’Université Wits, a déclaré avec David Francis que : « si le salaire minimum entraînait un taux de chômage élevé, nous aurions constaté une croissance de l’emploi du fait de l’augmentation du nombre d’emplois peu rémunérés depuis 1994 ». Il est incroyable qu’un professeur puisse délivrer ce genre d’argument. Les emplois faiblement rémunérés pourraient bien augmenter par rapport aux emplois bien rémunérés, et ce en dépit du gouvernement et non pas à la suite d’une action quelconque des responsables pour arrêter artificiellement l’augmentation du coût de la main-d’œuvre. N’oublions pas que la loi sur les relations de travail, adoptée en 1995, impose la négociation collective aux employeurs et aux employés et en 1999 le salaire minimum sectoriel y a été introduit.

Il n’est pas surprenant que le chômage ait régulièrement augmenté au fil du temps. Le gouvernement se préoccupe davantage des contrats de travail que les personnes peuvent signer au lieu de chercher à savoir si chacun a la possibilité de signer un contrat de travail. Le salaire minimum national montre que le gouvernement croit fermement qu’il sait mieux que les citoyens eux-mêmes ce qui est bon pour eux. Tout salaire minimum présume que les gens sont trop sots pour juger eux-mêmes quand un emploi est plus bénéfique que le chômage. C’est un manque de liberté terriblement déplaisant.

Sortir de la pauvreté n’est pas facile et la dernière chose à faire est de laisser un politicien imposer des contraintes supplémentaires. Il devrait être logique que la liberté d’agir et de coopérer soit une condition préalable à la prospérité de l’individu. Il n’est pas facile d’ouvrir une porte mais un gouvernement élu ne devrait pas la fermer s’il cherche vraiment à servir nos intérêts.

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  • « Le gouvernement se préoccupe davantage des contrats de travail que les personnes peuvent signer au lieu de chercher à savoir si chacun a la possibilité de signer un contrat de travail. »

    Finalement, c’est un peu comme chez nous.

  • Sortir de la pauvreté n’est pas facile parce que l’enjeu du processus consiste à neutraliser le pouvoir des politiciens pour laisser la place au pouvoir économique.

    Or, les politiciens ne veulent pas renoncer à leur pouvoir et ont toujours une préférence pour la pauvreté si elle les sert. Régner sur un champ de ruine est rationnellement préférable à l’absence de pouvoir dans un environnement prospère. Il faut donc qu’il existe une contrepartie suffisamment forte pour que le renoncement au pouvoir politique devienne rationnel.

    Devinez laquelle.

  • Les commentaires sont fermés.

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