Paris : un deuxième mandat d’Hidalgo, vraiment ?

Pour le moment, les sondages donnent Hidalgo gagnante d'une élection municipale à Paris. Cela donne une bonne idée de la nullité de ses opposants.
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By: Dmitry Dzhus - CC BY 2.0

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Paris : un deuxième mandat d’Hidalgo, vraiment ?

Publié le 27 mars 2019
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Par h16.

À Paris, l’aristocratie républicaine — qui se déplace en voiture et avec escorte —sait conserver à l’esprit que les petites gens n’ont pas toujours toutes les facilités pour traverser la ville. C’est pourquoi, dans son immense magnanimité, elle lui a accordé la possibilité de rouler, voire de trottiner.

Et les trottinettes ont donc fleuri.

Il fallait bien, la guerre ouverte qu’Anne Hidalgo mène contre les automobilistes depuis son arrivée à la mairie de Paris battant son plein, que les Franciliens se retrouvent vite à devoir tenter de survivre dans la jungle parisienne entre les bus qui polluent, les taxis hors de prix, les métros et trams régulièrement en panne, en grève ou en retard, les travaux de voirie permanents et continuels.

L’apparition des vélos à louer puis, dernièrement, des trottinettes de toutes les couleurs suivait donc la logique communale consistant à bouter la voiture hors de la ville, quitte à la remplacer par de solides alternatives.

Bien évidemment, l’odeur du succès a immédiatement mis la maire en appétit : quelque chose qui « roule aussi bien », un marché qui se développe de façon si vigoureuse, ce serait dommage de ne pas en profiter un bon coup. Et si on taxait tout ça ?

Pour la forme, on mettra cette taxe sur le dos d’une nécessaire régulation et d’un financement des petits tracas que ces nouveaux modes de déplacement pourraient entraîner ; comme s’en alarme Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la mairie de Paris,

Dans quelques mois, si on ne fait rien, il y en aura 40 000 en plus !

Notons qu’on parle toujours de trottinettes, et pas de rats qui eux, ont largement dépassé ce nombre depuis un moment, profitant de l’hygiène exemplaire de la Ville Lumière.

Pour que les choses se passent aussi bien que possible, notons au passage que cette taxation sera spécialement adaptée aux trottinettes. Il est en effet d’ores et déjà prévu que la redevance envisagée sera plus élevée pour ces dernières — entre 50 et 65 euros — que pour les vélos, située elle entre 20 et 26 euros, bien que ces petits engins soient pourtant moins encombrants que les vélos. L’idée, aussi sotte que grenue, est d’introduire en plus une bonne louchée d’idéologie dans l’histoire, comme croit le justifier Grégoire, le premier adjoint :

Nous voulons privilégier le vélo qui est bien meilleur pour la santé. De plus, cela va permettre de ralentir les opérateurs dans le surdéploiement de trottinettes.

Il est clair, compte-tenu du merdoiement intense de Velib, qu’on ne risque pas d’avoir un surdéploiement de vélos dans la capitale, mais on se demande exactement à quel jeu jouent les autorités sachant que ni ces vélos, ni ces trottinettes ne peuvent être décemment considérés comme des moyens de transports sûrs et efficaces dans une ville moderne (sans même prendre en compte le risque de déraper sur un ou deux rongeurs en goguette et de terminer dans la Seine).

C’est d’ailleurs devant cet amoncellement de décisions foutraques et, pour tout dire, de l’absence de la moindre gestion de la ville de Paris qui semble maintenant complètement pilotée à vue qu’on doit se demander comment Anne Hidalgo peut encore prétendre à un second mandat aux élections municipales qui se tiendront dans un an.

Paradoxalement, cela n’empêche pas certains sondages de la placer en tête des intentions de vote : selon un sondage pour le JDD, l’actuelle maire de Paris Anne Hidalgo arriverait en tête du premier tour des municipales en 2020. Quel que soit le cas de figure et les têtes de liste des autres formations politiques qui sont placées en face d’elle, la maire semble osciller obstinément entre 23 et 25 % des intentions de vote, suffisant à lui refaire décrocher la queue du Mickey et gagner un tour de plus dans le manège municipal.

Pourtant, 55 % des Parisiens se disent mécontents de son action. Il y a de quoi : saleté repoussante, trafic infernal, manque chronique de logements, loyers en hausse, insécurité, chacun de ces sujets suffirait amplement à la faire éjecter hors du paysage politique. Si l’on y ajoute un problème d’endettement record de la ville au point de devenir problématique sur le court terme, le cauchemar des Jeux Olympiques de 2024 qui vont accroître les difficultés de circulation, de sécurité et d’endettement de la ville, on a un mix parfait pour la rendre absolument invendable aux élections.

Sauf qu’encore une fois, à l’instar de ce qui s’est joué aux élections nationales depuis quelques temps, les alternatives sont si peu attrayantes que le choix du statu quo, minimaliste et déplorable, semble celui vers lequel on se dirige.

Sur la gauche, la bousculade de candidats consternants et dont les préconisations transformeraient l’usine à gaz parisienne en véritable champ de mine à la fiscalité délirante ne peut satisfaire personne. Sur la droite, c’est le même constat avec au mieux des inconnus sans charisme, au pire des chevaux de retour vus et revus (et dont le passé laisse entrevoir d’autres types de catastrophes pour la municipalité). Quant aux différents bouffons que le parti présidentiel tente vaguement de propulser, personne ne peut imaginer plus d’une minute qu’ils prennent place à la mairie de la capitale sans immédiatement transformer les « progrès » déjà catastrophiques d’Hidalgo en apocalypse du Parisien.

Il reste une année avant que le vote ne tranche. D’ici là, tout peut arriver (on peut méchamment imaginer que, mordue par un rat, l’une ou l’autre personnalité politique parisienne chope une maladie grave et nous débarrasse de sa présence, rebattant les cartes électorales). Mais pour le moment, la médiocrité consternante des oppositions donne un peu de crédit à l’hypothèse d’une réélection de l’actuelle maire de Paris.

Si ce constat est atterrant, il montre cependant une chose intéressante : plus personne n’est dupe, et seuls les médiocres, les arrivistes et les psychopathes persistent à se présenter encore aux élections. Les politiciens dont nous héritons actuellement, à tous les étages républicains, sont donc majoritairement des choix par défaut, et ils doivent ainsi leur poste non à leurs compétences, mais à la nullité et l’incongruité de leurs opposants.

Ce n’est guère rassurant pour l’avenir du pays.


—-
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Voir les commentaires (37)

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  • claude henry de chasne
    27 mars 2019 at 9 h 43 min

    boff « any turkey for mayor »

    Paris ville de bobos fonctionnarisés, champions de la spoliation du peuple … peu importe la mairie

  • La petite bête
    27 mars 2019 at 9 h 54 min

    cela n’empêche pas certains sondages de la placer en tête des intentions de vote… sondages commandés par qui?
    Ces sondages sont partie intégrante de la propagande: les gens votent pour ceux dont on a beaucoup parlé et qui ont des chances (projetées) de gagner.
    C’est d’ailleurs pour cette raison que Hollande a mis fin à l’égalité du temps de parole des candidats à la présidentielle. Comme ça, il n’y aura pas de petits nouveaux qui pourraient bousculer le «  »système ».

    • jacques lemiere
      28 mars 2019 at 7 h 26 min

      il faut plutôt regarder qui les paie ..sinon un institut a peu interet à faire du mauvais boulot en terme de sondage..reste que la façon de poser la question, les réponses choisies etc…permettent de « satisfaire » le client.

  • il reste un vote aux parisiens : celui de déménager !

  • quel étrange monde que celui des politiques ; au plus ils sont nuls , au plus ils se gargarisent de leur bilan qu’ils sont bien les seuls à trouver correct ; quelle prétention de la part de ces gens là qui ne valent finalement qu’un pet de lapin ;

    • claude henry de chasne
      27 mars 2019 at 12 h 11 min

      la pertinence, donc la possible re-election, d’un politique français se juge au nombre d’affidés qu’il a réussi a enrichir

  • Hidalgo, c’est une planche pourrie. Hostile en 2014 aux restrictions de circulation pour cause d’injustice sociale (et aussi parce que c’était une idée de NKM) elle y devient très favorable un an plus tard. Opposée à l’ouverture des magasins le dimanche (un projet de Macron) elle lui trouve plein d’avantages quelques temps plus tard. La police municipale c’est un niet catégorique de sa part jusqu’à ce qu’elle décide du contraire.
    Qui dit que dans quelques mois elle ne trouvera pas plein de vertus aux trotinettes, le temps qu’elle s’approprie l’idée ?
    Néanmoins, je n’ai guère envie d’attendre qu’elle change une nouvelle fois d’avis…
    Pour l’ensemble de son oeuvre, j’ai déjà mis une bouteille de champ au frais, histoire de fêter son irrésistible chute en 2020. J’en salive d’avance !

    • Qui a dit un jour « qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis? » De là à penser qu’Hidalgo et sa clique sont intelligents, il y a un gouffre que je n’oserais franchir!

    • Ses opposants sont tellement pathétiques qu’elle a de grandes chances d’être réélue…

  • Après tout ce sont eux qui votent,
    Ils n’ont que ce qu’ils méritent.

    • Le problème c’est que Paris intra-muros est très connecté à l’Île de France. Les décisions d’Hidalgo ont des répercussions sur les banlieusards. Elle fait plaisir aux bobos parisiens en fermant les voix sur Berges et en mettant une vignette pour circuler dans Paris. Tant pis pour les autres.

      • Marius Sonpeneu
        28 mars 2019 at 18 h 43 min

        Il ne vous aura pas échappé que toutes les villes de France construisent des rocades pour éviter que le trafic ne les traverse.
        Pourquoi faudrait-il punir les parisiens en leur imposant la circulation des banlieusard au travers de la ville ?
        Même Lyon a droit (difficilement) d’organiser son contournement

    • Marius Sonpeneu
      28 mars 2019 at 18 h 41 min

      Rappelons que les parisiens n’ont pas le pouvoir d’élire leur Maire.. Celui ci est imposé par une coalition de parasites locaux…
      Annie Dalgo n’avait d’ailleurs même pas été élue dans l’arrondissement « imperdable » où elle s’était présentée…

  • la solution: mettre des harnais et des rennes sur les rats de Paris, ça fait un mode alternatif de déplacement gratuit et c’est ecolobobologique…oh wait si ça marche la taxe arrivera aussi.^^

  • CPEF, mille fois hélas 🙁

  • Votre commentaire :  » seuls les médiocres, les arrivistes et les psychopathes persistent à se présenter encore aux élections » n’est pas vrai que pour Paris. Je viens de lire la biographie de Raphael Gluksmann que je ne connaissais pas, et c’est atterrant : un parasite greffé sur une toupie !

    • Et quand on met un parasite sur une toupie, il a pas fini de tourner ( dixit Gabin!)

      • @ C2MR
        En fait, c’est du M.Audiard et si je me souviens bien, il disait: « quand on mettra les cons sur orbite, tu n’auras pas fini de tourner! (de mémoire)

  • Au prix où est paye le maire d’une grande ville on ne peut attirer que des tocards !

    • Avec tous les avantages de la fonction, nous n’allons pas la pleurer. Exemple: voiture avec fonction et fonctionnaires d’escorte, prioritaire et dépourvu de PV par L’Antai de Rennes (enfin probablement).

    • Marius Sonpeneu
      28 mars 2019 at 18 h 46 min

      Vous voulez rire j’espère. La rémunération totale de la dame ferait rêver nombre de dirigeants d’entreprises hors CAC40…
      Et elle n’a de comptes à rendre à personne, puisque non élue par la population…

  • Jean-Luc LesMouches
    27 mars 2019 at 20 h 21 min

    assujettir les rats à la taxe d’habitation, ils fuiront à la campagne (et plus personne ne s’en soucie-rat). Un boulevard parisien (large et dégagé, ça changera) pour 2020.

  • En même temps ça sert à quoi maire de Paris vu qu’il y a déjà des maires d’arrondissement ?

    • Et les maires d’arrondissement servent a quoi…et ….et bien ca fait des emplois pour les petits et les grands politocards sans compter les vice ceci et vice cela et mine de rien cela cré pleins d’emplois pour les petites gens sans grades ,cela permet aux restaurants de luxe et autres boutiques de prestige de bien vivre …

    • effectivement c’est du Audiard , mais dit par Gabin ça avait du panache .
      nous nos politicard sur orbite il y en a tellement et ils tournent depuis si longtemps qu’en faire le compte serait ardu !

  • C’est chouette la com poliique, dommage que cela coute si cher au contribuable . Est-ce légal,

  • Esprit critique
    28 mars 2019 at 14 h 18 min

    D’ici a l’élection, qu’elle se méfie des diesel, un accident est si vite arrivé !

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