Taxes ici, taxes là, Bruno Le Maire taxe les GAFA

En France et pour Bruno Le Maire, il n'est pas une entreprise, une activité, un produit ou une lubie qu'on ne saurait taxer avec vigilance et acharnement.
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Bruno Le Maire 2011 by UMP Photos(CC BY-NC-ND 2.0)

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Taxes ici, taxes là, Bruno Le Maire taxe les GAFA

Publié le 11 mars 2019
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Avec ce mois de mars, l’Apocalypse du Brexit approche à grands pas : les politiciens, gonflés de leur propre importance, agitent leurs petits bras pour bien faire comprendre qu’en l’absence de tout compromis viable entre la Grande-Bretagne et l’Union Européenne, l’Univers tel qu’on le connaît pourrait sombrer tout d’un coup avec les chiens couchant avec les chats, l’arrivée inopinée de Belzébuth et, peut-être aussi des tracas administratifs aux frontières.

Dès lors, la situation est tendue.

Du côté britannique, il s’agit surtout de la crédibilité du gouvernement en place qui doit tout faire pour que l’ensemble de l’opération de découplement avec le reste de l’Union Européenne ne se passe pas trop mal, et ce afin d’éviter des effets de bords négatifs sur l’économie.

Bien évidemment, du côté européen, la situation est à peu près à l’opposé puisque le but quasi-officiel des politiciens en charge du dossier est de rendre cette séparation aussi douloureuse et pénible que possible pour le Royaume-Uni. Pour le moment, ils sont surtout parvenus à rendre la situation complexe et difficile pour l’Union Européenne en premier lieu, l’économie britannique ne s’effondrant pas instantanément comme le prévoyaient beaucoup de catastrophistes avec insistance.

Reste qu’avec la sortie des Britanniques de l’Union, certains impacts économiques ne pourront être ignorés, à commencer par les tarifs douaniers. La Grande-Bretagne pioche en effet 53 % de ses produits d’importation dans les pays européens, et le Brexit signifie potentiellement une augmentation très sensible des tarifs douaniers de ces produits.

Le gouvernement de Theresa May, devant cette perspective qui renchérirait notoirement les imports britanniques et affaiblirait le pouvoir d’achat de ses citoyens, planche donc déjà sur quelques propositions pour atténuer le problème… En proposant de supprimer 80 % à 90 % des droits de douanes correspondants, et ce de façon unilatérale (i.e. sans attendre de réciprocité des pays exportateurs).

Certes, cette proposition fort intéressante a, globalement, peu de chance d’être mise en place ou en tout cas pas tout à fait dans ces termes. D’une part, la Grande-Bretagne de moins en moins libérale n’en prend pas trop le chemin. D’autre part, les politiciens de l’Union Européenne nous ont habitués à des négociations de dernière minute, à des bricolages plus ou moins baroques et des trouvailles législatives certes foireuses mais qui camouflent un temps les soucis du moment. Cette occurrence-ci n’est pas différente, et il y a fort à parier qu’au soir du 28 mars 2019, on nous dégotte un truc ou un bidule plus ou moins bancal mais suffisant pour arrondir les angles de la période de transition qui suivra.

En fait, peu importe et nous verrons bien.

Cependant, on ne pourra que se réjouir si la proposition du gouvernement May de drastiquement baisser les taxes est effectivement adoptée : ce serait une excellente initiative pour le commerce britannique et la période d’observation d’un an qui l’accompagne serait une occasion parfaite pour constater, une fois encore, tout le bénéfice qu’on peut tirer de ce genre de mesures anti-protectionnistes.

En tout cas, l’expérience inverse, qui consiste donc à taxer absolument tout ce qui gigote encore, sera furieusement réalisée par la France en parallèle ce qui permettra, en avril 2020, de faire une intéressante comparaison entre les deux pays si les tendances, fermes, se confirment.

En effet, alors que le gouvernement britannique envisage donc sérieusement de baisser ses taxes, le gouvernement français continue de distribuer de la taxe comme d’autres les cacahuètes à l’apéritif.

Bruno Le Maire, ce ministricule débordant de sa propre intelligence, est malheureusement en charge de ce qui reste des finances du pays (les économies y étant totalement évaporées) et, bien que prétendûment conscient que son problème réside dans sa fiscalité délirante, accroît sa charge fiscale avec cette décontraction que seuls les cuistres et les parfaits imbéciles déploient quand ils empilent les conneries comme des nouilles sur ces colliers qu’on fait faire aux enfants en bas âge.

Au moment même où May envisage un anti-protectionnisme radical, Le Maire, lui, lance unilatéralement sa taxation des géants de l’internet, probablement pour aller dans le sens réellement souhaité par le Premier ministre, Ed l’épicier, qui annonce crânement qu’il faut baisser les impôts en France et entreprend donc de laisser son gouvernement faire exactement le contraire.

Même si les apparences imposent un diagnostic clinique assez sombre, ni Ed ni Bruno ne sont réellement schizophrènes. Ils ne sont pas pathologiquement fous mais bien plus sûrement orchido-déprimés, ce syndrome bien français d’une absence totale de gonades dès qu’il s’agit de prendre des décisions fermes et courageuses comme — au hasard — diminuer enfin les dépenses de l’État.

Compte tenu que cette taxe pourrait rapporter 500 millions d’euros (selon les calculs de Bercy, jamais mis en défaut), vu l’état lamentable des finances publiques et l’absence concrète de toute coupe claire pourtant nécessaire, on comprend que notre ministre incohérent s’accroche à cette taxe avec cette ferveur qu’on ne retrouve guère que chez certains parasites pubiens, quand bien même cette taxation des GAFA tabassera finalement certaines entreprises franco-françaises qui n’avaient absolument pas besoin de ça pour éprouver des difficultés sur un marché mondial plutôt âpre.

Et cette petite taxounette de rien du tout ne vient bien sûr qu’après l’augmentation régulière des taxes et accises sur les carburants, les ajustements sur les taxes sur les bureaux et les parkings, sur les abris de jardin (oui, même sur les abris de jardin !). Elle vient alors qu’on discute d’un retour d’une vignette (= taxe) sur les poids lourds, et que les taxes sur la gestion des déchets commence à faire grogner de plus en plus. Elle vient alors qu’on va remettre sur le tapis la taxe sur l’héritage, dont on peine à imaginer que cela débouchera sur un allègement…

Bref, la taxe GAFA intervient dans un paysage fiscal déjà largement encombré et une pluie d’impôts et de vexations fiscales ininterrompue.

Cependant, rappelons que Bruno n’aurait pas ces tendances schizoïdes, ces discours incohérents et cette compulsion taxatoire maladive s’il n’avait pas derrière lui tout un peuple excité à l’idée de pomper l’argent des autres, résolu à piller le travail et les richesses de ceux qui en créent. Il suffit de lire certaines tribunes, les nombreux articles évaluant les bienfaits de cette taxe (et de tant d’autres) pour comprendre que Bruno n’est pas le fond du problème.

En fait, Bruno Le Maire n’est que le comédon de convoitise, ce bouton purulent de jalousie d’une infection plus profonde de tout le corps social.
—-
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Voir les commentaires (27)

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  • SUBTIL. Parce que les gafa vont nous le faire payer aux Français bien plus cher que cela va rapporter à l’Etat!!

    • C’est bien simple. Les GAFA vont ajuster leurs tarifs pour compenser la hausse. Côté Amazon/Apple, ça sera qq centimes ici et là en plus tels ou tels produits ; côté Google et Facebook, ça sera une augmentation du prix du spot publicitaire. Le spot coûtant plus cher, les sociétés y ayant recourt auront le choix : 1. continuer ceteris paribus et se retrouver fragilisée financièrement 2. augmenter le prix de leurs produits, reléguant au client le soin de payer la taxe 3. ne paierons plus les spots publicitaires, donc moins de visibilité, et possible baisse du chiffre d’affaire.

      Chacun des perspectives est charmante.

  • Bruno taxe, mais aussi subventionne les médias et pleins de gens pour chanter les louanges de cette taxe !

  • je me demande qui est encore dupe de la duplicité de nos gouvernants

  • agitent leurs petits bras

    Y aurait-il des surnoms de BD se terminant en « ix » qui se cachent ?

    Nul besoin des les raccourcir, ils se suffisent à eux-même : ils sont petits. Il va falloir sortir le microscope… Des Petix? À l’image de LeMaireDix asséchant l’économie en Sahara…

  • « … notre ministre incohérent s’accroche à cette taxe avec cette ferveur qu’on ne retrouve guère que chez certains parasites pubiens. »
    Magistral. Je ne regarderai plus jamais la frimousse enfarinée de Bruno de la même façon.

  • Lol puissance 1000. Le bouton est placé sur la verge et complète l’invasion des morbacs.

  • Sinon je propose d’appliquer au gouvernement les recettes qui marchent. Matraque in the ass, balles de flash ball dans l’oeil, coups de pieds dans les côtes. Nous aussi on a plein d’amour et de sécurité à donner…

  • « La Grande-Bretagne pioche en effet 53 % de ses produits d’importation dans les pays européens, et le Brexit signifie potentiellement une augmentation très sensible des tarifs douaniers de ces produits. »
    Le Brexit permettra surtout à la Grande-Bretagne de se fournir bcp plus facilement et à moins cher sur le marché international qui lui tendra les bras!
    Ne serait-ce qu’avec le Commonwealth, la GB n’aura que l’embarras du choix.

  • Ils sont trop imaginatif pour nous on n’arrive plus a les suivre..23 pays europeens et par la grâce de sa seigneurie le bien nommé, Lemaire, la france , championne du monde, pond une taxe a 5 millions d’euros , même pas ce que rapportera a l’état le lotto du patrimoine..et que même au final cela pourrait ne rien rapporter du tout voir même coûter des sous !

    • Mais ils s’en cognent qu’une taxe coûte plus cher qu’elle ne rapporte !!!
      Du moment qu’ils sont réélus ❗

  • La déclaration du 1er Ministre , tout le monde lui dit de revoir la fiscalité , sa réponse : JE NE SAIS PAS FAIRE !!! Par contre augmenter ou créer des Taxes là pas de probléme !!! si il ne sait pas faire qu’il démissionne !! le niveaux est trop haut pour lui !! nous avons les 3 mousquetaires 1er ministre , des finances et compte public , belle brochette !!!

  • Espérons que Trump fera payer cher cette nième taxe aux Français car ce sont eux qui ont élus cette équipe de taxeurs. Aux agriculteurs par exemple qui le méritent bien. Et qu’Amazon fera de même.

    • @ muclus
      « Français car ce sont eux qui ont élus cette équipe de taxeurs »
      Ben non! Les citoyens n’élisent pas les ministres, ni personne d’autre, d’ailleurs.
      Mais ça, les Français ne s’en rendent même pas compte: c’est bien la constitution de la Vème qui donne la prépondérance au pouvoir exécutif sur les autres, ce qui n’est pas du tout démocratique et pas très rentable!
      Il a été suffisamment démontré que c’est en diminuant la fiscalité (et le train de vie de l’état) qu’on augmente effectivement le PIB (PPA)!
      Or un exécutif plantureux (22 ministres + combien de secrétaires d’état?) dépense forcément plus.

  • Je ne sais pas qui a inventé le parapluie.
    Mais pour le parataxe, cela ne peut être qu’un français 🙂
    CocoricoN.

    • Bon! En fait, la France va taxer les GAFA’M. Pour le moment, elle n’est pas suivie par les pays partenaires européens et sans doute pas par Bruxelles non plus.
      Simplement: cela peut-il fonctionner? J’en doute sur le plan légal: taxer une société étrangère pour du commerce international, ça paraît déjà compliqué. Taxer les sites GAFA’M sis en France, ce doit être possible mais resteront-ils? Donc je crois que le risque d’échec est sérieux.
      Du point de vue de l’image, pour un pays dans la mouise, ce sera sans doute contre-productif!

    • Le parapluie surement aussi a été inventé par un français !

      Les autres ont inventé l’ombrelle (umbrella) contre le soleil.

      Question de point de vue, car la où nous voyons la pluie, d’autres voient du soleil…

  • ils ne vont pas se gêner les politiques…plus de taxes!!
    mais les Français qui ne savent toujours pas compter « il y en a beaucoup », ne veulent pas entendre que ce sont eux qui paieront au final. « répercussion des taxes sur le produit fini. »
    triste pays….si beau pourtant… juste mettre des cerveaux à niveau…

  • Et « en même temps », l’IFRAP indique que lutter contre le sous-travail dans la fonction publique permettrait d’économiser 1,5 milliard…

    • @ La petite bête
      Vous m’avez bien fait rire! Mais quelle est la définition de « sous-travail », j’imagine bien mais sans certitude!

  • Et pendant ce temps on débloque du pognon qui devait sans doute être coincé sous les fesses des fonctionnaires de Bercy pour engraisser d’autres parasites :
    https://www.20minutes.fr/politique/2470903-20190312-greve-douaniers-enveloppe-14-millions-euros-debloquee-bercy?xtor=RSS-176

  • Au final , ce sont les consommateurs qui payent la Note !!! jusqu’à quand , allons nous supporter cela !!! Un pas en avant , un pas sur le côté et un demi pas en arriere , aujourd’hui
    ils votent une loi ,une semaine après , un amendement pour corriger la precedente loi et comme excuse , nous nous sommes mal expliqué…C’est comme l’ISF , il y avait plus de gens qui payer 2000 voir 4000 euros Euros sont ils milliardaires ??? Avant de créer
    ou d’augmenter les taxes … qu’ils réduisent la dépense publique… Personne ne releve cette phrase du 1 er ministre quand on lui pose la question de revoir la fiscalité, donne comme Reonse : Je ne sais pas faire !!! et bien qu’il démissionne !!!

  • Les commentaires sont fermés.

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