Brexit : amis anglais, il est temps de nous dire au revoir !

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Brexit : amis anglais, il est temps de nous dire au revoir !

Publié le 23 janvier 2019
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Par Thierry Godefridi.

« Le peuple a parlé », combien de fois n’a-t-on entendu cette phrase ? Tout d’abord, s’il s’est exprimé au moment T, le peuple ne pourrait-il pas – comme tout un chacun – se raviser au moment T+1 ou, a fortiori, après qu’il se fut aperçu que ses représentants s’avéraient incapables de gérer la situation ?

Ensuite, « le » peuple du Royaume-Uni se compose de quatre peuples : les Écossais et les Irlandais du Nord (Ulster) s’étaient exprimés contre le Brexit, seuls les Anglais et les Gallois – ces derniers à l’encontre de leurs propres intérêts et du common sense puisqu’ils bénéficient d’aides considérables de la part de l’Union européenne, à hauteur de 680 millions de livres par an ! – s’étaient exprimés en faveur du Brexit.

Much ado about nothing. Dans ce royaume désuni dont la superficie entière correspond environ au tiers de celle du seul État américain du Texas et où l’on parle l’anglais d’au moins treize différentes manières, le Brexit prend désormais une tournure shakespearienne. Comment en irait-il autrement, avec cette bande de brexiters braillards, excentriques et pathétiques, comme protagonistes de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ?

Un pas dedans, un pas dehors

Le 14 novembre 2018, Theresa May obtint le soutien « collectif » de son gouvernement à l’égard de l’accord péniblement négocié avec l’Union européenne. Dès le lendemain de ce soutien « collectif », quatre membres de son gouvernement, parmi eux Dominic Raab, le secrétaire d’État précisément en charge du dossier du Brexit, démissionnèrent.

« Perfide Albion », n’est-il pas ? Les quatre renégats n’avaient-ils pas eu la franchise de faire part de leur refus du projet d’accord lorsqu’ils se trouvaient en face de la Première ministre ? Un ami anglais me confia de ne jamais oublier que les Anglais étaient double-faced, des hypocrites. « Et toi, lui demandai-je, naïf, l’es-tu aussi ? » « Bien sûr, me répondit-il sans ciller, je suis anglais ! » Comment ne verrait-on pas une manifestation de ce trait de caractère dans la démission de Raab et consorts ?

Sans doute le sentiment de nombreux Européens rejoint-il celui partagé par le journaliste Max Pam dans l’un des principaux magazines d’opinion néerlandais, HP/De Tijd, au lendemain des péripéties relatées ci-dessus, « À présent que nous approchons de l’apothéose, je me surprends de plus en plus souvent à penser : ces Anglais n’ont-ils toujours pas plié bagage ? Ça dure et ça dure, et ils en sont toujours à tergiverser et à s’interroger s’ils veulent rester ou s’en aller et, le cas échéant, comment ? »

Entre-temps, la saga se poursuit. La Première ministre britannique, Madame May, qui a le mérite de chercher des solutions, au contraire de son prédécesseur et du parti unioniste irlandais ainsi que des leaders de l’opposition travailliste et populiste, a vu son projet d’accord rejeté par le Parlement avant que son gouvernement ne survive, de justesse, grâce aux voix des unionistes irlandais, à une motion de défiance déposée par l’opposition travailliste.

Les Anglais s’imaginent encore à la tête d’un empire. C’est de là que provient l’arrogance stupéfiante des hard brexiters (les eurosceptiques endurcis). Ces derniers se sont réjouis du rejet cuisant du projet d’accord par le Parlement britannique. Leur objectif est de précipiter la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne au 29 mars 2019. Ils n’ont cure de ce que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne jusqu’à la fin de 2020 afin de négocier un accord commercial étendu avec l’U.E. Substituer à un marché d’un demi-milliard de consommateurs des accords commerciaux avec leurs anciennes colonies, voilà leur plan, comme si celles-ci trépignaient d’impatience à cette simple idée.

Pendant que les hard brexiters sablaient le champagne dans la demeure de l’un de leurs meneurs, Jacob Rees-Mogg, à proximité du parlement britannique, d’autres fêtaient le rejet du projet d’accord de Madame May avec l’U.E. pour des raisons diamétralement opposées : ils y voyaient l’opportunité de provoquer un autre référendum, voire de renoncer au Brexit en l’absence d’un accord susceptible de satisfaire toutes les parties concernées, de concilier l’inconciliable et de résoudre la quadrature du cercle.

L’on n’est pas sorti du manoir ni du pub, c’est selon. Faut-il s’en étonner ? D’après un sondage Ipsos Mori, au moment où le Parti conservateur promettait un référendum s’il se maintenait au pouvoir en 2015, seuls 6 % (six !) des Britanniques considéraient que l’appartenance à l’U.E. constituait un réel problème… À présent que Madame May semble s’être ralliée à l’idée d’une sortie coûte que coûte de l’Union européenne au 29 mars 2019 et déjà que les Britanniques n’ont qu’un pied dedans et l’autre dehors, laissons-les s’en aller ! Que cela n’a assez duré ! It’s time to say goodbye and wish you good luck, Global Britain. Nous faut-il patienter jusqu’au 29 mars ?

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  • La cuisson d’ un rosbif est courte avec une bonne température. Donc oui dehors.

  •  » le peuple a parlé « …en France aussi , le peuple avait parlé lors d’un référendum en 2005 je crois ….vous vous souvenez de ce qu’il est advenu de notre décision ?…….

    • claude henry de chasne
      23 janvier 2019 at 7 h 22 min

      oui , le referendum portait sur la constitution européenne , le français ont dit non, il n »y a pas de constitution européenne.
      Point

      • La décision du peuple peut évoluer, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. De plus en regardant dans le détail, comme en 2005, on trouve comme motivations (source wikipédia):

        – la dégradation des conditions de vie actuelles (une des raisons invoquée par 52 % du « non »)
        – le trop grand libéralisme contenu dans ce projet de constitution (une des raisons pour 40 %)
        – l’espoir d’un meilleur traité (une des raisons pour 39 %)

        Bref une bonne partie de ceux qui ont dit non souhaitait une constitution plus socialiste ! Seule une minorité voulait aucune constitution.

      • Constitution proposée par la France, qui plus est.
        Certains n’ont pas fini de rire.

      •  » Si l’on en vient maintenant au contenu, le résultat est que les propositions institutionnelles du traité constitutionnel — les seules qui comptaient pour les conventionnels — se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent, et insérés dans les traités antérieurs.

        (…) La conclusion vient d’elle-même à l’esprit. Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l’on cherche.  » (Valéry Giscard d’Estaing – qui pilota le projet de soi-disant constitution européenne – dans Le Monde du 26 octobre 2007).

        L’accroissement du fédéralisme, l’asservissement aux États-Unis via l’OTAN en matière de défense (c’est presque le retour de la CED), etc. : le Traité de Lisbonne ne parle plus de  » constitution  » mais il fait 90% du chemin qui y mène. Voilà pourquoi son adoption sur proposition d’un président indigne par des parlementaires  » français  » indignes constitue une forfaiture puisque s’opposant au rejet massif par le peuple français en 2005 de cette vision des relations inter européennes.

        Mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps : un nombre croissant de peuples rejettent l’européisme, ce mélange de supranationalisme arrogant et de confiscation antidémocratiques des souverainetés nationales.

        Le plus tôt possible (mettons à profit les prochaines élections pour amorcer le mouvement d’évasion de la prison des peuples que devient l’UE), il est temps de démanteler cet édifice illégitime et de promouvoir des coopérations pratiques à géométrie variable au lieu d’imposer un unanimisme qui est de plus en plus synonyme d’immobilisme mortifère.

        La France a des cartes à jouer sans avoir à demander l’avis de M. Juncker : qu’on lui envoie une caisse de cognac et il nous fichera la paix.

  • Entre les qualités que vous prêtez aux anglais et les qualités habituellement attribuées aux français ou aux belges, je choisis sans hésiter celles des anglais.

  • http://lesakerfrancophone.fr/geopolitique-du-brexit
    « Le monde se divise en trois catégories de gens:
    un très petit nombre qui fait se produire les évènements,
    un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir,
    et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité. »
    (Nicholas Murray Butler (1862-1947), Président de la Pilgrim Society,
    membre de la Carnegie et du Council on Foreign Relations)

  • Article empreint d’un peu d’arrogance. Les britanniques ont tourné la page d’impérialisme tandis que l’élite Française reste globalement nostalgique de leur passé colonial. En cas de Brexit dur, ce qui se profile de plus en plus, les anglais vont en baver pendant 5 ou 6 ans. Contrairement au peuple français, ils savent se serrer les dents. Cette résilience les sauvera et ils en ressortiront plus fort !

  • Si ce billet est a prendre au second degré, il est a craindre que l’auteur ne soit meme pas half as funny as he thinks he is. Si c’est un essai sincère d’écrire quelque chose d’intelligent sur le sujet, c’est consternant et chaque paragraphe pique les yeux.

    • Oui, arrogance française, du Macron ? Qui joue les durs quand c’est facile? La France qui fait des excedents commerciaux (une fois n’est pas coutume) avec l’angleterre, l’Europe qui veut bien vous faire comprendre quelle est prête à attaquer physiquement (pénurie provisoire envisageable) un pays qui aurait l’affront de ne pas baisser la tête face à l’Empire Européen!!!

  • Les “libéraux” (PLD en tête) sont farouchement pro-européens, croyant que les réformes libérales ne peuvent venir que de Bruxelles. C’est une erreur historique qui rend ce parti inaudible et le pose fondamentalement à l’encontre des principes qu’il devrait défendre, puisque l’UE est devenue un monstre réglementaire. Les Anglais ont eu Thatcher. Nous Mitterand, Chirac and co.. Grande différence. Les Anglais s’en sortiront bien mieux sans l’UE germanique. Nous, nous nous enfonçons à croire que sans l’UE, point de salut. Quelle bêtise. À part un énarque, je ne vois pas qui peut encore y croire.

    • La capacité jamais démentie des politiciens « libéraux » européens à s’allier avec les socialistes devrait vous mettre la puce à l’oreille.

      • @Tintincan
        100% d’accord !
        La tournure prise par le « brexit » n’est qu’une illustration de ce qu’est la pseudo démocratie socialiste. Peu importe les raisons, les Britanniques ont voté majoritairement pour, mais la classe dirigeante freine des 4 fers pour empêcher ce qui a été voté de se réaliser. Les pseudos démocrates ne respectent la loi majoritaire que tant qu’ils gagnent les élections.

        • Eh oui, comme après le référendum de 2005 : la canaille – que l’on eut bien tort de consulter – avait mal voté et on s’activa pour lui voler sa victoire deux ans après…

          • Depuis qu’ils ont la réponse, qui n’est pas celle attendue, à ces questions, les personnes autorisées qui s’autorisent à penser des trucs ont déterminé que c’était parce que « les gens ne répondent pas à la question posée ».

            Ils ont eu cette fulgurance seulement après l’échec de ce qui ne devait pas échouer. Quand la France et l’Espagne ont validé un traité européen par référendum, je n’ai pas entendu que la question posée avait été ignorée.

            Quand les Français ont envoyé des députés « EM » à l’Assemblée, ils ont répondu à « la question posée »? Si on peut balayer d’un revers de main la réponse à une question précise, pourquoi pas balayer l’élection d’un nouveau venu pour « dégager » le titulaire précédent?

    • Toute réforme plus ou moins « libérale » venant d’une entité supra-nationale risque d’être perçue comme une ingérence antidémocratique et une violence et rejetée.

  • Et pourquoi pas se transformer en une UE des provinces, plutôt que des états ?

    • Qui dirigerait (politique étrangère, Défense, etc.) cette version de l’UE et en quelle langue ? Ce serait détruire la référence suprême des peuples, leur patrie au profit d’un machin illégitime et inefficace.  » Je suis un grand admirateur de Victor Hugo mais sa formule  » Les États-Unis d’Europe  » est une monstrueuse sottise comme l’a expliqué, entre autres, De Gaulle dans ses Mémoires d’Espoir en termes plus modérés mais fermes.

      Ce qui me plaît en Europe c’est son extraordinaire diversité linguistique, culturelle, etc. combinée à une multitude de valeurs communes et de très fortes relations particulières : entre les mêmes pays, on passe parfois soudainement de complicités profondes à des oppositions parfois frontales ; c’est complexe, pas toujours efficace mais c’est d’une précieuse et inépuisable richesse humaine et intellectuelle. Pas question de raser tout cela pour le remplacer par un magma grisâtre pour que tout soit exprimé, rédigé et étiqueté en  » globish « .

  • Faisons l’amour avant de nous dire adieu
    Avant de nous dire adieu
    Faisons l’amour puisque c’est fini nous deux
    Puisque c’est fini nous deux
    Faisons l’amour comme si c’était la première fois
    Encore une fois toi et moi puisque l’amour s’en va…

    Oh et puis non finalement (les Anglaises sont quand même particulièrement moches !)…

  • Pas évident de quitter une secte. Courage, les Anglais !!!

  • OK pour les faire partir vite mais avec un seul regret : l’Angleterre était le seul pays libéral dans l’UE!
    Nous allons donc nous retrouver entre étatistes et socio-cultureux nombrilistes qui entretiendront joyeusement le modèle « que le monde entier nous envie »….
    L’Allemagne -au contraire de la France, affiche une santé économique éblouissante et pourra sans doute s’en sortir mais le risque de macronisation de l’Europe est grand et au final détruira cette belle idée d’une Europe unie…

  • En économie on néglige assez facilement ce que le moral d’un peuple peut apporter. Le brexit d’un point de vue purement économique n’est pas raisonnable, mais les anglais ont le sentiment de reprendre leur destin en main et bien prétentieux est celui qui peut dire ce qu’il en sortira. Nous autres français avons parlè mais n’avons pas été entendus, nous restons maintenant avec l’allemagne et il n’y a aucune raison pour que la perte de substance française prenne fin.

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