La concurrence n’est plus ce qu’elle était

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Alstom By: Mike Mozart - CC BY 2.0

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La concurrence n’est plus ce qu’elle était

Publié le 19 janvier 2019
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Par Xavier Fontanet.

Bloquer l’opération Alstom-Siemens, comme souhaite le faire la commissaire européenne à la Concurrence, au motif que ses parts de marché locales sont trop fortes, est une erreur. Ce qui est en cause n’est pas seulement la décision, ce sont aussi les concepts qui la sous-tendent.

Trois évolutions sont aujourd’hui nécessaires.

  • La première consiste à intégrer dans les raisonnements le concept de la courbe d’expérience. Le producteur ayant la plus forte part de marché bénéficie de coûts plus bas que ses concurrents, et le prix moyen d’une industrie est inférieur quand elle est concentrée, même si le leader fait des marges plus importantes. Fixons les idées : les prix seront 25 % plus bas dans une situation où le leader dispose de 60 % d’un marché, par rapport à celle où tous les concurrents sont à 10 % ; et cela même si le leader fait une marge de 25 %.
  • La seconde vise l’étendue du champ concurrentiel. Si, dans le domaine de la distribution, la part de marché doit se mesurer à un niveau local fin (la ville, voire le quartier), dans le domaine de la production industrielle, le champ concurrentiel s’est étendu au niveau continental, voire mondial. Restreindre le territoire au niveau du pays peut être une erreur.
  • Il faut enfin tenir compte de l’accélération des évolutions technologiques. Dans un monde en bouleversement, les positions acquises sont contestées de plus en plus vite par de nouvelles technologies (le commerce en ligne contre l’hypermarché étant un des cas les plus visibles actuellement). La destruction créatrice fait qu’une  domination dure de moins en moins longtemps. Voilà pourquoi il faut être prudent avant d’empêcher une concentration. D’autant que, sur les autres continents, les autorités favorisent en général la constitution de champions nationaux pour leur donner les moyens financiers de conquérir le monde. Bloquer l’opération Alstom-Siemens va fragiliser les deux entreprises et l’emploi européen face aux concurrents américains et asiatiques. Il faut toujours rappeler que, pour être un consommateur durable, mieux vaut travailler pour un producteur solide.
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  • C’est tres complique, chaque industrie peut être différente, mais je suis sur d’une chose, l’occident a un manque de concurrence:
    J’étais il y a 30 ans gérant de station service, et on faisait 2 fois par semaine un relevé de prix de nos concurrents qu’on envoyait au pétrolier par minitel, et celui-ci nous disait quel prix nous devions mettre a la pompe. Nous étions a chaque fois 2-3 centimes plus chers, on augmentais le prix, notre principal concurrent augmentais son prix.
    Depuis 25 ans je suis en Chine, ayant travailler pour les grandes surface française et les ayant fournies, vous croyiez avoir de l’offre, vous avez 10 marques en rayon, mais 98% appartiennent a 1 ou 2 fabricants !
    Je le vois en Chine, un petit fabricant chinois fait mieux que les numéros 1 mondiaux qui produisent en Chine, dans n’importe rayon, les petits chinois produisent a – 50% que les géants mondiaux (medicaments, lessives, rasoirs, biscuits, baskets …)
    En Chine la concurrence internet est féroce, faut dire que se faire livrer coute minimum 50 fois moins chers que la poste française, dans 95% des cas la livraison est gratuite.
    En occident vous avez des monopoles et duopoles qui ont tues toutes concurrence, sauf qu’en Chine ils se font sabrer. Il y a 25 ans il n’existais aucunes marques d’articles de sport, aujourd’hui au moins 4 rivalisent avec les 2 plus grandes marques mondiale.
    Autre exemple une chaine de café mondiale qui offre le wifi se fait bouffer en 2 ans par la concurrence chinoise .

    • Peut-être un manque de concurrence, mais dans la distribution, je pencherais plutôt pour un contexte réglementaire qui empêche la concurrence de s’exercer librement et efficacement. Sans compter les nouvelles règles qui interdisent de faire des promotions trop avantageuses pour le consommateur, et qui devraient être dans le collimateur des GJ s’ils avaient un poil de bon sens.
      Pour les grands contrats, les décisions n’ont plus rien d’économique, elles sont purement politiques. Les commissions de choix veulent pouvoir faire des recommandations suffisamment obscures pour que a) le petit copain soit choisi en fin de compte et b) le choix soit néanmoins argumenté par des pages et des pages expliquant que c’est le meilleur rapport fourniture/prix. Sinon, la commission disparaît, ce qui n’est pas du goût de ses membres, et il faut trouver quelqu’un pour négocier sur la base « oui, vous êtes le seul en lice, mais il reste la possibilité que nous ne passions pas le contrat s’il ne nous satisfait pas ! », et dans le public il y a peu de volontaires pour assumer ce genre d’attitude.

  • Mr. Fontanet

    Merci pour votre article
    Pour le coup, dans la chienlit bruxelloise, il est un peu difficile de reprocher à l’autorité de la concurrence une approche vraiment libéral de l’économie même si je crois que cette position tardive viendrait en partie de la plainte de deux états (hollande et ??).
    Ceci étant dit, effectivement, et je vous rejoins, pour apprécier une position monopolistique ou concurrentielle, il faut pouvoir s’accorder sur le périmètre et effectivement dans de cas on pourrait considérer que le périmètre est mondial
    L’Europe n`est pas un pays et que Dieu nous en préserve si non on est bon pour L’URSS version 2.0 donc cette position peut être compréhensible vue de Hollande mais en quoi cette position devrait empêcher le mariage d`une société française et Allemande.
    Avec ce schéma, pour être cohérant, il faudrait démanteler Airbus qui a de fait une position largement monopolistique en Europe.
    Pour moi tous cela montre la vacuité de toutes ces instituions Européenne.
    Sur le point 2 et 3, vous avez entièrement raison, cependant le point 1 est plus discutable car les capacités d’innovation du leader de marche lie à sa structure de cout plus faible permet souvent à travers l’innovation perçu ou réelle de garder des prix plus élevés.

  • L grande distribution contrôlée par huit personnes, est un « Ecran Total » entre les producteurs et les consommateurs finaux.
    Au plan de L’UE la notion malsaine de « Concurrence non Faussée », est un outils de destruction massive des richesses construite, pendant des années, par des états pour protéger leur population. Si on ne veux pas voir ces deux réalités essentielles on raconte des âneries sur le sujet.

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