Gilets jaunes : circulez, il n’y a rien à voir !

Yellow vests in Metz By: Dmitry Dzhus - CC BY 2.0

Fin du « cauchemar » libéral et de la chienlit poujadiste : le socialisme institutionnel reprend le pouvoir !

Par Olivier Maurice.

Ça y est, l’affaire est bouclée !

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont eu beau frôler l’apoplexie à force de s’époumoner pour tenter par tous les moyens de récupérer le mouvement des Gilets jaunes en osant dire tout et son contraire (c’est d’ailleurs comme cela qu’on les reconnaît) : ils ont perdu, ce ne sont pas eux qui récupéreront la gloriole d’avoir fait avancer un peu plus la France dans le désastre collectiviste.

Le match est maintenant terminé, le hold-up habituel a eu lieu. Ce sont les poids lourds du socialisme institutionnalisé, les « corps intermédiaires » qui ont repris la main sur le gâteau de l’argent du contribuable et vont pouvoir continuer à régenter la vie des gens et à présider à l’intérêt général comme ils le font depuis des décennies.

Super Socialiste 2.0 : le Retour

La politique sociale qui ne vise qu’à acheter la paix du même nom en fabriquant de l’argent gratuit est revenue.

La pompe à Shadock qui prend à Paul pour donner à Jean pour éviter que Jean couine trop fort parce qu’il doit donner à Paul afin que ce dernier ne couine pas lors qu’il doit donner à Jean etc. est de nouveau fonctionnelle.

La presse unanime salue ce retour en terre connue. Ça y est : on va enfin pouvoir revendre du bon sentiment, du match de foot et du misérabilisme à gogo. On va pouvoir de nouveau continuer à professer à foison l’écologisme et le politiquement correct. On va pouvoir refaire des polémiques et vendre du papier sur des petites phrases qui ne veulent rien dire.

Les syndicats, Laurent Berger en tête, pérorent derrière les micros des radios. Le boulet n’est pas passé loin mais ils sont retournés sur le devant de la scène. Ils vont pouvoir continuer à parler au nom de tous les travailleurs qu’ils représentent, au nom de tous les prolétaires asservis par le Grand Méchant Kapital, au nom de tous les Français.

Ils vont pouvoir redevenir les champions de la fraternité et de la générosité en rongeant l’os de la question de l’immigration qu’Emmanuel Macron a subrepticement placé au milieu de son discours. Ils vont enfin pouvoir revenir sur un vrai sujet qui les concerne après que celui-ci eut été relégué en 2° division par le ras-le-bol fiscal auquel ils ne comprennent rien.

Les maires vont pouvoir cesser de bouder. On a besoin d’eux. Reste juste à voir si l’État tient ses promesses et augmente bien les tombereaux d’argent public déversés puis recyclés dans les fonds obscurs des associations sportives ou servant à payer ces employés municipaux absolument indispensables pour se faire réélire.

Point de Révolution !

Exit donc les apprentis Pinochet et Maduro. Exit les nostalgiques de Trotski et de Goebbels. Envolé le fantasme de transformer la France en république bananière afin de pouvoir piller impunément les richesses du pays, s’en mettre plein les poches avec ses copains et y massacrer allègrement tous ceux qui y trouveraient quelque chose à redire. Exit la révolution, celle-ci restera pour un temps encore cantonnée au seul titre du best-seller du locataire de l’Élysée.

Exit le socialisme décomplexé : on en restera au socialisme sournois.

Le pays est sauvé. Macron n’est plus le libéral qu’il n’a jamais été. Le monopole du cœur est de retour au panthéon.

On ne s’improvise pas mafioso

Tant pis pour les Gilets jaunes du début. Vous savez, ces auto-entrepreneurs, ces petits patrons, ces professions libérales, ces commerçants, ces employés… qui avaient eu le courage (ou l’inconscience) de vouloir devenir les porte-paroles de cette classe moyenne qui n’en peut plus. Quelques menaces de mort, quelques croche-pieds et coups tordus bien menés par les professionnels de la politique politicienne et du détournement de fonds les ont très vite réduits au silence.

Cela fait maintenant bien quinze jours que la presse ne leur tend plus le micro et les a remplacé par des « porte-paroles qui n’en sont pas et qui ne parlent que pour eux-mêmes » estampillé et certifiés pure lutte des classes et des « travailleurs anonymes mais représentatifs » qui gagnent seulement 500 euros par mois (c’est-à-dire deux fois moins que RSA + prime d’activité + APL), ce qui est un vrai scandale dans un pays comme la France ! C’est intolérable ! Qu’attend-on pour mettre enfin en place des aides sociales ?

Pax Romana

Comme d’habitude depuis maintenant des décennies, ce sont les Français qui vont payer l’addition. Les Français, tous les Français. Bon, certes, certains un peu moins que les autres : les syndicats, les hommes politiques, les journalistes (et aussi le nombre grandissant chaque jour de ceux qui ont choisi l’exil)… Comme d’habitude. Mais chut… c’est un secret. Et ce n’est pas grave : l’important c’est que la France reste le centre du monde non ?

Jusqu’à la prochaine vague. Qui ne tardera pas.

Ce ne sont certainement pas les 10 ou 20 milliards d’euros de dépenses supplémentaires (on ne sait pas trop) que vont coûter les divers cadeaux faits aux syndicats qui amélioreront la faillite totale du pays.

Mais pendant quelques mois, on va pouvoir rallumer notre poste de télévision et retourner à une vie normale. On va pouvoir tranquillement dépenser l’argent des autres pour Noël. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.