Pour ou contre le revenu de base universel ?

Le débat entre ceux qui veulent continuer à chercher des solutions au chômage et ceux qui veulent couper le lien entre travail et revenu ne fait que commencer.

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Université d'été du Revenu de Base by Revenu de Base (CC BY 2.0)

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Pour ou contre le revenu de base universel ?

Publié le 14 octobre 2018
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Par Thierry Weil1.
Un article de The Conversation

Lors de l’université d’été du revenu de base en août 2014. Revenu de base / Flickr, CC BY

Un débat a été organisé sur le revenu universel de base dans le cadre d’un colloque de Cerisy sur « Le travail en mouvement ». Animé par Danielle Kaisergruber (Metis-Europe), il a opposé Yannick Vanderborght, professeur de sciences politiques aux universités de Saint-Louis (Bruxelles) et Louvain, et Jean‑Baptiste de Foucauld, inspecteur général des finances honoraire, ancien commissaire au Plan et acteur engagé depuis des décennies dans tous les dispositifs de solidarité et d’actions contre le chômage. Au-delà des arguments invoqués, deux visions anthropologiques s’affrontent autour de la question du travail.

Revenu de base : mais de quoi parle-t-on ?

Revenu de base, revenu universel, revenu d’existence… Ces termes avaient déjà fait couler beaucoup d’encre lors de la dernière campagne présidentielle.

Le soufflé était quelque peu retombé, mais voici qu’Emmanuel Macron relance le débat en annonçant dans son plan Pauvreté un « revenu universel d’activité », contribuant ainsi à une certaine cacophonie des concepts. Rappelons les principes qui définissent le revenu de base : un revenu universel (pour tous), inconditionnel (ne nécessitant pas de remplir des conditions préalables), individuel (destiné à la personne et non au foyer), automatique (qu’on n’a pas besoin de demander) et sans devoirs ni contre-parties (duty free).

Or le « revenu universel d’activité » proposé par Emmanuel Macron vise surtout la simplification des nombreuses allocations existantes : il ne serait ni inconditionnel (il serait attribué au-dessous d’un certain plafond de ressources), ni a fortiori universel, et serait soumis à des devoirs (suivre un parcours d’insertion). Tout au plus serait-il automatique dès lors que les conditions de revenus en seraient réunies, d’où son appellation d’origine « versement social unique et automatique ».

Pour Jean‑Baptiste de Foucauld, ce brouillage terminologique est l’indice que le débat sur le revenu de base « va désormais polluer la vie politique pendant des décennies » au détriment d’une véritable réflexion sur la lutte contre le chômage et le droit au travail. Pour Yannick Vanderborght, le revenu universel constitue au contraire une « utopie mobilisatrice », qui permet de réfléchir concrètement à la déconnexion du revenu et du travail.

Pour ne prendre que le cas de la France, 2 millions de personnes en activité réduite perçoivent une allocation chômage, 1 million travaillent tout en percevant le RSA, 2,36 millions de foyers touchent la prime d’activité parce que leurs revenus sont insuffisants et 700 000 retraités sont aussi auto-entrepreneurs : la déconnexion revenu/travail est donc déjà une réalité. Réduire les difficultés d’accès aux minima sociaux représente un pas vers le revenu de base ; pourquoi dès lors ne pas aller encore plus loin et reconstruire radicalement tout le système ?

Positions des principales forces politiques et sociales à l’égard du revenu de base

Yannick Vanderborght a d’abord beaucoup étudié le revenu de base, avant d’en devenir un défenseur nuancé. Avec Philippe Van Parijs, il est l’auteur de Basic Income. A Radical Proposal for a Free Society and a Sane Economy (traduction française en 2019 à La Découverte), qui passe en revue l’histoire du concept et les positions des principales forces politiques et sociales engagées pour ou contre le revenu universel dans le monde.

Dans le camp des opposants, on trouve généralement la gauche travailliste, la gauche chrétienne et les syndicats, pour lesquels l’intégration par le travail reste l’horizon indépassable. Trois objections dominent : la crainte d’une individualisation des rapports sociaux au détriment des collectifs ; le risque d’une pression à la baisse des salaires ; et un sous-jacent plus stratégique : les syndicats sont par nature organisés autour du travail et le revenu universel s’adresse politiquement et prioritairement aux outsiders du marché du travail.

Parmi les forces « pour », on trouve essentiellement les écologistes en Europe, aux USA et au Canada et la gauche libertaire, qui mettent en avant trois types d’arguments : la remise en cause de la croissance (en tant que telle ou ne permettant de toute manière plus de fournir du travail à tous) ; l’existence de « communs » comme les ressources naturelles ou le capital accumulé, dont le revenu universel serait le dividende ; un rapport différent à l’activité plutôt qu’au seul « travail » dont la définition devient de plus en plus malaisée.

Si les féministes demeurent divisées à propos du revenu universel, on a cependant pu constater aux États-Unis, lors d’expérimentations menées localement dans certains États, que le taux de divorce avait soudainement augmenté, l’interprétation donnée à cette hausse étant que la répartition plus équilibrée du pouvoir économique a permis à des femmes dépendantes de sortir de situations de couple toxiques.

Même dans des pays où l’éthique du travail est très forte, le débat sur le revenu universel existe : en Suisse, l’initiative populaire en faveur d’un revenu universel (à hauteur de 2 260 euros par adulte !) a recueilli 23 % de « oui », ce qui est considérable, et au Japon, la fin de la tradition de l’emploi à vie, et ses corollaires précarisation/polarisation, ont fait modestement émerger la question.

« Donner le minimum vieillesse aux nourrissons ! »

Pour Jean‑Baptiste de Foucault, auteur de L’Abondance frugale, pour une nouvelle solidarité et l’un des coordinateurs du Pacte civique, le point capital de sa critique contre le revenu universel réside dans l’absence de contre-don (duty free). Toutes les sociétés se sont construites sur le triptyque « donner, recevoir, rendre ».

La question de la réciprocité est donc essentielle : il y a don parce qu’il y a contre-don. S’affranchir méthodologiquement du contre-don (l’obligation de travailler, chercher du travail ou se former) représenterait un saut anthropologique de type transhumaniste, conduisant à un individualisme terrifiant. Le RU ferait courir à nos sociétés des risques tragiques, en créant des habitudes et des attentes – « sans doute pas à la première génération, car nous sommes habitués au travail, mais dès la suivante » – dont on découvrirait ensuite qu’elles ne peuvent pas être durablement financées, ce qui causerait d’amères déceptions. « Il y a de quoi provoquer une guerre civile ! »

Selon lui, la promesse est financièrement insoutenable dans le contexte des finances publiques qui est le nôtre, ce que confirment d’ailleurs la grande majorité des économistes : « On parle quand même de donner le minimum vieillesse aux nourrissons ! ». Or cela interviendrait en outre dans un contexte où le coût de la réparation écologique va nécessiter la mobilisation de ressources considérables et une demande de travail accrue.

Enfin, le revenu universel représenterait une rupture complète avec la société du travail. Travailler, c’est se rendre utile à autrui et recevoir en échange une rémunération. À l’inverse, le revenu universel incite à se désintéresser de l’utilité sociale, de l’insertion et du chômage, « puisqu’on règle le problème en le supprimant ». N’oublions pas que « pour que les uns consomment sans travailler, il faut que d’autres travaillent sans consommer » : ce qui est normal pour aider devient insupportable si cela se transforme en rente et inverse la dépendance.

Poursuivre « la vie bonne » selon ses propres critères

Tout au contraire, répond Yannick Vanderborght, les expérimentations ne donnent aujourd’hui aucune certitude quant à l’impact du RU sur l’activité : elle peut augmenter ou décroître. Croire à la propension des individus à travailler ou à se vautrer devant la télévision relève de la « foi » anthropologique. C’est une question du même ordre que savoir si l’homme est bon ou mauvais. Notre propension à travailler a certes un intérêt dans la mesure où elle détermine notre capacité à financer le revenu de base. Elle a donc une valeur instrumentale, mais pas forcément une valeur intrinsèque.

En disséminant le pouvoir économique, le RU donne à chacun une certaine liberté pour poursuivre la « vie bonne » selon ses propres critères. Et cette vie bonne sera souvent une « vie laborieuse », ne serait-ce que parce qu’avec 500 euros par mois on continue à être incité à rechercher un revenu complémentaire. Mais ce peut être aussi suivre une formation, créer, rêver, ne rien faire ou choisir de participer à des activités socialement utiles – car le travail au sens de l’emploi n’est pas toujours utile (bullshit jobs), et les activités socialement utiles ne sont pas toujours des emplois.

« Est-on libre avec 500 euros par mois ? »

À cette question posée par un participant, Jean‑Baptiste de Foucauld répond catégoriquement par la négative.

« Beaucoup d’individus doivent vivre avec 500 euros par mois. Ils ne sont évidemment pas heureux, car cela ne résout pas leur problème d’emploi. Le fait de ne pas travailler remet en cause l’identité et ne procure aucun bonheur. 500 euros ne permettent de gérer ni le problème de l’inclusion, ni la question de la reconnaissance de sa propre utilité. C’est pourquoi, je ne vois aucune raison de renoncer à lutter contre le chômage et pour le droit au travail. »

De son côté, Yannick Vanderborght insiste sur le fait que c’est justement l’universalité qui représente l’indéniable avantage du revenu de base, parce qu’elle permet d’éviter la stigmatisation et le sentiment d’exclusion des allocataires de minima sociaux.

« Dans le revenu de base, universalité et absence d’obligations sont deux inconditionnalités indissolublement liées : la première est ce qui permet d’accepter des activités faiblement rémunérées parce que l’on a un revenu par ailleurs ; la seconde est ce qui permet de refuser des activités dégradantes, peu attractives ou mal rémunérées, et donc de ne pas ouvrir la voie à l’exploitation. »

Le débat entre ceux qui veulent continuer à chercher des solutions au chômage et ceux qui veulent couper le lien entre travail et revenu ne fait que commencer.

Sur le web-Article publié sous licence Creative Commons

  1. Chaire Futurs de l’industrie et du travail (CERNA, I3, CNRS), Membre de l’Académie des technologies, Mines ParisTech.
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  • Dans ce texte, la distinction entre « inconditionnel » et « universel » est intéressante.

    En effet, un libéral qui admettrait une allocation « inconditionnelle » (versée en dessous d’un certain niveau de revenu du travail, comme l’impôt négatif de Friedman), devrait alors logiquement lui préférer une allocation « universelle » (fixe et versée à tout le monde), car seule cette dernière permettrait de rétablir un véritable marché du travail (sans minima ni contraintes sociales).

    • Oups, j’ai mis des guillemets un peu partout mais ai oublié ceux de « libéral »

    • L’impôt négatif se conçoit aisément comme un dispositif de lutte contre la pauvreté absolue. Pour que personne n’ignore de quoi il s’agit ou se fasse de fausses idées, la pauvreté absolue est définie comme étant un revenu inférieur ou égal à 2$ par jour par personne.

      Au-delà, par exemple s’il était fixé vers 500 ou 800 euros par mois par personne, le RU serait une nouvelle rente, tout à fait banale dans sa conception comme dans son exécution, fondé sur un vol légal, une sorte de nouvelle retraite par répartition, mais versée aux nourrissons, et pourquoi pas demain versée aux animaux et aux robots, étant donné les nouvelles idéologies des fadas qui éructent aujourd’hui leurs délires collectivistes.

  • Plus le système d’ aide sociale est complexe plus il avantage les malins et les fraudeurs, de pus il demande plus de fonctionnaires pour son fonctionnement. C’ est la même chose avec les impôts, une flat tax simplifirait tout. Mais en France on aime les usines à gaz qui font travailler les fonctionnaires.

    • Hum ,plus un système fiscal est complexe…plus il rapporte a l’état , tout le monde n’est pas assez ruse pour en comprendre les subtilités…idem pour le social le simplifier va augmenter son coût !

    • ça sous -entendrait deux choses : un que les fonctionnaires travaillent et deux qu’ils travaillent bien … j’ai un doute…

  • 500€/mois x 50millions d’adultes = 300Mds /an , soit 5% des 5 960 Mds de CA annuel de toutes les entreprises de France…

    • 5 % en plus des 62 % du CA qui partent dans les caisses de l’Etat et de la Sécu.

      • Ne pas confondre CA et PIB… 57% du PIB, ca fait un peu moins de 25% du CA.
        Certes, l’État aspire beaucoup, mais l’argent collecté ne reste pas en coffre. Il rembourse des soins, il paie des services…
        On peut discuter du choix de ces services et de leur efficacité, mais l’argent circule…

        • L’Etat ne rembourse aucun soin. L’Etat désolvabilise gravement les individus pour financer ses prétendus services que personne ne lui demande. L’argent qui circule par la contrainte ne crée aucune richesse. Le faux monnayeur, le violeur, le pilleur, le tueur en série, le braqueur de banque font circuler des richesses préexistantes, tout autant que l’Etat. Mais cette circulation contrainte ne crée aucune richesse nouvelle. Au mieux, elle ne fait que la déplacer. Pire, L’Etat comme les criminels contribuent à détruire la richesse de fait de l’immense découragement qu’ils provoquent par leur injustice et leur immoralité.

          • Haaaa ! Encore une pensée profonde de l’homme des cavairnes… t’as rien d’autre a foutre que me faire chier pour le plaisir de me faire chier ? 🙂
            Théo mentionnait la sécu qui, malgré tout, rembourse, après avoir collecté.
            Et je suis ravi de voir que tu mets l’Etat dans le même bain que d’autres bienfaiteurs de la société …. au moins, tu fais avancer le sujet …

            • Etat obèse non régalien et SS, c’est la même entité néfaste.

              • C’est clair . Tous ces services sont totalement inutiles… On se demande même pourquoi on a osé créer des services publics… La vie est tellement plus belle au tchad, en papouasie, au népal… ils sont tellement plus libres sans ces affreux services publics 🙂

                • Vous êtes ignoble, sonpeneu. Vous défendez le voleur contre le légitime propriétaire d’un bien, parce que vous êtes nombreux. C’est le Ba-ba de la démocratie.

                • Si les services sont aussi utiles que vous le prétendez, ils n’ont pas à craindre la concurrence. Mais pourquoi donc sont-ils constitués en monopoles et financés par des prélèvements obligatoires ?

                  • C’est vrai. La notion d’Etat est un peu obsolète…. On peut aussi vendre les parties privées d’une copro, et se faire facturer chaque passage pour rentrer chez soi…

                    • Aucun rapport entre une copro volontaire et l’Etat. Et ne venez pas dire qu’il suffit d’aller voir ailleurs car, sait-on jamais, c’est vous qui pourriez vous retrouver dehors. Quand on abuse de la violence. il faut accepter que la violence se retourne contre soi.

                    • Je ne connais pas de copros volontaires… Un nouveau résident signe le chèque en blanc de l’ensemble dans lequel il s’installe… exactement de la même manière qu’un bambin nait dans une copro qui ne lui a pas demandé avec quelles règles il voulait jouer…

    • Et donc 20% de la VA privée qui est la seule véritable création de richesse, sans compter tous les autres prélèvements, parce qu’il faut bien faire vivre l’Etat obèse et ses cohortes de faux fonctionnaires.

      Le RU est un vol, purement et simplement. Il n’y aura jamais de débat. Il y aura simplement la guerre.

      Dont Tread On Me.

      • Tu peux nous rappeler la VA que tu génères toi même ? 🙂

        • Pauvre Marius : panne d’argument, essoufflement de la pensée, agressivité…

          • Tu m’as déjà servi ces mêmes fadaises… tu radotes 🙂
            C’est toi qui rappelles que la VA privée est la seule création de richesse, donc je me demandais quelle étais ta propre VA pour que tu te sentes spolié à ce point …

            • Me prendre directement plus 50% de mon salaire complet dès le versement, puis plus de 50% encore indirectement sur ce qui reste, oui, je suis spolié et ce n’est pas un sentiment mais la réalité objective.

              • Alors pourquoi serais-tu contre supprimer toutes ces « charges » basées sur le salaire pour le reporter uniquement vers une charge unique sur le PIB ? Ensuite, on « politisera » le taux de cette charge et des services financées par celle-ci …

  • Le meilleur revenu universel, c’est le plein emploi.

    Le RU se traduira à terme par la fermeture des frontières, le contrôle des naissances et l’explosion des importations. Er quand il n’y aura plus de ressources sur le territoire, l’Etat attaquera les voisins pour les piller. Ca ne vous rappelle rien ?

    • Le plein emploi est une foutaise de soviétiste…
      sauf a considérer que faire pousser ton potager en fait partie pour te nourrir toi même…

    • Le plein emploi est une utopie soviétique…
      Sauf si on considère que faire pousser son potager pour se nourrir en fait partie…

      • La Suisse qui a le plein emploi est donc une utopie soviétique.

        • C’est vrai. On devrait bâtir toute l’Europe comme la Suisse 🙂

            • Je suis partant.
              Juste un petit problème : si la Suisse devient le modèle, sachant que plus de la moitié de ses exportation ont lieu vers l’Europe, comment la balance commerciale globale pourra rester bénéficiaire ?

              • Les bons produits se vendent comme des petits pains. Les produits comportant 57% de charges publiques dans leur prix de vente ne se vendent pas car ils ne peuvent pas être bons.

                • Si tes clients achetant tes bons produits sont a l’intérieur de ton pays, tu fais tourner le marché intérieur, mais comme tu es toujours obligé d’acheter ta matière première et tes sources d’énergie a l’extérieur, ta balance commerciale plonge… et ton modèle Suisse disparait comme par magie… les charges publiques n’y sont pour rien…

                  • ta balance commerciale plonge… et ton modèle Suisse disparait comme par magie

                    Raisonnement aussi débile que de dire que l’on a un déficit avec son boulanger parce qu’il n’achète rien en retour.

      • Hors du champ économique, notamment au sein de la cellule familiale, la production individuelle ne crée aucune richesse économique. Seul l’échange volontaire crée des richesses.

        Faire pousser son potager est donc hors sujet relativement à la question du plein emploi. Le sous-emploi structurel est toujours la conséquence de politiques économiques socialistes, avec leur cortège de rentes comme le RU, les retraites par répartition ou la SS collectiviste. Cas pratique emblématique : la France avec ses millions de chômeurs depuis 40 ans. Le plein emploi n’est pas une utopie une fois qu’on se débarrasse du socialisme.

        • Comme première cause structurelle du sous-emploi, je mettrais plutôt les minima sociaux liés au travail (SMIC, etc…).
          Le cortège d’aides que vous citez est certes un frein à l’emploi, mais il l’est à cause de son type de gestion et de son coût cumulé, mais non structurellement.

          • Certes, les minimas sociaux ajoutent au malheur public. Mais ils n’existent que pour compenser les effets négatifs des rentes sociales. Il n’y aurait plus que le smic, une bonne partie du problème serait déjà réglée. En outre, l’effet d’éviction du smic n’est pas le même à 500 euros ou 1500 euros, question de dosage.

            • Je ne comprends pas ce lien de cause a effet tel que vous le décrivez, et le verrais plutôt dans l’autre sens :
              Les minima sociaux évitent les travailleurs (très) pauvres, et les rentes sociales compensent la trappe à chomage créée par les minima sociaux …
              Vous envisageriez vraiment un SMIC à 500 € par mois pour un temps plein, sans aucune aide extérieure ?

              • Cavairgnac est un pur individualiste qui n’a manifestement jamais eu besoin de faire appel à la « société »… ça lui passera le jour ou il aura un gros pépin…

              • C’était juste pour rappeler que l’effet d’éviction du smic est variable. S’il fallait envisager sainement cette question, ce serait plutôt pour mettre le smic à 0 (à la poubelle) et laisser les acteurs agir harmonieusement. Mais dans l’ordre des priorités, libérer la SS et les retraites pour que ces deux secteurs d’activité créent de nouveau de la richesse est beaucoup plus urgent. En outre, une fois le chômage revenu à moins de 500k personnes (chômage incompressible de plein emploi, le smic ne sera plus qu’un vieux souvenir grâce à la hausse des salaires.

        • C’est pour cette raison que les « libéraux » s’intéressant à un moyen de lutter contre la pauvreté devraient préférer le RU, afin de déconnecter les minima sociaux des revenus du travail (avec certes en même temps le risque de déconnecter la population du travail tout court …).

          • Il n’y a pas lieu de lutter contre la pauvreté relative. D’ailleurs, rien que l’emploi du terme « lutter » dénote l’influence de l’idéologie marxiste qui devrait faire vomir les libéraux.

            En revanche, s’il s’agit de « lutter » contre la pauvreté absolue, alors le niveau maximum d’un éventuel RU est inférieur à 100 euros par mois par personne.

  • cette idée est bien sûr, par nature, contraire à la dignité de l’homme

  • Le RU est une manière de se libérer du poids de l’Etat dans ses choix de vie. Voilà sans doute pourquoi l’ancien commissaire au plan ne voit pas ce dispositif d’un bon oeil…
    Voilà pourquoi les libéraux le soutiennent.
    http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2017/01/28/29002-20170128ARTFIG00011-gaspard-koenig-le-revenu-universel-donne-les-moyens-de-choisir-sans-contrainte-economique.php

    • Koenig n’est pas libéral mais adepte du jacobinisme et de la réalisation de l’individu par l’Etat.

    • Seuls quelques libéraux plutôt marginaux soutiennent le RU.

      « Étonnamment, pour certains libéraux l’allocation universelle ne serait pas du vol en raison de son universalité ! Or il s’agit bien d’une redistribution issue de l’impôt, donc de la coercition, celui qui ne paie pas d’impôt étant assisté par celui qui en paie. Les inconvénients de cette allocation sont les mêmes que pour d’autres formes d’assistanat, avec des désavantages supplémentaires. »

      https://www.wikiberal.org/wiki/Allocation_universelle

      « Si une communauté veut instaurer librement une monnaie privée avec « dividende universel », pourquoi pas ? » Pourquoi pas en effet, mais ne nous obligez pas à participer.

      https://www.wikiberal.org/wiki/There_Is_No_Free_Lunch

      • « Seuls quelques libéraux plutôt marginaux soutiennent le RU »
        Et Friedman se retourna dans sa tombe…

        • Relisez attentivement Friedman au lieu d’inventer ce qu’il aurait pu dire.

          Jamais Friedman n’a été en faveur du RU. Il préconise l’impôt négatif comme un pis-aller pour remplacer les aides sociales, en attendant de les supprimer. L’IN n’a rien à voir avec le RU puisqu’il nécessite de déclarer des revenus, parce qu’il est progressif et parce qu’au delà du seuil de l’IN, on ne perçoit plus rien.

          Friedman est clair et sans ambiguïté : il y a la distribution efficace (le marché libre) et la redistribution inefficace (le socialisme, dont le RU fait partie).

  • Je suis plutôt en faveur d’un revenu universel simplement pour une question de moralité: sans ce type de revenu, il est nécessaire de laisser les gens mourir sous nos yeux (les médecins par exemple ne devraient pas soigner une hémorragie sans vérifier la solvabilité par exemple). Le problème c’est qu’en France 500€ de revenu universel ne comprend pas la CMU, aide transport, aide logement etc.. Il est possible de se nourrir avec 2€ par jour par exemple (oui même en France). Je pense qu’un RU de 200€ + aide médicale d’urgence remplirait largement ce devoir de moralité (c’est beaucoup plus que le salaire moyen dans les pays du tiers monde). Évidemment cela doit être accordé à tous pour éviter les distorsions sur les bas salaires, et supprimer les autres aides.

    • Bonjour titi
      Je suis contre le RU. C’est du vol. J’ai de la morale, moi, quand qq’un meurt devant moi je vais l’aider, je n’ai pas besoin de l’état.
      Et je l’ai fait IRL, pas sur le net.

      • Mais ça ne vous arrive pas tous les jours. Un médecin pourrait être dans la situation d’avoir régulièrement ce type de patient qui ne paye pas (notamment aux urgences). Comment faites vous? Si vous comptez qu’ils se dévouent gratis, c’est mal parti, car ceux qui ne ceux dévouent pas facturerons moins cher aux patients normaux, et donc prendrons de la clientèle. Un exemple basique, l’AME. Beaucoup de gens d’extrême droite la dénonce, mais que feriez vous à la place? Les laissez mourir, vous propager des infections transmissibles?

        • Pour bénéficier de l’AME, il faut résider en France de manière irrégulière ET résider en France de manière stable. Chacun appréciera…

        • Avant la sécu, avant guerre, les indigents étaient pris en charge par la charité chrétienne VOLONTAIRE. Les gens sont humanistes, contrairement aux socialistes qui ne connaissent que le violence.

          • C’est bien pour moi la question. Quels sont les résultats de la charité volontaire? Ce n’est pas une question rhétorique, mais une vraie question. En France, le poids des prélèvements est si lourd qu’il modifie profondément la charité, et donc je ne sais pas. Je sais qu’elle est plus importante aux états unis, mais il y a là bas quand même le « welfare money ». Je peux aussi rebondir sur le problème des handicapés mentaux. Ont ils droit à une pension? Comment fixe t on la limite entre handicapé mental et normalité? Je dis ça car dans une société libérale je m’attends à ce que les indigents soient en moyenne beaucoup moins intelligents et que les handicapés mentaux soient donc en nombre dans ce cas.

            • Et oui, un monde parfait n’existe pas!
              Vous avez le choix entre un système libéral imparfait, ou la servitude volontaire qui sera pire.

          • D’ailleurs combien de socialistes ont proposé leur aide aux Haitiens ?

    • Votre argument ne tient pas, car en France il n’y a aucune concurrence entre médecins, car la sécurité sociale rembourse un prix minimum, aucun médecin ne mets le prix de sa consultation inférieur au prix remboursé par la secu.
      En Chine un spécialiste a l’hôpital coute 7 yuans soit 0,94 euro, soit 50 fois moins qu’un spécialiste français, et je ne vous parle meme pas du nombre de patient qu’il voit, au moins 3 a 4 fois plus de patients qu’un spécialiste français.
      Notre système en France avec la secu n’est que juste un transfert de richesse vers la caste des médecins, car il n’y a aucune concurrence.

    • Les médecins doivent fixer leurs honoraires avec tact et mesure. En outre, soigner préalablement l’hémorragie sans se poser la question des honoraires n’empêche pas d’envoyer la facture ensuite, facture que le patient ne manquera pas d’honorer, empli de gratitude envers son sauveur. A défaut d’honneur, il existe des procédures de recouvrement tout à fait fonctionnelles à l’encontre des margoulins.

      Rassurez-vous, la morale est sauve et vous ne trouverez pas des piles de cadavres devant les entrées des cliniques parce qu’ils ne pouvaient pas payer.

  • L’Inflation réduira mécaniquement en quelques années les bénéfices apparents de cette proposition à peau de balle. Chapeau.

    • C’est surtout que ça finira comme en URSS : du pognon plein les poches mais rien à acheter en magasin sauf pour les nomenklaturistes.

      • Les soviets avaient du pognon plein les poches, et la faute était l’absence de produits à acheter…
        Excellent révisionnisme
        C’est confirmé… T’as fait l’école du rire …

        • Sous Lenine, inflation à 64 millions de pour cents, on se demande bien pourquoi, hein ducon !

          • Des billets de 25 000 roubles devenus monnaie de singe c’est avoir plein de pognon dans les poches selon toi ? tu es de plus en plus risible … continue, ton public en redemande 🙂

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Un événement organisé par le séminaire francophone d’études libérales

Le séminaire d’études libérales est une aventure intellectuelle sur une journée qui donne aux participants l’occasion d’explorer la tradition libérale classique et les fondements d’une société libre.

En prenant part au séminaire d’études libérales, vous aurez l’occasion d’en apprendre davantage sur les idées libérales classiques dans des domaines tels que l’économie, la philosophie, la politique, le droit et les politique publiques avec une équipe de conférenc... Poursuivre la lecture

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