Revenu de base inconditionnel : une utopie

Le revenu de base est-il une bonne idée ? Ne mène-t-il pas à l’assistanat ?

Par Pierre Chappaz.

Revenu de base, de l'argent gratuit qui découragera le travail ?
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Le 5 juin prochain, les Suisses voteront pour ou contre le revenu de base inconditionnel. Que dit cette initiative populaire ? Le Revenu de Base Inconditionnel (RBI) est :

« une rente mensuelle, suffisante pour vivre, versée individuellement à chaque personne, de la naissance à la mort, quels que soient ses autres revenus ou sa fortune ».

Utopie ! Et comme d’autres utopies politiques, celle-ci n’est pas dénuée de dangers.

Cette initiative est un mauvais message qui dit aux gens, et aux jeunes en particulier, qu’il est inutile de travailler pour gagner de l’argent. Le projet de ce revenu universel ? Transformer toute la population en fonctionnaires oisifs… Est ce vraiment un bon projet ? Les peuples qui ne travaillent pas sont condamnés à péricliter face à la concurrence de ceux qui travaillent dur. La Suisse n’est pas isolée. Elle fait partie d’une compétition internationale.

Revenu de base : quelles dérives ?

D’ailleurs, l’expérience du RMI puis du RSA en France (le RSA -Revenu de Solidarité Active, est une sorte de revenu universel pour les personnes qui n’ont pas d’emploi), illustre bien les dérives de l’assistanat généralisé. Les bénéficiaires complètent souvent leur revenu par du travail au noir, de sorte qu’ils n’ont que peu d’intérêt à retrouver un emploi déclaré. Conditionner le versement du RSA à au moins quelques heures de travail d’intérêt public, est un débat toujours très vif en France. Depuis février 2016, un premier département, le Haut-Rhin, exige 7 h de bénévolat en contrepartie du RSA.

Les défenseurs du revenu universel nous expliquent que son avantage serait la simplification, car il remplacerait toutes les allocations existantes. Ce grand nivellement est complètement irréaliste, car il ne tient pas compte des besoins spécifiques de certaines catégories de personnes, personnes âgées, fragilisées, malades … alors il faut bien envisager de nouvelles recettes pour le financer ! Créer une taxe sur les transactions financières ? ce serait une incitation à la fuite des capitaux. Augmenter la TVA ? c’est un impôt anti-social.

Plutôt que de se prendre la tête à vouloir réaliser une utopie dangereuse, cultivons la valeur Travail. Car le travail n’est pas qu’un gagne-pain, c’est la participation active à la vie de la société, la richesse des relations humaines et des projets partagés !

Ici, permettez-moi d’ajouter ce mot célèbre de Frédéric Bastiat, économiste français visionnaire du XIXe siècle :

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle chacun s’efforce de vivre aux dépens de tous les autres ».

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