Famine au Venezuela malgré les plus grosses réserves de pétrole au monde. Pourquoi ?

Le Venezuela a appliqué la doxa économique socialiste que certains voudraient voir appliquée en France. Cela l’a mené… à la famine.

Par Carlos Guimarães Pinto depuis le Portugal.

Nicholas Maduro, président du Venezuela
By: Senado FederalCC BY 2.0

Un article d’O Insurgente, traduit du portugais par Brice Alves

Même si cela ne saute pas aux yeux en lisant la presse nationale, le Venezuela est en proie à la famine. Le pays est à feu et à sang du fait de la calamité économique qui l’a frappé. Cette situation prendra certainement par surprise la plupart des commentateurs politiques. Après tout, depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le Venezuela avait mis en place les bonnes politiques économiques, non ?

Le Venezuela, l’aboutissement des politiques économiques socialistes

Sans le contrôle d’une Commission Européenne sur ses comptes publics, le Venezuela a pu instaurer des politiques budgétaires expansionnistes, avec des déficits élevés, qui, comme nous le savons, couvrent l’intégralité de leurs coûts grâce au mécanisme du multiplicateur keynésien. Pour garantir que ceux-ci soient payés par les plus riches, le Venezuela bénéficie d’un impôt sur les sociétés de 34% et d’un impôt sur les revenus suffisamment progressif pour que ceux qui gagnent le plus soient davantage taxés. Ainsi, les entreprises et les contribuables les plus riches ne peuvent manquer de contribuer à l’intérêt général.

D’autre part, le régime chaviste a toujours su défendre les intérêts des travailleurs. Au Venezuela, il est presque impossible de licencier un employé après son premier mois de travail. Le régime chaviste a mis fin à la précarité de l’emploi. Les travailleurs savent qu’ils ne pourront pas être virés, et ce quoi qu’ils fassent ; ce qui, comme tout le monde le sait, augmente la satisfaction au travail et la productivité. En outre, les jeunes mères bénéficient d’un congé maternité qui leur permet de conserver un salaire plein pendant une année entière. Pour donner l’exemple au secteur privé, l’État a fortement réduit les horaires de travail des fonctionnaires, qui bénéficient désormais de la semaine de 4 jours.

Le salaire minimum augmente tous les 6 mois et représente aujourd’hui le double de son montant d’il y a 2 ans. Comme tout le monde le sait, le salaire minimum ne crée pas de chômage. Au contraire, le salaire minimum augmente la consommation, ce qui débouche logiquement sur une création d’emplois. Plus le salaire minimum est élevé, plus il y a de consommation et moins il y a de chômage.

Le gouvernement contrôle la plupart des secteurs stratégiques : les transports, l’énergie, la banque et la distribution alimentaire. Ce n’est pas l’affreux profit qui est déterminant dans la gestion des entreprises, mais bien la recherche du bien commun. La forte présence de l’État dans le secteur bancaire garantit que les emprunts soient au service de l’intérêt général et non au service des intérêts des entreprises. En ce qui concerne l’énergie, tous les foyers bénéficient d’un tarif social et paient très peu pour leur ration de 20 heures d’électricité par jour.

Le Venezuela est l’un des pays du monde qui a le plus investi dans l’éducation. Dépenser de l’argent dans un grand réseau public d’éducation est la première étape pour développer son économie. Comme tout le monde le sait, lorsque l’on parle d’éducation publique, plus on dépense, meilleur c’est.

L’âge de départ à la retraite au Venezuela est de 60 ans pour les hommes et de 55 ans pour les femmes. Ainsi, les emplois restent libres pour les plus jeunes. Il suffit de travailler 15 ans pour qu’une retraite indexée au salaire minimum soit garantie.

N’importe quel commentateur modéré dirait qu’au Venezuela, tout a été fait pour le mieux. Il est impossible de comprendre comment l’on a pu arriver à une telle crise.