Neom, terre d’opportunités pour les entreprises européennes et françaises ?

Le projet NEOM pourrait servir de pôle d’attractivité pour les fonds des entreprises occidentales en quête d’investissements au Proche-orient.

Par Sophie Cho.

Développer l’écosystème innovant saoudien

Le nom de la ville, qui regroupe le mot neo (nouveau en latin) et le M de Mostaqbal (futur en arabe) symbolise la volonté du Prince héritier, Mohammed ben Salmane, de faire entrer de plain-pied la société saoudienne dans le XXIe siècle. La construction devrait commencer en 2025 et durer 30 à 50 ans.

NEOM se rêve surtout en zone de développement économique à la législation et la fiscalité favorables afin d’attirer les cerveaux et les entreprises qui pensent le monde de demain. Lors du lancement du projet, le Prince héritier a ainsi appelé les investisseurs du monde entier à participer à sa construction mais également tous les « rêveurs » à venir vivre et travailler à NEOM.

D’ailleurs, une vidéo de promotion YouTube du projet n’oubliait pas de mettre l’accent sur l’égalité entre les hommes et les femmes au sein de la future ville, sûrement en vue d’attirer une population qui pourrait être réticente à la rigidité sociale actuelle du royaume.

Une ville nouvelle

La ville prévoit d’axer son développement autour de neuf secteurs : l’énergie, l’eau, la mobilité, les biotechnologies, l’alimentation, les technologies digitales, les médias, le divertissement et les nouveaux processus manufacturiers. Pour le Prince héritier « l’accent mis sur ces secteurs stimulera la croissance économique et la diversification (…) la création d’emplois et la croissance du PIB dans le royaume ».

Ce lieu sorti du sable sera un modèle de technologie alimenté par des énergies  propres comme l’énergie solaire et les éoliennes. Transport sans chauffeur, drones avec passagers, biotechnologies… tous les ingrédients de la modernité y seront concentrés. Pour répondre aux besoins colossaux du projet, le pays a d’ores et déjà fait appel à diverses entreprises saoudiennes afin de développer l’écosystème local et de créer des emplois dans ces différents secteurs innovants. Le projet devrait ainsi contribuer à créer 20.000 emplois directs, en plus des 256.000 dans le secteur de la construction.

Dans cette mégapole futuriste, des services tels que l’Internet sans fil à haut débit ou l’éducation en ligne seront gratuits pour les habitants et permettront de stimuler la création et l’innovation. Administrée par une « e-gouvernance », la ville offrira également un environnement sécurisé pour les investisseurs.

Créer des opportunités pour les entreprises étrangères

Ce discours sera vraisemblablement entendu par les entreprises européennes alors que les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien et ont réimposé des sanctions économiques aux entreprises occidentales commerçant avec le pays. De nombreux groupes de premier plan comme Total, ENI, Mercedes Benz, British Airways, Lufthansa, Melia Hotel, Siemens ont déjà annoncé leur intention de quitter l’Iran pour éviter d’éventuelles sanctions ou de remettre à plus tard les protocoles d’accords commerciaux en cours de signature.

Le projet NEOM pourrait ainsi servir de pôle d’attractivité pour les fonds des entreprises occidentales en quête d’investissements dans la région. Rappelons que l’Union Européenne est le premier fournisseur du Royaume d’Arabie Saoudite avec 24,5% des parts du marché. Les investissements des entreprises européennes dans le royaume devraient donc également permettre de poser les jalons d’une future participation au projet NEOM et, in fine, de faire de l’Union un partenaire économique majeur du royaume saoudien.

La France, bien positionnée dans le cadre de NEOM

Récemment en tournée dans les pays occidentaux afin d’encourager les entreprises occidentales à investir dans le pays et à soutenir le projet NEOM, le Prince héritier a signé avec le président Macron des accords commerciaux entre entreprises françaises et saoudiennes pour un montant avoisinant les 18 Md$. Si cette visite s’est avérée fructueuse, elle a également permis aux dirigeants de grandes entreprises françaises et européennes de mieux cerner les « besoins » du Royaume et particulièrement concernant le projet NEOM dans un contexte régional particulier… À suivre donc d’ici 2025 !