Comment la Sécurité sociale sacrifie la prise en charge du cancer

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Comment la Sécurité sociale sacrifie la prise en charge du cancer

Publié le 22 janvier 2018
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Par Eric Verhaeghe.

En France, la Sécurité sociale est l’objet d’un mythe savamment entretenu par les pouvoirs publics. Avec le développement accéléré des techniques médicales, la Sécurité sociale devient un handicap de plus en plus lourd à surmonter. Ses lenteurs bureaucratiques posent de sérieuses difficultés dans l’accès aux nouveaux traitements contre le cancer.

La Sécurité sociale protège les Français. Le mythe fabriqué de toutes pièces dissimule une situation extrêmement préoccupante en matière de finances publiques. Alors que la Sécurité sociale rembourse des médicaments aussi anodins que le Doliprane à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros chaque année, elle refuse (ou tarde à le faire) pour des médicaments innovants qui peuvent sauver des vies humaines. Le cas des traitements contre le cancer est emblématique de cet énorme raté de nos services sanitaires.

Cancer et immunothérapie mal traités par la Sécurité sociale

Les traitements contre le cancer connaissent une véritable révolution grâce à l’immunothérapie. Mais ces traitements coûtent cher, et les bons apôtres de la solidarité, qui est paraît-il la valeur fondamentale de la Sécurité sociale, traînent les pieds pour venir en aide aux victimes de ces maladies graves.

On lira sur ce point un édifiant article d’Alternatives Économiques de janvier 2018, qui déclare par exemple :

Pour avoir une discussion sérieuse sur la fixation des prix et le PLFSS avec l’industrie pharmaceutique, qu’elle commence par offrir une transparence minimale sur ses profits réels. À défaut, qu’elle range les argumentaires sur son chiffre d’affaires et le financement de l’innovation au placard.

La Sécurité sociale à reculons face au cancer

Pour soigner le cancer, la Sécurité sociale recourt donc à une doctrine toute simple, inspirée de l’esprit de solidarité qui prévaut chez ses adeptes : soigner, oui, mais à condition que les fabricants de médicaments ne s’enrichissent pas. Car, c’est bien connu, si on nationalisait l’industrie pharmaceutique, beaucoup plus de brevets et d’innovations technologiques seraient déposés.

D’où une logique malthusienne qui explique que la décision de rembourser le Keytruda dans le cancer du poumon ait été prise dix-huit mois après la Belgique ou l’Allemagne. Au nom du principe selon lequel la santé devrait être gratuite, les bons apôtres du monopole de la Sécurité sociale renâclent à sauver les patients parce qu’ils trouvent que les soins coûtent trop cher.

Le cas du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate donne un autre exemple du peu de cas réservé par les adeptes de la solidarité à tout crin à la mort qui rôde autour de certains malades français.

Ainsi, dans le cas des cancers avancés de la prostate (avec métastases osseuses), 23 pays dans le monde ont décidé de rembourser le Xofigo, un traitement par injections qui coûte 30 000 euros. Si l’on se souvient que ce cancer tue 9 000 hommes par an en France, la décision française de ne pas le rembourser permet de mesurer l’ampleur des dégâts.

Curieusement, le gouvernement est capable de consacrer beaucoup plus de moyens pour diminuer de bien plus faibles quantités de morts sur les routes. Et c’est dans un parfait cynisme qu’il refuse de rembourser ces traitements coûteux pour les patients qui souffrent d’un cancer.

Un système sanitaire moins performant ?

Si la Sécurité sociale traîne à rembourser les médicaments innovants contre le cancer, on constate aussi que la douleur due à cette maladie est parfois mal traitée par les médecins. Ainsi, on considère aujourd’hui que 40% des malades du cancer qui devraient recevoir de la morphine n’en reçoivent pas.

Là encore, ce chiffre a de quoi faire réfléchir. Il souligne que le système sanitaire français est loin d’être l’un des plus performants. Plus le temps passe, plus la lourdeur bureaucratique de la Sécurité sociale tend même à le placer à un rang subalterne.

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  • Comme dans d’autres domaines (éducation, armée, prisons,….) notre système étatique si performant dégringole dans les classements internationaux !!Mais puisque qu’on vous dit que nous avons le meilleur système au monde (avec les impôts, taxes et charges les plus élevés des pays industrialisés ) !! Circulez, y’a rien à voir !

  • Pourquoi les discutions concernant le prix du médicament ne se font pas au niveau européen. Peut-être que la puissance de celle-ci ferait baiser les prix. Concernant le remboursement de certains médicaments pour les petits bobos, Je suis tout à fait d’accord avec l’auteur, nous marchons sur la tête. Nous pouvons mettre des fortunes pour les produits esthétiques et quand cela est pour notre santé nous regardons ailleurs.

  • le jour ou on aura un gouvernement qui s’occupera de la souffrance des autres , il pleuvra de l’or ;

    • Sortez votre parapluie alors, parce que ça fait déjà 70 ans que l’Etat a la prétention de s’en occuper. C’est juste qu’il le fait très mal, et même de moins en moins bien comme le démontre l’article.

      Personnellement je me contenterais très bien d’un gouvernement qui se fiche éperdument de mon état de santé.

      • @Manchot

        Ce n’est pas qu’il le fait mal, c’est juste qu’il prétend s’en occuper. Si l’état résolvait le problème, il n’y aurait plus de raison pour ce dernier d’intervenir.

  • la sécu est la plus grosse arnaque jamais montée par un état pour dépouiller ses actifs ! Encore si elle s’occupait correctement des plus pauvres et des plus fragiles, mais même pas!
    Les fonds qu’elle n’a pas siphoné pour arroser ses pseudos fonctionnaires sont utilisés pour maintenir en vie des légumes dans les hopitaux, et pour soigner la misère du monde gratuitement!
    La sécu dépouille les actifs, organise la pénurie de soins et de médecins, et les soignants sont désignés à la vindicte populaire, le meilleur plan qui soit pour vous tondre sans provoquer de résistance

  • Les traitements des cancer qui touchent les femmes seraient-ils mieux rembourser ? hmmm

  • Avec notre système de sécurité sociale, ce n’est pas le patient qui « achète » les médicaments. Ce n’est donc pas lui qui décide s’il est opportun de prolonger sa vie ou non en payant. Essentiellement, le seul client des industries pharmaceutiques est la sécurité sociale, qui prétend soigner tout le monde le mieux possible. Ainsi, les industries pharmaceutiques vont augmenter le prix des médicaments jusqu’à ce que la sécurité sociale refuse devant la réalité de rembourser. Le prix limite est la valeur statistique de la vie humaine, de l’ordre de 6M€ environ en France (évidement c’est tabou, officiellement la sécurité sociale fixe ce montant à l’infini). En gros 20k€ pour 3 mois de vie supplémentaire. Bien sûr le problème est que cette valeur varie grandement entre les personnes, certaines préféreraient plus de vie, alors que d’autres préféreraient l’argent. En France, cette décision ne vous appartient pas.

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