Édition de gènes : une réglementation européenne régressive et obsolète

Le Secrétaire d’État à l’Agriculture américain rejette la décision européenne sur l’édition de gènes, la qualifiant d’obsolète.

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Édition de gènes : une réglementation européenne régressive et obsolète

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 août 2018
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Par Joan Conrow.

Le Secrétaire américain à l’Agriculture, Sonny Perdue, a critiqué la récente décision de la Cour de Justice de l’Union européenne(CJUE) sur l’édition de gènes, affirmant qu’elle est fondée sur des « réglementations régressives et obsolètes » et freine l’innovation.

M. Perdue a exhorté l’Union européenne à demander davantage de contributions aux scientifiques, aux agriculteurs et à ses partenaires commerciaux « pour déterminer la mise en œuvre appropriée de la décision ».

Il a rejeté la décision parce qu’elle « considère de manière étroite que les nouvelles méthodes d’édition du génome relèvent de la réglementation régressive et obsolète de l’Union européenne régissant les organismes génétiquement modifiés ».

Des États sans-gène

La décision crée en fait une interdiction de facto de cultiver des plantes génétiquement modifiées en Europe, car la plupart des États membres ont déclaré que les OGM sont interdits. Le Dr Sarah Schmidt de l’Institut de Physiologie Moléculaire de la Heinrich-Heine-Universität de Düsseldorf a déclaré qu’elle avait donné « le coup de grâce à la biotechnologie végétale en Europe ».

La décision devrait également avoir des implications sérieuses pour l’Afrique, où divers programmes de sélection utilisent des outils d’édition comme CRISPR pour développer des variétés résistantes aux maladies de cultures vivrières importantes telles que le manioc.

Comme l’a rapporté Wired : « L’UE est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique, accueillant près de 16 milliards de dollars en importations agricoles et alimentaires en 2017 en provenance d’Afrique, selon la Commission européenne. Cela signifie que les agriculteurs africains qui espèrent vendre sur les marchés européens pourraient ne pas être en mesure de profiter des améliorations apportées grâce à l’édition des gènes. »

Les répercussions n’ont pas échappé à Perdue, qui a noté que « le traitement réglementaire mondial des produits agricoles issus d’une édition de gènes a des implications stratégiques en matière d’innovation et de commerce pour l’agriculture américaine ».

L’Association européenne des Semences (ESA – European Seed Association) est du même avis ; elle a déclaré que la décision constituait « un tournant pour la chaîne agroalimentaire de l’UE ». Le Secrétaire général de l’ESA, Garlich von Essen, a déclaré : « Il est probable qu’une grande partie du potentiel de ces méthodes innovantes sera perdue pour l’Europe, avec des conséquences économiques et environnementales négatives importantes. Cela porte un coup sérieux à l’agriculture européenne et à la science végétale. »

L’Europe contre la science

Les agriculteurs et les scientifiques néo-zélandais ont également critiqué la décision, affirmant qu’elle étouffe l’innovation, ne tient pas compte des nouvelles connaissances scientifiques et maintient un processus de réglementation basé sur la technologie plutôt que sur les résultats.

Perdue a déclaré que « les politiques gouvernementales devraient encourager l’innovation scientifique sans créer d’obstacles inutiles ou stigmatiser injustement les nouvelles technologies ». Pour cette raison, a-t-il dit, le Département américain de l’Agriculture « a des politiques claires et fondées sur la science et les risques qui permettent l’innovation nécessaire tout en continuant à garantir que ces produits sont sûrs ».

Perdue a promis que l’USDA « redoublera d’efforts pour travailler avec ses partenaires à l’échelle mondiale en faveur d’approches réglementaires fondées sur la science et les risques ».

Le Dr Kieran Elborough, directeur général de la science, des innovations de cultivars nouveaux au Crown Research Institute de Nouvelle-Zélande, a déclaré qu’il sera intéressant de voir si de nouvelles réglementations plus détaillées émergent pour restreindre ou permettre les technologies d’édition de gènes dans le monde.

Les chercheurs ont adopté l’édition de gènes en raison de sa précision et de sa rapidité. Perdue a déclaré que les outils d’édition comme CRISPR sont très prometteurs. « Pour les consommateurs, les avantages potentiels incluent des aliments plus sains et de meilleure qualité à des prix abordables. Pour les agriculteurs, ils incluent des améliorations de la productivité, de la santé des plantes et des animaux, et de la durabilité environnementale. »

Mais maintenant, comme l’a fait remarquer von Essen, « alors que d’autres parties du monde vont de l’avant avec ces innovations sans sur-réglementation inutile, les sélectionneurs et les agriculteurs européens vont encore une fois perdre, sans même avoir une chance d’explorer le potentiel et les avantages que ces innovations en matière d’amélioration des plantes apportent en pratique ».

Traduction par Wackes Seppi de « US ag secretary rejects Europe’s gene editing ruling ».

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Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Il n’y a pas que la France qui soit foutue, c’est toute l’Europe qui rejette la science pour l’idéologie écologiste, obérant son avenir. Eolienne: oui – OGM: non!

    • Bientôt les Européens emporteront leur nourriture quand ils iront faire du tourisme, et n’iront plus aux USA où ce genre de lunch-bag ne passe pas l’immigration…

  • Les commentaires sont fermés.

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