Vous reprendrez bien un peu de Hollande ?

Pour Gayet et une presse enamourée, Hollande pourrait tenter un second quinquennat. De qui se moque-t-on, et pourquoi ?
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Vous reprendrez bien un peu de Hollande ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 août 2018
- A +

À mesure que baisse la popularité du président Macron, que le taux de chômage monte et que la croissance se fait plus mollassonne, le pays se réveille à la possibilité de moins en moins lointaine que le quinquennat du sémillant quadragénaire soit finalement encore plus médiocre que le précédent de Hollande.

Certes, il reste quatre ans pour redresser la barre et définir enfin un cap un peu cohérent, mais à cœur vaillant rien d’impossible, même si la tâche, de prime abord, semble herculéenne : entre le budget qui s’amenuise, les tensions aux frontières qui augmentent, les bouffées popularo-populistes en Europe et en France, les risques toujours présents d’une crise financière ou d’une explosion de la dette par une remontée subite des taux d’intérêts, il n’en faudrait pas beaucoup pour que la médiocrité de l’actuelle direction présidentielle ne fasse des étincelles. Du reste, le premier janvier prochain introduira – si Macron et Bercy s’entêtent – le prélèvement de l’impôt à la source ce qui promet quelques moments croustillants.

Cette hypothèse d’un quinquennat à nouveau raté n’est pas si invraisemblable : alors que l’Europe retrouve la croissance, que les États-Unis se portent mieux, la France semble persister dans son marasme, à tel point que certains se préparent déjà à prendre la relève d’un Président pourtant à peine arrivé au pouvoir.

Il n’est qu’à voir les hallucinants caquetages d’une presse particulièrement désœuvrée qui n’en peut plus (ici, , ou encore ) de commenter sur les sottises de Julie Gayet, l’actuelle compagne de François Hollande. Pour cette dernière, pas de doute : croyant sans doute lire un intérêt pour l’ex-président dans les quelques foules rencontrées lorsqu’il faisait l’homme-sandwich pour sa dernière exaction littéraire, elle déclare que « Beaucoup espèrent le retour de François Hollande ».

Son retour dans le canton de Tulle, peut-être. À la tête du pays ? Mis à part pour déclencher une pluie salvatrice en ces temps de canicule, c’est nettement plus douteux d’autant que beaucoup de Français ont déjà joué dans leur tête le film catastrophe d’une telle hypothèse : qu’est-ce qui pourrait être pire qu’un quinquennat pitoyable de Hollande, suivi d’un quinquennat désastreux de Macron ? Un quinquennat supplémentaire de Hollande, pardi !

Ce retour impromptu de Hollande dans le paysage politique français se synchronise avec des médias qui n’en finissent plus de faire leurs choux gras de l’affaire Benalla, ce qui impose plusieurs questions.

D’une part, la politique française actuelle est-elle à ce point vaine, à ce point consternante qu’on considère sérieusement un retour de Hollande aux affaires ?

Qui peut porter du crédit à cet individu qui a laissé le pays divisé, son parti en piteux état, au point qu’il n’a même pas eu le courage de se représenter, et qu’un blanc-bec au bilan quasi-vierge sera parvenu à lui rafler la mise en quelques mois ? Qui peut réellement considérer la parole de ce médiocre qui aura laissé une trace déplorable dans l’histoire du pays, depuis ses bourdes diplomatiques enfilées comme autant de saucisses industrielles jusqu’à ses décisions à l’emporte-pièce lorsqu’un buzz médiatique semblait lui commander d’agir stupidement ? Comment oublier le président Hollande et son affaire Cahuzac, son affaire Léonarda, son affaire Théo, son piétinement avec Notre-Dame-Des-Landes, son ridicule achevé lors de l’affaire syrienne, et j’en passe ?

Comment peut-on expliquer que la presse écoute encore cet homme qu’on ne devrait qu’oublier aussi vite que possible comme on essaie d’oublier un cauchemar délirant après une soirée trop chargée en alcool de mauvaise qualité ?

D’autre part, la reprise assidue dans les journaux des déclarations de Gayet tend à prouver que ces médias persistent encore à penser que leur rôle s’étend bien au-delà de l’information de base qui permet au citoyen de comprendre le monde qui l’entoure : encore une fois, la presse semble persuadée que relayer les divagations ridicules du couple de Tulle revêt une importance significative. Mais après tout, on prête facilement à la presse le pouvoir d’avoir, sinon fait élire Macron, au moins d’avoir démis ses principaux concurrents… Peut-être considère-t-elle de son « devoir » de remettre en selle le navrant petit secrétaire du PS, à coup de pensée magique et d’auto-persuasion ?

Enfin, on ne peut pas non plus écarter que l’opération, relayée avec bruit et fanfare par cette presse si sûre d’elle, ne soit finalement que le reflet communicationnel de l’hubris des politiciens, Hollande en premier, qui continuent de croire à leur caractère irremplaçable voire providentiel, quand bien même le pays tout entier leur a signifié la disgrâce.

Or, si Hollande et sa potiche en sont manifestement atteints, il ne fait aucun doute que cette déconnexion affolante de ces gens avec le reste du peuple ne leur est pas réservée. En pratique, ce sont les mêmes mécanismes et les mêmes résultats qu’on observe pour ceux actuellement aux commandes, qui persistent à penser leur rôle comme indispensable, leurs buts judicieux et les moyens d’y parvenir finement trouvés.

En fait, cette fable d’un « Hollande espéré par beaucoup » est l’illustration que le système politique actuel n’a réussi à choisir, au fil des années, que d’incroyables égocentriques aux compétences étroites efficaces pour manipuler les électeurs et rigoureusement incompétents pour le reste.

Du reste, les Français ne sont pas dupes, qui n’accordent plus guère de confiance à leurs politiciens (Juppé à 36 % veut dire, en réalité, que 64 % des Français ne lui font pas confiance, soit une majorité large et indiscutable de personnes lucides).

Ceci posé, est-on réellement à l’abri d’un abominable bégaiement de l’Histoire ?

Peut-être faut-il faire preuve de prudence ? Les politiciens ont une volonté d’acier et une obstination psychiatrique lorsqu’il s’agit d’accéder au pouvoir, et ils sont même prêts à faire le clown s’il le faut pour y parvenir, quitte à proposer à l’un d’eux de les rejoindre (pour prendre des notes, je présume). Et si le pire n’est pas certain, il n’en reste pas moins possible.

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  • Oublions Hollande, Macron, Mélenchon & cie . . . Mais qui aujourd’hui est-il capable de diriger le pays ?????? car Hollande est une farce, Sarko a montré son incapacité, Mélechon comme son acolyte de l’autre bord sont trop incapables d’appliquer le centième de ce qu’ils proposent ! Wauquiez est un arriviste .
    Mais qui ?????

    • Ben à quelques exceptions près, il suffirait de laisser le pays se diriger tout seul.

      • Le pb c’est que si on ne change rien ce pays va continuer sur sa lancée c’est à dire dans le mur. Sans un gouvernement pour réduire les dépenses publiques, la faillite est inéluctable.

        • « Sans un gouvernement pour réduire les dépenses publiques, la faillite est inéluctable »

          Mais sans gouvernement du tout comme le suggère finement le ci-devant Michel0 +8*, Il n’y aura plus ni dépenses, ni impôts: une anar-chie vertueuse où chacun se prend en charge à la hauteur de ses capacités, chassant les parasites et prédateurs au bénéfice de tous les autres.

    • @Michal
      Bonjour,
      « Mais qui aujourd’hui est-il capable de diriger le pays ?????? »
      Le pays n’a pas à être dirigé, il doit être « géré » (en particulier sur la partie « dépenses » du budget). Macron et les présidents sont chef de l’Etat, ils ne sont ni chefs, ni maîtres des français ; ils ne sont que des managers, ou des délégués de classe.

    • on a bien vu que des pays sans gouvernement (Belgique notamment) s’en sortait mieux qu’avec

      • Oui , les Belges auraient pu en tirer certaines conclusions , mais ils ont quand même insisté pour avoir un gouvernement. L’être humain est désespérant.

        • @ patrckX
          Non, la période en « gouvernement démissionnaire » reste gouvernée par ce gouvernement dit « en affaires courantes », ce qui permet d’appliquer tout ce que le parlement avait déjà décidé. Par contre, le gouvernement ne propose plus de nouvelles lois. La crise ayant duré plus d’un an, il a fallu faire une entorse et le gouvernement a proposé au parlement de voter non pas un nouveau budget mais des 12ièmes mensuels provisoires du précédent budget. et l’état a donc dépensé moins!

          Et il y a bien un blocage quand même puisque aucune décision importante n’est prise, donc les dossiers s’accumulent!
          De plus la fédéralisation de la Belgique n’est pas terminée et le gouvernement issu de la crise a décidé de ne pas s’y atteler pour s’occuper des finances (ce gouvernement n’avait d’ailleurs pas le quorum suffisant des 2/3 des parlementaires pour modifier une fois de plus, la constitution).

          Quand les Belges vous disent que si vous croyez comprendre le système belge, c’est qu’on vous l’a surement mal expliqué, faites-leur confiance: ils ont probablement raison!

  • Ha ben ca y est c’est l heure de se rendre compte qu’il y a personne, et que c’est bien pour ca que la prochaine fois un extremiste sera au pouvoir : tous les autres seront partis à la pèche, les derniers allant aux urnes seront ceux qui n’ont pas eu leur tour dans la représentation.
    Les états-unis viennent d’avoir leur tour avec Trump qui etiat la representation de l’éclairage entrepreneurial au pouvoir, mais comme nous ‘avons pas d’entrepreneur nous allons passer directement à l’étape d’après: le protectionnisme ou la révolution des représentants du dimanche.

    • Non mais vous plaisantez ? Macron est de très, très loin le meilleur Président que nous ayons jamais eu depuis Pompidou !
      Qui a réformé le code du travail et la SNCF avant lui ? Personne n’a osé ! Il fait un excellent travail. J’espère seulement qu’il va rapidement baisser les dépenses de l’état (et là encore, ce ne sera pas populaire) et ensuite qu’il va décentraliser et régionaliser comme la Suisse !
      Moi qui votait Fillon, je vote maintenant des 2 mains pour Macron !

      • Bonjour Milrem

        Votre propagande pro Macron est trop visible. Soyez plus malin. Ce sera plus efficace.

      • Castaner !! sors de ce corps !!

      • On n’en a pas grand-chose à cirer de sa réforme de la SNCF, on préférerait une réforme des chemins de fer qui fasse rouler les trains normalement et à l’heure.

        • @ MichelO
          Faire rouler les trains est le problème de la SNCF, pas celui du président de la république: que la SNCF fasse un procès à la RTE ou vice versa, avec dommages et intérêts (sur 800 M €!) et que la justice désigne le responsable!

  • Vraiment très bon cet article ! 🙂
    En supposant qu’il soit juste, le sondage me donne envie de partir en courant.

    Un petit message sans lien avec l’article:
    Bonne fête à tous nos ami(e)s Suisses.
    Salut les amis !

  • il va être temps qu’un vrai libéral sorte des fourrés..parce que sinon, avec tous les mous du bulbe qui pensent que voter pour le moins pire c’est son devoir civique bah on se retrouver encore une fois avec une burne aux commandes..

  • A force de « casser du Trump », on va finir par se rendre compte que ce président si décrié (Trump, pas Macron quoi qu’il commence à le rattraper) n’est pas le plus mauvais : ce n’est pas ma tasse de thé mais il peut se permettre d’afficher des résultats . . . lui !!
    Et que diriez-vous si le Macron baissait l’impôt sur le sociétés à 20% ??? Trump lui l’a fait . . . des c. il en a lui !

    • je ne suis pas sûr que le patron de Harley Davidson soit du même avis..

      • Je suis pas sûr qu’on s ‘en batte pas les c*. d’Harley qui avait déjà positionné sa stratégie de dev low cost avant Trump. Pendant ce temps là Airbus est à deux doigts de localiser Broughton pour un pays bas coût … à cause du brexit. Comme quoi on a pas la même lecture des raisons politiques des entreprises de se tirer d’un pays.

  • Taubira si haute dans le tableau, mon sang se glace.

  • Qui reste-t-il ? Jeanne d’Arc ? Que Michel se presse un peu, car une pucelle de 15 ans, c’est rare de notre temps.

  • Merci pour cet article qui résume bien la situation… pauvre presse qui fait parler J. Gayet visiblement toujours « in love » de ce machin …
    pitié… que « les morts » de cette trempe (sic) restent muet à jamais…

  • Hollande de retour ❓
    No merci, il pleut déjà rien que d’y penser. 19 degrés à midi, pluie venu directement de Hollande…

    Quoique, gouverner c’est pleuvoir, non ❓ Ou aurais je mal compris ❓

  • En ce moment, j’ai pourtant un regret de ne pas l’avoir pour président : avec ce champion de la demi-mesure, nous roulerions aujourd’hui à 85 km/h et pas à 80 !

  • A propos de Trump (je sais, je vais me faire des ennemis. . . .) , n’empêche que l’économie US est au plus haut et que ça fait « iech » pas mal de monde ! je sais, c’est Trump et c’est tabou de dire qu’il se démerde plutôt bien !
    On va bien sûr me rétorquer que c’est faux, que c’est du bol, qu’il fout la m. partout dans le monde . . . et bien, si Macron, qui ne sait faire lui que de la « com », est moins décrié que Trump, c’est une erreur ! Obama aurait eu les mêmes résultats que Trump, il aurait été qualifié de génie ! cherchez l’erreur !

  • L’histoire nous montre le chemin ,l’inutilité d’un président en République est avéré…elisons un premier ministre…..et puis , elisons rien du tout ,la France ne décide plus rien ,nos politiques sont en vacances eternelles, nos députés s’intéressent plus au bar et a la salle de sport de l’Assemblée qu’a pondre des lois, quant au président il semble plus captivé par la piscine en kit du fort Briançon pour faire trempette a côté de la grande bleue…..

  • Cher H16, comme le dit Julie (pas celle d’Europe 1, l’autre, la Marguerite Duras de la photo animée), beaucoup de gens souhaitent le retour du Gras de la Corrèze : lui-même d’abord, sa copine de cheval, la Julie, sa grande amie Leonarda, et un potentiel Ministre du Commerce ou de l’interieur, Théo.
    Cela fait 4 personnes ; et c’est beaucoup, envoys en déplaise.

  • Il n’y a pas d’affaire Cahuzac, mais un scandale d’état Cahuzac.
    Il y a part ailleurs l’anecdote Benalla.

  • Écrit de mon smartphone.
    « par »

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