Énergies renouvelables : le ministre allemand critique les objectifs

Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie à Luxembourg le 11 juin, Peter Altmaier, le ministre allemand, a fustigé les objectifs « irréalisables » de l’Union en termes d’énergies propres.

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Énergies renouvelables : le ministre allemand critique les objectifs

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 juin 2018
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Par Michel Quatrevalet.

Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie à Luxembourg le 11 juin, reportée par Euractiv, Peter Altmaier, le ministre allemand, avait fustigé les objectifs « irréalisables » de l’Union en termes d’énergies propres. Pour lui, cela fait partie des raisons pour lesquelles les électeurs ne font plus confiance aux cercles politiques.

Énergies renouvelables : un ministre allemand réaliste ou pathétique ?

« L’Allemagne soutient des objectifs responsables, mais atteignables », a indiqué Peter Altmaier dès le début de la rencontre, soulignant les efforts consentis par Berlin pour faire passer la part des énergies vertes à 15% dans le pays.

Des efforts qui coûtent cher aux citoyens allemands, soit environ 25 milliards d’euros par an, selon lui.

Et si nous adoptons des objectifs qui dépassent les 30%, cela impliquerait plus d’un doublement de cet effort dans les dix ans à venir.

Quant à l’objectif de mettre 1 million de voitures électriques en circulation d’ici 2020 sur les routes allemandes, « nous n’y parviendrons pas », estime-t-il.

Aucun pays européen ne peut faire ça. Et même si nous parvenions à mettre en circulation assez de véhicules électriques, nous n’aurions pas assez d’énergie propre pour les alimenter.

Il est donc favorable à « un compromis sans objectifs irréalisables » au niveau européen.

Les citoyens de toute l’Europe perdent confiance dans la politique. Quand ils nous voient instaurer des objectifs très ambitieux puis, quelques années, les manquer, nous ne répondons pas à leurs attentes.

L’intervention du ministre allemand a été qualifiée de « pathétique » par Claude Turmes, principal négociateur du Parlement sur le dossier, qui deviendra ministre de l’Énergie au Luxembourg d’ici la fin du mois.

Vous avez bien lu ! L’Allemagne, qui est truffée d’éoliennes, de panneaux solaires, de centre de méthanisations, de champs de maïs à méthaniser, de chaudières à bois… dit qu’elle ne peut aller plus loin que 15%… Et c’est le ministre du Luxembourg, minuscule confetti tirant ses ressources de dumping financier, qui fait la leçon au ministre allemand !

Énergies renouvelables : les objectifs sont-ils réalistes ?

Lorsqu’on examine la situation à 2015, soit 15 ans avant l’échéance, que constate-t-on ?

Les pays bien placés sont soit ceux qui sont pourvus naturellement en hydraulique (Suède, Norvège, Autriche) par rapport à leurs besoins, soit les pays très pauvres, peu industriels, où tout le monde se chauffe (plus ou moins d’ailleurs) au bois et consomme peu d’électricité et ne voyage guère.

L’Europe était à 18%, les 5 pays qui représentent plus de 60% du PIB européen et  210 millions d’habitants étaient respectivement : France à 16%, Allemagne 15%, Royaume uni 8%, Italie 18%, Espagne 17%…

Résultat : on va passer de 27%, dernier objectif pour 2030, à 32%, c’est-à-dire dans douze ans alors qu’on est à peine à 20 ! Et c’est le ministre allemand qui est pathétique ?

Pour une fois, un homme politique, qui plus est de la plus grande puissance économique allemande, dit que le roi est nu.

Les citoyens de toute l’Europe perdent confiance dans la politique. Quand ils nous voient instaurer des objectifs très ambitieux puis, quelques années, les manquer, nous ne répondons pas à leurs attentes.

Puissent les décideurs français s’imprégner de cette sage constatation, en particulier pour la programmation pluriannuelle de l’énergie,  sous peine de sabordage démocratique.

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  • Sauf qu’en France, aucun ministre ne s’inquiétera du doublement de la subvention. Au contraire, ils vont reclamer le triplement !

     » C’est pour votre bien Mme Michu, ‘comprenez? « 

  • Sans compter le non-sens économique.

  • C’est un progrès considérable : un homme d’État de premier plan – le Ministre de l’Économie et de l’Énergie de la RFA – dit clairement à quel point les objectifs soi-disant écologiques imposés par les Verts et autres irresponsables incompétents ne sont tout simplement pas tenables.

    Il est temps de proscrire l’idéologie dans ce domaine très complexe dans lequel ce qui est attrayant à court terme peut devenir irrationnel à moyen ou à long terme et réciproquement. Au mieux, on peut avoir quelques convictions, en étant prêt à les réviser face à une démonstration solide ; ainsi :
    – il est absurde de brûler du pétrole pour produire de l’électricité alors que ledit pétrole est une précieuse matière première aux usages multiples ;
    – à moins d’investir des sommes gigantesques dans la purification des rejets (désulfuration, notamment), les centrales à énergie à charbon et à lignite sont un facteur de pollution atmosphérique sérieuse (soufre, particules) ;
    – en dépit de quelques incidents ou accidents spectaculaires et grossis par les idéologues soi-disant écologistes pour terrifier les citoyens, l’énergie nucléaire a causé infiniment moins de dégâts aux hommes et à l’environnement que maintes autres sources d’énergie, à commencer par le charbon (silicose, etc.)
    – le solaire et l’éolien doivent être soumis à des analyses économiques aussi exigeantes que les autres sources d’énergie au lieu d’être considérée comme le Bien Absolu et le Futur Inéluctable, ce qui dispense de chiffrer le coût énorme de ces filières, la question de la fabrication et du recyclage des panneaux solaires (avec dépendance énorme vis-à-vis de la Chine), le massacre des paysage (et des oiseaux et autres chauve-souris) par les éoliennes, la faiblesse et le caractère aléatoire du rendement de ces Saintes Énergies ;
    – la formidable inertie des choix car, dans ce domaine, l’unité de temps est la décennie : les décisions prises sous l’effet de modes ou de paniques médiatisées sont donc à proscrire.

    Sans cela, le débat est faussé par des imprécations ayatollesques qui ne sont pas le meilleur moyen de prendre des décisions rationnelles.

    • et à ce commentaire sensé, on peut ajouter que les affaires d’énergie déterminent directement notre niveau de vie.

  • « Les citoyens de toute l’Europe perdent confiance dans la politique. Quand ils nous voient instaurer des objectifs très ambitieux puis, quelques années, les manquer, nous ne répondons pas à leurs attentes ».
    Comme si l’attente des citoyens était de payer l’électricité plus chère et de rouler en voiture électrique !

  • Les commentaires sont fermés.

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