Brexit : vers un modèle « Back to the future » pour les « Eurexits » ?

Le Parlement britannique est-il enfin en train de prendre le contrôle du Brexit et d’éconduire la minorité de partisans d’un Brexit dur dont les seules motivations sont idéologiques ?

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Brexit : vers un modèle « Back to the future » pour les « Eurexits » ?

Publié le 1 juin 2018
- A +

Par Thierry Godefridi.

Le 8 mai dernier, la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement du Royaume-Uni, a tenté de mettre le gouvernement de Theresa May sur la voie d’un Brexit réfléchi en votant, par 247 voix contre 218, sans l’appui du gouvernement ni celui des travaillistes, un amendement au projet de loi de sortie de l’Union européenne (EU Withdrawal Bill) obligeant le Royaume-Uni à demeurer dans l’Espace économique européen (EEE) après son départ de l’UE.

Anna Soubry, avocate et journaliste de profession, membre conservateur du Parlement britannique, twitta à cette occasion :

Le Parlement prend enfin le contrôle du Brexit et éconduit cette minorité de partisans d’un Brexit dur dont les seules motivations sont idéologiques. Quel que soit le nom ou l’appareil, il existe un consensus croissant à travers les partis dans les deux chambres du Parlement visant à s’assurer que le Royaume-Uni continue à bénéficier des avantages du marché unique et de l’union douanière après qu’il ait quitté l’Union européenne.

Ce consensus reflète d’ailleurs un sondage d’opinion qu’a réalisé Opinium en mai auprès du public britannique, lequel s’est prononcé à 53 % en faveur d’un nouveau vote sur les conditions effectives du Brexit contre 31 % en défaveur d’un nouveau vote, ce qui représente une marge révélatrice dans une société polarisée comme toutes peuvent l’être de nos jours.

Le Brexit qui nous avait été promis est très différent de celui que nous allons obtenir, chaque jour qui passe le prouve davantage, estime le député travailliste Chuka Umunna qui est en faveur d’un nouveau vote. Nous ne pouvons pas laisser 650 membres du Parlement décider seuls de la destinée de 65 millions de citoyens sur un sujet aussi important.

L’Espace économique européen (EEE) est l’union économique qui rassemble 31 États européens, les 28 États membres de l’Union européenne (UE) et trois – Norvège, Islande, Lichtenstein – des quatre États membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE). La Suisse, quatrième membre de l’AELE, a refusé, par référendum, de ratifier le traité « EEE ».

En ce qui concerne le Royaume-Uni, il revient à la Chambre des communes, la chambre basse du Parlement, de se prononcer sur l’amendement voté par la chambre haute. Le gouvernement a averti que rester dans l’EEE ne donnerait pas au Royaume-Uni le contrôle de ses frontières et de ses lois. Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères, est d’avis que le Royaume-Uni doit sortir complètement de l’UE et de l’union douanière et retrouver une totale liberté d’action.

De fait, l’accord EEE assure la libre-circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes (les quatre libertés). Les citoyens de l’UE ont donc le droit de vivre et de travailler dans les pays de l’EEE (et vice-versa) et les pays concernés de l’AELE n’ont qu’un droit de consultation lors de la préparation des directives européennes qui s’appliquent à l’ensemble de l’EEE.

C’est néanmoins avec beaucoup de sagesse et de clairvoyance que la Chambre des Lords a rappelé l’existence d’une solution norvégienne, voire suisse (la Suisse n’ayant pas ratifié l’accord « EEE » a passé des accords bilatéraux avec l’UE), qui présente précisément l’avantage d’exister.

Cette solution dite norvégienne constitue-t-elle une alternative de choix pour ces pays, à commencer par l’Italie mais aussi le groupe de Visegrád réunissant les quatre États d’Europe centrale (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) membres de l’UE et de l’OTAN dont les populations se sentent de plus en plus distantes du bidule gorgé de carriéristes imbus d’eux-mêmes et grassement rétribués qu’est devenue l’UE ?

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  • Travaillant dans une institution je ne peux contredire la description des fonctionnaires européens….

  • Si j’ai bien compris le beurre et l’argent du beurre, profiter des marchés européens sans les contraintes, plus de cotisations, plus de réglementations tatillonnes, une émigration choisie, etc… I KEEP MY MONNEY AND GET YOURS , retour au simple marché commun ce qui finalement pourrai être matière à réflexion bientôt l’Italie.

    • S’ils estiment qu’ils maximisent leur utilité en maximisant leurs echanges commerciaux tout en en controlant leur immigration, quel est le probleme ? Ils ne forcent personne.
      On a l’impression que vous etes jaloux de ne pas pouvoir faire la meme chose.

    • Pourquoi appeler ça « le beurre et l’argent du beurre » ? Les marchés européens ont-ils besoin de contraintes, de cotisations, de règles tatillonnes, d’immigration forcée, etc. pour fonctionner, ou bien s’agit-il là d’une couche de parasites administratifs qui vivent sur son dos, et dont tout individu sensé chercherait à alléger le système ?

      • Je n’ai jamais compris pourquoi certains s’obstinent a penser que si je vends ma voiture a mon voisin, je dois avoir un droit de visite chez lui 🙂

        • @ Melissa H
          C’est peut-être parce que vous n’êtes pas un pays et que vous ne vendez pas vos missiles?

          • « Le commerce extérieur norvégien repose en partie sur la vente de systèmes de propulsion de missiles, de munitions et de systèmes d’armes. Malgré sa petite taille, le royaume de Norvège se trouve au dixième rang des vendeurs d’armes dans le monde. « 

            • La France le 3e ou 4e, la Norvège j’en doute!

              • La Norvège est régulièrement dans les 20 premiers, et maintient une bonne croissance, à 3.6 Mds NOK en 2017. Il n’est pas clair si sa 7e place en 2012, 10e en 2015, est pour le seul poste « guns » ou pour l’ensemble des armes, composants et systèmes d’armes. Ce qui me paraît important est qu’elle démontre à la fois pragmatisme et morale de respect de ses voisins.
                Pour en avoir discuté il y a quelques années avec des amis norvégiens, son modèle d’association à l’UE repose sur les mêmes valeurs de pragmatisme : puisque sa petite population ne lui permet pas de s’opposer aux décisions de l’UE, elle en garde le droit en restant non-membre, et ne participe qu’aux 95 ou 99% des actions qu’elle estime souhaitables. J’ai toujours pensé que si la plupart des pays européens n’avaient pas adopté le même statut d’association, c’était parce que ce type d’Europe à la carte était si génial que l’administration de l’UE faisait tout pour le cacher afin de survivre.

  • Le bon sens de la Chambre des Lords est remarquable. Le Brexit, tel qu’il a été vendu aux britanniques est un mensonge éhonté et une véritable arnaque. Il n’est que temps de le dénoncer!

    • Le Bremain a été une arnaque encore plus grande, du moins dans la manière dont il a été vendu (sans parler de la structure politique appelée UE, qui devient chaque jour qui passe la plus grosse arnaque de l’histoire). Alors, le choix du moindre mal me semble avoir été un choix réfléchi et sage.

    • C’est votre avis, pas celui des britanniques! Le plus gros problème de l’UE ce sont les bureaucrates de Bruxelles qui pondent des règlements comme les poissons des oeufs! Cela énerve tout le monde. De plus leur attitude anti-démocratique envers les pays de l’est est un scandale qui rebute les européens!

  • * Le problème posé ici est le droit des 4 pays de l’AELE-EFTA, de pouvoir commercer ( qui n’est pas gratuit ) dans 1 cadre législatif dans l’Espace unique européen… c’est 1 accord de libre-échange mais rassurez-vous ; ils n’acceptent ce qui reste en conformité avec les principes du Traité de Stockholm 1960 lors de la fondation de cette autre Europe par exemple pour la préservation de leurs zones de pêche ou de leur agriculture : http://www.efta.int/media/publications/fact-sheets/EEA-factsheets/FACTSHEETFRENCHwebversion.pdf
    * C’est 1 association concurrente à l’UE où chaque pays garde sa souveraineté fondée sur le modèle du libéralisme politique et économique ( aucun transfert de souveraineté, aucun Gope ici..), ses frontières, sa monnaie propre.. mais abolition de droits de douane entre les 4 pays de l’AELE & ont compté 10 membres dans le passé.. Chacun peut en partie librement et les 6 qui l’ont fait ( GB, Portugal et autres pays scandinaves ) pour rejoindre l’EEE doivent s’en mordre les doigts !
    NB : dans les classements annuels IDH et IMD ; la Norvège et la Suisse arrivent toujours dans le peloton de tête mondial et l’Islande n’est pas trop distancée.. tandis que la France arrive au 30e rang d’où l’avantage de rester dans 1 UE chancelante : lol !
    https://www.populationdata.net/palmares/idh/
    https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-classement-2016-publie-par-l-181546
    * classement du « world happiness record » :
    https://www.nouvelobs.com/societe/20160317.OBS6665/qui-sont-les-champions-du-monde-du-bonheur.html

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