La mauvaise blague de la cagnotte est de retour

Un déficit moins élevé qu’attendu ne fait pas une cagnotte. La résurgence de ce débat vieux de 20 ans prouve l’inculture de ceux qui votent le budget.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La mauvaise blague de la cagnotte est de retour

Publié le 14 avril 2018
- A +

Par Olivier Myard.

La cagnotte de l’État ? Quelle blague ! Nous voilà de retour aux années 1997-2002, lorsque le dynamisme – temporaire au demeurant – de l’économie mondiale a servi de cache-misère trompeur aux multiples initiatives désastreuses du gouvernement français de l’époque.

  • Illusoire partage du travail avec les 35 heures payées 39, nous tirant une balle dans le pied juste avant d’entrer dans l’euro.
  • Abrogation de la loi sur les fonds de pension votée par le gouvernement précédent, abandonnant une partie du capital de nos fleurons du CAC 40 aux investisseurs institutionnels étrangers, dont les ayants-droit– et non pas nos retraités – bénéficient de ces dividendes.
  • Retrait des références aux racines chrétiennes de l’Europe dans les textes fondateurs, au motif imbécile que la France était laïque.

Le maintien de cette référence, qui faisait l’unanimité chez nos partenaires, aurait été bien utile aujourd’hui pour apaiser les tensions qui agitent l’Union européenne. Nous voyons les résurgences de l’empire austro-hongrois – dont les pays, au sein du « Groupe de Visegrad », développent un point de vue très eurosceptique et de la ligue hanséatique dont les membres, alliés à l’Irlande, s’opposent aux velléités de fédéralisme budgétaire français. Mais ceci est une autre histoire.

Le discours le plus stupide de cette époque concernait la cagnotte. Près de 20 ans plus tard, le débat ressurgit. Certains n’ont rien appris.

Des rentrées fiscales meilleures que prévues, mais jamais d’excédent

On pourrait penser qu’une gestion publique soudainement vertueuse, se traduisant par un excédent budgétaire, permettrait d’accélérer le désendettement de l’État, gage de l’acquisition de marges de manoeuvre renforcées pour faire face à une prochaine crise économique.

Ce n’est pas exactement ce qui se produit en ce moment et cette idée, loufoque, de « cagnotte » revient en force.

Grâce à l’amélioration de la conjoncture internationale (et en 2013, en France, au renoncement à des initiatives désastreuses en matière économique décidées en 2012), l’économie française retrouve du dynamisme, se traduisant par des rentrées fiscales « meilleures que prévu ». Mais il ne s’agit que d’un déficit moins élevé que prévu.

Dans ce débat, les masques tombent.

En affirmant que ces « plus-values fiscales » serviront au désendettement, le gouvernement montre sa vraie nature, en matière économique du moins, celle d’être de droite. Ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on connaît l’origine du Premier ministre, et celle des titulaires des portefeuilles de Bercy. On peut aimer ou pas, mais c’est ainsi.

En revanche, les réactions « généreuses avec l’argent des autres » d’une partie, mais une partie seulement, des députés de la majorité, révèlent leur culture de gauche. Ceux-ci multiplient les propositions de distribution. Apparemment, il ne leur viendrait pas à l’idée de rechercher des sources d’économies budgétaires dans d’autres secteurs, afin de financer de nouvelles dépenses jugées plus prioritaires.

Cette dichotomie des réactions des députés de la majorité parlementaire n’est pas une surprise. La nouvelle majorité est une version modernisée (plus jeune, plus féminine, sans références aux combats de la Résistance) de la plupart de celles de la IVème République, où le plus souvent la SFIO (ancêtre du PS tendance social-démocrate) s’alliait pour gouverner au MRP, forme française de la démocratie chrétienne, et à d’autres formations centristes.

On voit aujourd’hui les prémices d’une fracture de nature idéologique entre le gouvernement et sa majorité. L’exécutif adopte la seule ligne permise désormais aux gouvernements européens du fait des textes communs (politiques budgétaires plus strictes, en contrepartie de politiques monétaires – pour l’instant… – souples conduites par la BCE), tandis que sa majorité reste traversée par des débats d’un autre âge.

Compte tenu de la logique de la Vème République, donnant une prééminence au pouvoir exécutif face au pouvoir législatif, il y a peu de suspense sur la fin de cette histoire. Mais le simple fait que le débat ait eu lieu en dit long sur l’inculture crasse en matière économique de ceux qui pourtant, chaque année, votent la loi de finances.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

Voir les commentaires (7)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (7)
  • elle est belle la cagnotte !!! la dépense publique aussi!!!! j’oubliai le PIB ….encore un peu plus de taxes ,une petite de hausse de depense et de PIB!!!

  • Parler de résurgence du débat me paraît faire beaucoup d’honneur à la large moitié de ces politiques ignares en arithmétique comme en économie qui sont peut-être des propagandistes, mais certainement pas des débatteurs.

  • même s’il y avait une super cagnotte , peu de français en verrait la couleur ; reste à voit de quelle manière intelligente cette soi disant cagnotte va servir ….;

  • CHIRAC  » le roi fainéant » après avoir constaté une embellie économique et des recettes significatives, quand JOSPIN était au pouvoir avec DSK leur a demandé que la « cagnote » soit dépensée.
    Le gouvernement avait prévu que la « cagnote » soit consacrée au remboursement de la dette et malheureusement CHIRAC a été écouté……!

  • Quand il y a des excédents (et nous sommes loin du compte en France !!)il n’y a que deux possibilités:

    réduire les impôts
    faire des investissements publics utiles (donc ni TGV ni transition énergétique, ni Grand Paris mais par exemple remettre à niveau le réseau RER/Métro ou éliminer les points noirs du réseau routier (au lieu de placer des radars partout et de réduire partout la vitesse à 80 km/h …

  • Langue de bois est le maître mot de nos gouvernants. Les Français sont-ils toujours des veaux, comme se plaisait à rappeler le Général?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
Macron Macron lettre dette
1
Sauvegarder cet article

Lors de sa campagne de réélection, le président faisait la promesse d’une planification écologique de l’économie.

Selon La Tribune, le président candidat a expliqué lors d'un meeting à Marseille :

« Cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements. »

Il a remplacé son Premier ministre par une écologiste, ex-ministre de la Transition écologique !

Le président maintient le cap. Mais pourquoi pas ? Personne ne s’oppose.

Dans une tribune publ... Poursuivre la lecture

À peine Elon Musk avait-il annoncé que son offre de racheter Twitter pour 44 milliards de dollars avait été acceptée qu’il s’est trouvé nombre d’obligeants commentateurs pour expliquer à quel point la somme était indécente et comment il aurait dû la dépenser s’il était vraiment sérieux et moralement engagé pour l’avenir de l’humanité et de la planète. Ajoutez à cela son intention d’élargir la liberté d’expression sur le réseau social et la conclusion s’impose d’elle-même : cet homme n’a qu’irrévérence pour les sensibilités légitimes de ses se... Poursuivre la lecture

En cette période charnière pour l’avenir de la France, nous ne demandons pas à un Président d’être intelligeant, charismatique ou empathique mais tout simplement d’être courageux !

Le mal français est bien identifié

Ce n’est pas la peine de refaire un état des lieux à chaque nouveau quinquennat. Nous connaissons tous les travers de notre pays et ceci depuis plus de 20 ans :

Un pays hyper-endetté

Au début des années 2000, l'endettement était encore conforme aux critères de Maastricht qui l'exigeait en dessous de 60 % du PI... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles