La gauche est-elle en train de mourir de son triomphe ?

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La gauche est-elle en train de mourir de son triomphe ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 mars 2018
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Par Patrick Aulnas.

Pendant longtemps, la gauche a rêvé de construire une autre société en se référant à une doctrine. Cette époque est révolue. La cause profonde réside dans la prise de conscience de l’inanité des idéologies. L’intelligence humaine se déploie désormais dans les domaines scientifiques et techniques. Il apparait inutile de construire sur le papier des projets clé en main de société future. Un certain pragmatisme semble aujourd’hui nécessaire d’un point de vue politique.

La gauche est très mal à l’aise dans un tel contexte historique. Petit bilan.

La mort des idéologies de gauche

Avant la mort des idéologies, les partis de gauche représentaient un courant de pensée cherchant à influer sur le destin des hommes. On était communiste parce que l’idéologie marxiste faisait émerger un espoir de société sans classes. Beaucoup de militants communistes européens des années 1950 n’avaient pas lu Le Capital, mais croyaient sincèrement que l’URSS construisait une société plus juste. Pour les dirigeants, il en allait autrement : ils connaissaient la vérité sur le totalitarisme soviétique, mais leur addiction à la lutte politique ne leur permettait pas d’y renoncer. Il a fallu attendre la chute de l’URSS en 1989 pour que s’ouvrent les yeux des derniers croyants.

Les socialistes pensaient, eux, que la justice résulterait de l’accroissement de la sphère étatique, en particulier dans le domaine économique. Ils étaient sincères également. François Mitterrand a, une dernière fois, exploité leur naïveté en nationalisant des secteurs entiers de l’économie en 1981-82. Le cynisme de Mitterrand a conduit à une lente déconvenue de plusieurs décennies qui aboutit au quinquennat de François Hollande. La rupture entre sociaux-libéraux (Valls, Macron) et socialistes canal historique (Martine Aubry, Benoit Hamon, Henri Emmanuelli, etc.) signe la mort de l’idéologie socialiste, qui était déjà en état de coma profond.

La mise en œuvre silencieuse du socialisme

La mort du socialisme démocratique a une cause très simple : il a été réalisé en pratique. Entreprises nationalisées, participation de l’État dans de nombreuses sociétés, assurance-maladie, assurance-chômage, retraite par répartition, éducation nationale gratuite ou peu coûteuse ; la liste pourrait se poursuivre longtemps. En un siècle, nous avons construit en France, sans le dire, une société socialiste. Il est donc bien normal que le parti socialiste s’efface lentement. Mission accomplie. Voilà justement la grande différence avec les communistes, qui eux, ont échoué historiquement.

Le seul recours : la démagogie

Alors qu’elle se structurait autour d’un grand parti, le Parti socialiste, la gauche est désormais atomisée. En 2018, on recence principalement les formations suivantes en France : Parti socialiste, Génération.s  (Benoît Hamon), Europe Écologie Les Verts, La France Insoumise (Mélenchon), Parti communiste. S’y ajoute une nuée de petits partis d’extrême-gauche et de micro-partis.

Faute de propositions crédibles, PS et PC ne peuvent plus émerger. Leur histoire s’achève. LFI, le mouvement le plus bruyant médiatiquement, multiplie les promesses sur le papier et sur les ondes. Protectionnisme, hostilité à la construction européenne, fiscalité confiscatoire, embauche de fonctionnaires, réglementation tous azimuts, voilà les grandes options proposées. Elles correspondent aux préoccupations de beaucoup de citoyens qui, face à la globalisation planétaire, se sentent démunis et demandent protection à l’État.

La méthode est éprouvée depuis l’Antiquité romaine, avec les tribuns de la plèbe : répondre à l’inquiétude résultant des évolutions historiques par la démagogie. Évidemment, dans le monde réel d’aujourd’hui, de telles orientations dégraderaient rapidement la situation de ceux que l’on prétend protéger. Le protectionnisme conduirait à la sclérose économique et l’endettement massif résultant de l’alourdissement de la sphère administrative nous mènerait en quelques années à la banqueroute.

Une étrange insoumission

Les programmes des partis de gauche reposent tous sur un rôle croissant de la puissance publique. Autrement dit, la gauche veut accorder une place encore plus grande à la politique dans une société où elle gère 57% du PIB (niveau des dépenses publiques en France). L’image de « l’insoumis » étant la seule qui ait attiré les électeurs récemment, il est frappant de constater que le peuple de gauche ne voit aucune contradiction entre insoumission et renforcement de l’État. Voilà une insoumission qui ressemble furieusement à son contraire. Mais il en allait de même pour les bolcheviks au début du 20e siècle.

Il faut sans doute un certain degré d’aveuglement pour concilier insoumission et demande de protection étatique. Il s’agit en effet de se soumettre à un pouvoir politique omniprésent pour retirer de cette servitude des avantages matériels. Du moins en théorie. Mais l’Histoire est passée par là et chacun sait désormais que la servitude n’a jamais conduit qu’à l’appauvrissement.

La gauche se trouve ainsi dans une impasse. Puisque nous vivons de facto dans une société socialiste, le seul recours pour survivre consiste à reprendre l’antienne communiste actualisée : la lutte contre le capitalisme mondialisé. Les communistes d’antan n’étaient pas très regardants sur les moyens utilisés dans cette lutte, la splendeur de l’objectif justifiant les moyens douteux.

Il en va de même aujourd’hui. Cela se traduit par des accointances floues d’une partie de la gauche avec l’islamisme radical. Le symptôme le plus apparent en est la stigmatisation constante d’une islamophobie jugée omniprésente. À défaut de disposer d’une alternative crédible au capitalisme, une certaine gauche ne regarde plus avec effroi les dérives les plus violentes. Une nouvelle fois, la fin justifie les moyens.

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  • Excellent article et merci à son auteur. Un point essentiel y est développé qui m’avait personnellement déjà interpellé notamment s’agissant des artistes et intellectuels « de gauche » (pléonasme ?), groupe qui devrait en principe être viscéralement attaché à sa liberté de création et d’expression. Comment peut-on intellectuellement en tant qu’artiste défendre et militer pour un système qui est par construction liberticide, autoritaire et administratif ? c’est un grand mystère de leur incohérence , à moins que nombreux d’entre eux se soient rendu compte que leur production libre ne leur permettait pas de faire vivre leur famille d’où leur exigence affirmée pour le fonctionnariat culturel.

    • « à moins que nombre d’entre eux se soient rendu compte que leur production libre ne leur permettait pas de faire vivre leur famille d’où leur exigence affirmée pour le fonctionnariat culturel. »

      Vous avez tout compris et très bien résumé. Quand on produit de la m…., on ne vend pas. Et si on ne vend pas, on ne gagne rien. D’où l’idée d’une culture fonctionnarisée qui nourrira ces artistes fainéants.

      • @ P’tit Suisse
        Pourquoi toujours vouloir porter aux nues ou vouer aux gémonies des « systèmes » contradictoires, sans doute, mais aussi complémentaires?
        Il semble assez clair qu’une fondation confédérale comme « Pro Helvetia », en Suisse, bien sûr, a bien le droit de donner un coup de pouce aux jeunes créateurs.
        En France, l’état s’occupe de tout, avec un ministère!
        Il n’est pas insensé de croire qu’un pays a tout intérêt à améliorer aussi sa carte de visite culturelle pour l’étranger!
        Les taxations gourmandes ne favorisent pas le mécénat, indice pour suspicion de revenus excessifs donc de contrôles fiscaux!
        On voit donc de plus en plus un « mécénat » (« publicité d’image »), d’acteurs économiques venir épauler manifestations, concerts, ballets ou expositions soutenant de nouveaux et jeunes talents, en mal de capital!
        Où est le mal?

    • Cela prouve tout simplement que la culture ne rend pas intelligent. On a trop tendance à confondre les deux alors que cela n’a rien à voir.

      • @ Virgile
        La « Culture » est un terme dont il n’est pas encore possible de définir les limites, alors …

    • En passant, un autre sujet qui m’a toujours amusé à propos du « monde la culture » et qui rejoint vos interrogations sur ce petit monde progressiste autoproclamé. Celui-ci est vent debout lorsque les débats publics sont sur les thèmes de préférence nationale chers au FN… alors qu’avec les quotas d’œuvres ou de créations françaises imposés un peu partout, la culture, au sens large, est le seul domaine sur lequel il y a effectivement et légalement une préférence nationale…. Va comprendre…

      • @ RB83
        « La Culture française » se doit bien d’imposer sa « valeur (évidemment) universelle » au Monde! Cette valeur-là n’est pas tout à fait morte encore, en France!

    • Je n’ai pas fait de recherche historique. Je me dis que c’est peut-être un effet secondaire du discours ouvriériste de la Gauche. Il y avait les ouvriers, les exploités, dont il fallait améliorer le sort, et divers sympathisants, scientifiques, artistes, philosophes, etc, en rien des « ouvriers », mais qu’il fallait bien caser quelque part pour ne pas les perdre. D’où la création de la catégorie des « intellectuels ». Nécessairement de Gauche, donc.

    • De tout temps la plupart des « artistes » ont toujours été proche des pouvoirs en place, on appel cela « l’effet gamelle »

  • Il ne reste à la gauche que l’électorat des « cités » qui ne se gagne que par la démagogie la vulgaire.

  • Avis aux anglophones qui veulent creuser ce sujet : la série de billets « bioleninism » du blog Bloody Shovel (à lire dans l’ordre) pousse l’analyse encore plus loin et explique bien ce qui va inévitablement arriver dans les social-démocraties occidentales.

  • Jean Roule Du Cable
    8 mars 2018 at 14 h 35 min

    « Il faut sans doute un certain degré d’aveuglement pour concilier insoumission et demande de protection étatique. »
    C’est que l’insoumission de LFI n’est pas une insoumission à l’Etat mais au capitalisme/libéralisme/néo-libéralisme/financiarisation/mondialisation… (rayer la/les mentions(s) inutile(e)).

  • Jean Roule Du Cable
    8 mars 2018 at 14 h 50 min

    Plus prosaïquement, je crois que dans une Europe dont les frontières internes ont quasi-explosées, les citoyens, abreuvés par les enseignements des autres pays du monde, commencent à faire du benchmarking, comme mr Jourdain faisait de la prose.
    Ils voient bien que d’autres pays ont de meilleurs résultats que nous, sur leurs préoccupations actuelles (chomage et pouvoir d’achat principalement) avec des outils politiques, économiques et fiscaux différents.
    Et je ne crois pas que la gauche ou le socialisme aient triomphé en France, car les résultats ne sont pas au RV des promesses. Si peu au RV que depuis le début de la 5ème république, la gauche socialiste a été minoritairement au pouvoir, et a perdu toutes les élections après son accession au pouvoir. Ou alors, il faudrait assimiler à cette gauche tous les gouvernements de droite qui de Giscard à Sarkozy en passant par Chirac ont mené la France là où elle est actuellement. Cela demande de sacrés contorsions intellectuelles.

    • Stéphane Boulots
      8 mars 2018 at 22 h 25 min

      Le clivage droite gauche date du 11 septembre 1789 et du vote sur le veto suspensif du Roi. Le mouvement est bien une inflexion continue vers la gauche depuis 230 ans.

      • +1 @SB et depuis cette époque comme dans tout pays gauchiste , les citoyens à esprit libéral et d’entreprise fuient le pays, cette hémorragie lente et insidieuse entretient le problème.

    • la droite française n’est qu’une PS bis, une variante sur le mêm thème de l’étatisme

      • Jean Roule Du Cable
        9 mars 2018 at 15 h 23 min

        @ Stéphane, Val et Laurent.
        Voilà ce qui s’appelle faire preuve d’une Kolossale finesse dans l’analyse politique…
        Etonnez-vous après ça, avec de tels supporters, que le libéralisme ait du mal à se faire une place en France.

        • Stéphane Boulots
          9 mars 2018 at 17 h 53 min

          En place où ? Pour faire quoi ?

          • Jean Roule Du Cable
            9 mars 2018 at 19 h 35 min

            Eh bien, pour faire valoir ses principes dans l’espace publique et dans l’espace politique.
            Ce que je lis, d’après vos posts, c’est une vague resucée frontiste de l’UMPS. Vous croyez vraiment que le citoyen lambda peut-être sensible à une assimilation aussi grossière, ou que ça rend crédibles ceux qui en sont les auteurs ?

            • Ce n’est pas une vague régurgitation, c’est vrai et démontrable, voire efficace.
              Un slogan comme UMPSFNPC, introduit par le biais d’une mentiin à Franz Oppenheimer (https://www.lesbelleslettres.com/livre/1882-moyens-economiques-contre-moyens-politiques), est comme un produit d’appel pour démarrer une conversation sous l’angle libertarien / volontariste.
              Je ne suis pas une statistique, mais j’ai pu convaincre un bon nombre de personnes de 18 à 82 ans que le fond de commerce de toute politique, quelle que soit sa marque, est toujours collectiviste.
              Ça ne veut pas dire que ces personnes changent d’avis ou cessent de voter, mais la notion leur reste en tête et elles n’ont plus l’excuse de ne pas avoir été confrontées à l’idée.

          • Jean Roule Du Cable
            9 mars 2018 at 19 h 48 min

            J’ajoute qu’à force de crier « gauchiste » ou « socialiste » comme d’autres crient « au loup » à tout bout de champ, vous finirez par ne plus être cru par ceux que vous voudrez convaincre lorsque le vrai socialisme ou le vrai gauchisme montrera le bout de son museau.

        • @Jean Roule ah bon ? Et donc d’après vous il faudrait rester ici se faire tondre pour faire vivre la bête étatique le plus longtemps possible ? Vous voulez reinventer le servage : tous attachés à sa terre et à son état ? vous faites un drôle de libéral , le libéralisme est pour la libre circulation des biens et des personnes

          • Jean Roule Du Cable
            9 mars 2018 at 19 h 56 min

            Je n’ai pas dit ça. Je réclame juste qu’on ne mette pas le socialisme à toutes les sauces, ou qu’on assimile l’Etat au socialisme. Je vous rappelle que pour les marxistes, le socialo-communisme doit conduire à la disparation de l’Etat ?
            Vous voulez, comme moi, réduire la place de l’Etat dans nos vies quotidiennes ? Eh bien, dites comme moi : réduisons la place de l’Etat dans nos vies quotidiennes. Pas la peine de crier comme un putois « socialissste », comme si Sarkozy ou Chirac, qui n’ont pas vraiment réduit la place de l’Etat dans nos vies, étaient eux aussi socialistes. Soyons sérieux, ça évitera d’être ridicule !

            • Stéphane Boulots
              10 mars 2018 at 1 h 03 min

              Les gauchistes n’ont pas le monopole du socialisme et vous avez du mal lire Marx

              « L’État démocratique … est … le véritable État » La question juive, Marx – sous entendu que l’Etat bourgeois, capitaliste, qui s’oppose à la société civile est illégitime.

              C’est le refrain que l’on entend en boucle depuis un certain temps et qui est complètement ridicule : l’Etat est une invention des hommes, absolument pas une espèce de fatalité ou de complot.

              Toute théorie politique qui stipule que l’Etat a un but autre que de servir les individus et de favoriser leur autonomie est un socialisme.

  • Stéphane Boulots
    8 mars 2018 at 22 h 46 min

    En fait vous avez l’opposition entre deux socialismes : un socialisme internationaliste et intellectuel (la gauche actuelle) et un socialisme nationaliste et identitaire (la droite actuelle).

    Les premiers rêvent d’un monde meilleur en fantasmant l’avenir, les seconds rêvent d’un monde meilleur en fantasmant le passé.

    Comme le passé de référence, c’est l’utopie de l’Etat providence du CNR, la droite comme la gauche sont … de gauche et il suffit de voir les programmes collectivistes des partis « d’extrême droite » qui ne ferait pas pâlir un commissaire politique de l’URSS pour s’en persuader.

    La seule différence est comment ils vendent leur soupe : en faisant des leçons de morale (la gauche) ou en agitant des chiffons rouges (la droite)

    cpef

    • Toute la droite n’est pas socialiste, nationaliste et identitaire. D’ailleurs il est inutile de se gargariser de mots, qui sont des chiffons rouges, comme nationaliste, ou qui ne veulent rien dire comme identitaire. Une partie des électeurs de droite rejette l’immigration de masse. Et si on en juge par ce qu’il se passe à Mayotte, et ailleurs, le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont pas nécessairement tort…

      • Stéphane Boulots
        9 mars 2018 at 17 h 47 min

        Ne mélangez pas les électeurs et les partis politiques.

        Les électeurs n’ont aucune influence sur le positionnement des partis qui ne sont que des concours d’ego et des stratégies clientélistes.

        • Les partis qui ont des résultats électoraux ont nécessairement des positions en rapport avec l’électorat. Le clientélisme n’explique pas tout, si non les partis principaux ne s’effondreraient pas. Marine Lepen n’a pas été au second tour de l’élection présidentielle par clientélisme. Les partis européens anti-immigration ne percent pas en Allemagne, en Autriche, en Italie, par clientélisme. Cet argument ne correspond pas à la réalité.

          • Stéphane Boulots
            10 mars 2018 at 9 h 24 min

            Agiter le chiffon rouge de l’invasion migratoire est du pur clientélisme.

            Le débat politique est monopolisé par ces sujets qui n’intéressent personne et qui sont montés en épingle dans le seul but d’attirer des voix.

            Il est bien plus facile de parler de migrants, de voile, de mariage homo, de frotteurs dans le métro ou de fin de vie que de s’attaquer aux vrais problèmes pour lesquels les hommes politiques sont totalement incompétents : tous les sinistres records que collectionne ce pays :
            – plus haut pourcentage de jeunes de moins de 16 ans ayant fumé du canabis
            – plus haut taux de morts prématurées des pays d’Europe de l’ouest
            – 4° rang des taux de suicides des pays développés
            – plus fort taux d’homicide volontaires des pays d’Europe de l’Ouest, etc….

            • L’invasion migratoire, et la bombe démographique africaine, sont des réalités sur lesquelles se brisent les partis traditionnels européens. A Mayotte les autochtones sont déjà minoritaires dans la classe d’âge 24-32 ans. Et même si ces faits n’étaient pas réels cela n’aurait toujours strictement rien à voir avec le clientélisme. Si vous n’êtes pas d »accord avec une opinion défendue par un parti, vous appelez cela du clientélisme, c’est facile et commode, mais c’est faux. Le parti le plus clientéliste de tous qu’est le parti socialiste est à l’agonie.

              De plus il est parfaitement contradictoire de dire que des sujets qui n’intéressent personne permettent d’attirer des voix. Pourquoi les gens voteraient pour des partis qui leur parleraient de sujets qui ne les intéresseraient pas ? cela n’a pas de sens.

              • Stéphane Boulots
                10 mars 2018 at 19 h 18 min

                Vous avez vu les taux d’abstention et de vote nuls ? Et dans ceux qui votent, combien votent « contre » ?

                La grande majorité se tait ou râle et de plus font la grève au sens Randien : ils partent à l’étranger ou bossent à minima.

                Je n’ai jamais dit que les sujets qui intéressent personne permettent d’attirer des voix, j’ai dit que c’est du pur clientélisme (« Fait de chercher à élargir son influence en attribuant des privilèges. ») et privilège (« Droit, avantage particulier accordé à un individu ou à une collectivité, en dehors de la loi commune. »)

                Exactement les promesses au sujet de l’immigration : conserver les privilèges de l’Etat providence (payés à crédit et en pressurant ceux qui n’ont toujours pas compris qu’ils ne bossent pas pour eux, mais pour les autres)

                • L’abstention est du justement au décalage entre les partis traditionnels, soutenus par la propagande des médias, et l’état de l’électorat. Si tous les partis pratiquaient le seul clientélisme, chacun aurait sa clientèle, plus ou moins constante, mais ce n’est pas le cas, contrairement à vos affirmations. Pourquoi la « clientèle » qui a voté pour le PS en 2012 ne l’a pas fait en 2017 ?

                  Le problème de l’immigration n’est pas celui de l’état providence mais de ses conséquences dans la vie quotidienne des gens. Si vous preniez quotidiennement les transports en commun franciliens vous ne parleriez pas de clientélisme, et vous ne remettriez pas en question la réalité de l’invasion migratoire.

                  Vous avez déjà entendu des élus républicains ? c’est parfaitement grotesque de dire qu’ils sont nationalistes ou « identitaires ». Qui a gagné leur élection interne ? le plus clientéliste ? non, celui qui a défendu des idées plus proches de ses militants, et plus en phase avec son électorat, que les autres.

                  Vous avez une conception simpliste de la politique. Ce n’est pas si simple de convaincre des millions de personnes, chacune avec leur expérience, leurs connaissances, leurs erreurs, leurs préjugés, de voter pour vos idées. C’est beaucoup plus simple d’éructer au clientélisme sur un site web. Mais vous représentez combien d’électeurs ?

                  • J’ai oublié d’écrire que l’immigration massive est justifiée par ceux qui la défende par la nécessité d’avoir des cotisants pour maintenir l’état providence. Donc selon vous clientélisme aussi. Mais comment deux clientélismes peuvent viser la même clientèle en proposant des politiques contradictoires ? encore une contradiction.

                    • Stéphane Boulots
                      10 mars 2018 at 21 h 37 min

                      Là je vous suis : les deux défendent l’Etat providence et ont juste des opinions différentes sur la manière d’y parvenir. L’Etat providence est du clientélisme institutionnel, en plus payé à crédit.

                      Quand à dire que « Le problème de l’immigration n’est pas celui de l’état providence mais de ses conséquences dans la vie quotidienne des gens. » C’est à mourir de rire : la vie quotidienne dans ce pays est à 99% l’Etat providence. Vous citez comme exemple le métro, monopole subventionné, figure emblématique de l’Etat nounou : le truc gratuit (ou presque) parce que payé par les impôts des autres.

                      En plus, c’est complètement ridicule, parce que les migrants ne veulent pas venir en France : ce pays est bien trop pourri.

                      Donc c’est vraiment parler d’un problème qui n’existe pas, c’est croire par pure arrogance que les migrants viendraient nous envahir parce que la France serait un pays de cocagne, alors qu’en dehors des frontières, personne ne considère la France comme autre chose qu’une république bananière peuplée d’ignorants arrogants, un pays de chômage et de misère, sans croissance et sans espoir d’accession sociale.

  • Article intéressant comprenant de nombreuses vérités. Oui, le socialisme a été bien été introduit en fraude en France pendant plus d’un siècle, comme dans presque tous les pays dits occidentaux, dont les habitants subissent tous des niveaux de prélèvements obligatoire supérieurs à 50% (même dans les plus « libéraux ») et sont soumis à d’innombrables réglementations. La dénonciation des faux « insoumis », vrais suppôts de l’ordre établi qui les maintient dans la pauvreté, et qui en demandent encore plus, est particulièrement bien vue. Malheureusement, ces faux insoumis illustrent le drame qui nous menace : devant les conséquences néfastes (prévisibles et prévues de longue date par des penseurs comme Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises et bien d’autres) de l’extension du socialisme, certains en demande encore plus, et les autres se laissent faire car ne disposant d’aucune explication cohérente de leurs malheurs. Tout est fait par la nébuleuse des hommes du pouvoir en place pour que les victimes ignorent jusqu’à l’existence même de ces explications cohérentes que fournissent les libéraux, et, jusqu’à preuve du contraire, ça marche plutôt bien.

  • Tu devrais t’ acheter une télé on apprend plein de chose etc ….
    Tu connais Frédérique Bastiat ?
    Non
    C’ est français anecdote vraie
    MORILLE Alain

  • @Stéphane Boulots

    Les gens ne s’opposent pas à l’immigration de masse pour préserver l’état providence mais parcequ’elle pourrit leur vie quotidienne au point qu’ils sont obligés de déménager. Donc, oui, je le répète rien à voir avec l’état providence.

    Les immigrés ne veulent pas venir en France ? Nos outre-mer et certaines régions de la métropole sont submergés.

    Vous ne savez pas de quoi vous parlez, et à cours d’arguments, vous insultez la France, son histoire, et ses habitants. Six membres de ma famille sont morts pour la France en 14-18, et mon grand père est un héros de la seconde guerre mondiale (légion d’honneur au rang d’officier). Nos ancêtres, par leur travail mais aussi par leur sacrifice, nous ont légué un pays prospère, puissant et respecté, où il faisait bon vivre, avant le saccage des dernières décennies, et qui continue à attirer des millions d’immigrés qui n’ont pas eu cette chance.

    Si vous teniez ces propos insultants en ma présence vous auriez à m’en rendre raison. J’arrête là avec vous car vous êtes plein de haine, sans aucune bienveillance pour notre peuple.

    • Stéphane Boulots
      11 mars 2018 at 11 h 48 min

      Regardez les chiffres au lieu de dire n’importe quoi.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_France#Origine_g%C3%A9ographique

      Quand à la France, pays prospère, il serait temps de vous réveiller au lieu de répéter en boucle une litanie qui n’a aucun sens : ce pays était et de très loin la première puissance mondiale au XVIII° siècle. Il n’a gardé sa place toute relative au XIX et XX° siècle que grâce à l’immigration et au saccage de ses colonies. Mais il est super clair en voyageant un peu que la France vit sur ses illusions et refuse, comme vous, toute remise en question.

      Il serait temps qu’il se réveille et qu’il arrête de vivre dans le présent au lieu de considérer le passé comme la seule vérité.

      Le refus de voir la réalité et d’entendre la détresse des gens qui survivent avec résignation en sortant des arguments comme le sacrifice de poilus il y a 100 ans est irresponsable : il ne fait que repousser l’échéance et trouver des excuses pour refuser l’effort nécessaire.

      Ce n’est pas en mentant aux Français que l’on réglera les vrais problèmes : ce n’est pas en pointant du doigt quelques immigrés que l’on modifiera le sinistre classement en tête en terme de taux de suicide, mort prématurées, homicides par mort violente, consommation de stupéfiants.

      Il serait temps d’arrêter les enfantillages et de regarder la réalité en face, même si ça fait peur et que ce n’est pas agréable.

  • Bonjour, je pense hélas qu’il y a une grosse lacune dans cet article (néanmoins très intéressant). L’idée de « mort des idéologies » défendue par l’auteur me parait complètement fausse. Il suffit de jeter un coup d’oeil outre-atlantique dans les facultés de « gender studies » et « racial studies » pour voir le problème. Je pense que beaucoup d’analystes ont classé une bonne fois pour toutes l’idéologie de gauche dans la catégorie « économique ». Hors, depuis la chute du mur, le marxisme s’est redéployé dans le domaine de la culture pour viser d’autres groupes que le « prolétariat », dans un combat qui n’est plus seulement économique. Toute la culture, voire notre vie intime, sont visées. Le combat « néo-marxiste » moderne vise actuellement 3 groupes qui sont la cible électorales de la gauche (représentée par la ligne du parti Démocrate US et du journal libération par exemple) :
    – Les femmes
    – Les gens de couleur
    – les homosexuels
    pour ces trois groupes, on utilise le discours néo-marxiste de l’oppression historique et de la discrimination sociétale. Le danger de ce discours est l’explosion de la société en endoctrinant les 3 cibles décrites ci-dessus, contre le reste de la société. Et en particulier, pour le féminisme, je pense que le vieil idéal révolutionnaire marxiste est toujours bien vivant. Il ne s’agirait plus ici d’abattre le capitalisme mais le « patriarcat » (càd le pouvoir masculin). Quant on voit le pouvoir institutionnel du féminisme, son obsession « paritaire » pour tout ce qui concerne le pouvoir, et comment le mouvement #MeToo a visé les hommes de pouvoir, il y a de quoi frémir pour le futur. Non, les idéologies ne sont pas mortes, elles sont en plein développement !

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