Quel avenir pour la gauche ?

En dépit de l’explosion du Parti socialiste, les idées de gauche restent présentes. Mais elles sont peut-être plus faciles à combattre désormais.

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Mélenchon By: Blandine Le Cain - CC BY 2.0

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Quel avenir pour la gauche ?

Publié le 18 septembre 2017
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Par la rédaction de Contrepoints.

Un sondage BVA pour l’OBS de septembre 20171 s’intéresse à la vision des Français quant au futur de la gauche. On y apprend que la recomposition du paysage politique impacte peu le fond de l’opinion.

La gauche représentée par Jean-Luc Mélenchon

Que ce soit auprès de l’ensemble des Français, des sympathisants de gauche ou des sympathisants de gauche hors PS, Jean-Luc Mélenchon est perçu comme la figure majeure de l’avenir de la gauche. Seuls les sympathisants du Parti Socialiste voient Benoit Hamon représenter mieux l’avenir. Ce dernier arrive d’ailleurs en deuxième place à gauche.

Classement des personnalités qui représentent le mieux l'avenir de la gauche (BVA, septembre 2017)
Classement des personnalités qui représentent le mieux l’avenir de la gauche (BVA, septembre 2017)

Des figures de gauche modérée que sont Bernard Cazeneuve et François Hollande, il ne reste plus que des places d’honneur dans les classements de l’ensemble des Français et du petit nombre de sympathisants du Parti Socialiste.

Comment le Parti Socialiste évoluera-t-il ?

Pour 43 % des Français, le Parti Socialiste devrait rester indépendant, alors qu’il devrait se rapprocher de la France Insoumise pour 23 % d’entre eux, de la République en Marche pour 15 % et d’Europe Écologie les Verts pour 12 %. Les sympathisants de la gauche sont globalement favorables à un rapprochement avec la France Insoumise (47 %). Ces mêmes sympathisants hors PS sont même 55 %. Du coté de la France Insoumise elle-même, ils sont 78 % à voir d’un bon œil le grossissement de leurs rangs par le Parti Socialiste. Seuls les sympathisants PS sont les plus favorables à leur indépendance (41 %).

La question de l'indépendance du PS vue par les Français (BVA, septembre 2017).
La question de l’indépendance du PS vue par les Français (BVA, septembre 2017).

Les Français sont par ailleurs 39 % à être favorables à un changement de nom du Parti Socialiste alors qu’ils sont 47 % à y être opposés. C’est à gauche qu’une majorité se dégage contre ce changement (55 %).

La gauche s’agite, les idées restent

Comme à droite, l’élection d’un centriste à la Présidence de la République a fait des dégâts à gauche. Les frondeurs faisaient beaucoup parler d’eux dans la désormais révolue synthèse du Parti Socialiste. Maintenant que les cartes sont rebattues, on distingue plus clairement qu’à l’image des syndicats en France, leur visibilité était en fait inversement proportionnelle à leur nombre.

Le positionnement intenable du Parti Socialiste entre le tribun de la France Insoumise et le centrisme de la République en Marche a conduit le parti à une déroute électorale inédite. En compagnie du centre-droit, l’aile modérée du Parti Socialiste gouverne désormais sans craindre les frondeurs.

Mais les idées restent : captées par Jean-Luc Mélenchon, elles ne se cachent plus derrière une improbable synthèse. Elles sont désormais clairement identifiables, bruyantes, laissant aux libéraux une chance inespérée de lutter contre leur adversaire historique, le socialisme, qui évolue enfin à visage découvert.

  1. Étude réalisée par l’Institut BVA auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 14 au 15 septembre 2017. Échantillon de 1048 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus dont 286 sympathisants de la gauche (dont 112 sympathisants de la France insoumise et 71 sympathisants du Parti socialiste). La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas et un redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et CSP de l’interviewé, régions, catégorie d’agglomération, ainsi qu’un redressement sur la CSP du chef de famille
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  • L’avenir de la gauche, c’est bien évidemment l’islam politique. Aucun soucis pour eux, qui se sont toujours biberonnés à la source des idéologies totalitaires.

  • Aucun et tant mieux !

  • La conclusion serait valide si les libéraux existaient dans le débat public en France. C’est malheureusement loin d’être le cas…

  • Quel avenir de la gauche ? Ne voyez vous pas qu’ils ont déjà gagné ? Croyez vous que vous vivrez assez longtemps pour assister à la fin de la sécu ? De l’éducation nationale ? La mise en place d’une flat tax unique ? Même aux Etats-Unis le GOP ne parvient pas à faire sauter l’Obamacare…

    • Tout a fait exact. Pas de libéralisme dans notre République Populaire et Sociale de France. Ses habitants ne le méritent pas de toutes façons, et les américains de moins en moins. Nos lectures et nos débats sur Contrepoints nous font plaisir, à nous autres libéraux, mais c’est à peu près le seul effet prévisible. Je vote désormais Hamon et Mélenchon car je ne vois plus que la politique du pire, la soumission Insoumise, le Grand Soir, l’effondrement financier et moral, dont la période 1981-83 fut une répétition, pour mettre un tout petit peu de substance dans la cervelle de nos compatriotes (des veaux, disait De Gaulle, souffrant désormais d’encéphalite spongiforme). Mais même cela j’en doute désormais car même les Grecs n’ont pas compris…Le socialisme ne marche pas? Augmentons la dose!

      • Voter Mechant-ON quand on est libéral, ça fait quand même rudement mal aux fesses. Moi aussi, je suis désespéré, mais je préfère encore m’abstenir ou sortir le fameux bulletin de vote de H16.

  • La gauche ne s’est jamais si bien portée. La preuve c’est qu’elle occupe désormais tout le spectre politique, de Mélanchon qui pousse le bouchon socialiste au maximum, à Le Pen qui est une version xénophone et nationaliste d’un programme de gauche, en passant par le PS et LREM qui sont à peu près la même chose et même LR qui ne peut s’empêcher de faire dans le gaullisme social avec une pointe de nationalisme également.

    L’avenir de la gauche est donc radieux avec 46% du PIB en prélèvements obligatoires, de plus en plus d’exonérations d’impôts pour la base au détriment de la minorité dite privilégiée, une dette qui va franchir la barre des 100% du PIB, un déficit budgétaire permanent en hommage à Keynes et sans aucun effet sur le chômage et une absence de vraies réformes (libérales) au profit de réformettes redistributrices impopulaires tant la résistance au changement est forte.

    Le libéralisme a disparu de France.

  • – C’est assez simple ; le PS finira comme la SFIO de G.Mollet en 1969. Mitterand puis Hollande sont des fauxcialistes qui ont fait la même politique libérale et européïste que leur parti jumeau les LR . Dans leurs réunions ils n’ont toujours pas renié la politique menée par Hollande et Valls ( qui a rejoint LREM comme d’autres) et sont condamnés soit à la repentance soit à disparaître’ pendant des lustres. Le succès de FI dépend du charisme de Mélenchon qui écrase la concurrence des oppositions factices à Gauche mais demeure ambigu sur son attitude envers l’UE, ses sympathies envers Syriza qui n’a pas fait que du bien en Grèce.. Deux partis incarnent la vrai opposition à Macron et sont ostracisé par les médias du Système par leur prêches sur le Frexit : l’UPR et le PRCF

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