Grands projets, grands travaux et grandes arnaques

Et si nous vivions un shutdown à la française ? Trois grands projets viennent d’être abandonnés ou retardés. Nous sommes sur la bonne voie !

Par Simone Wapler.

Le crédit se fait plus cher. Notre pays va-t-il renoncer à ses rêves de grandeur ?

Notre-Dame-des-Landes n’est plus à l’ordre du jour. Tant mieux.

Il y a en Europe 460 aéroports régionaux. Un tiers se trouve en France et la majorité n’est pas rentable.

Nous n’accueillerons pas l’Exposition universelle en 2025 dont le financement (en principe privé) n’a pas convaincu le gouvernement qui note des « faiblesses » dans le modèle économique dans le « contexte de redressement de nos finances publiques ».

Je ne sais pas trop sur quoi se fonde notre Premier ministre pour estimer que nos finances publiques se redressent mais ne pas le creuser plus vite est déjà un progrès.

Sur la bonne voie

Déjà deux grands machins abandonnés, nous sommes sur la bonne voie. Des rumeurs circulent également concernant l’abandon du projet de TGV des Landes jusqu’à Bayonne.

Voilà que ce matin, on parle de retarder le métro du Grand Paris.

Cher lecteur de province, le Grand Paris est un réseau de super-métro. Le chantier paralyse la circulation parisienne depuis plus d’un an et vaut aux Parisiens plein de gros nuages carbonés.

L’adjectif « grand » est mérité, de quoi vous donner de grands frissons d’horreur :

« En 15 ans, on va doubler la surface du métro. Il n’y a pas eu un chantier d’une telle ampleur depuis la construction des villes nouvelles dans les années 1960. » Philippe Yvin, président de la Société du Grand Paris.

Dépenses et dérives

On connaît le grand plaisir des habitants de ces « villes nouvelles »…

Chiffré à 19 Mds€ en 2010, la dernière estimation est de 35 Mds€. C’est fou comme les estimations de dépenses avec l’argent des autres (celui de nos impôts) sont toujours imprécises.

La Cour des comptes s’inquiétait la semaine dernière de ces dérives (je pense que les membres de la Cour sont shootés au Lexomil depuis des lustres à force de se cailler la rate).

De surcoûts en retards, le Grand Paris Express pourrait bien ne pas fonctionner au moment où nous accueillerons ce grand événement que sont les Jeux olympiques.

Une suggestion : nous devrions aussi renoncer aux Jeux olympiques. Ils ont plutôt porté malheur à leur pays d’accueil : faillite de la Grèce, émeutes au Brésil… Très mauvais pour une réélection.

Tous ces grands travaux sont évidemment payés à crédit, et il n’a pas échappé à votre sagacité légendaire, cher lecteur de Paris et de province, que ledit crédit avait récemment tendance à se renchérir.

Or si les banquiers centraux peuvent multiplier à l’infini le crédit, ils ont plus de mal à multiplier les contribuables solvables.

Mais me direz-vous, l’intérêt général, l’intérêt public dans tout cela ? Tout ceci vaut bien quelques sacrifices, n’est-ce pas ? On ne peut pas tout réduire à de la rentabilité mesquine ?

Mmmmm… si, justement !

« L’intérêt général, c’est que personne ne vole personne. Il n’y en a pas d’autre. » François Guillaumat

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