Idée reçue : « la dette, c’est pas un problème ! »

Selon certains commentateurs, la dette publique n’est pas problématique, car la France possède assez d’actifs pour la rembourser à tout moment. Mais est-ce si simple ?

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Idée reçue : « la dette, c’est pas un problème ! »

Publié le 9 janvier 2018
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Par Eddie Willers.

Pour l’économiste Thomas Porcher, la dette française ne serait pas un problème car la France disposerait en face de 1,5 fois la valeur de cette dette en actifs. Il suffirait alors de vendre ces actifs pour payer la dette de la France.

Donc si la dette n’est plus un problème, nous pouvons continuer à nous endetter et à financer les programmes les plus dispendieux de notre État social-démocrate. Magnifique théorie Thomas, mais regardons d’un peu plus près ce qu’il se passe lorsque la dette d’une entreprise est égale à la valeur de ses actifs.

Les ressources de la société

Les actifs d’une société constituent ses ressources, celles qui lui permettent de générer des profits et donc de survivre. Ces actifs peuvent prendre des formes très diverses : des usines, des brevets, des bureaux, des ordinateurs mais aussi des créances clients, du cash et même des savoir-faire. Bref, ce sont tous les éléments essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise.

Une société qui ne prend pas soin de ses actifs se retrouve rapidement face à une situation compliquée car elle ne produit pas aussi efficacement qu’elle le pourrait et se protège mal face à la concurrence d’autres acteurs.

Vendre ses actifs peut avoir du sens, notamment si ces actifs ne permettent pas de produire plus efficacement les biens ou services vendus. Il n’est par exemple pas nécessaire d’avoir un entrepôt gigantesque lorsque l’on est une société de conseil.

Imaginons maintenant que l’État français vende le château de Versailles, il récupèrerait alors directement de quoi payer une partie de sa dette mais perdrait dans le même temps le bénéfice associé à l’exploitation du château. Si le château est un contributeur positif du budget de l’État il faudra alors se réendetter pour payer les autres postes de dépense auparavant couverts par les recettes du château de Versailles. Premier écueil.

Le problème de la liquidité

Deuxième écueil : celui de la liquidité. Malheureusement lorsque vous en venez à vendre un actif et que vous n’avez pas préparé cette vente, vous êtes pris par le temps. Il vous faut donc trouver un acheteur face auquel vous serez en position de faiblesse. Et pour de nombreux actifs, le nombre d’acquéreurs potentiels est limité. Donc vous devez vous résoudre à vendre au rabais.

Ce fut le cas par exemple pendant la crise de 2008, vous êtes un fonds de pension et souhaitez vendre des actions de la société X, vous en détenez un gros stock et tout le monde a peur, donc personne n’achète. Vous souhaitez absolument vendre, donc vous faites des remises encore plus grosses pour être certain que quelqu’un en veuille bien.

Bilan : vous croyez que votre actif valait 100 dans vos comptes mais au moment de vendre il ne vaut plus que 70. Il ne faut jamais oublier que la valeur d’un actif ne peut être déterminée que lorsqu’il y a une transaction, vous pouvez tenter de l’approximer via diverses méthodes mais vous n’en serez jamais sûr tant que quelqu’un ne l’aura pas acheté. Et jusqu’à nouvel ordre, personne n’a acheté la Tour Eiffel ou le Palais Bourbon dans un passé récent.

Les capitaux propres

Enfin, pour faire face aux coups durs, une société doit disposer de capitaux propres, une couche tampon qui permet d’absorber les pertes. Si votre bilan n’est composé que de dettes et d’actifs vous n’avez aucune sécurité, vous marchez sur un fil et risquez la chute au moindre coup de vent.

Ah oui et j’ai oublié de vous préciser, l’actif de l’État au 31 décembre 2016, selon la Cour des comptes atteignait 978md€ pour des dettes de 2181md€ et des engagements hors-bilan (majorité de pensions de fonctionnaires, donc concrètement des dettes) de plus de 4000md€ : un rapport de 15%. Mais c’est pas grave, après tout la dette n’est pas un problème.

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  • Le véritable actif des Etats est la capacité de ceux-ci à lever l’impôt auprès de leur population et c’est cela le véritable collatéral en face des dettes souveraines. Et on considère également qu’un pays aura toujours une population qui aura toujours besoin de consommer quelque chose donc qu’on pourra toujours imposer. C’est pour ça que certains s’imaginent que la capacité d’un Etat à s’endetter est sans limite, donc n’est pas un problème.

    • Exactement, les pillards sont toujours solvables et on ne prend pas trop de risques à leur prêter .

    • La capacité à lever l’impôt est déjà utilisée à son maximum, voire au-delà. Cela veut dire que comme pour les actifs du pays, si on cherche à tirer plus de l’impôt, on réduit la capacité des contribuables à continuer de le payer, on les oblige eux-aussi à puiser dans leurs actifs pour s’acquitter de leur contribution, avec les mêmes problèmes que ceux évoqués dans l’article.

      • 975 milliards en 2015, 991 en 2016 et sans doute autour de 1010 milliards en 2017… Je crains que vous ne soyez optimiste: la capacité à lever l’impôt n’est pas utilisée à son maximum… Seuls les plus riches peuvent partir, les autres sont forcés de se débrouiller localement. Ce qui tombe bien car ce sont les plus nombreux…

        • En euros constants( sans inflation donc) il n’y a pas vraiment d’augmentation.
          Et même ceux obligés de rester (quoique, « obligés » c’est aller un peu vite en besogne) peuvent réduire la voilure et avoir des contributions de moins en moins importantes.
          Le fait que nos politiques ne se rendent pas compte de l’urgence de la situation est tout à fait normal: ils n’ont rien appris d’autre que dépenser l’argent des autres.
          Les jeunes commencent à comprendre qu’ « on » a hypothéqué leur avenir, mais leur réaction laisse à désirer. Merci l’EN. Mais la faim va arriver et ça va changer la donne.

          • Avec 0.2 % en 2016 et probablement 1.2% en 2017, refaites vos calculs et vous verrez que ça augmente… Quand bien même, votre raisonnement est intéressant. L’inflation est fondamentalement une ponction sur le pouvoir d’achat des personnes, donc cette notion d' »Euro constant » est peut-être vrai pour l’Etat qui augmente les prélèvements pour conserver son « pouvoir de d’achat » (i.e. de dépenser) mais certainement pas pour celui qui contribue qui doit donc payer plus avec un revenu lui-même déjà amputé de l’inflation… au détail près, je vous l’accorde, de ceux dont les revenus sont indexés sur l’inflation. Mais comme une bonne partie de notre inflation est « importée » (balance commerciale largement déficitaire), cette indexation ne se fait pas sur de la création de richesse mais sur de l’emprunt. Et la boucle est bouclée…

            • @ RB83

              Évidemment! 57% de PIB prélevé par l’état en France, 45%, en Allemagne: le « couple leader européen », c’est l’Allemagne, la France, elle cause et fait semblant mais tout le monde s’en fout!

  • c’est aussi pour cela que certains « non riches » quittent la France…
    les jeunes et retraités en particulier.

  • Voilà le progrès :
    Autrefois le débiteur insolvable était saisi, désormais, c’est le débiteur qui saisit.

  • Merci Eddie Willers
    Excellent papier didactique.
    Pourriez-vous me contacter afin de préparer La Grève 2018 et la « vallée enchantée » ?
    John Galt

  • La nullité crasse des soi-disant économistes français n’est plus à démontrer. Ils le prouvent dès qu’ils ouvrent la bouche! Mais il faut dire qu’ils sont de gauche, donc imbéciles!

    • Il me semble bien avoir entendu hier Jacques Delpla affirmer que puisqu’il y avait une forte demande pour les titres de dette française, même avec des rendements misérables, c’était suivant le principe de l’offre et de la demande signe que nous devrions nous endetter plus encore…

  • Si la dette n’est pas un problème, que Mr. Porcher la rembourse intégralement de sa poche !

  • Economistes , Sociologues … je ne connais aucun cas de licenciement pour faute grave ou répétées c’ est un peu comme les gaveurs d’ oies c’ est plus propre et mieux rémunéré.
    MORILLE Alain

  • « 1,5 fois la valeur de cette dette en actifs »
    Actifs financiers, oui. Si l’on prend les actifs totaux (dont l’immobilier), c’est 6 ou 7 fois plus.
    Notre trésorerie vaut donc 1,5 fois notre emprunt. Et notre actif net bien plus.
    Dit autrement, nous ne sommes pas endettés.

    • @ JRDC
      Si vous vendez tout, même au rabais, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer!

      • Pourquoi vendre, puisque nous n’avons pas intérêt aujourd’hui à résorber notre dette, ce qui aurait des conséquences négatives sur notre croissance ?

        • N’importe quoi. La dette est remboursée par les impôts.

          C’est le secteur privé qui génère la croissance, pas l’Etat.

          • Vous oubliez le rôle de l’Etat dans le soutien au secteur privé (commandes publiques, par ex) ainsi que son rôle dans le soutien à la consommation via la redistribution.

            • Soutien après que 65 % du CA des entreprises sont partis dans les caisses de l’Etat et de la Sécu.

              La consommation est la destruction des richesses.

              Expliquez- moi comment avec 1250 milliards de dépenses publiques annuelles il y a encore 8 millions de chômeurs en France.

  • J’ajoute que la dette est ce qui nous permet de grossir plus vite, ce qui permet à la croissance économique d’afficher des valeurs positives.
    Le problème n’est ni l’existence de cette dette, ni son montant. C’est son irrésistible ascension, qui pourrait faire redouter le moment où nous serions vraiment endetté.

    • Vous oubliez que ce principe ne vaut que si on est capable de tirer de l’argent qu’on emprunte une rentabilité supérieure aux intérêts qu’il nous coûte. Or avec l’Etat français, on est sûr que cela ne sera jamais le cas, même en période de taux négatifs !

    • @Jean Roule Du Cable
      La dette augment le PIB car les sommes empruntés y sont agglomérées, et c’est là le piège : on pense s’enrichir au présent, mais on va s’appauvrir dans le futur.
      Pour que les emprunts soient des investissements utiles, il faut impérativement que la croissance de la dette soit inférieur à la croissance du PIB, sinon ce n’est plus de l’investissement, c’est de la consommation.
      Et aujourd’hui, nous avons le contraire avec une croissance du PIB de 1,7% et +3% pour la dette.
      Une telle situation ne devrait pas durer plus de 2 ou 3 ans, mais maintenant ça fait plus de 10 ans que ça dure, ça va mal finir.

      • Non, actuellement, et depuis quelques temps, on emprunte à moins de 1 %.

        • C’est bizarre, on oublie toujours que dans un emprunt il faut non seulement servir des taux d’intérêt mais également rembourser (un jour…) le capital emprunté. Ensuite, le PIB est un agrégat un peu foireux supposé représenter la création de richesse, c’est donc un peu théorique… Un emprunt est du vrai argent.
          2017 est une très bonne année comparée aux précédentes. La France emprunte 3% du PIB, soit 60 Milliards €. L’accroissement du PIB, soyons royaux 2%, est 40 Milliards. Emprunter 60 Milliards de vrai argent pour générer une création de richesse, je le rappelle un peu théorique, de 40 Milliards… n’y aurait-il pas comme un problème ?

        • @Jean Roule Du Cable
          Vous n’avez pas compris : je ne parlais pas des taux d’intérêt, mais de l’augmentation du volume de dette exprimé en % du PIB.

  • Pour le coup, il y a eu deux économistes: Porcher et Aldama qui ont raconté n’importe quoi. Pire, ils sont pas foutus de lire un rapport de la Cour des comptes: https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/files/documents/budget/comptes/2016/CGE2016.pdf
    contrairement à ce qu’ils ont dit sur Twitter la Cour des comptes ne mesure bien tous les actifs(pas seulement les actifs financiers).La différence de chiffres avec l’INSEE vient que l’INSEE mesure les actifs publiques alors que la Cour des comptes juste les actifs de l’Etat (càd pas les actifs des collectivités locales, certains organismes de la sécurité sociale). Or ni Porcher ni Aldama le savaient, ils ont raconté n’importe quoi. Et il suffit de lire l’INSEE pour voir que Porcher a raconté n’importe quoi.Le patrimoine net des administrations publiques s’établit à 190 milliards d’euros fin 2016:https://www.insee.fr/fr/statistiques/3292876 A ce rythme la dette dépassera le montant des actifs financiers et non financiers dans 3 ans.
    Au final la comparaison de juste dette de l’état et actif de l’état: cela donne Actif 977, Passif 2180, solde – 1203. (C’est en page 3 de mon premier lien: le rapport de la cour des comptes) Et bien sûr, cela ne prend pas en compte les engagements hors bilan, que le document détaille un peu plus loin.

    De plus, il y a deux problèmes dans la logique de Porcher:
    a) tous les actifs publics sont loins d’être monétisables facilement, surtout si nous sommes en faillite. (On ne va pas vendre les écoles, les bases militaires,…).
    b) Si l’état est en défaut de paiement, il ne peut pas se servir comme ça dans l’actif des collectivités.
    Il faut prendre comme base d’évaluation de la solvabilité publique le sous total de chaque composante. Et donc on en revient au constat que sur son bilan propre, l’actif de l’état (en grande partie invendable de surcroît) est à peine la moitié de son passif.

  • Selon l’Insee le patrimoine net des administrations publiques continue de diminuer et s’établit à 190 milliards d’euros fin 2016, contre 255 milliards d’euros en 2015 (-25%)
    Schéma particulièrement marquant: https://pbs.twimg.com/media/DR-d_JDXUAAj2-w.jpg

  • en général quand l’état met en vente ses actifs c’est un désastre: http://next.liberation.fr/culture/2001/11/13/la-vente-malheureuse-des-joyaux-de-la-couronne-de-france_383722 (c’est un exemple parmi d’autres)

  • Nous avons un patrimoine public. Le niveau de la dette n’est donc pas un problème, puisqu’il y a ce patrimoine.
    Aujourd’hui, la France parvient à honorer ses engagements financiers, dans un environnement plus ou moins stable. L’INSEE estime donc nos actifs aujourd’hui, dans cet environnement. Et demain ? Si les taux d’intérêt remontent, que la France fait face à un effet boule de neige et ne parvient plus à honorer ses engagements ? (c’est ce qu’il s’est passé en Grèce, par exemple).
    Que valent les estimations de L’INSEE de nos actifs non financiers ? Rien du tout vu que l’on peut pas les vendre.
    c’est quoi un actif non financier, ceux qui selon vous, couvrent largement la dette ?
    Ce sont des terrains. Bâtis ou non. Des logements. Des bâtiments non résidentiels. Des ouvrages de génie civil. On pourrait même rajouter tous nos trésors nationaux : les collections du Louvre, celles de Versailles, celles tous les autres Musées Nationaux.
    Ces trésors ne sont pas valorisés. Car personne, pas même le docteur Porcher ne peut estimer leur valeur. onc, si l’on suit le raisonnement du docteur Porcher, il suffira de vendre ces actifs pour assurer notre solvabilité, et continuer à faire « rouler » indéfiniment notre dette. Vendre nos ouvrages de génie civil ? Vraiment ? Nos ponts ? Nos tunnels ? Vraiment ? Vendre Versailles ? Le Louvre ? Vraiment ?
    Sérieusement ? Et pourquoi pas aussi vendre « La Joconde » ? « Le Sacre » ? « Le radeau de La Méduse » ?
    Vendre tout ça à qui ? Et pour combien ? Le problème du raisonnement du docteur Porcher est bien là.
    Personne ne nous donnera le prix de la valeur de nos actifs, si nous sommes CONTRAINTS de les vendre pour faire rouler notre dette.
    Personne. Celui qui devra vendre vendra mal. Demandons donc aux Grecs, dont certains espéraient « couvrir » leurs dettes en vendant leurs magnifiques îles. Fiasco. e docteur Porcher nous explique donc que la dette, pas un souci voyons ! On a nos ouvrages de génie civil pour la couvrir ! Continuons donc ! Cela n’a aucun sens. Le docteur Porcher et ses amis docteurs en économie atterrée seraient les premiers à accabler un gouvernement qui procéderait à des privatisations massives pour désendetter le pays.Et si l’on tient compte de la dynamique de la dette et de celle de nos actifs, le non-sens est encore plus prégnant : la France finance aujourd’hui ses dépenses de fonctionnement par l’emprunt. La dette publique augmente tous les jours. On continue donc comme ça, selon le docteur Porcher. On ne soucie pas de l’endettement. Si un jour nos créanciers refusent de nous prêter de l’argent et nous demandent des comptes, on pourra bien leur brader l’Élysée ou le Palais Bourbon. On vendra même un pont quelconque à celui qui voudra bien nous en donner quelques millions, et qui se hâtera d’y installer un péage. ce sont les acheteurs qui détermineront le prix qu’ils nous en donnent. Nécessairement décorrélé de la valeur supposée de tous ces biens. Car nous seront acculés à la vente. Ce raisonnement, qui veut que la dette ne soit pas un problème car elle est couverte par les actifs publics, ce qui revient à dire qu’elle est gagée sur eux, est un non-sens. Continuons donc à ne pas pouvoir assurer nos dépenses de fonctionnement autrement que par l’emprunt. Continuons donc à faire grossir la dette. Et lorsque nous ne pourrons plus emprunter un centime, désignons donc un docteur en économie atterrée comme commissaire priseur national. Il vendra nos actifs publics au meilleur prix.

  • Eddie Willers, dont j’apprécie généralement beaucoup les écrits, passe ici complètement à côté du sujet, comme, malheureusement, tous ceux qui ont commenté cet article et sont d’ordinaire si pertinents.
    Tout ce qui est écrit ici est vrai pour des organismes privés, pas pour l’État, dont le prétendu « endettement » n’est dénommé de la sorte que dans l’unique but de masquer qu’il s’agit d’un impôt supplémentaire, prélevé en nature sur la production avec de la fausse monnaie.
    Les hommes de l’État « empruntent » :
    – soit à des banques, à qui ils ont accordé le privilège de pouvoir créer de la monnaie ex nihilo
    – soit à des organismes privés (particuliers, entreprises …) qu’ils ne rembourseront jamais, sauf, éventuellement, avec de la fausse monnaie crée selon la 1ere méthode.
    Les hommes de l’État utilisent ensuite cette fausse monnaie pour payer leurs dépenses, comme avec le produit de n’importe quel autre type d’impôt.
    Cette forme d’imposition est particulièrement attractive pour les hommes de l’État pour plusieurs raisons :
    – elle n’est quasiment jamais dénoncée pour ce qu’elle est, même par des libéraux, le présent article en étant l’illustration
    – présentée comme un « endettement », qu’il faudrait rembourser, elle sert de prétexte à l’augmentation des autres impôts, ce qui permet, en sus, de masquer la différence de nature entre l’État et les autres organisations humaines, en témoigne encore le présent article
    – elle a reçu diverses cautions pseudo scientifiques visant à accréditer l’idée qu’elle serait « bénéfique » à « l’économie », qui nécessiterait une dose plus ou moins grande d’inflation pour fonctionner correctement, la plus connue de ces cautions étant celle de Keynes.
    Comme n’importe quel impôt, l’expansion monétaire, à laquelle s’adonnent allègrement tous les États de la planète, y compris les plus « vertueux » comme la confédération suisse, est immorale, injuste et dévastatrice. Elle provoque en sus divers ravages tels qu’augmentation des prix, mauvaise allocation du capital, y compris dans la sphère privée, cycles économiques, expansion démesurée de la « finance », des « inégalités » apparentes, qui peuvent ensuite être dénoncés comme autant de « tares » du « capitalisme » par des imbéciles naïf ou par des cyniques.
    Il n’existe que trois limites à l’expansion monétaire :
    – la concurrence entre les monnaies (donc entre États, les plus « vertueux » bénéficiant des monnaies étatiques les plus fortes, de la plus grande stabilité, prospérité etc.)
    – le risque, jamais absent, d’hyper inflation (qui ôte justement à l’État l’une de ses principales ressources car les gens en reviennent au troc ou utilisent des monnaies étrangères ou de substitution, comme actuellement au Venezuela)
    – une prise de conscience du public de la vraie nature de « l’endettement » de l’État (on peut rêver).
    La position et l’action des libéraux doit donc viser à :
    – démasquer et diffuser la connaissance de la véritable nature de l’endettement étatique
    – ne jamais dire qu’il « faudra bien rembourser la dette de l’État », mais dire que celui-ci doit cesser d’emprunter
    – s’opposer à tout cartel étatique monétaire comme l’Euro, pour les bonnes raisons.

    • Une erreur s’est glissée dans l’avant dernière recommandation, lire :
      – ne jamais dire qu’il « faudra bien rembourser la dette de l’État », mais dire que celui-ci doit cesser de régler ses dépenses avec de la fausse monnaie, comme tout le monde

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