La gauche et l’argent, une longue histoire d’amour

La savoureuse arnaque de la lutte des classes : enrichissons-nous du pouvoir absolu et appauvrissons le peuple !

Par Aurélien Véron.

La gauche a toujours été fascinée par l’argent. Tout, pour elle, se ramène à l’argent. Mais avec une saisissante asymétrie, ses zélateurs mettent autant d’ardeur à s’enrichir eux-mêmes qu’à s’attaquer à la richesse d’autrui.

Elle a supprimé de son programme toute allusion aux choix individuels, à la liberté et au bonheur pour s’attaquer à d’autres priorités : gommer les différences – renommées « inégalités » – et imposer à tous des valeurs collectivistes qui se traduisent par une infantilisation continue des citoyens.

Ces derniers sont ainsi continuellement appelés à s’appauvrir – l’argent, c’est le péché – et à suivre la ligne officielle du pouvoir sur la parentalité, l’alimentation, les déplacements, la culture, le logement et tous les autres aspects de la vie quotidienne.

Cette schizophrénie quasiment pathologique devient évidente à l’extrême-gauche. Cette « gauche de la gauche » n’a pas compris, contrairement à la gauche classique qui a su s’enrichir très largement du pouvoir local et national ces dernières décennies, qu’il fallait profiter de sa richesse et de ses privilèges dans une discrétion absolue.

Rétropédalage

Et conserver le secret de ces pratiques comme nous l’a rappelé Bruno Le Maire – « la dénonciation ne fait pas partie de mon identité », surtout s’agissant de ses collègues – avant de rétropédaler avec énergie. Peut-être cette extrême-gauche n’a-t-elle pas non plus bénéficié de la complicité de médias connivents aux pratiques apparemment tout aussi choquantes.

La presse politique tend à estimer que le patrimoine –même mal acquis – relève de la vie privée dans le monde politique, à l’instar du harcèlement sexuel. Contrairement à la vie civile où la délation – essentiellement fiscale et sociale – est fortement encouragée par les pouvoirs successifs.

Mais voilà, l’extrême-gauche a repris du poil de la bête. Écrasée par le parti socialiste depuis les années Mitterrand, elle s’est récemment émancipée de sa tutelle sous les coups de boutoir de Jean-Luc Mélenchon.

La manne publique aux Insoumis

Ses derniers succès électoraux ont coupé les sources de revenu des socialistes, plus habitués à vivre sur le dos de la république qu’à travailler pour se nourrir. Tandis que nombre de socialistes cherchent – pour ceux qui n’ont pas le statut de fonctionnaire – un emploi dans le secteur privé, c’est au tour des Insoumis de profiter de la manne publique et des avantages offerts à ceux dont le pouvoir s’étend.

La jeune quadra Raquel Garrido n’a eu aucun scrupule à accepter le poste d’ambassadrice de C8, la chaîne de l’un des 9 milliardaires dont elle ne cesse de dénoncer le « contrôle oligarchique ». Mélenchon avait manifesté moins de respect pour l’oligarque lorsqu’il avait renvoyé avec un effroyable mépris Cyrille Eldin, tel le chien à son maître : « retournez voir Bolloré ! »

L’égérie du très anticapitaliste Mélenchon peut dorénavant se déclarer mi-avocate, mi-journaliste lorsqu’il s’agit d’interrompre le président de la République. La même Raquel Garrido qui manifeste les symptômes de la phobie administrative bien connue à gauche.

Elle aime le peuple

Sauf quand il s’est agi d’obtenir un appartement HLM à Paris (80m2 pour 1200 euros/mois), avantage qu’elle semble avoir du mal à abandonner, elle et son député de mari.

En plus des 32.215 euros de dette de cotisations et contribution aux droits de plaidoirie, elle aurait reçu des relances de l’Urssaf pour 6.113 euros en mars 2016 puis septembre 2017 selon Le Canard Enchaîné. Du pur Thévenoud. Mais elle, c’est différent : elle aime le peuple.

Bref, les leçons de morale cinglantes, c’est pour les autres. À elle la souplesse dans le paiement des factures et charges sociales. À elle le mélange des genres et les conflits d’intérêt.

Reconnaissons qu’elle n’est pas entièrement responsable de ce travers. Son mentor le camarade Mélenchon n’a-t-il pas un goût prononcé pour le luxe ? Pour rejoindre le train de vie de ce millionnaire – sans n’avoir jamais travaillé – amateur des voyages en première classe, les Garrido-Corbières ont intérêt à se lever tôt.

La richesse par la politique

La réalité montre que les dirigeants d’extrême-gauche choisissent l’engagement politique pour obtenir la richesse qu’ils n’ont su mériter par le travail dans le monde de l’entreprise.

Leur voie n’est pas celle de la performance, ni celle de la valeur ajoutée, mais exclusivement celle la démagogie, voire de la violence. Tout est bon pour virer les concurrents et leur couper leurs droits afin de les exproprier sans risque. Et de récupérer leurs biens. Mélenchon dans l’opposition, son enrichissement reste modeste. Mais une fois au pouvoir, ne doutons pas de sa capacité d’ajouter quelques zéros à la valeur de son patrimoine.

Comme tous ses camarades partageant la même hystérie idéologique dans le monde. Dans les pays tenus par des anticapitalistes de choc, les inégalités ont disparu : le peuple s’est retrouvé sur la paille dans son intégralité tandis que la petite caste au pouvoir s’est prodigieusement enrichie sur son dos.

Des pratiques gauchistes connues

Les pratiques des hauts dignitaires soviétiques sont certes connues de tous, mais c’est de l’histoire ancienne. Plus récemment, les exemples pullulent. Le premier client actuel d’une marque française de haut luxe, c’est le parti communiste chinois.

Côté Amérique latine, l’amateur de rolex, feu Fidel Castro, a toujours mené grand train, possédant des yachts et plusieurs résidences luxueuses comme l’ont raconté Juan Reinaldo Sanchez et Axel Gyldén.

À côté, feu le révolutionnaire Chavez est mort richissime – la fortune de sa fille Maria est estimée à 4.2 milliards -, porté jusqu’au bout par quelques Boligarques (oligarques de Bolivar) pendant que les Vénézuéliens faisaient désespérément la queue devant des étals vides.

Mais ces pratiques d’enrichissement personnel considérable et d’appauvrissement des masses laborieuses relèvent d’une logique imparable. La gauche dure a besoin d’électeurs envieux, jaloux et mécontents de leur sort.

Sa stratégie consiste à entretenir la population la plus large possible dans la précarité afin de conserver sa base électorale, et de détourner son regard des causes de son malheur au détriment de ceux qui parviennent à s’en sortir malgré tout. C’est la savoureuse arnaque de la lutte des classes : enrichissons-nous du pouvoir absolu et appauvrissons le peuple !