Grand Plan d’investissement : pitié pour les contribuables !

La Grande-Bretagne qui a 7 millions emplois privés de plus que la France n’a pas mis en place un Plan d’investissement mais a préféré supprimer 600 000 postes de fonctionnaires….

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

57. C’est le même chiffre que le pourcentage de dépenses publiques par rapport au PIB. Les 57 Mds d’euros sont prévus dans le Plan d’investissement (2018-2022) que vient de présenter le Rapporteur principal, M. Pisani-Ferry, qui a dirigé France Stratégie, « l’organisme de réflexion, d’expertise et de concertation, autonome, rattaché au Premier ministre. Chargé d’inventer les politiques publiques de demain et d’animer le débat public ». À noter que sur les cinq autres rapporteurs, trois sont inspecteurs des finances et aucun ne travaille dans le privé.

Que trouve-t-on dans ce Plan ? Tout d’abord, nous sommes très étonnés par la première phrase de l’Avant-propos : « Pourquoi engager un effort d’investissement, alors que l’économie française se porte mieux et que la croissance avoisine actuellement 2 % l’an ? ».

En effet, si la France va si bien que ça, pourquoi changer ? Il n’y a que les hauts fonctionnaires pour penser que l’économie se porte vraiment mieux. Mais comme ils doivent justifier l’existence de leur organisme, rien de plus pratique qu’un… nouveau Plan.

En juin 2014, France Stratégie avait déjà rendu public un Rapport intitulé « Quelle France dans dix ans ? Les chantiers de la décennie ». Ces chantiers pour la France auraient-ils tellement changé depuis trois ans ?

190 000 euros par emploi créé ! Qui dit mieux ?

Les objectifs du Plan sont donc les suivants : « Accélérer la transition écologique (20 milliards d’euros), Édifier une société de compétences (15 milliards d’euros), Ancrer la compétitivité sur l’innovation (13 milliards d’euros), Construire l’État de l’âge numérique (9 milliards) ».

Cela fait 57 milliards d’euros. Pour quels effets ? « 300 000 emplois et une baisse d’un point du taux de chômage structurel, Une division par deux du nombre de passoires thermiques occupées par des ménages modestes propriétaires ou locataires du parc social, Le remplacement de 500 000 véhicules polluants, Une augmentation de 70 % de la production d’énergie renouvelable, La conversion de 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage, L’achèvement de la couverture du territoire en Très Haut Débit, 100 % de services publics dématérialisés, Le doublement du nombre de maisons de santé. »

À première vue, les objectifs semblent très nobles mais regardons de plus près. 300 000 emplois créés représentent environ 190 000 euros par emploi créé ! C’est un peu cher…

La Grande-Bretagne qui a 7 millions emplois privés de plus que la France n’a pas mis en place un Plan d’investissement mais a préféré supprimer 600 000 postes de fonctionnaires….

Les passoires thermiques dans le parc social, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas réformer vraiment le logement social en privatisant ? Les 500 000 véhicules polluants seraient de toute façon remplacés par le… marché.

Comme il le fait depuis des années. La voiture d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’hier, en ce qui concerne le confort, la sécurité ou la pollution.

C’est toujours à la mode de parler d’investissements dans les énergies renouvelables mais elles coûtent très cher (l’Allemagne en a pris conscience) et contribuent à l’augmentation de la consommation d’autres matières premières polluantes. Les importations de charbon ont augmenté de 214 % au premier trimestre en France, de 94 en Allemagne, et de 282 % en Grande-Bretagne.

Ce qu’il faut c’est stopper le gaspillage d’argent public !

Convertir 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage ? Ce dont la France a besoin c’est surtout de 5 000 PME supplémentaires afin de faire baisser le chômage. Pour ce qui est des gaspillages, ce sont bien l’État et ses administrations qui gaspillent l’argent public.

C’est là qu’il faudrait agir ! Transformer la France en installant le Très haut débit, belle initiative ! Mais laissons cela aux entreprises privées du secteur et d’ailleurs sait-on si le très haut débit ne sera pas déjà dépassé en 2022 ? En seulement quelques années, on est passé du « réseau téléphonique commuté » à la fibre optique.

Enfin, doubler les maisons de santé, oui, si c’est fait avec le privé. Des services publics dématérialisés, on en parle depuis longtemps : même l’Italie l’a fait. Mais c’est toujours bien de le rappeler…

M. Pisani-Ferry est aussi celui qui a été un proche de François Hollande soutenant son programme économique. Avec les résultats que l’on connaît. Il est très probable que ce nouveau Plan n’apporte rien, ne serait-ce que le gaspillage de l’argent des contribuables. Comme d’habitude.

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