Grand Plan d’investissement : pitié pour les contribuables !

La Grande-Bretagne qui a 7 millions emplois privés de plus que la France n’a pas mis en place un Plan d’investissement mais a préféré supprimer 600 000 postes de fonctionnaires….

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
[cp_donation]

Grand Plan d’investissement : pitié pour les contribuables !

Publié le 27 septembre 2017
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

57. C’est le même chiffre que le pourcentage de dépenses publiques par rapport au PIB. Les 57 Mds d’euros sont prévus dans le Plan d’investissement (2018-2022) que vient de présenter le Rapporteur principal, M. Pisani-Ferry, qui a dirigé France Stratégie, « l’organisme de réflexion, d’expertise et de concertation, autonome, rattaché au Premier ministre. Chargé d’inventer les politiques publiques de demain et d’animer le débat public ». À noter que sur les cinq autres rapporteurs, trois sont inspecteurs des finances et aucun ne travaille dans le privé.

Que trouve-t-on dans ce Plan ? Tout d’abord, nous sommes très étonnés par la première phrase de l’Avant-propos : « Pourquoi engager un effort d’investissement, alors que l’économie française se porte mieux et que la croissance avoisine actuellement 2 % l’an ? ».

En effet, si la France va si bien que ça, pourquoi changer ? Il n’y a que les hauts fonctionnaires pour penser que l’économie se porte vraiment mieux. Mais comme ils doivent justifier l’existence de leur organisme, rien de plus pratique qu’un… nouveau Plan.

En juin 2014, France Stratégie avait déjà rendu public un Rapport intitulé « Quelle France dans dix ans ? Les chantiers de la décennie ». Ces chantiers pour la France auraient-ils tellement changé depuis trois ans ?

190 000 euros par emploi créé ! Qui dit mieux ?

Les objectifs du Plan sont donc les suivants : « Accélérer la transition écologique (20 milliards d’euros), Édifier une société de compétences (15 milliards d’euros), Ancrer la compétitivité sur l’innovation (13 milliards d’euros), Construire l’État de l’âge numérique (9 milliards) ».

Cela fait 57 milliards d’euros. Pour quels effets ? « 300 000 emplois et une baisse d’un point du taux de chômage structurel, Une division par deux du nombre de passoires thermiques occupées par des ménages modestes propriétaires ou locataires du parc social, Le remplacement de 500 000 véhicules polluants, Une augmentation de 70 % de la production d’énergie renouvelable, La conversion de 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage, L’achèvement de la couverture du territoire en Très Haut Débit, 100 % de services publics dématérialisés, Le doublement du nombre de maisons de santé. »

À première vue, les objectifs semblent très nobles mais regardons de plus près. 300 000 emplois créés représentent environ 190 000 euros par emploi créé ! C’est un peu cher…

La Grande-Bretagne qui a 7 millions emplois privés de plus que la France n’a pas mis en place un Plan d’investissement mais a préféré supprimer 600 000 postes de fonctionnaires….

Les passoires thermiques dans le parc social, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas réformer vraiment le logement social en privatisant ? Les 500 000 véhicules polluants seraient de toute façon remplacés par le… marché.

Comme il le fait depuis des années. La voiture d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’hier, en ce qui concerne le confort, la sécurité ou la pollution.

C’est toujours à la mode de parler d’investissements dans les énergies renouvelables mais elles coûtent très cher (l’Allemagne en a pris conscience) et contribuent à l’augmentation de la consommation d’autres matières premières polluantes. Les importations de charbon ont augmenté de 214 % au premier trimestre en France, de 94 en Allemagne, et de 282 % en Grande-Bretagne.

Ce qu’il faut c’est stopper le gaspillage d’argent public !

Convertir 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage ? Ce dont la France a besoin c’est surtout de 5 000 PME supplémentaires afin de faire baisser le chômage. Pour ce qui est des gaspillages, ce sont bien l’État et ses administrations qui gaspillent l’argent public.

C’est là qu’il faudrait agir ! Transformer la France en installant le Très haut débit, belle initiative ! Mais laissons cela aux entreprises privées du secteur et d’ailleurs sait-on si le très haut débit ne sera pas déjà dépassé en 2022 ? En seulement quelques années, on est passé du « réseau téléphonique commuté » à la fibre optique.

Enfin, doubler les maisons de santé, oui, si c’est fait avec le privé. Des services publics dématérialisés, on en parle depuis longtemps : même l’Italie l’a fait. Mais c’est toujours bien de le rappeler…

M. Pisani-Ferry est aussi celui qui a été un proche de François Hollande soutenant son programme économique. Avec les résultats que l’on connaît. Il est très probable que ce nouveau Plan n’apporte rien, ne serait-ce que le gaspillage de l’argent des contribuables. Comme d’habitude.

Sur le web

Voir les commentaires (13)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • et voilà. ..hausse continue des impôts taxes et redevance aux prochain épisode. ..il faut bien trouver le financement !!!
    par contre réduire les dépenses de l’état. ..!!!

  • Et le reboursement de la dette ? On se torche avec ou bien ?

  • Laisser faire le marché pour le très haut débit ? Mais vous n’y pensez pas voyons, c’est beaucoup plus efficace de dépenser de l’argent public pour ça ! Relisez cet article si vous avez un doute : http://h16free.com/2017/09/22/59122-sfr-halte-au-debit

  • Le plan quinquennal cela ne vous rappelle rien ? A mort l’économie bourgeoise !

  • Une chose est parfaitement claire: les 20 milliards pour la transition écologique sont 20 milliards de votre argent gaspillés en pure perte.

    • Oui, enfin tout le principe de la connivence est que les milliards ne seront pas perdus pour tout le monde !

      • @ MichelO
        Oui et, en particulier, pour les « éminents » concepteurs de ce plan plus tous les comités, conseils et tous les réunionistes professionnels et bureaucratiques siégeant des heures durant avec pour résultat attendu que les objectifs à terme ne seront pas atteints mais le budget (dépassé?) aura bien été dépensé! (Les scénaristes français manquent d’audace, d’imagination, de crédibilité et d’originalité: on s’invente du travail pour justifier ce qu’on feint d’inventer. 57 milliards pour ça, c’est beaucoup!

  • Good save the queen et pour sa plus grande gloire, honnis soit qui mal y pense, préfère protéger les fonctionnaires français et leur famille plutôt que d’oeuvrer pour le bien commun des français.
    Mais il est vrai qu’en France, Dieu s’appelle l’Etat et qu’il choie donc en conséquence ses thuriféraires.

  • Ce nouveau plan de prélèvement de 60 Milliards d’Euros supplémentaires sur l’économie française est une calamité pour le pays. La propagande de toutes les strates administratives de la France est toujours la même : mettre en avant les dépenses tout en oubliant qu’il faut en prélever l’équivalent sur la société civile à qui elles sont censées bénéficier. Sauf qu’au lieu d’être dépensées et investies du mieux possible par leurs propriétaires légitimes, ces dépenses seront affectées à des projets fumeux, au mieux inutiles, au pire carrément contre productifs (visant à diminuer la quantité de biens et services réels produits dans le pays). Les dépenses de la sphère étatique ont donc les effets calamiteux suivants :
    – appauvrir ceux à qui l’équivalent a été prélevé
    – diminuer la capacité de consommation et d’investissement des mêmes avec de nouveaux effets dévastateurs comme l’érosion du capital (entraînant baisse des salaires réels, augmentation du chômage), l’augmentation du chômage etc.
    – mobiliser un grand nombre de travailleurs à la fourniture des productions inutiles et des activités contre-productives, ce qui empêche ces même travailleurs de se livrer à des activités réellement productives (qui se mesurent sur un marché) et donc entraîne une nouvelle baisse de la production de biens et services réels
    – empêcher la production de biens et services réels demandés par la population (via les activités contre-productives).
    En résumé, ce nouveau plan va générer une nouvelle vague d’appauvrissement de la population (même si quelques un en bénéficieront) en sus de constituer une nouvelle vague de vol de ceux qui paieront.

  • Encore un vomito sur le public avec une argumentation assez minable. « Transformer la France en installant le Très haut débit, belle initiative ! Mais laissons cela aux entreprises privées du secteur ». C’est complètement le cas, à part dans les zones très rurale, c’est des privés qui font les travaux. Simplement ce serait pas rentable à faire sans ouvrir les routes à l’occasion de travaux de voirie public, d’où une concertation.
    Quant à la comparaison emploi privé chez les grands bretons, qu’est-ce qu’on entend par emploi outre manche ? Un contrat 0h ?

    • @Tigrou666
      Pour pouvoir affirmer qu’une argumentation est « minable » encore faut-il le démontrer mais votre argumentation est inexistante. Personne ne « vomit » sur le « public » qui n’est d’ailleurs pas l’objet de cet article. Répondez plutôt aux questions suivantes :
      Le « plan d’investissement » est-il, oui ou non, financé par le vol ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi faut-il donc recourir à l’État pour le financer ?
      Pour en revenir au « public » puisque vous avez déplacé le débat sur la question, son inefficacité est structurelle : c’est parce qu’il est, lui aussi, financé par le vol (impôts, taxes, expansion monétaire) qu’il est justement dispensé de répondre aux attentes du public. Les services dits « publics » sont des monopoles : protégés de la concurrence (généralement interdite) et non soumis à l’obligation d’équilibrer leur budget en donnant satisfaction à des clients volontaires. Même si les dirigeants et les agents des « services publics » étaient des « saints », ce qui n’est évidemment pas le cas, pas plus que n’importe quels êtres humains, les prétendus services publics ne pourraient pas répondre à leurs justifications.

  • Les commentaires sont fermés.

[cp_donation color="blue" margin_bottom="10"]

L'endettement des administrations publiques doit aujourd’hui atteindre les 3000 milliards d’euros, soit 44 280 euros par Français. Le déficit du budget de l’État s'est élevé à 156 milliards d’euro en 2022. Plus de la moitié de la production de valeur, soit 59,2% du PIB, est consacré aux dépenses publiques, auquel il faudrait ajouter les chiffres des diverses entreprises (EDF, Engie, ADP, Airbus, Renault…) dont l’État est actionnaire à hauteur estimée de 125 milliards d’euros, valeur purement théorique vu que ces entreprises cumulent un endett... Poursuivre la lecture

La réforme des retraites soulève les passions et plus généralement, la situation actuelle amène des débats sur la meilleure façon de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Toutefois, plutôt que de rester dans la théorie, il est possible de s'intéresser à ce qui se pratique ailleurs et plus précisément chez nos voisins. La nouvelle étude de Contribuables Associés donne des pistes à travers quatre exemple étrangers.

 

Réformes des dépenses publiques en Allemagne, Pays-Bas et Suède

L’étude se concentre sur les dé... Poursuivre la lecture

Face à la menace internationale, il est urgent de réinvestir dans nos armées afin de protéger la France et l’Europe et défendre nos valeurs de liberté que les générations précédentes ont acquis au prix de leurs vies. Aussi le président Macron a-t-il dévoilé vendredi les grandes orientations de la future Loi de programmation militaire 2024-2030, augmentant les budgets d’un tiers. Mais augmenter les budgets est une chose, dépenser l’argent public avec efficacité en est une autre…

Si, selon Clémenceau, la guerre est une affaire trop série... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles