Logement social : transformer les locataires en propriétaires

Clefs d'appartement (Crédits : otodo, licence CC BY-SA 2.0)

Il faudrait s’inspirer du « right to buy » anglais, droit d’acheter son logement, qui a permis à de nombreux locataires de devenir propriétaires.

Par Nicholas Scott et Nicolas Lecaussin
Un article de l’IREF-Europe

otodo-Blue light(CC BY-SA 2.0)
otodo– Clefs d’appartement (CC BY-SA 2.0)

 

Le gouvernement et la plupart des élus locaux ne cessent d’annoncer la construction de nouveaux logements sociaux (HLM) afin de résoudre la crise. Mais le nombre de logements reste toujours insuffisant. Il vaudrait mieux s’inspirer de la réforme britannique des années 1980 qui a transformé en propriétaires les locataires des HLM.

Le nombre des logements construits par les gouvernements locaux a augmenté considérablement au Royaume-Uni entre 1919 et 1979. Au début des années 1980, les logements sociaux représentaient un logement sur trois du parc immobilier (6,5 millions logements).

Dans la période suivant la deuxième guerre mondiale, tous les gouvernements, y compris les Conservateurs, construisaient des logements sociaux en grande quantité. Le nombre annuel de nouvelles constructions a même été au plus haut sous le gouvernement des Conservateurs en 1953, avec 220 000 nouveaux logements sociaux !

Cette frénésie a eu de nombreux effets pervers : les normes de construction ont diminué, les immeubles construits à la périphérie des villes ont contribué à l’augmentation des inégalités et un grand nombre d’entre eux s’est dégradé très vite faute d’entretien.

locataires propriétaires rené le honzecC’est en 1980 que le gouvernement de Margaret Thatcher a introduit the right to buy, une idée qui avait été lancée dans les années 1950 par le parti travailliste mais qui n’avait jamais été mise en pratique. Le principe est simple : les locataires des HLM peuvent devenir propriétaires de leur logement dans des conditions très avantageuses. Rapidement, 6 millions de personnes (un locataire sur trois) ont acheté leur logement.

Le prix de vente d’un logement était évalué par rapport au prix du marché mais avec déduction d’un rabais entre 33% et 50% calculé en fonction des loyers payés par les locataires. En contrepartie, les acquéreurs ne peuvent pas revendre leur logement acquis avant cinq ans.

La moitié des profits de la vente des logements sociaux a été versée aux gouvernements locaux qui étaient obligés de réduire d’abord leurs dettes.

Les conséquences de cette réforme ont été impressionnantes. C’est d’abord la mobilité qui a augmenté. Si, en 1979, environ 42 % des Britanniques habitaient dans un logement social, ce pourcentage est tombé à moins de 28 % dans les années 1990. En 1987, déjà plus d’1 million de logements avaient été vendus. Grâce à cette mesure, la dette publique a été réduite de plus de 100Mds de livres sterling et les investissements dans les logements sociaux ont diminué de deux tiers ! Et aucun gouvernement qui a succédé à celui de Thatcher ne l’a remise en cause.

Le right to buy, ou le droit d’acheter, est une mesure populaire qui pourrait très bien être appliquée en France. Elle n’est d’ailleurs ni de droite, ni de gauche. C’est une question de bon sens.

À lire aussi : Pour une privatisation des HLM.

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